Mi-figue mi-raison T1
Chapitre 43
Quand je rentre dans la chambre, Fanny est déjà là, assise sur le
bord du lit avec le bébé de Mina dans les bras. Je m’arrête dans l’entrée et pose mes mains sur mes joues.
— Oh !
Je me précipite sur Mina pour la prendre dans mes bras. Je n’arrive
même pas à la féliciter tellement je suis émue. — Je te présente Mohamed Adam.
Mina nous raconte son accouchement et nous rions à l’idée de la
voir hurler contre les sages-femmes pour avoir la péridurale. Encore un moment marquant dans notre vie que nous partageons à trois. — Il est vraiment adorable.
Je suis penchée sur le berceau pour caresser son doux visage. — Pas trop choquée du prénom ?
Mina regarde Fanny et rigole.
— Non, c’est le nom de votre prophète, je comprends… Je lève les yeux du berceau, me rendant compte que j’ai parlé trop vite. Mes amies me fixent, bouche bée.
— Je suis impressionnée, je ne me souvenais pas t’avoir parlé de ça. — Effectivement, je ne m’en souviens pas non plus. Fanny me fixe sans sourire avant de poursuivre : — Tiens Emi, tu ne nous as pas raconté la suite pour ton amie ? — Hein, qui ça ?
— Tu sais, ton amie qui sort avec ce musulman. Je bégaie avant de répondre :
— Euh ouais, je ne sais pas. On ne va pas parler de ça maintenant. — Non, ça m’intéresse ! dit Mina. Alors elle est toujours avec ce profiteur ? Je ravale ma salive. Pourquoi Fanny me regarde-t-elle comme ça ? — Je crois que oui, en fait je n’en sais rien !
À mon grand soulagement, Mehdi rentre dans la chambre et nous décidons de les laisser un peu tranquilles. Avant de sortir, je me retourne pour les regarder. Ils sont tous les trois assis sur le lit avec leur bébé dans les bras. Une scène magnifique. J’ai un pincement au cœur sans savoir réellement pourquoi. Fanny et moi sortons main dans la main, la tête sur un petit nuage. Nous arrivons sur le parking sans avoir dit un mot, je sens un malaise que je tente de dissiper.
— Je suis vraiment heureuse pour eux, ça me rappelle quand on est venus te voir pour la naissance des tiens.
Fanny ne semble pas prêter attention à ce que je dis. Elle avance un peu plus vite pour se mettre devant moi. Elle s’arrête et ne me lâche pas du regard.
— Dis-moi Emi, elle s’appelle comment ton amie ? Merde elle me fait quoi là ?
— Euh, Julia pourquoi ?
C’est le seul prénom qui m’est venu en tête. Elle me tourne le dos et part vers sa voiture.
— Attends Fanny !
Je la suis mais elle ne se retourne pas. Je la rattrape enfin, c’est qu’elle marche vite.
— Fanny !
Elle se retourne avec les sourcils froncés. Elle a l’air vraiment en colère. — Je ne sais pas ce qui me déçoit le plus Emi : Le fait que tu me mentes ouvertement ou le fait que tu te sois mise dans une histoire aussi tordue ! Je n’arrive pas à dire un mot de plus. Je baisse les yeux. — Comment tu… ?
— Ça fait un moment que tu n’es plus toi-même Emi. J’ai eu le doute depuis que tu nous as raconté cette histoire avec cette soi-disant amie. Je ferme les yeux et des larmes coulent sur mon visage. — Emi…
Fanny pose sa main sur mon épaule. Elle ne supporte pas de voir quelqu’un pleurer, sa colère semble totalement disparue.
— Ne m’en veux pas.
— Je ne veux pas que tu souffres. Et pourquoi tu nous as rien dit ? Je veux dire, on a vécu tellement de choses…
— Je sais.
— Je ne te reconnais pas Emilie.
Je ferme les yeux, ne sachant plus quoi dire. Je n’ose même plus la regarder en face tellement j’ai honte.
— Toi avec… un arabe ?
— Laisse-moi t’expliquer.
Fanny me propose que l’on dîne toutes les deux et je lui raconte
toute mon aventure avec Samy depuis le début, dans les moindres détails. Elle reste sur sa position et me conseille d’arrêter tout mais elle semble tout de même émue de tout ce qu’il fait pour moi.
— J’ai du mal à croire que tu aies accepté tout ça. Tu es vraiment tombée amoureuse.
— Oui.
Elle réfléchit longuement puis tente de détendre l’atmosphère et de me faire sourire.
— Tu lui as vraiment préparé du porc ?
Je la regarde et nous éclatons de rire toutes les deux. Ça m’a fait un bien fou de passer ce moment avec elle et je regrette de ne pas lui en avoir parlé plus tôt. Je la quitte en la serrant fort dans mes bras : — On se voit la semaine prochaine chez Mina ? Fanny a retrouvé sa bonne humeur maladive !
— Ok, je t’appelle.
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