Mi-figue mi-raison T1

Fanny D.L · Chapitre 22 sur 65

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Mi-figue mi-raison T1

Chapitre 19

 

Je regarde ma montre et le stress monte quand je constate qu’il est

déjà vingt trois heures quinze. Je crains sa réaction. Je respire un bon coup et frappe à sa porte.

— Bonsoir Emilie.

Il me fait signe d’entrer. Il a l’air content de me voir, je suis soulagée. — Désolée du retard…

Il m’enlève rapidement ma veste et vue l’heure, je me dis qu’on va vite passer à l’acte pour qu’il m’expulse rapidement de chez lui. Je tente de me dire que je ne suis pas une fille comme ça, mais je n’ai pas le choix. J’ai envie d’être avec lui.

— Je te fais visiter ?

—Avec plaisir.

Son appartement est grand et lumineux. La pièce à vivre est spacieuse et il y a du parquet dans toutes les pièces. Cela donne un côté chaleureux, j’aime beaucoup.

— C’est magnifique.

Il s’assoit sur son grand canapé en cuir et me fait signe de m’asseoir près de lui. Bon ça y est, il doit se dire qu’on a assez perdu de temps. — Parle-moi de tes amies.

— Mes amies ?

— Oui, celles avec qui tu étais ce soir.

— Ce sont mes meilleures amies depuis le collège. Nous sommes vraiment très proches. L’une d’entre elle est d’ailleurs musulmane. — Ah oui, de quelle origine ?

— Son père est marocain et sa mère, française. — Hum hum.

— Elle est mariée et vient de nous annoncer qu’elle est enceinte ! — Dommage.

Il sourit. Je ne prête pas attention à sa remarque agaçante et continue de parler un peu d’elles. Il a l’air de s’y intéresser, ce que je trouve bizarre. — Et toi, des amis proches ?

— Oui, j’en ai plusieurs.

Il n’a pas envie d’en dire plus et je n’insiste pas. — Sam… j’ai quelques questions à te poser sur tes fameuses règles. — Oui, je t’écoute.

Je regarde mes mains, assez gênée.

— Emi, tu peux tout me dire. Je préfère que tu sois franche avec moi. Je veux que tout soit clair entre nous.

— As-tu déjà fais ça ?

— Fait quoi ?

— Ce genre de relation.

Il se sert un verre d’eau, posé sur la table basse. — Non jamais.

— Mais tu as déjà couché avec des filles…?

— Oui.

— Non musulmanes ?

— Emi, ça va de soi, je n’ai jamais couché avec une musulmane, ça ne se fait pas.

— Mais tu as couché avec d’autres femmes ?

— Oui.

— Je connais assez ta religion pour savoir que ça ne se fait pas non plus. Il soupire et boit encore quelques gorgées d’eau. J’imagine alors que mes questions le stressent mais il ne le montre pas. — Effectivement. Je me dis juste que c’est mon point faible. Je le regarde en attendant une suite.

— Je suis très pratiquant et respecte toutes les règles. La chair, c’est mon point faible. Je me dis que Dieu pourra me pardonner cette faiblesse. Il pose son verre d’eau et m’attrape par la taille pour me poser sur ses genoux. Il pose sa main derrière ma nuque et m’attire vers son visage. — Tu es ma tentation, me chuchote-t-il dans l’oreille. Tout mon corps se met à trembler de désir. Il m’embrasse doucement les joues, le cou puis nous finissons nus sur son canapé.

Je suis allongée sur lui dans le même état de bien-être et de honte

qu’hier soir. Je lui caresse délicatement les poils du torse. — Tu as soif ? me demande-t-il.

Enfin un peu de courtoisie.

— Oui.

Il se lève et part chercher deux cannettes de soda. — Merci… Dis-moi, pourquoi jamais avec la langue ? — Mes baisers ne te suffisent pas ?

Il sourit légèrement. C’est vrai que ses baisers me suffisent, tout est tellement bon avec lui.

— J’aimerais juste savoir, tu as un problème avec ça ? — Non Emi, je n’ai pas de problème avec ça.

Je le fixe, j’attends une réponse.

— Pour moi, embrasser rime avec amour. Je réserve ça à ma future femme. Aïe, rien que de l’imaginer avec une autre me donne la nausée. — Tu rencontres des femmes actuellement ?

— Pas depuis quelques semaines mais j’ai rendez-vous avec une femme vendredi soir, une collègue à ma sœur qu’elle veut me présenter. Oh non, aurais-je du poser la question ? Et il me dit ça tout naturellement comme s’il parlait à une copine. Je ne montre pas ma déception et continue de le questionner :

— Elle porte le voile ?

— Bien sûr.

— Pourquoi est-ce si important pour toi ?

Mon ton est devenu accusateur, malgré moi. Il lève rapidement les yeux vers moi et me répond calmement.

— Il y a deux raisons. La première est qu’il s’agit d’un commandement de Dieu, c’est une question de piété.

Il se rapproche de moi et me caresse la cuisse de ses doigts. — La deuxième raison est que la femme conserve sa pudeur, elle ne dévoile son corps qu’à son mari. C’est important pour moi. Je suis quelqu’un de très jaloux et je ne pourrais supporter qu’un autre homme désire ma femme. Il relève la couverture qui cache le haut de mon corps. — Je serai le seul à qui tout ça sera dévoilé.

Ouah ! Pourquoi tout ça me semble logique tout à coup ? Il vient de donner un sens à ce que j’ai toujours trouvé injuste et sexiste. J’ai limite envie d’être cette femme prude qui se dévoile à son homme. Non mais attends, je délire là !

Il me recouvre rapidement.

— Rhabille-toi Emi, il est tard. Je vais te ramener chez toi.

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