Mi-figue mi-raison T1

Fanny D.L · Chapitre 40 sur 65

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Mi-figue mi-raison T1

Chapitre 37

 

Je repense à ma journée durant tout le trajet. Enfin, je repense

surtout au fait que Samy ait tenté de me rendre jalouse. Tout à coup, je revois la proposition de mon chef concernant le projet photo. Oh non, avec tout ça je n’ai même pas pensé à le remercier.

Je me gare devant le Napoli et lui envoie un message : « Merci pour le projet photo, ça m’a énormément touchée… »

J’attends quelques minutes en fixant mon téléphone mais pas de

réponse. Mes amies arrivent et je les rejoins à l’intérieur.

— Pour moi ce sera pizza royale.

Je tends le menu au serveur avant de reprendre ma conversation

avec les filles.

— C’est vrai, j’en peux vraiment plus les filles, j’espère accoucher avant le terme.

Nous rions avec Fanny. Mina est presque à huit mois de grossesse et elle se plaint à longueur de journée.

— Non je n’exagère pas et puis vous connaissez Mehdi, c’est moi qui fait tout à la maison.

Voilà un sujet qui m’exaspérait mais que je commence à mieux comprendre. — Il ne t’aide pas un peu plus du fait que tu sois enceinte ? lui demande Fanny.

— Non, c’est encore pire ! Il dit que je suis à la maison toute la journée donc j’ai encore plus de temps pour faire mon rôle de femme. Elle jette un coup d’œil gêné en ma direction et je sens qu’elle attend une réaction négative de ma part.

— Je comprends que ce ne soit pas facile mais tu étais d’accord dès le départ pour vivre comme ça, non ?

Mes amies me fixent bouche bée. Je n’arrive pas à croire que j’aie dit ça. — En tout cas, on a hâte de voir cette merveille. Je change nerveusement de sujet avec un large sourire, ce qui a l’air de fonctionner.

— Oh oui, on est tellement impatients !

Mina me sourit mais Fanny me fixe, le regard interrogateur. Elle décide de passer du coq à l’âne, comme dans sa grande habitude. — Et toi alors Emi ?

Je fais mine de ne pas comprendre mais je sais très bien qu’elles veulent me parler de Samy, enfin Sam. Je pense immédiatement qu’il faut que je fasse attention à comment je l’appelle devant elles. Je me pince la lèvre. Je me rends compte que je ne leur avais jamais menti de ma vie. Jusqu’à aujourd’hui. Mina insiste :

— Oui, tu nous fais une soirée déprime pour un homme à qui te ne plaît soit disant pas et qui au final arrive chez toi à l’improviste pour t’emmener sur Paris !

Elle éclate de rire et Fanny termine sa phrase, comme si elles s’étaient entraînées avant.

— Pour ensuite nous dire que vous avez juste passé une bonne soirée mais qu’il n’y aura rien d’autre.

Elles me fixent toutes les deux, le sourire en coin, en attente d’une explication. Je soupire.

— C’est compliqué…

— Vous êtes ensemble ou non Emi ? C’est simple pourtant, pourquoi on a l’impression que tu nous cache quelque chose avec lui ? Fanny semble énervée, ce qui ne lui ressemble pas. — C’est que… Sam ne veut pas de relation sérieuse. Il veut juste… s’amuser !

— Quoi ?

Elles me regardent abasourdies, la bouche grande ouverte. — Emi, ne me dis pas que tu acceptes ça ?

Mina à l’air écœuré, ce qui me fait de la peine mais je ne peux pas leur mentir sur toute la ligne.

— Pour l’instant oui… Écoutez les filles, je sais que ça peut vous choquer mais il me plaît vraiment et…

Fanny m’interrompt :

— Emi, qu’il te plaise ou non tu ne peux pas accepter ça ! Tu es son plan cul en fait ?

— Chut ! Baisse d’un ton Fanny !

Mina prends sa défense.

— Emi, tu vaux beaucoup mieux que ça !

— Ça suffit maintenant !

Je jette ma serviette sur la table, ce qui étonne mes amies. — Ça vous va bien de me juger avec vos vies parfaites ! Leur regard s’attendrit :

— Emi…

Mina me prend la main.

— Ne dis pas ça, on ne te juge pas…

— Bien sûre que si.

Je baisse les yeux sur mon assiette vide.

— On veut juste ton bonheur.

Fanny me prend l’autre main mais ses traits sont encore crispés. — Alors essayez de me comprendre. Aucun homme ne m’a jamais autant plu, aucun homme ne m’a jamais rendu aussi heureuse… Je souris en imaginant Samy et moi en train de faire l’amour, en train de discuter toute la nuit ou de faire des photos…

— Je comprends mais tu dois faire attention à toi… me dis Mina. — Et puis peut-être qu’il tombera amoureux de toi et que finalement vous finirez ensemble !

L’optimisme et la joie légendaire de Fanny ont réapparus, ce qui me fait sourire.

— On verra bien…

Je prononce cette phrase avec tristesse, sachant très bien au fond de moi que notre relation est réellement impossible. Je sais qu’elles ont raison mais je ne peux pas arrêter ça, je n’arrive même pas à m’imaginer sans lui.

Je sens mon téléphone vibrer dans mon sac et je me précipite pour

l’attraper. Fanny et Mina se regardent puis sourient. C’est Samy. « Si tu veux me remercier comme il se doit, je t’attends chez moi". » Mon cœur s’emballe à la simple pensée d’aller le rejoindre. Non, je ne suis vraiment pas prête à vivre sans lui.

Mes copines ne font pas de remarque sur ce message qui me rend

tout à coup de bonne humeur mais elles se doutent. Mina interrompt le silence qui est rare quand on est toutes les trois. — Tu te permets tout de même de rencontrer d’autres hommes ? — Comment ça ?

— Tu ne vas pas perdre ton temps avec lui s’il n’y a pas d’avenir, si ?

Je marque une pause pour réfléchir. Je n’ai envie de personne d’autre. — Oui bien sûr, je ne suis pas fermée à tout autre rencontre. Je souris mais Mina n’a pas l’air de me croire. Fanny me rend mon sourire. — Ou peut-être que Sam ne veut pas d’une relation sérieuse pour le moment mais qu’il changera d’avis !

Si seulement elle connaissait toute la vérité. Je me contente de sourire et de changer de sujet. Notre soirée continue agréablement à parler de tout et de rien. Nous revenons rapidement sur le sujet Sam quand je leur apprends que j’ai repris la photo. Elles n’en croient pas leurs oreilles. — Si cet homme a réussi à te faire reprendre la photo, alors c’est qu’il en vaut la peine !

Elles sourient, heureuses et enthousiastes pour moi. Oh oui c’est sûr, quel que soit notre relation, il en vaut la peine.

J’embrasse mes amies avant de me précipiter dans ma voiture. Je regarde ma montre, il est à peine minuit, peut-être qu’il n’est pas trop tard ? Je ne lui envoie pas de message et arrive chez lui.

Il m’ouvre à moitié endormi. Il est torse nu avec un jogging short

gris. Oh mon Dieu, je vais m’évanouir tellement il est beau et sexy. — Excuse-moi, j’espère qu’il n’est pas trop tard… Il me laisse le passage pour que je puisse entrer. Je suis rassurée qu’il ne soit pas énervé.

— Tu dormais… ?

— Non, je regardais un film.

La lumière est éteinte, il s’assoit sur son canapé et me fait signe de le rejoindre. Je décide de rester silencieuse pour qu’il regarde la fin de son film tranquillement mais il se tourne vers moi. — Ça a été ta soirée ?

— Oui, j’étais avec mes amies.

— Tu les vois souvent.

— Oui, elles comptent pour moi.

— Je sais, dit-il en replaçant ma mèche de cheveux derrière l’oreille. — Merci Sam pour le projet, tu fais tellement pour moi. — Je n’ai rien fait Emi. Edward parlait de faire des photos pour le projet et j’ai pensé à toi, c’est tout.

— Tout s’améliore depuis que tu es dans ma vie.

— Ne dis pas ça.

Il se lève pour aller chercher à boire dans le frigo. Il revient s’assoir et je me colle contre son torse.

— J’aimerais te remercier comme il se doit.

Je commence à me déshabiller lentement et me mets face à lui. Je

m’étonne moi-même de ce que je suis en train de faire. Je me sens si à l’aise en sa présence, ça ne me gêne pas qu’il me voie toute nue. Bon, je dois avouer que le fait que la lumière soit éteinte aide pas mal. Il me regarde de haut en bas et se mord la lèvre. Il se penche pour poser sa canette de soda sur la table basse.

— Viens par là.

Nous sommes allongés et enroulés dans une couverture sur le tapis

du salon. Il me caresse l’intérieur de mon bras et ses doigts s’arrêtent sur mon tatouage.

— Quand as-tu fait ça ?

— Il y a quelques temps.

— Pourquoi ?

Je remarque au ton de sa question que ça ne lui plait pas. — Tu sais que chaque tatouage a une signification ? Je marque une pause mais il ne me répond pas. — Il est réalisé à un moment précis dans la vie de quelqu’un. Il permet en quelques sortes de se remémorer un moment marquant. Il se met sur le côté pour me faire face, comme-ci ce que je venais de lui dire l’intéressait tout à coup. Il caresse à nouveau mon tatouage. — Pourquoi une fleur ?

Il lève un sourcil, ne voyant pas le rapport avec ce que je viens de lui expliquer.

— La fleur de lotus évoque le passage à autre chose après une rupture, ou un autre événement important.

Il me caresse le visage.

— Tu as fait ça après ta rupture avec cet italien ? Le fait qu’il l’appelle « l’italien » m’interpelle mais j’ignore cette réflexion. — Oui, mais pas que pour lui.

Il lève un sourcil et me fixe en attendant une explication.

— Après ma rupture avec Pablo, j’ai recroisé mon père que je n’avais pas vu depuis mes quinze ans. Il était encore avec elle. Avec cette femme. J’adore la façon dont Samy m’écoute. Il ne pose pas de question et attend tout simplement la suite. Il me laisse m’exprimer librement à mon rythme et ça me met à l’aise.

— Tu l’as recroisé où ?

— À Paris dans le seizième. Mon père a toujours rêvé d’ouvrir une chocolaterie et je pense que c’est là qu’il allait. Je l’ai repéré de très loin mais pas assez pour ne pas constater qu’il était avec elle. Bref, j’ai su ce jour-là que c’était le début d’une nouvelle vie ! Je devais passer à autre chose, tu vois ?

— Je ne sais pas trop.

— Comment ça, tu ne sais pas ?

Il hausse les épaules.

— Ah je vois, ton Dieu est contre les tatouages aussi ? Il se relève pour s’asseoir dos au canapé.

— Exactement, soupire-t-il.

— Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a de mal à ça ? Il me regarde sévèrement et lève le ton.

— Emilie, Dieu nous interdit les tatouages, ça devrait te suffire ! Il attrape la télécommande pour changer de chaîne. Je prends une profonde respiration pour ne pas me mettre en colère.

— Ne t’énerve pas, explique moi.

Il pose la télécommande et me regarde, interrogateur. Il semble étonné que je m’intéresse à tout ça.

— Dieu t’a donné un corps, tu ne dois en aucun cas lui nuire d’aucune forme.

Je lui mets mon bras devant les yeux.

— Tu trouves que j’ai nuit à mon corps ?

— Tu as modifié ton corps Emi ! Le corps que Dieu t’a donné. — Je ne comprends pas, je…

Il se lève. Aïe, il est fâché.

— Il n’y a rien à comprendre ! Tu es comme tu es et je ne pourrai jamais changer ça.

— Attends, qu’est-ce que ça veut dire ?

Je me lève pour me mettre en face de lui.

— Samy, tu n’aimes pas ma façon de m’habiller, tu n’aimes pas mon tatouage ni ma façon de parler. Tu n’acceptes pas non plus ma façon de penser ! Mais enfin, qu’est-ce que tu fais avec moi ? Je le fixe en attendant une réponse. Il se calme et passe sa main derrière la tête.

— Je ne suis pas avec toi Emilie. Pour toutes ces raisons. Ses paroles me vont droit au cœur. J’ouvre grand la bouche sans savoir quoi rajouter. Je sais qu’il a raison mais je ne peux pas m’empêcher d’être vexée et en colère.

— Je ferais mieux d’y aller.

Je ne pense pas ce que j’ai dit mais je ne sais pas quoi faire d’autre. Je ne peux pas rester avec ce qu’il vient de me dire. J’aime tout chez cet homme, malgré nos différences, mais lui n’aime rien en moi. Je ramasse mes affaires et pars dans la chambre me rhabiller.

Quand je retourne au salon, il est assis sur son fauteuil, habillé de son jogging short et d’un pull noir. Je m’apprête à partir mais je décide de vider mon sac avant.

— Tu veux que je te dise, Sam ?

J’attends qu’il réagisse mais il fixe la télé sans même me jeter un regard. — Vous êtes trop bornés, vous, les arabes !

Il détourne rapidement le regard vers moi, les sourcils froncés. Je suis peut-être allée un peu loin mais j’avais besoin de le faire réagir. Je ne supporte pas son indifférence.

— Tu n’acceptes rien de moi ! Moi, je respecte ta religion et tes convictions alors que crois-moi, je ne suis pas forcément d’accord. Mais c’est ta façon de penser et je la respecte.

— Et on est tous comme ça, nous les arabes ?

Il sourit à moitié, ce qui me déstabilise. Pourquoi il ne prend pas mal ce que je viens de dire ? Je me rapproche de lui, la voix plus calme. — Pourquoi on ne peut pas être ensemble ? Moi, je peux mettre tout ça de côté, te laisser vivre cette partie de ta vie…

— Ce n’est pas une partie de ma vie Emilie, c’est toute ma vie ! — Je peux te laisser vivre ta vie ! Je ne serai jamais une barrière dans tout ça, je respecterai toujours tes croyances. C’est peut-être dur, mais je peux le faire… pour toi.

J’attends impatiemment une réponse, le regard suppliant. Je suis carrément en train de lui demander plus alors qu’il vient de m’envoyer balader. Je ne peux pas croire qu’il ne ressente rien pour moi. Je ne peux pas croire qu’il ne tienne pas un peu à moi après tout ce qu’il a fait pour moi et après tout ce que nous avons partagé.

— Ce n’est pas si simple Emi, on est pas comme « vous les français ». Il ouvre les guillemets avec ses doigts en rigolant. Je suis contente que son humeur ait changé mais je reste ferme et continue de le fixer en attendant une réponse.

— Emi… viens t’asseoir.

Je m’assois près de lui. Il se décale un peu pour me faire face. — L’Islam ne permet pas que je sois avec une fille comme toi. Il m’empêche de répondre en levant la main.

— Emilie… réfléchis une seconde. Même si j’acceptais de déroger à cette règle, ce qui crois-moi, n’arrivera jamais… tu crois vraiment qu’une relation comme la nôtre peut marcher ?

Je baisse les yeux sur mes doigts entremêlés. Je sais qu’il a raison mais je ne veux pas l’avouer.

— Il faut être lucide. De nombreux couples divorcent quand d’autres tentent de faire des thérapies ou bien d’accepter de vivre malheureux. Ce que je veux dire par là Emi c’est que les relations humaines, encore plus les relations amoureuses sont déjà tellement compliquées… Je lève les yeux vers lui.

— Je trouve qu’on se débrouille pas si mal…

Il me rend mon sourire et me prend une mèche de cheveux. — Oui, car on ne vit pas ensemble. Tu n’as pas à supporter de devoir tout faire à la maison pour moi. On n’a pas d’enfant, donc aucun choix crucial concernant son avenir.

— Sam je comprends, mais on n’est pas obligés de nous imaginer à long terme juste… vivons au jour le jour !

— Voyons Emi, je ne vis pas au jour le jour !

— Ce que je veux dire c’est… vivons notre relation sans réfléchir, sans se soucier de tout ça.

Il inspire profondément et me répond au bout de quelques secondes : — Je ne peux pas.

Je baisse les yeux, tristement.

— Imagine ce que penserait ta famille, ou la mienne ? — Ils finiraient par l’accepter.

— Non Emi, ils ne l’accepteraient jamais.

Il rigole ironiquement comme si c’était la chose la plus ridicule que j’aie jamais dite. Il reprend son sérieux.

— Ta mère ne l’accepterait jamais et tu le sais. Quant à ma famille… je n’ose même pas l’imaginer.

— Ce n’est pas avec ma mère que je compte faire ma vie. — Emi… soupire-t-il, exaspéré.

— C’est vrai, après tout avec qui tu te sens le plus toi-même ? Tu ne peux même pas faire ce que tu aimes avec eux !

Ses traits se durcissent.

— Emi, arrête…

Il vaut mieux que j’arrête, je suis sur un terrain sensible. — Moi en tout cas, je suis à l’aise qu’avec toi. Tu m’as fait redécouvrir ma passion !

— Emi s’il te plaît… tu ne changeras jamais ma façon de voir les choses. — Alors, tu as toujours le même but ? Tu vas continuer à chercher la femme de ta vie ?

— Oui Emi, je suis désolé et si cela ne te convient pas on… Je l’empêche de finir sa phrase. Je ne sais pas comment je fais pour accepter ça mais je n’arrive pas à faire autrement.

— C’est bon Sam, je suis d’accord.

— Alors j’en profite pour te dire que vendredi soir je revois mon ex. Quoi ? Je sens mon cœur qui cesse de battre, prêt à se briser en mille morceaux. Je le fixe, les yeux écarquillés. Me dit-il ça pour me faire comprendre qu’il n’y a rien entre nous ou est-il sérieux ? Il est en attente d’une réaction de ma part, je n’ai pas droit à l’erreur. — Ton ex ? Tu ne m’as jamais parlé d’elle.

— On est sorti ensemble il y a quelques années. Ça se passait bien mais j’ai décidé d’y mettre fin car… il baisse les yeux en secouant la tête… on était trop différents. Du moins, c’est ce que je pensais à l’époque. Je l’ai recroisée la semaine dernière et on a bien discuté. Je me suis dit qu’on pouvait peut-être se laisser une autre chance. Enfin, je ne sais pas, aujourd’hui on est différents, plus mûrs.

J’ai une boule au ventre et les larmes me montent aux yeux. Je me lève pour me servir un verre d’eau afin qu’il ne le voie pas. — Emi, on était d’accord pour faire chacun sa vie, tu te souviens ? Je prends une grosse gorgée d’eau bien fraiche pour me ressaisir. — Oui, je n’ai pas oublié.

Je lui fais l’un de mes plus beaux sourires hypocrite en sentant mon cœur se briser en mille morceaux.

— Bon et bien je vais y aller.

— Attends Emi…

Je m’attends à ce qu’il me retienne et me demande de rester dormir. — Je te raccompagne chez toi.

— Non t’inquiète pas, ça va me faire du bien de marcher ! J’attrape rapidement mes affaires. Pour une fois depuis que je l’ai rencontré, j’ai besoin d’être seule. J’ai besoin de réfléchir et j’ai surtout du mal à m’empêcher d’éclater en sanglots.

— Emilie, il est hors de question que tu rentres seule.

Je passe le trajet à l’imaginer renouer les liens avec son ex. Je

repense à cette histoire avec son frère. Et s’il arrivait la même chose à Sam ? Je ferme les yeux pour tenter de chasser cette image qui me fait si mal.

— Merci de m’avoir accompagnée.

J’ai envie de sortir de la voiture en hurlant mais j’attends qu’il me dise au revoir afin qu’il ne pense pas que je lui fais la tête ou que je n’accepte pas sa décision. Il a le regard triste mais je ne sais pas pourquoi. Je suis la seule à souffrir dans cette histoire, comme disent mes amies, il a tout gagné lui. — Bonne nuit Emi.

Il m’attrape par la nuque pour approcher mon visage du sien et me fait un long baiser sur le front avant de repartir.

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