Mi-figue mi-raison T1

Fanny D.L · Chapitre 35 sur 65

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Mi-figue mi-raison T1

Chapitre 32

 

J’arrive au pub de très bonne humeur. J’ai envie de boire et de

danser ce soir, ça fait longtemps que je ne me suis pas éclatée. En arrivant, Stella me saute dessus.

— Waouh Emi, tu es canon !

Je lui souris en la remerciant d’un signe de la tête. J’ai sorti ma minijupe en jean avec un haut noir un peu décolleté. J’évite de m’habiller comme ça devant Samy habituellement, mais je me trouve sexy comme ça. J’imagine la tête qu’il ferait en me voyant habillée ainsi puis me retire cette idée de l’esprit. Non Emi, ce soir ne pense pas à lui, tu es la pour t’amuser ! À peine j’ai cette pensée que je le vois assis au bar avec un autre homme. Je reste figée sur place, la bouche grande ouverte. Une rage monte en moi. Je n’y crois pas ! Il a refusé que l’on passe la soirée ensemble pour se reposer et voilà qu’il est là ! J’hésite à aller le voir mais je me reprends. Il retournerait la situation contre moi. C’est vrai, il me répète assez souvent qu’il ne me doit rien. Je me persuade que ça va aller et décide de continuer ma soirée.

Je fonce au bar avec Stella et Mika. Je n’arrête pas de regarder en sa direction mais il est en grande discussion avec son pote et ne regarde pas autour de lui. Je tente tant bien que mal de faire comme si de rien n’était en discutant et riant avec mes amis tout en enchaînant les verres.

Le regard de Samy croise enfin le mien et il se fige. Il bloque sur

moi à la foi surpris et…agacé ? Je n’en sais rien mais j’essaie de me persuader que peu importe, je ne suis pas là pour lui mais pour m’amuser.

Je continue d’enchainer les verres et une fois l’alcool bien monté au

cerveau, je suis assez à l’aise pour danser comme une folle. J’attrape la main de Mika et l’emmène sur la piste de danse. Je fais un signe à Stella afin qu’elle nous rejoigne mais elle reste au bar et me montre discrètement une bande de mec.

Je danse et saute comme une folle en face de Mika durant au moins

cinq musiques d’affilées. Je me force à ne pas regarder en sa direction et je suis persuadée qu’il me regarde. Je crie à Mika, essoufflée.

— J’ai soif !

Je lui reprends la main et partons rejoindre Stella en pleine discussion avec deux jeunes hommes.

— Tiens Emi, je te présente Dany.

Je lève une main pour lui dire bonsoir. Je ne regarde pas directement en direction de Samy mais j’arrive à voir qu’il est toujours là, ce qui quelque part me rassure. Je meurs d’envie d’aller le voir, de lui demander des explications mais je ne peux pas. Sa présence m’obsède et je lui en veux pour ça.

— Bonsoir Emilie.

Dany me sort de mes pensées. Il n’est pas très grand mais assez mignon. Je ne vois pas très bien dans le noir mais il a l’air brun avec les yeux foncés. Il me fixe longuement et je remarque je lui plais sûrement. J’aimerais m’y intéresser mais impossible, je ne pense qu’à Samy.

Stella continue sa discussion avec le deuxième garçon donc je me

retrouve seule avec Danny. Je descends mon verre cul sec et cherche Mika du regard pour qu’on retourne danser, mais je le vois plus loin en grande discussion avec une fille. Oh merde ! Je ne suis pas du tout jalouse, je suis même contente qu’il s’éclate et ne pense plus à moi finalement mais je veux continuer de danser. C’est la seule manière de me défouler et de sortir Samy de ma tête. Je m’agite sur place, Danny se lève et s’approche de moi. — On va danser ?

J’hésite une seconde puis j’acquiesce. Après tout, il n’y a rien de mal à danser. Et surtout, je ne dois rien à personne apparemment.

Nous dansons l’un en face de l’autre sur la piste durant quelques

minutes, il s’approche de plus en plus de moi mais ne me touche pas. Je bouge dans tous les sens en fermant les yeux pour tenter de me concentrer et de ne plus penser à Sam. J’en oublie carrément la présence de Danny.

Une musique un peu plus lente démarre et j’ouvre les yeux quand je

sens qu’il passe doucement sa main derrière mon dos afin de se coller à moi. Je le repousse doucement avec mes mains sur son torse. — Euh non, attends.

Il resserre son étreinte d’un bras et enroule son autre bras autour de mon cou.

— Non arrête !

Je crie doucement mais personne ne m’entend tellement la musique est forte.

— Hey, calme-toi ! On danse, c’est tout.

Il retire ses mains de mon dos et j’en profite pour retourner au bar mais il me rattrape par le bras.

— Attends !

Je n’ai pas le temps de retirer mon bras que je sens quelqu’un nous séparer et se mettre entre nous. Oh mon Dieu ! Samy est sur la piste devant moi en train de fixer Danny d’un regard méchant.

— Elle t’a dit d’arrêter !

Sam le dépasse d’au moins une tête et est beaucoup plus costaud, mais je crois que ce qui effraie le plus c’est son regard. Je ne l’ai jamais vu comme ça. Il est tendu, les points et la mâchoire serrés. Danny lève les bras en l’air. — C’est bon mec, je ne savais pas qu’elle était prise. — Ça n’a rien à voir connard, quand une fille te dit non tu arrêtes ! Il est plus qu’énervé. Je sens qu’il est à deux doigts de lui mettre son point à la figure mais il se retient. Je lui attrape le bras pour éviter cette scène. — Sam, calme-toi.

Il me repousse d’un coup sec et hurle sans même me regarder : — Toi dégage !

Danny en profite pour se tirer et je fais un mouvement de recul.

Samy sort du pub en furie. Je l’ai déjà vu énervé plusieurs fois mais jamais à ce point-là. J’ai une boule au ventre et je me sens terriblement coupable. J’hésite à le suivre de peur de sa réaction, puis je finis par le rejoindre sans même prendre ma veste. Il est déjà presque au bout de la rue, je cours pour le rattraper.

— Samy !

Il ne se retourne pas. Quand j’arrive à ses côtés, je me place en face de lui pour l’empêcher de continuer à marcher.

— Sam attends ! Je n’ai rien fait pour que tu me traites ainsi ! Il s’arrête brusquement.

— Tu n’as rien fait ?

Il fait mine de sourire ironiquement, ses traits sont encore crispés par les nerfs. Il soupire et tente de reprendre son calme pour poursuivre. — Emilie, tu es habillée comme une salope, tu danse et prends par la main ton ami, qui tu sais est fou de toi, et ensuite tu danse avec un inconnu. Non mais tu croyais quoi ?

Il me regarde de haut en bas et se remet à hurler. — Non mais tu t’es regardée Emi ? En plus, tu pue l’alcool à plein nez ! J’ai envie de hurler depuis le début de sa phrase mais je réfléchis à tout ça et me demande s’il n’a pas un peu raison.

— Tout d’abord je ne suis pas habillée comme une salope, désolée que ma tenue ne te convienne pas mais comme tu dis souvent : de toute manière on n’a pas le même style de vie ! Ensuite, c’est moi qui devrais t’en vouloir d’être ici ! Tu me dis que tu ne peux pas me voir pour te reposer et je te retrouve en soirée ?

Il va pour ouvrir la bouche mais je reprends sans qu’il n’ait le temps de parler :

— Mais de toute façon, on s’en fiche pas mal de tout ça non ? On se doit rien il me semble !

Il me fixe durant quelques secondes.

— Tu as raison Emi.

Il continue son chemin en me tournant le dos.

— Sam attends…

J’avance vers lui mais il continue de marcher.

— Rentre rejoindre tes amis, tu vas attraper froid habillée comme ça. — C’est avec toi que j’ai envie d’être.

Il s’arrête, lève la tête vers le ciel puis se retourne vers moi. — Va chercher tes affaires, je te ramène.

Je cours chercher mes affaires et je pense à avertir Mika cette fois. Il est encore en pleine discussion avec cette fille. Je lui fais signe au loin en lui montrant la porte. Il lève son pouce en souriant et je lui fais un gros clin d’œil. Nous éclatons de rire avant que je sorte du pub. Je suis heureuse qu’on ait retrouvé un peu de complicité tous les deux. Je grimpe dans la voiture de Samy qui m’attendait un peu plus loin. Nous faisons le trajet en silence jusqu’à chez moi. Je tente à plusieurs reprises de dire quelque chose mais je ne sais pas quoi. D’un côté je lui en veux, d’un autre je lui en suis reconnaissante, même honteusement heureuse, qu’il soit venu prendre ma défense. Il appuie sur le bouton pour débloquer les portes de sa voiture.

— Bonne nuit Emilie.

Son ton est sec. Apparemment, il semble toujours aussi énervé. J’attrape la poignée de la porte et me retourne pour le regarder. À ma grande surprise, il me regarde dans les yeux.

— S’il te plaît Samy, rentre avec moi.

Son regard se radoucit mais je sens qu’il va me dire non alors, sans qu’il ait le temps de réagir, je le chevauche et me retrouve en face de lui, le volant collé au dos.

— Emi, qu’est-ce que…

Je colle mes lèvres aux siennes et lui caresse la nuque — S’il te plait, viens avec moi.

Je recolle mes lèvres aux siennes et je tente de rentrer ma langue dans sa bouche mais il recule immédiatement son visage et soupire. Si je ne sentais pas son érection entre mes jambes, je serais persuadée que je ne lui plais pas tellement il me repousse.

— Ok, mais seulement quelques minutes.

Nous sommes tous les deux trop excités pour reparler de ce qu’il s’est passé. Je ressens encore sa rage contre moi mais aucun de nous deux n’a envie de revenir dessus. Pas maintenant. Je n’allume pas la lumière en rentrant et il me soulève jusqu’au canapé. Il descend juste ma culotte sans que l’on retire nos vêtements et nous faisons l’amour brutalement, comme il ne m’était jamais arrivé de le faire.

— Ça te va bien d’être énervé…

Nous sommes collés l’un en face de l’autre sur mon petit canapé et je lui caresse délicatement le visage. Il ne me répond pas et je ne peux pas bien voir son visage mais je sens qu’il sourit.

Il se lève et j’imagine qu’il compte partir, mais il va en direction de

mon ampli pour brancher son téléphone et mettre de la musique. Il met une agréable mélodie que je ne connais pas et revient s’asseoir près de moi. Je me rapproche de lui et pose ma tête sur son épaule. — C’est pour rendre ce moment plus profond ? Il ne répond pas.

— Samy, pourquoi tu m’as menti pour ce soir ? — Je n’ai pas d’explication à te donner.

Il se lève et regarde par la fenêtre de mon salon.

— Je comptais me reposer ce soir mais avant de partir du boulot, David m’a proposé d’aller boire un verre.

Je pose ma main sur ma bouche grande ouverte. — Attends, tu veux dire que l’homme avec qui tu étais…? Il se retourne pour me regarder durement.

— Oui Emi, j’ai fait une scène devant mon boss ce soir ! Oh non, je me sens encore plus coupable maintenant. — Samy je suis désolée, je ne voulais pas…

Je me lève pour me mettre debout face à lui.

— Quand je t’ai vu dans ce bar, j’ai cru que tu m’avais menti pour te débarrasser de moi et ça m’a… je baisse les yeux, ça m’a fait mal.

Je me mets sur la pointe des pieds pour enrouler mes bras autour de

son cou et y enfouir mon visage. Il reste figé les bras le long de son corps puis finit, au bout de quelques secondes, par me repousser doucement. J’imagine encore une fois qu’il veut partir mais il s’installe à nouveau sur mon canapé. Merde, il me fuit vraiment ! Je m’installe à l’autre bout et je fixe mes doigts entrelacés, les jambes croisées. — Sam, merci de m’avoir défendue ce soir malgré que tu aies été avec ton chef, ça me touche.

— N’importe qui l’aurait fait.

— Non, crois-moi.

Il me regarde, pensif.

— Tu n’as jamais eu de relation sérieuse ?

— Si, une fois. Je suis restée un an avec un garçon mais ça n’a pas fonctionné.

Il s’installe bien en fond du canapé et pose sa tête sur son poing, appuyé sur l’accoudoir.

— Raconte-moi.

Je soupire. J’hésite mais bizarrement j’ai envie de m’ouvrir à lui. — Il s’appelait Pablo. Il était très jaloux et possessif. On ne s’éclatait pas ensemble et au final je ne le supportais plus du tout. Mon amour pour lui diminuait. Enfin, si on peut appeler ça de l’amour. Je me suis rendue compte il y a pas si longtemps que je ne l’avais sans doute jamais aimé. — Comment tu t’es rendue compte de ça ?

Oups, je ne peux pas lui dire pourquoi. Je ne peux pas lui dire que je n’avais jamais ressenti quelque chose d’aussi fort qu’avec lui.

— Je l’ai su, c’est tout. Bref, notre rupture s’est très mal passée. Il m’a insultée et a jeté toutes mes affaires pour ensuite me supplier de le reprendre pendant des mois. J’ai même dû porter plainte tellement s’est allé loin.

Il ne répond pas et je n’arrive pas très bien à voir son visage avec seulement la lumière de la télé.

— Ça fait déjà plus d’un an. Je ne suis sortie avec personne d’autre depuis… Enfin, à part toi.

Je continue de raconter mon histoire avec Pablo en lui parlant de mes amies Fanny et Mina, qui m’ont beaucoup aidée et soutenue dans cette étape. J’en viens même à lui parler de ma mère et de ma dernière dispute avec elle. Je parle ouvertement, sans me sentir jugée et ça me fait un bien fou. Après avoir déballée toute ma vie, je décide de changer de sujet. Une nouvelle chanson que je ne connais pas démarre dans son téléphone. — Alors c’est ça ta passion ?

— Quoi ?

— La musique.

— Il sourit sans répondre et nous nous mettons à parler musique durant des heures. Les chansons que l’on aime, que l’on déteste. On se passe nos morceaux différents en donnant nos avis respectifs. Il critique beaucoup mes chansons mais je remarque que je ne peux pas faire de même avec les siennes. J’adore toutes les chansons de sa playlist !

Nous finissons tous les deux allongés sur le dos, de chaque côté du

canapé mais nos visages sont côtes à côtes. Nous regardons le plafond et je baille de sommeil.

— Emi… il est déjà presque six heures du matin. Il me dit ça calmement sans bouger, ce qui me fait énormément plaisir. — C’est comme si on avait passé la nuit ensemble. Je tourne mon visage vers le sien et sourit.

— Oui, comme si.

Il tourne également son visage et me fait un doux baiser au coin de la lèvre. — Tu as refais des photos depuis la dernière fois ? — Euh oui, quelques-unes… mais pas aussi belles. En même temps, je ne suis pas retournée dans un endroit aussi magnifique. — Ce n’est pas l’endroit qui compte.

Il se lève et ouvre la fenêtre du salon qui mène au balcon. Je comprends immédiatement : le lever du soleil. Je vais chercher mon appareil photo et le rejoins dehors. Il retourne à l’intérieur pour augmenter légèrement le son de la musique.

Je ferme les yeux et souris. Une chaleur monte en moi et je me mets immédiatement à photographier la ville et son lever du jour. Je n’avais jamais remarqué que la vue de mon balcon pouvait être aussi belle. Il se positionne derrière moi pour m’embrasser dans le cou. Je continue à prendre des photos en savourant ses baisers. Je nous fais virevolter de façon à être dos au lever du soleil en restant dans cette même position. Je mets l’appareil photo en l’air, et je lui colle un baiser sur la joue en appuyant sur le bouton.

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