Mi-figue mi-raison T1
Chapitre 17
Je suis debout, figée devant mon frigidaire. J’ai décidé de me
préparer à dîner ce soir, ça fait longtemps que je ne mange plus correctement. Mais impossible de savoir quoi préparer. Je n’ai vraiment pas l’âme d’une cuisinière.
Je reçois un message et bondis sur mon téléphone. C’est Samy ! « Tu es seule chez toi ? »
Je lui réponds de suite :
« Oui »
« Je suis là »
Quoi ? Là où ? Je cours à ma porte d’entrée pour l’ouvrir précipitamment. Il est là, sur mon palier.
— Pourquoi tu ne lui demandes pas clairement, Emi ? — Lui demander quoi ? Que je souhaite évoluer ? Cela va de soi ! Il le voit très bien. Je ne sais plus vraiment quoi faire.
—Tu n’as qu’à coucher avec lui.
Je lève les yeux de mon assiette pour le fixer mais vois tout de suite à son sourire qu’il blague. Nous rions ensemble.
— Sérieusement, tu devrais le lui demander clairement, tu serais fixée. Et au pire, tu lui montreras ta motivation.
Nous avons presque fini nos plats mais aucun n’a osé parler de
notre « relation ». Il s’installe sur mon canapé pendant que je finis de ranger la cuisine. Il ne m’a même pas aidée à débarrasser, un vrai macho. Bizarrement, cela ne m’agace même pas. Je suis tellement contente et excitée de le voir sur mon canapé.
Je m’assois près de lui. Il me caresse doucement la joue puis s’arrête d’un coup.
— Emi, tu as accepté ma proposition. On n’ira pas plus loin sans avoir établi quelques règles.
— Des règles ?
Je ricane légèrement.
— Je suis sérieux.
Ah, il ne blague plus du tout là. Son ton autoritaire et froid est de retour. — Ok je t’écoute, quelles sont vos règles monsieur Belaoui ? — Premièrement, on ne passera jamais de nuit ensemble. On peut passer la soirée chez toi ou chez moi mais ensuite on rentrera chacun chez soi pour la nuit.
— Ok… quoi d’autre ?
— Personne ne doit être au courant. On se fera passer pour des collègues et amis.
J’acquiesce d’un hochement de tête, ce qui ne semble pas le satisfaire. — Emilie, tu ne dois en parler à personne, c’est compris ? — Oui.
— Nous ne sommes pas un couple, chacun de nous est libre de fréquenter d’autres personnes.
— Tu veux dire qu’on peut coucher avec quelqu’un d’autre ? — Oui, car il n’y a rien entre nous. Tu es libre de faire ce que tu veux avec qui tu veux. D’ailleurs, tu peux arrêter quand tu veux avec moi, nous resterons amis.
Je ne suis pas très convaincue mais accepte.
— Quant à moi, je tiens à être clair. Je n’aurai jamais deux relations en même temps. J’ai déjà vingt neuf ans et je ne cherche plus à m’amuser. Je cherche quelqu’un pour me marier et fonder une famille. Une fois cette personne trouvée, tout sera terminé entre nous. Il parle fermement et ce qu’il vient de me dire me fait de la peine, je n’arrive pas à l’imaginer avec une autre femme. — Comment ça, tu cherches ?
— Je suis un homme très exigeant, Emi. Je rencontre beaucoup de femmes musulmanes jusqu’à trouver la bonne.
— Ok…
— Il n’y aura pas de baiser sur la bouche.
J’hausse le sourcil et il poursuit :
— Jamais avec la langue.
— Ah ?
C’est vrai qu’il a juste baisé mes lèvres l’autre soir, on ne s’est pas vraiment embrassés. Il poursuit rapidement :
— Dernière chose : il ne doit y avoir aucun attachement entre nous. Cette règle est primordiale. Si je perçois chez toi la moindre faille, j’arrêterai tout. — Et si c’est toi qui ne respecte pas cette règle ? Je lui fais mon plus beau sourire coquin. Il ricane. — Crois-moi Emilie, ce n’est vraiment pas possible. Comme je te l’ai dit, je suis très exigeant et j’ai des critères bien précis. — Parle-moi de tes critères.
Il appuie son visage sur son poing, accoudé sur le siège de mon canapé et me fixe, le regard brûlant.
— Si les règles sont claires pour toi et que tu les accepte, je préfère faire autre chose que de discuter.
Un frisson parcourt tout mon corps. J’acquiesce sans hésiter et oublie toutes ces règles auxquelles il faudra que je réfléchisse, mais pas maintenant. Il s’approche de moi, pose sa main sur ma joue et m’embrasse lentement le coin de la bouche avec tendresse. Je sens mon cœur battre de plus en plus fort.
Il me déshabille totalement et me fixe de haut en bas. Je suis extrêmement gênée mais ne dis rien. Il se déshabille à son tour avant de s’allonger près de moi.
C’est divin, je crois que je n’ai jamais pris autant de plaisir de ma
vie. Je suis blottie dans ses bras, sur son torse musclé. On ne dirait pas qu’il est aussi musclé que ça sous ses chemises. Je m’attends à ce qu’il se rhabille et parte rapidement mais il reste là, allongé sur mon canapé à me caresser le bras de ses longs doigts. J’ai plein de questions à lui poser mais je veux éviter de le faire fuir.
Au bout de quelques minutes, il me pousse délicatement pour se relever. — Je dois y aller, Emi.
— Attends, il est à peine vingt trois heures !
Il s’habille en souriant.
— On doit se lever tôt demain.
Je n’insiste pas. Il m’embrasse sur le dessus de la tête et sort de chez moi. — À demain Emi.
Il claque la porte et je me rallonge sur mon canapé en soupirant. Je
n’arriverai jamais à m’endormir après la soirée que nous avons passée ensemble. Je repense à notre compromis et toutes ces règles et je me sens mal tout à coup. J’essaie de me rassurer : ce n’est pas vraiment un plan cul, on a dîné ensemble, on a discuté. Nous sommes comme deux amis qui se font plaisir, voilà tout ! De toute façon, je n’ai pas le choix. Je n’arriverai pas à arrêter, du moins pas tout de suite. Pour l’instant, je ne pense qu’à une chose : recommencer.
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