Mi-figue mi-raison T1

Fanny D.L · Chapitre 38 sur 65

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Mi-figue mi-raison T1

Chapitre 35

 

Nous arrivons au jardin du Luxembourg, il fait frais mais le soleil brille. — Dommage, je n’ai pas pris…

Il ne me laisse pas le temps de finir qu’il me sort mon appareil photo du sac en me faisant un sourire à en tomber par terre. Je me mords la lèvre pour éviter de lui sauter dessus. Comment c’est possible d’être aussi beau ?

J’attrape l’appareil pour prendre ma première photo mais il me

retient.

— Attends…

Il me place un casque sur les oreilles mais cette fois avec la chanson de coldplay – paradise. Il retire l’écouteur d’une oreille pour me parler. — Prends en photo ces magnifiques œuvres de Dieu. Il remet mon casque en souriant. Je me sens aussi à l’aise que les dernières fois. Je prends une multitude de photos de ces beaux jardins, je prends des couples qui pique-niquent sur l’herbe, des enfants qui jouent… Je m’arrête quelques instants pour regarder autour de moi et repense à notre discussion sur Dieu. C’est vrai que la nature est tellement bien faite… Je secoue la tête et recommence ma rafale. Au bout d’un certain temps, je rejoins Samy assis sur un banc. Je suis un peu essoufflée.

— Ça fait un bien fou !

Je lui colle un baiser sur la joue comme pour dire merci. — La prochaine fois tu pourrais me jouer la musique au lieu d’apporter ton casque.

— N’y pense même pas !

Nous éclatons de rire ensemble. C’est vrai que j’ai un peu du mal à l’imaginer jouer dans un parc public.

Nous restons sur ce banc un long moment à discuter de la beauté de

la nature. Nous débattons sur la création de Dieu et l’évolution. J’aime quand il parle de religion, il est si sûr de lui et paisible. C’est pourtant la raison qui nous sépare…

Je m’allonge sur le banc en posant ma tête sur ses genoux.

— La prochaine fois, c’est moi qui t’emmène quelque part.

Il prend une mèche de cheveux dans sa main et hoche la tête. — Tiens, j’aimerais t’emmener dîner quelque part ce soir. — Non, ce soir je ne suis pas libre.

— Ah…

Je fais la moue, ce qui le fait sourire.

— Mon frère va bientôt se marier et on a des choses à faire. — Je ne savais pas que ton frère se mariait ! Avec une musulmane j’imagine ?

— Oui Emi, bien sûr.

— Bien sûr… Comment se sont-ils rencontrés ? Il est étonné de ma question. Il se demande sûrement qu’est-ce que ça peut bien me faire mais j’ai envie d’entendre une belle histoire d’amour. Une histoire simple, sans barrières.

— Ils ont une histoire assez particulière…

Ah mince alors !

— Ils se sont rencontrés il y a une dizaine d’années. Ils étaient très amoureux mais trop différents. Elle est Egyptienne et nos cultures divergent assez.

— Même entre vous ?

Je me mords immédiatement la lèvre pour avoir posé cette question mais il sourit.

— Oui Emi, même entre nous. Ce sont juste des différences de culture, tu vois ?

J’ai posé la question mais je vois tout à fait. Mina est marocaine, son mari algérien et Dieu sait ce que ça a été difficile, surtout entre les deux familles au moment des préparatifs du mariage.

— Du coup ils se sont séparés au bout d’un an. Mais autant l’un que l’autre te diront qu’ils n’ont jamais pu se remettre de leur histoire. Ils ont fait leur vie chacun de leur côté pendant trois ans en pensant toujours l’un à l’autre.

Je me relève pour lui faire face, impatiente d’écouter la suite. Il

rigole et secoue la tête.

— Ne me dis pas qu’il la rejoint à l’aéroport ? Il éclate de rire.

— Non Emi, sa vie n’a rien d’un conte de fée. Ils se sont juste revus par hasard au bout de trois ans de séparation. Ils ont su ce jour-là qu’ils ne se sépareraient plus jamais. Ils sont donc ensemble depuis et mon frère l’a demandée en mariage. Et tu connais la suite.

— C’est magnifique.

— Oui, j’avoue.

Je m’approche de lui et l’enlace. Nous restons comme ça quelques minutes quand il reçoit un message sur son téléphone.

— Je dois y aller Emi, je te ramène.

Je le serre encore plus fort.

— Je n’en ai pas envie.

— Moi non plus…

Cet aveu me provoque un frisson dans tous le corps. Je pose mes lèvres sur sa bouche et je passe doucement ma langue sur sa lèvre. Il a du mal à me repousser.

— Emi…

Il gémit doucement. Je profite de sa faiblesse pour tenter de l’embrasser, je tente d’ouvrir sa bouche avec ma langue mais il me repousse immédiatement.

— Emi, non !

— Excuse-moi, je…

— Je pensais avoir été clair !

Je me dis qu’il avait été clair aussi sur le fait de ne jamais passer la nuit ensemble. Je ne peux m’empêcher de penser que j’arriverai un jour à déroger à cette règle. Je souris à cette idée.

— Qu’est ce qui te fait rire ?

— Rien, rentrons !

Je me lève et lui attrape les mains pour l’aider à se lever.

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