Mi-figue mi-raison T1

Fanny D.L · Chapitre 21 sur 65

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Mi-figue mi-raison T1

Chapitre 18

 

Je me prépare pour rejoindre mes amies au restaurant. Je suis

épuisée, je n’ai pas beaucoup dormi la nuit dernière et la journée a été dure au boulot. Edward ne m’a même pas proposé de nouveau rendez-vous, je commence à désespérer.

Je reçois un message de Samy avant de sortir de chez moi, mon

cœur s’accélère alors que je n’ai même pas encore lu son contenu. « Libre ce soir ? »

Oh non ! J’ai trop envie de le voir mais je ne peux pas annuler avec mes amies, ça fait une semaine qu’on a prévu cette soirée. Avec Fanny et ses deux enfants, c’est dur de s’organiser au dernier moment. Je lui réponds à contrecœur :

« Je dîne avec mes amies ce soir, mais tu peux passer après ? »

Je fixe me téléphone durant quelques minutes, puis je le range dans

mon sac et pars rejoindre mes amies.

— Waouh t’es canon ce soir, t’as rendez-vous avec quelqu’un après ? dis Fanny en souriant.

C’est vrai que dernièrement, je prends beaucoup plus soin de moi, on se demande pourquoi !

— Bon les filles, je dois vous parler, dit Mina assez stressée. — Tout va bien ?

Fanny semble inquiète.

— Oui, oui. Je sais ce que vous allez penser et je vous demande juste d’être heureuse pour moi.

Elle me fixe, limite gênée.

— Enfin, surtout toi Emi.

J’arrête de mâcher ma pizza et la regarde en attendant des explications. J’avoue ne rien comprendre.

— Tu es enceinte ? hurle Fanny.

Mina nous regarde l’une après l’autre, la bouche grande ouverte. — Quoi ? Mais comment tu as….

— C’est ça ? Tu es enceinte Mina ?

— Oui.

Sans étonnement, Fanny sautille déjà sur place et prend Mina dans ses bras, les larmes aux yeux.

— Je suis trop heureuse pour toi mimi !

Ma première pensée est effectivement qu’il est trop tôt, beaucoup

trop tôt. Ils se connaissent à peine et viennent de se marier, quelle folie ! Puis tout à coup je pense à ma situation, à la relation dans laquelle je me suis mise malgré moi. Qui suis-je pour la juger ? — Je suis ravie pour toi ma chérie !

Je la prends dans mes bras à mon tour. Toutes les deux me fixent, étonnées. — Tu… pas de leçon de morale ? Pas de « c’est trop tôt » ou « tu es inconsciente » ?

Je souris :

— Non ! Juste félicitations !

Je suis heureuse de la voir si joyeuse et c’est tout ce qui compte. Après tout, chacun sa folie !

— Bon ok Emi, qu’est-ce qu’il y a ? dit Fanny en ricanant mais attendant tout de même une réponse de ma part.

Je ne réfléchis même pas, je ne peux pas leur dire. Premièrement,

c’est une des règles à respecter, je ne dois en parler à personne. Deuxièmement, je ne me vois pas dire à mes amies que j’ai une relation sans lendemain avec un arabe ! Elles n’y croiraient même pas. Je n’ai pas envie d’entendre leurs leçons de morale. Je ne veux pas arrêter de le voir et je sais qu’elles vont tout faire pour m’en empêcher. — Tout va bien ! Je trouve que c’est un peu tôt mais vous êtes mariés et c’est la suite logique. Et puis, tu nous avais prévenues que tu aurais rapidement un bébé. J’étais préparée !

Elles me sourient toutes les deux et Fanny mitraille Mina de questions sur sa grossesse.

— Dis Mina, j’ai une question : tu n’as jamais couché avec Mehdi avant le mariage ?

Elle me regarde horrifiée, je crois que je l’ai même vexée. — Bien sûre que non ! Je vous l’ai déjà dit, ça ne se fait pas chez nous. — Excuse-moi, c’est juste pour savoir. Je me dis que ça a dû être difficile. — Oui, mais avec la foi on peut y arriver !

— Mais avant toi, il avait eu d’autres femmes ? — Mais non Emi ! Chez nous on ne couche pas avant le mariage. Mais pourquoi toutes ces questions enfin ?

Elles me regardent toutes les deux, plus qu’étonnées. Merde, elles ne doivent sûrement pas comprendre mon intérêt soudain à ce sujet qui avait pour habitude de m’exaspérer.

— Euh… c’est cette amie au boulot.

— Tu as d’autres amies que nous ?

Fanny prend son air vexé en sirotant son soda. Je souris avant de poursuivre :

— Ouais, enfin c’est plutôt une collègue avec qui je m’entends bien. Elles me regardent, ne comprenant pas le rapport. — Oui donc cette collègue, elle sort avec un musulman mais que pour… enfin vous voyez ?

Mina me fixe, bouche bée.

— Quoi ?

— Bah… ils couchent ensemble, mais c’est tout. — Quelle horreur ! crie Fanny sans s’y attarder plus. Mina rigole ironiquement.

— Ta copine est tombée sur une mauvaise personne, Emi. La religion ne nous permet pas du tout de faire de telles choses. Je baisse les yeux sur mon assiette, puis elle poursuit : — Il va profiter d’elle jusqu’à ce qu’il trouve ce qu’il cherche. Cette révélation me va droit au cœur. J’essaie de me dire que ce n’est pas le cas de Samy mais je sais qu’elle a raison. Il a été très clair avec moi. — Et quand il aura trouvé quelqu’un, il la lâchera comme une vieille chaussette.

Je sursaute sur ma chaise, je ne veux pas en entendre plus. La serveuse nous apporte nos desserts et Mina s’arrête de parler pour le déguster. Fanny ne détourne pas le regard. Elle continue de me regarder bizarrement. Je reçois un message de Samy.

« Passe chez-moi si tu rentres avant 23 heures » Je regarde ma montre, il est déjà vingt deux heures. Je cherche rapidement une excuse pour m’esquiver. Malgré tout ce que vient de me dire Mina, il faut que je le vois.

— Les filles, désolée de vous interrompre mais je ne vais pas trop tarder. Vous savez, je bosse dur en ce moment.

— Ah oui c’est vrai, et ton évolution ça en est où ? Tu as vu ton chef ? me demande Mina, ravie de changer de sujet.

— Je compte justement aller le voir demain matin à la première heure pour en discuter, je vous tiendrai au courant.

Elles sont contentes pour moi, elles savent que ça compte. Je me sens un peu mal de leur mentir mais je me console rapidement en me disant que c’est beaucoup mieux comme ça.

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