Mission haute tentation (French Edition)
CHAPITRE 26 - Tu es Rachel
Charlie
— Rachel ? m’interpelle Diane, mon amie d’enfance, depuis le salon. Nous sommes unanimes, tu es jolie comme un cœur, mais… il faut que l’on s’habitue à ton changement vestimentaire ou il va y avoir un retour à la normale d’ici peu ?
Au milieu de ma cuisine, je regarde mon reflet au travers du four et souris. Il semblerait que ma chemise avec son petit col Claudine ne fasse pas l’effet escompté auprès de ma bande.
— C’est le côté coincé du cul qui ne vous plaît pas ? rigolé-je tandis que je les rejoins avec des bières fraîches plein les mains.
Assises sur le sofa, Diane, Juliet et Tamie me détaillent silencieusement des pieds à la tête. Avec leur moue réprobatrice, la réponse est plus qu’évidente. Je me marre des tronches qu’elles affichent, et de moi par la même occasion. Charlie est une partie de moi dont j’ai encore du mal à me débarrasser. Il faut dire que je n’ai pas encore eu le temps nécessaire pour prendre du recul sur l’affaire. Après mon départ de chez Lexie, j’ai passé presque quarante-huit heures au sein de nos locaux, à retracer jour par jour ce que j’ai fait, dit, entendu, vu… et on reprenait du début, dans l’hypothèse où j’aurais oublié une information. Je n’étais pas en salle d’interrogatoire, mais c’était tout comme. Par contre, la réciproque n’était pas de mise, car malgré mon entêtement à vouloir connaître la suite, mon boss s’obstinait à me répondre que ma mission s’arrêtait là et que l’affaire suivait son cours. À croire que de son côté, il n’en savait pas plus que moi. C’est exténuée et à fleur de peau que j’ai enfin pu rentrer chez moi. J’ai dormi aussi longtemps qu’avait duré ma « détention » et c’est seulement lorsque j’ai repris mes esprits que j’ai réalisé que tout était fini, que je devais tirer un trait sur les dernières semaines. Sur Malone. J’ai beau être en congé depuis, les interrogations qui restent en suspens m’empêchent d'avancer. Où en sont-ils ? Lexie est-elle passée à table ? Et Sam ou encore Archi, quel était leur rôle ? Est-ce que mon ancien coéquipier a plus d’infos à son niveau ? Le téléphone qui m’avait été attribué pour la mission n’étant plus en ma possession, je n’ai aucun moyen de le joindre pour m’informer, ou même prendre de ses nouvelles. Et je ne sais pas ce qui me frustre le plus des deux. Je m’étais habituée à sa présence, à son air matinal bourru et à sa belle gueule. Me réveiller seule, prendre mon café sans personne qui soupire auprès de moi, pestant contre l’odeur de mon pain brûlé, me laisse une sensation de vide. Mon quotidien est rythmé de détails çà et là qui me font penser à lui. Pour être totalement honnête avec moi-même, je dois admettre que Malone me manque bien plus que je ne l’aurais envisagé. Je dois impérativement m’occuper, me changer les idées. Je suis presque certaine qu’avec un peu de temps, son image se dissipera dans mon esprit pour ne devenir qu’un vague souvenir. Mais la bonne nouvelle, c’est que j’ai tout le loisir de profiter de mes amies avant de reprendre du service.
Je leur distribue leurs bouteilles et réajuste ma tenue. D’un tour de main, je défais les boutons en bas de la chemise et noue les deux pans sur mon abdomen. Avec mon jean noir taille basse et mon ventre à présent découvert, le visuel devient un peu plus moderne.
— Mieux ? leur demandé-je pour approbation en tournant sur moi-même et prenant des postures piquées aux pin-up.
— Sinon tu peux juste la retirer et oublier son existence. Elle est brodée de petites fleurs, tu réalises ? s’insurge Tamie, la fashion victim du groupe.
— Ou la brûler, histoire d’être sûre que tu ne tenteras plus l’expérience, en remet une couche Diane.
— On ne peut pas dire que ce soit moche… plutôt que ça ne te ressemble pas, tempère ma douce Juliet qui préfère ne pas trop se mouiller.
Je me laisse tomber sur le fauteuil en face de mon trio infernal et pousse un long soupir. Mes yeux accrochent chaque parcelle de la pièce. J’adore ma maison, l’odeur qu’elle dégage et les souvenirs qui y sont rattachés. Les parties de fou rire en repeignant les murs lors de mon emménagement, tout comme les objets de déco imposés par les filles, pensé-je en portant mon attention sur un vase énorme qui a plus d’utilité lors de nos soirées alcoolisées qui tournent au drame que pour accueillir des bouquets de fleurs. Je revois Diane me l’offrir en affirmant que l’aspect écailles était très à la mode et que sa couleur vert d’eau irait à la perfection avec la peinture bleu canard de la pièce. Je me marre intérieurement. Elle avait raison ! Je suis chez moi, dans mon élément, entourée des personnes que j’aime, et pourtant mon esprit est toujours un peu ailleurs. Perdu dans cette somptueuse villa, où je prenais plaisir à me trimballer en bikini au bord de la piscine pour perturber Malone dans son travail acharné. Et puis il y a aussi mon rapprochement avec Lexie, Archibald, Sam… cette mission me laisse un goût amer en bouche. Celui de la défaite, de l’inachèvement.
— Tu es sûre que tout va bien, Rachel ? s’inquiète Diane. Tu es revenue depuis presque quinze jours, mais tu as encore l’esprit ailleurs.
Je me frotte le visage pour chasser mes frustrations et avale une gorgée de bière.
— Tu veux nous parler de ta mission ? propose Juliet en espérant y trouver les réponses à mon état.
— Tu sais bien que je ne peux rien dévoiler. J’ai conscience que je suis déconnectée de la réalité, mais je vous assure que je vais bien. Il me faut juste un peu plus de temps que d’habitude pour que Charlie me foute la paix.
— Charlie ?
Je referme la bouche aussi sec en maugréant contre ma bêtise. Ce n’est pas leur première tentative pour me soutirer des informations, et je suis toujours vigilante à ne rien divulguer. Il en va de la sécurité intérieure du pays, et le secret professionnel n’est pas à prendre à la légère dans mon métier. Mais je suis toujours imprégnée de cette mission, en voilà encore une preuve.
— C’était le prénom de ma couverture. Maintenant on passe à autre chose avant que je sois obligée de vous tirer une balle dans la tête pour avoir été trop bavarde !
Elles éclatent de rire. Elles savent que je porte une arme, que j'ai le droit d'utiliser un fusil à pompe et que je peux calmer n’importe quel homme à mains nues, pourtant je ne parviens même pas à leur soutirer un frisson d’angoisse. Elles me connaissent trop bien !
Diane se lève, se pointe devant moi, et me tend sa paume. Ça sent encore le coup fourré. Je lève les yeux au ciel et soupire exagérément, mais accepte sa main et me remets sur mes pieds. Elle m’escorte jusqu’à ma psyché et me place devant.
— Qu’est-ce que tu vois ?
Je détaille un instant le reflet que me renvoie le miroir sans parvenir à comprendre où mon amie veut en venir.
— Mes cheveux sont toujours aussi raides et blonds. Mes yeux sont toujours au nombre de deux et sauf erreur de ma part, leur teinte bleue n’a pas changé, lui réponds-je d’une voix niaise. Je me suis maquillée normalement, sans déborder ou surcharger, et j’ai même un rouge à lèvres carmin pour rappeler les roses de mon chemisier.
Je me tourne vivement vers elle, blasée qu’on en revienne à ma tenue.
— Tu te donnes beaucoup de mal pour t’assurer que je ne remettrai plus jamais ce chemisier. Si je te promets de le virer, on peut poursuivre la soirée tranquillement ?
Mon amie plaque ses mains sur mes épaules et m’oblige à faire une volte-face pour que je me retrouve une fois de plus devant mon reflet.
— Tu sais ce que je vois moi ? La gamine qui a cassé le nez à Liam Park parce qu’il avait soulevé ma jupe devant toute la classe en primaire. La femme qui a refusé la demande en mariage de son petit ami parce qu’elle aspirait à d’autres choses. Celle qui s’est construite loin de sa famille lorsqu’elle a réalisé que les attentes qu’ils avaient nuisaient à son épanouissement. Celle qui a tout donné pour être là où elle est aujourd’hui.
Je réfléchis à ses affirmations et ai du même coup une rare pensée pour mes parents de qui je me suis éloignée fortement. Déjà, de son vivant, mes paternels n’aimaient pas particulièrement Tiago qui me poussait à m’émanciper. Après son meurtre, ils n’arrivaient donc pas à comprendre l’ampleur de ma dévastation et mon entêtement à continuer de faire rouler notre business. Bien sûr, leur confier mon boulot d’indic m’était impossible et je me suis contentée de prendre mes distances.
Elle chasse le voile sombre qui ternit l’étincelle dans ses yeux à l’évocation de mon ami, qu’elle a pourtant rarement eu l’occasion de rencontrer puisque ma vie était en Californie à cette époque. Je comptais y construire mon avenir, mais me voilà de retour dans ma Nouvelle-Orléans d’origine où j’ai acheté une maison proche d’elles, pour me ressourcer dès que mes missions me le permettent.
— Sans oublier tes trois sœurs de cœur, poursuit-elle avec le sourire retrouvé, qui sont certes chiantes, mais qui sont là quoi qu’il se passe. Tu es Rachel. Et je ne sais pas qui est cette Charlie, mais je suis certaine qu’elle ne t’arrive pas à la cheville.
Mon cœur se gonfle d’amour et une larme traverse la barrière de mes cils. Je la prends dans mes bras, la remerciant silencieusement d’être là depuis ces très nombreuses années. Diane est un drôle d’oiseau et n’aime pas que je la remercie ou que je lui dise à quel point je suis heureuse de l’avoir dans ma vie. D’après elle, on remercie les gens lorsque l’on n’a plus besoin d’eux. Et comme entre nous c’est pour la vie, je n’ai pas le droit de lui être reconnaissante.
Je discerne le cliquetis des talons des autres comparses sur le parquet et souris d’avance.
— Câlin collectif ! s’écrit Juliet alors que deux paires de bras nous entourent déjà.
Je fonds, littéralement. Ce surplus d’amour m’empêche de respirer à pleins poumons et je me dégage gentiment de leur étreinte avant de me transformer en loque humaine.
— Le message est passé, merci, les filles. Et maintenant, juste pour vous faire plaisir, je vais aller de ce pas mettre un autre haut pour arrêter de vous brûler les rétines, rigolé-je, les yeux embués de larmes contenues.
Je roule des fesses jusqu’à ma chambre sous leurs acclamations et leurs sifflements, ce qui a le don de dédramatiser ce petit moment de faiblesse. Les éclats de rire dans le salon provoquent les miens et c’est le cœur plus léger que je laisse mon double maléfique au placard. J’enfile mon T-shirt coupe droite avec l’inscription de mon ancienne université floquée dessus et rentre le devant dans mon jean. Simple, mais efficace. Puis du bout des doigts, j’efface les dernières traces de larmes, me remets une touche de blush sur les joues et je souris au miroir de ma coiffeuse.
— Tu es Rachel, chuchoté-je à mon reflet. Quelle qu’en soit la fin, tu as honoré ta mission jusqu’au bout.
Soudain la porte s’entrouvre et la tête rousse de Tamie apparaît dans l’embrasure.
— Loin de moi l’idée de te déranger, mais Charlie est demandée.
Je me retourne vivement vers elle, un large sourire aux lèvres, et lui réponds fièrement :
— Je suis Rachel !
Mon amie rigole en levant le pouce pour signaler qu’elle a bien compris le message, mais un étrange sourire continue de flotter sur son visage.
— Ce que j’essaie de te dire, Rachel, c’est qu’un homme t’attend dans l’entrée. Il veut voir Charlie.
Mon cœur fait un bond et les palpitations devenues désordonnées frappent de plus en plus fort contre ma cage thoracique.
Malone…
— Il s’est présenté ? lui demandé-je toutefois, ne pouvant écarter Archibald de l’équation ainsi que le danger potentiel qui va de pair.
Je suis déjà en train d’effectuer le code de mon coffre-fort qui renferme mon arme de service lorsqu’elle reprend la parole.
— Non, mais il a indiqué qu’il était un collègue à toi. Plutôt grand, brun, charismatique, et foutrement sexy ! répond-elle à mi-chemin entre le cri hystérique et le chuchotement étranglé. Je comprends mieux pourquoi quitter cette mission était plus dur que pour les autres. Et le pire c’est que tu as réussi à garder ça pour toi ! Ça, tu vois, c’est le genre d’élément qui ne met pas ta mission en danger et que tu te dois de partager avec les copines ! s’insurge-t-elle.
— Dis-lui que j’arrive. Et foutez le camp de chez moi ! la pressé-je sans prendre en compte ses revendications puériles.
Un sourire coquin s’étire sur ses lèvres et sans un mot de plus, elle referme la porte sur elle. Je retourne rapidement devant ma coiffeuse où je réajuste ma tignasse et remets un peu de parfum. Mes pupilles brillent d’une lueur dont lui seul a le secret. Je souffle un bon coup pour aider mon cœur à reprendre un rythme cardiaque normal sans réellement y parvenir et quitte ma chambre. Ma maison est étrangement calme, je remercie intérieurement Tamie d’avoir réagi aussi vite à ma demande, mais réalise assez vite qu’il n’en est rien. Les trois drôles de dames ont repris leur place initiale dans le canapé, leur bouteille de bière en main et de la bave au coin de la bouche, à mater éhontément Malone, qui fait semblant de ne pas s’en rendre compte. Mais je le connais assez bien pour savoir qu’il fixe son téléphone pour ne pas être confronté aux regards insistants de mes amies.
— Salut, Malone, apostrophé-je l’intéressé en sentant déjà mes joues rosir à le découvrir chez moi. Au revoir les filles, congédié-je les retardataires sans parvenir à quitter mon ancien coéquipier du regard.
Je m’arrête à sa hauteur, en gardant une distance toute suffisante pour ne pas respirer le même air que lui. À le voir ainsi, en jean brut, T-shirt noir et baskets de skateur aux pieds, il paraît plus jeune que dans mes souvenirs. La simplicité lui va beaucoup mieux que les costumes sombres dans lesquels il tenait son personnage. Avec ses cheveux libres de tout artifice de coiffage, des mèches lui tombent sur les tempes et je ferme mes mains en poings pour résister à l’envie d’y passer mes doigts. Je découvre le vrai Malone, sans trace de Parker. C’est lui, entièrement lui, et Dieu qu’il est canon ! Ma maison me semble soudain plus petite, mes amies trop présentes et moi carrément gauche. Il est là, dans mon univers, dans ma vraie vie. Et il est venu pour me voir. Il range son téléphone, plante son regard dans le mien, et un court moment, j’arrête de respirer. Quinze jours sans le voir, c’est plus long que le temps passé avec lui et pourtant je réalise seulement maintenant à quel point il m’a manqué. Ce n’est pas Charlie, mais Malone qui refusait de quitter mon esprit. Lorsqu’il me sourit, une bouffée de chaleur se propage dans tout mon être et la sensation de plénitude qui l’accompagne me donne un instant le tournis. À l’intérieur, j’exulte de le revoir, je crie ma joie, mais de l’extérieur, rien ne transparaît. Je suis comme en état de choc, me demandant si je rêve ou s’il est vraiment là. Comme pour vérifier, je pose ma paume sur son cœur. Ses battements sont calmes, réguliers. L’incompréhension se lit sur son visage, il arque un sourcil et je lui souris enfin. Je sens de l’agitation dans mon champ visuel, probablement des paroles – qui n’arrivent pas jusqu’à mon cerveau –, et ce n’est que lorsque Malone se décale pour ouvrir la porte que je comprends que les filles ont réalisé à quel point elles étaient de trop.
Je me rattraperai, mais plus tard.
Lorsqu’il referme la porte sur nous, il a tout juste le temps de se retourner que je fonds sur lui. Sous l’effet de surprise, son dos bute contre le bois de celle-ci et s’il voulait échanger quelques mots, mes lèvres déjà sur les siennes le neutralisent. Son odeur, son goût… tout me revient en bloc. Il lui faut quelques secondes pour répondre à mon baiser, mais rapidement il reprend le contrôle et je me retrouve à mon tour coincée entre la porte et son corps. Je m’agrippe à ses épaules et prends appui pour soulever mes jambes et les croiser autour de ses hanches, afin d’être au plus près de lui, de sentir son désir pour moi. Je lui mords la lèvre inférieure, griffe chaque parcelle de sa peau qui passe sous mes ongles. Je suis comme possédée, je n’ai plus aucun contrôle sur mon corps qui réagit sous ses propres volontés, à savoir, le sentir en moi. Malone n’est pas en reste, ses gémissements s’infiltrent sous ma peau qui s’électrise. Sa langue me goûte, m’impose une danse endiablée, me lèche comme une friandise. Mais au moment où mes doigts tremblants d’impatience se referment sur le bas de son T-shirt pour l’en débarrasser, ses mains se plaquent sur mes poignets pour m’en défendre. Puis il rompt notre baiser, collant son front contre le mien pour garder une distance. Je ne comprends pas. Son regard est fiévreux de désir, ses lèvres gonflées et je peux sentir les battements effrénés de son cœur qui cognent au rythme du mien, en parfaite symbiose.
— Rachel, attends. Je ne peux pas dire que ta façon de fêter nos retrouvailles me déplaît, mais… je suis là pour une tout autre raison.
— Oh…, soufflé-je, à court de mots, déçue que ses intentions ne coïncident pas avec mes attentes.
Mais lorsque je tente de défaire le nœud que forment mes pieds sur ses fesses, il me maintient dans la position en calant ses mains sous mes cuisses.
— Donne-moi juste quelques secondes, ma queue n’est pas encore prête à quitter la chaleur de ton corps, répond-il dans un rictus moqueur.
Je me frotte sensuellement contre lui, lui rendant un sourire mutin, en espérant qu’il reportera la raison de sa venue pour assouvir une envie qui vraisemblablement est partagée.
— Sauf en cas de danger immédiat, je suppose que cela peut attendre une heure. Ou deux. Voire la nuit entière, non ?
Il grogne comme s’il était pris de doute, mais finit par me relâcher. Je détache mes jambes à contrecœur, et le libère de mes bras qui le maintenaient au plus près de moi.
— Appelle ton patron et persuade-le de t’autoriser à mener l’interrogatoire de Lexie. Elle reste muette depuis son incarcération et répète non-stop qu’elle refuse de parler à d’autres personnes que nous, m’indique Malone avec son ton professionnel, mais légèrement plus rauque que d’habitude.
Il recule de quelques pas et réajuste son paquet, qui semble compressé dans son jean, ce qui me vaut un éclat de rire.
— Dépêche-toi, on est attendus. Je patiente dans la cuisine, dit-il en furetant dans les pièces jusqu’à trouver celle qui l’intéresse. Là, j’ai besoin d’une bière.
Je souris face à sa difficulté à reprendre contenance, à notre duo qui se reforme temporairement, et à cette mission qui reste la nôtre.
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