Mission haute tentation (French Edition)

Manon Donaldson · Chapitre 5 sur 36

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Mission haute tentation (French Edition)

CHAPITRE 3 – Prépare-toi à y goûter

Malone

Je quitte la pièce, bouillonnant de l’intérieur. Horn ose me foutre une recrue dans les pattes ? Dans une mission aussi périlleuse que celle-ci ? Alors même que je lui avais expliqué de long en large que plus jamais je ne consentirais à bosser en duo ? Bordel, il va m’entendre ce connard. C’est le propre d’un gratte-papier, je le sais, mais ça n’adoucit pas pour autant ma colère. C’est facile, depuis sa tour d’ivoire, de bouger sa baguette et de prétendre connaître la réalité du terrain. Ouais, de grands décideurs à qui on a tout enseigné à Quantico et qui n’ont eux-mêmes jamais été infiltrés. C’est ma peau que je joue ici. Comment je peux effectuer correctement mon boulot avec une donnée telle que cette femme que je ne blaire absolument pas et pour qui ma confiance avoisine les moins mille ? Une fille que j’aurai à briefer, à protéger sans doute et pour laquelle je risque de finir par m’inquiéter. Je descends l’immense escalier en direction de la salle de réception et rejoins Lexie. À sa simple façon de me dévisager, je devine que je suis mûr pour un interrogatoire en règle et ça ne me plaît guère. Je suis désormais coincé et dans l’obligation d’insérer dans mon historique familial une petite sœur. Ai-je déjà spécifié être fils unique dans une de mes conversations antérieures ? Se souvenir avec exactitude de tout ce que l’on a ou pas affirmé durant trois ans est presque impossible. Et puis, Parker n’avait pas de frangine dans son pedigree initial. J’arrive à la hauteur de mon invitée qui cache son amusement derrière la coupe qu’elle porte délicatement à ses lèvres.

— Parker, mon ami, voilà que je ne cesse d’en apprendre sur toi. Je déplore cependant que ce soit purement fortuit et que tu ne m’aies jamais mentionné ta sœurette.

Je revêts un rictus mystérieux et cherche, au plus vite, une parade.

— Je n’ai pas cru bon de le spécifier puisque nous n’avons de lien que celui du sang. Charlie était adolescente lorsque je suis parti de la maison pour étudier auprès des maîtres dans mon domaine.

— Vous ne semblez pas partager plus de caractéristiques physiques que de traits de caractères, lance-t-elle en rigolant doucement.

Je pivote aussitôt et observe ma « sœur » paonnant auprès des hommes qui se sont tous approchés pour connaître son identité. Elle sourit à tout vent, rit à gorge déployée comme une de ces gourdes écervelées. Je ne compte plus les mouvements de tête visant à dégager sa nuque de ses boucles blondes. Et on en parle de ses poignées de main échangées bien plus longtemps que le décorum ne le recommande ? À quoi elle joue, putain ! À m’énerver ? Parce que si c’est son but, elle l’a largement dépassé. Elle me désigne d’un index manucuré et je peux lire sur ses lèvres « frère ». J’ai envie de me taper le crâne contre un mur. C’est Horn qui aurait dû me prévenir. Il aurait dû organiser une foutue rencontre, me faire un briefing de nos relations et de notre historique. Sa négligence pourrait risquer de tout faire capoter. Si elle ne balance ne serait-ce qu’un seul souvenir de façon différente de moi, elle pourrait griller ma couverture d’un claquement de langue, putain !

— J’ai parfois l’impression que nous sommes de purs inconnus l’un pour l’autre, affirmé-je en concluant ma phrase par une gorgée de mon alcool préféré, ou plutôt, celui de Parker, mon alter ego.

Je laisse le liquide dévaler ma trachée et prends congé de Lexie, l’abandonnant pile au moment où la duchesse revient en brandissant son portable dans les airs, ayant, enfin, réussi à mettre la main sur ses photos de chien. J’avance en direction de Charlie et l’excuse auprès de sa horde de jolis cœurs en tendant le bras. Elle s’en saisit comme une femme du monde jusqu’à ce que nous franchissions les battants de la cuisine et qu’elle me relâche pour tourner son faciès contrarié dans ma direction.

— Tu vas cesser de regarder par-dessus mon épaule et de me fliquer ?

— Tu es sur mon territoire, crois-je bon de lui rappeler sèchement. Si tu t’amuses à flirter avec tout ce qui bouge, ces dames vont te tomber dessus et moi je serai éclaboussé par la même occasion. Je veux qu’on soit clairs, tu es ici chez moi, dans mon univers. Tu joues avec mes règles et tu obéis !

Je suis ferme et ne laisse aucune marge de manœuvre ou porte ouverte à la tergiversation. Elle relève son visage vers moi, dévoilant une rangée de dents parfaitement alignées, et je m’attends, vu ses traits avenants, à ce qu’elle me confirme qu’elle a compris.

— Oh, c’est bien mal me connaître de penser que je suis là pour être la boniche d’un mec du FBI. Tu peux prétendre avoir une ascendance sur moi si ça te chante, mais n’oublie jamais que tu n’es pas mon patron et que je ne te dois rien. Nous avons un but commun, ma mission passe avant tout et je vais donc faire tout ce que je crois juste pour parvenir à mes fins. Les victimes sont celles apparaissant sur la liste. Je te propose de travailler en équipe, mais sache que si tu le refuses, j’agirai en solo.

— Je ne permettrai pas que…

— Tu ne permettras pas quoi, grand frère ? Que je réussisse ? Tu es conscient que je suis là pour des motifs de sécurité nationale et pas pour plomber ta couverture ? Je ne suis pas ton ennemie, Parker !

— Ah, parce que tu penses que jouer les séductrices en te mettant les femmes à dos va servir ton intérêt ? Tu ne connais rien à leur monde, ils vont te bouffer toute crue. Je prendrais assurément un plaisir morbide à t’observer te cassant la gueule tant que ça ne risque pas de me nuire.

Elle ne se départit pas de son sourire une seule seconde. Putain, elle me nargue, m’envoie presque chier, mais jamais ses traits ne démontrent qu’ils sont affectés par les propos que je lui tiens. Quiconque nous regarderait à l’instant sans nous entendre supposerait que nous avons une conversation cordiale, voire bon enfant.

— Ta cible, c’est M. Jefferson, celle que moi je vise, c’est sa charmante épouse et leur entourage. N’as-tu pas appris lors de tes formations que je dois vite me tailler une place dans ce milieu ? Que si les hommes sont curieux à mon sujet, et leurs femmes jalouses, mon nom sera d’ici demain sur toutes les lèvres de ces faux-culs de la haute société ? Et que convoitent le plus les richissimes messieurs de cet acabit ? Ce qu’ils ne peuvent avoir. Que désirent leurs bien-aimées ? Ne pas être la cocue dont tout le monde parle. Forcément elles voudront m’approcher et être mes « meilleures amies » pour mieux me faire tomber. Alors oui, peut-être que ma méthode d’introduction te déplaît, mais je ne vais pas m’arrêter, Parker. J’obtiendrai mon premier contact avec le couple Jefferson avec ou sans ton aide.

— C’est un défi ? Wah, mais quel professionnalisme, balancé-je en applaudissant faussement.

— Non, mon cher, pour que c’en soit un, je devrais d’abord envisager que c’est une course et que l’on joue l’un contre l’autre, or ce n’est pas comme ça que je perçois notre partenariat. Maintenant, excuse-moi, mais je dois rayonner.

Elle m’offre un clin d’œil, me tourne le dos et disparaît, me laissant planté devant le comptoir, ivre de rage. OK, Malone, décortique les éléments que tu possèdes, m’enjoins-je en essayant de me calmer.

Nous avons des objectifs similaires, ma raison d’être ici reste inchangée, si ce n’est que je dois infirmer ou valider l’implication de Jefferson dans cette histoire de diffusion de données classées secrètes. Si ce qu’elle dit est vrai, que quelqu’un marchande les nouvelles identités de tous les indics protégés de toutes les organisations américaines, c’est en effet catastrophique. Bien sûr, je connais l’existence d’un tel document mais n’arrive pas à comprendre comment un tiers peut avoir réussi à mettre la main dessus. Bordel ! Pour réussir à pirater un système de ce calibre, ça signifie que le hacker est high level. Cette idée me file des frissons de jalousie. Je ne doute pas que plusieurs rêvent d’en devenir le détenteur pour servir leurs intérêts et leur soif de vengeance. Ce que je n’avais jamais envisagé en revanche, c’est qu’on puisse réellement souhaiter de le retransmettre à grande échelle. Ça requiert un esprit foutrement tordu pour considérer de s’enrichir au profit de milliers de morts. Je pense aux témoins, mais aussi à tous les agents à qui ils ont eu affaire et qui sont, comme moi, en mission. Si les renseignements fuitent, qui sait s’il restera des personnes à l’abri des retombées. Quelques visages de gens m’ayant fait confiance et s’étant impliqués pour m’aider me reviennent en tête. J’ai toujours été conscient des sacrifices auxquels ils ont dû consentir en dévoilant des informations sensibles, ce qu’ils perdaient en devant changer d’identité, et je ne permettrai pas qu’un seul de mes indics soit en danger pour simplement m’avoir secondé. Même si ça signifie de collaborer avec une pimbêche des Services secrets. Cette idée m’horripile et me file une remontée acide. Elle n’est pas Tania, me sermonné-je. Je ne suis pas responsable d’elle, je ne lui dois rien et je n’ai pas à la protéger. De toute façon, elle fera comme tous ceux de son affiliation, c’est-à-dire : à sa tête, en ne se souciant que des résultats. Que ferait un mec professionnel ? Il paraderait dans le rôle qui lui est attribué pour le reste de la soirée, attendrait que les invités partent tous, et après, il opterait pour un débriefing en règle afin d’éviter que lui et sa partenaire se fassent tuer sur un détail. C’est le plan de départ que j’ajusterai à mesure des bourdes qu’elle va faire. Tenir bon et tenter de sauver les meubles d’ici à ce que je reçoive un appel de mon organisation. Ensuite seulement, je me débarrasserai d’elle pour de bon. Je recompose mon faciès neutre et regagne la salle de bal où l’orchestre entame une chanson rythmée. Je les fusille du regard pour ne pas se contenter de jouer des classiques comme je le leur avais ordonné et remarque le rictus en coin de ma « petite sœur ». Oh putain, ce rôle lui va à ravir parce que pour le coup, j’ai envie de l’étrangler comme dans une authentique relation fraternelle. Un homme du nom de Viau lui tend la main et c’est en affichant une joie véritable qu’elle l’accepte et lui emboîte le pas vers la piste. Bientôt, cette soirée que j’avais voulue calme pour avoir le loisir d’échanger avec les convives se transforme en quelque chose de bien plus festif qui n’est plus propice aux épanchements. Je rechigne au moment où Lexie rejoint Charlie, me laissant à la merci des cougars en chasse. Je joue le jeu les heures suivantes, ne croisant les deux femmes que lorsqu’elles se rafraîchissent à ma table, et chaque fois, je ne manque pas de flinguer mon ennemie naturelle d’un coup d’œil assassin. Je sais que pour cette nuit mes possibilités sont réduites à néant et je renonce donc à ma récolte de confidences. Je me contente de faire acte de présence et attends impatiemment la fin de toute cette mascarade. Elle va m’entendre, cette pseudo-agente qui vient tout foutre en l’air.

***

Je salue les derniers invités depuis le pas de la porte et inspecte aussitôt la totalité de la maison à la recherche de la peste. Je trouvais déjà cette baraque trop grande, mais c’était avant de devoir la fouiller dans les moindres recoins. Je suis crevé, contrarié et à bout de nerfs lorsque, depuis une fenêtre du deuxième, je perçois le clapotis de l’eau. Un rapide coup d’œil me permet de repérer Charlie en pleine séance de natation nocturne. Je le jure, si je pouvais, je la noierais immédiatement.

Je dévale l’escalier central et atteins l’extérieur au plus vite pour ne pas risquer qu’elle m’échappe à nouveau. Elle ne se rend compte que je suis debout devant la piscine que quelques minutes plus tard. Devant mes bras croisés sur mon torse, mon rictus mauvais et mon air tout sauf amical, elle m’offre un rehaussement de lèvres que je devine faux. Identique à ceux qu’elle a distribués aux invités toute la soirée. Elle s’extirpe du plan d’eau par le rebord pour venir se planter, dégoulinante, en face de moi. Je constate la chair de poule qui couvre la moindre parcelle de ce corps que je trouverais sans doute attirant si je n’étais pas aussi furieux. Ses cheveux blonds qui arrivaient, une fois frisés, au-dessus de ses épaules me paraissent nettement plus longs cette fois. Ses yeux d’un bleu acier, noircis plus que de raison par le mascara ayant bavé, ressortent encore plus que lors de notre premier échange de regard. Nonchalamment, elle me contourne et se poste devant le meuble où les serviettes sont rangées. J’avise sa robe de marque abandonnée en un tas grossier au pied d’un transat, à même le sol. N’y a-t-il rien qu’elle respecte ? Nom de Dieu !

— Il faut qu’on parle, commandé-je glacial, pressé d’énumérer toutes mes récriminations.

— Je t’en prie, cher collègue, après tout, ce n’est pas comme si je n’avais pas dormi depuis quarante et une heures et pas mangé depuis une douzaine d’autres.

— Je suis sérieux ! C’était du suicide de débouler comme ça, aussi cavalièrement et devant tant de gens ! Lexie m’a interrogé pour savoir si je te connaissais avant que tu ne me sautes dessus. Tu imagines si j’avais affirmé que non, alors que deux secondes plus tard tu annonçais être de ma famille ?

Elle ricane et en réaction, un rictus de pure colère déforme mes traits.

— On joue nos vies là-dessus et toi, ça te fait marrer ?

— Ce qui m’amuse, c’est l’ensemble de tes contradictions. On ne doit pas éveiller de soupçons et rester cohérents, mais parallèlement, tu exiges que je me tapisse dans un coin et que je fasse la potiche sans cervelle. Je suis ta petite sœur, celle qui déboule en pleine festivité, apprêtée pour le bal alors que tu ne t’y attends pas. Tu as démontré clairement à quel point tu es irrité par ma présence. Mon rôle, c’est cela. Que je sois impétueuse, dérangeante, exubérante, c’est précisément ce qui fait sens avec Charlie ! Je me permets de te rappeler qu’improviser et s’adapter, c’est aussi important que d’analyser, dans ce boulot. Et tu aurais pu être simplement un mec très mécontent que sa frangine débarque ainsi. Le genre de frère qui préfère nier son existence tellement elle l’insupporte. De toute façon, vu la tête que tu as tirée toute la soirée, je t’assure que c’est ce que les gens pensent de notre lien.

J’inspire profondément avant de reprendre. J’ai l’impression de m’adresser à une gamine inexpérimentée qui ne veut rien entendre et qui croit tout savoir.

— C’est précisément la raison pour laquelle nous devons parler et mettre au clair notre « relation ». Ensuite, nous établirons un plan d’action nous permettant de… T’es en train de me reluquer, là ? la houspillé-je alors qu’elle m’examine des pieds à la tête, les lèvres étirées de façon presque coquine.

— Non ? Alors ça aussi c’est interdit ? Frérot, il faudra me fournir une liste, parce que je crains de ne pas mémoriser toutes tes règles.

Un instant, elle me sort des arguments qui tiennent presque la route, et le suivant, elle tourne tout à la rigolade. Ça m’épuise déjà, bordel ! Je ne surenchéris pas et refuse de me laisser perturber par son corps, qui, je ne le remarque que maintenant, n’est pas vêtu d’un maillot, mais de lingerie. Un haut en dentelle rouge retenant une poitrine généreuse qui cherche visiblement à s’échapper. Je perçois avec précision chaque goutte d’eau ruisselant entre ses deux monts et m’arrache à cette vision avant qu’elle ne m’y prenne. Elle lève les yeux au ciel puis feint de m’ignorer en essuyant chaque parcelle de sa plastique parfaite, y passant bien plus de temps que nécessaire. Je détourne même le regard lorsque je réalise que ses fesses sont totalement nues, le seul bout de tissu existant n’étant qu’un minuscule morceau de ficelle se perdant au centre. Je l’entends glousser du fait que je lui ai tourné le dos et je soupire, agacé.

— Alors, tu vas me le faire ce topo ? m’enjoint-elle d’une voix si guillerette qu’elle m’horripile dès la première note. 

Je n’ai aucune confiance en elle et lui révéler les détails de mes mois de mission me fait craindre le pire. Elle a mentionné Horn, mon boss, mais elle pourrait très bien ne pas être ce qu’elle prétend. Aussi bien agir avec prudence. Je ne lui déballe que ce qui n’est pas compromettant et qui est de moindre importance. Un monologue d’une dizaine de minutes sans interruption. Pas un son ne vient troubler mon laïus… Ne me dites pas qu’elle est parvenue à la boucler et à se montrer enfin professionnelle ? Je me retourne, me sentant un peu con de m’adresser à un mur lorsque je la vois, étendue sur le transat, toujours à demi vêtue et enroulée dans sa serviette. Je m’approche, chasse l’idée presque jouissive de l’attraper directement et de la jeter dans la piscine, et j’écoute sa respiration. La peste dort profondément. Je marche jusqu’à la maison, décidé à ne pas faire cas d’elle, puis me ravise en me remémorant qu’elle a affirmé ne pas s’être couchée depuis des lustres. Je ronchonne au possible et la saisis en maugréant sans même qu’elle se réveille. Tu parles d’une espionne ! N’importe qui pourrait la liquider en moins de deux dans son sommeil ! Je produis un effort surhumain pour traverser la moitié de la résidence, gravir l’escalier qui mène aux chambres et la déposer dans un lit. Je ne me donne pas la peine de la couvrir. Enfin bordel, je n’ai certainement pas la tête d’un baby-sitter. Qu’elle se démerde ! Je me rends dans mon bureau et me branche sur mon propre réseau hautement sécurisé. Je suis prêt à me confronter à Horn, le directeur du FBI, mon boss. Je ne parviens pas à le joindre par appel et me fends d’un message codé incendiaire. Je ne réceptionne en retour, un moment plus tard, qu’une courte déclaration, aussi claire que concise.

« Approuvée par mes soins, veuillez coopérer d’ici à ce que nous parlions des détails. »

Je remonte dans ma chambre en maugréant, tout en essayant de planifier un moment où nous pourrons avoir ce putain de débriefing. Demain, j’ai golf au country club avec Jefferson et quelques hommes présents ce soir. Loin d’elle et de ses potentielles conneries, mais après, j’ai mon après-midi de libre et je le jure, lorsque j’en aurai fini avec Charlie, nous serons sur la même longueur d’onde ! Sinon je ne m’appelle pas Park… Malone !

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