Plan de carrière
Chapitre 12
Une fois expédiée la dernière version du contrat d’acquisition, Murph et moi passâmes la soirée ensemble en ville – d’abord avec un tour à une expo d’hommage à Hitchcock au Film Forum, puis un dîner de trois heures et deux bouteilles à mon restaurant préféré sur Cornelia Street, avant de finir chez moi.
Cela ressemblait à un vrai rendez-vous amoureux.
Et Murph ressemblait à un véritable amoureux.
Lorsque j’ouvris les yeux, le lendemain matin, mon premier réflexe fut de regarder sa silhouette endormie. Je m’attendais à moitié à ce qu’il ne soit pas là. Mais de toute évidence, il était là, ronflant paisiblement à côté de moi, entortillé dans mes draps en lin. Je me redressai sur un coude aussi discrètement que possible et observai son visage. Je n’avais jamais remarqué les fines ridules qui striaient la peau fine au coin de ses yeux.
Peu de choses sont aussi désarmantes qu’un homme endormi. Qui qu’il soit, quoi qu’il fasse pendant ses heures de veille, un homme qui dort paraît toujours extrêmement vulnérable – et innocent. Tous. C’est mon passe-temps préféré lors des longs vols pour affaires. Une fois le repas du soir débarrassé, lorsque tout le monde éteint la petite lampe au-dessus de sa tête et s’efforce de trouver une position confortable avec la couverture et l’oreiller fournis par la compagnie aérienne, je m’amuse à observer les hommes qui dorment autour de moi en classe affaires. Ne nous faisons pas d’illusions : la majorité de ces passagers sont encore et toujours des hommes – on y dénombre très peu de femmes. Et j’éprouve un étrange plaisir, proche du réconfort, à voir de tels hommes – souvent puissants, à la tête de grosses industries, des sortes de Maîtres de l’univers – vaincus par quelque chose d’aussi naturel que le sommeil.
Je profitais de ce moment quelques minutes de plus, regardant le souffle de Murph faire monter et baisser doucement sa poitrine, quand je songeai brusquement que je n’avais rien à lui offrir pour le petit déjeuner – ni pain, ni œufs, ni céréales. Je ne savais même plus si j’avais du café. Je me glissai hors du lit en frissonnant.
Le plancher était froid sous mes pieds. J’avais toujours eu l’intention de faire poser de la moquette dans ma chambre, mais n’avais jamais pris le temps de m’en occuper. Sans faire de bruit, j’ouvris le tiroir du haut de ma commode, enfilai des sous-vêtements, un débardeur en coton, et partis dans le couloir.
Je balayai mon appartement du regard. Le salon était dans un bazar sans nom. Des gobelets de chez Starbucks et la boîte d’une pizza à moitié consommée jonchaient le sol devant le canapé, à côté de mon ordinateur ouvert et de trois blocs contenant mes notes pour SunCorp. Je fermai l’ordinateur, rassemblai tous les papiers et les empilai soigneusement sur la table basse.
Mes doutes se confirmèrent côté cuisine : il n’y avait rien à manger. Je me demandai ce que cela pouvait dire de moi et de ma gestion des priorités. Quel genre de personne s’achetait un appartement avec un piano de cuisson et un réfrigérateur haut de gamme pour ne jamais les utiliser ? Je pensai à Anna Jergensen et à toutes les autres jeunettes que Murph fréquentait régulièrement. Que lui offraient-elles au petit déjeuner, dans leurs intérieurs douillets ? Elles filaient sûrement en cuisine pour lancer une tournée de pancakes maison pendant qu’il prenait sa douche. Tandis que moi, j’étais plutôt du genre à demander à Google combien de minutes il fallait pour faire cuire un œuf. Je me rappelai qu’un jour, Rachel m’avait dit avoir préparé des pancakes à la myrtille pour Josh la première fois qu’il avait dormi chez elle ; plus tard, il lui avait confié que c’était une des premières choses qui l’avaient fait tomber amoureux d’elle. Je n’avais jamais fait de pancakes de ma vie. Je ne savais même pas quels ingrédients il fallait employer pour en préparer.
Je revins dans la chambre sur la pointe des pieds. Murph dormait toujours. J’enfilai un pantalon souple et des chaussures de sport. Alors que je m’attachais les cheveux, je trébuchai sur une des sandales à talons que j’avais abandonnées par terre la veille au soir.
Murph grogna doucement et se redressa légèrement.
— Pardon, dis-je tout bas. Rendors-toi. Je sors vite fait nous chercher des bagels ou quelque chose de ce genre. Je reviens tout de suite.
— Mmm… OK.
Il se retourna sur le ventre et, quelques instants plus tard, son léger ronflement reprenait.
Je m’attardai un moment. C’était vraiment chouette, pensai-je, de sortir de chez moi alors qu’il y avait quelqu’un dans mon lit.
Lorsque je revins avec du café et une demi-douzaine de bagels, Murph était bien réveillé et lisait au lit l’édition du dimanche du Times. Il avait ouvert les rideaux pour profiter de la lumière prodiguée en abondance par la baie vitrée. La couette était repoussée près de ses pieds au bout du lit.
Il leva les yeux du journal et m’offrit ce grand sourire de vainqueur si typique de Murph, que j’adorais.
— Coucou.
— Coucou, toi.
Je posai les bagels et le café sur la commode, me déshabillai pour ne garder que mon débardeur et mes sous-vêtements avant de venir me vautrer à côté de lui, nouant mes jambes aux siennes.
— Tends un bras, me dit-il.
— Quoi ?
— Ferme les yeux et tends un bras, je te dis.
Je m’exécutai.
Avec délicatesse, Murph posa quelque chose sur mon poignet. J’ouvris les yeux. C’était le bracelet en papier qu’Isabel avait confectionné pour moi.
— Oh, ça, fis-je en souriant. C’est le bijou que je préfère dans toute ma collection. Il a été fabriqué spécialement pour moi par la fille d’une de mes amies, la dernière fois que je l’ai gardée. Elle a quatre ans.
Il haussa les épaules.
— Tu gardes des enfants, toi ?
— Merci d’avoir l’air si surpris. Sache qu’en fait, je suis même assez douée avec les enfants.
Il me sourit.
— Ça ne m’étonne pas tant que ça, souffla-t-il doucement au creux de mon oreille.
La chair de poule me hérissa les bras, et je me sentis frémir d’excitation.
Mais l’instant d’après, il s’était replongé dans la lecture du Times.
— Tiens donc. Alors c’est ce que tu fais, toi, quand tu te réveilles dans le lit d’une belle femme un dimanche matin ? Tu lis la rubrique affaires du Times ? le titillai-je.
— Je suis à un paragraphe de la fin de l’article. Tu as vu ça ? Cette histoire sur le projet de pipeline au Nigeria, qui a capoté à la dernière minute ? Belle leçon de mise en garde pour les clients de São Paulo de Rubinstein, tu ne trouves pas ?
Je défis mes jambes des siennes pour revenir de mon côté du lit en bougonnant. Murph tourna la tête pour me regarder.
— Tu sais, ça pourrait t’être utile de lire ça, toi aussi. J’imagine que je ne t’apprends rien, Yung, mais il faut toujours penser aux possibles évolutions d’une affaire.
— Euh… tu pourrais essayer de parler un peu moins comme un avocat, s’il te plaît ? lui demandai-je.
Il ignora ma remarque.
Voyant que je n’arrivais à rien, je pris la couette et la tirai à hauteur de nos tailles. Je me rapprochai de Murph jusqu’à ce que mon corps soit aligné contre le sien, et je le regardai. Il avait toujours les sourcils froncés sur le journal. Lentement, je levai alors une jambe au-dessus de son bassin, et je fis doucement aller et venir ma jambe contre la braguette partiellement ouverte de son caleçon – une caresse, puis deux, puis trois – jusqu’à ce que je le sente réagir.
Le Times se retrouva par terre.
Je souris à Murph, les paupières mi-closes – un regard que m’avait appris une baby-sitter quand j’avais douze ans et que j’avais ensuite perfectionné à l’université.
Il se pencha au-dessus de moi. Au moment où j’allais fermer les yeux, je le vis regarder le réveil sur ma table de chevet. Un petit rire m’échappa.
— Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il.
— Euh, tu viens de regarder l’heure, c’est ça ?
— Non, mentit-il effrontément.
— Je t’ai vu.
Petit sourire désinvolte.
— Et alors ? J’aime bien savoir l’heure qu’il est.
— Bon sang, Murph. On dirait que tu fais l’amour comme si c’était des heures à facturer.
— Aïe, dit-il en se tenant le cœur. Ça, ça fait vraiment mal, Yung.
Sur ce, il se baissa pour m’embrasser, et je ne dis rien de plus.
Plus tard, j’étais couchée sur le côté, heureuse, la tête posée sur le bras étendu de Murph.
— Murph ?
— Mmh.
Il s’était presque rendormi.
— Tu crois que quelqu’un est au courant, pour nous deux, au bureau ?
— Non.
Il ouvrit les yeux et roula sur le flanc pour me regarder en face.
— En tout cas, moi, je n’en ai parlé à personne. Pourquoi ?
— Oh, comme ça. Simple curiosité.
— Ça te gênerait, que ça se sache ?
— Non, répondis-je après une brève hésitation.
En réalité, cela me gênerait. Énormément, même. Je savais que j’avais bien plus à perdre que lui dans cette histoire. C’était une chose pour lui – Murph l’extraverti, le séducteur, le bon copain – d’avoir couché avec une de ses collègues de la même promo. C’en était une autre pour moi – la seule femme issue de ce groupe à être encore en place – d’avoir couché avec lui. Je ne voulais pas que cela s’ébruite, surtout pas maintenant, alors que nous étions à moins d’un mois de la prochaine nomination des futurs associés. Si seulement Murph et moi nous étions lancés dans cette histoire quand nous étions en première année chez Parsons Valentine, tout serait beaucoup plus simple aujourd’hui.
Le timing était toujours un facteur déterminant.
Je le savais parfaitement, après huit ans de boîte où j’avais vu mes collègues masculins se vanter de leurs conquêtes, professionnelles ou sexuelles. Voilà bien des années qu’ils avaient cessé de se censurer devant moi. J’étais un gars de l’équipe comme un autre, maintenant. Et si j’aimais à penser que, par respect professionnel pour moi, en tant qu’unique collègue femme, ils n’oseraient pas parler de moi comme ils le faisaient de leurs autres conquêtes féminines… eh bien, en réalité, ils seraient tout de même probablement plus d’un à donner une bonne tape dans le dos de Murph, s’ils savaient. On ne refait pas les hommes, que voulez-vous.
Je pressai les paumes de mes mains sur mes yeux tout en réfléchissant.
Il était admis dans la firme que Murph et moi étions tous deux les grands favoris pour devenir associés dans la branche Fusions et acquisitions cette année. Murph le savait, et moi aussi. Du point de vue romantique, j’aimais assez la symétrie que contenait cette idée. M. et Mrs Associé et Associée. Cela sonnait bien.
En même temps, le fait de savoir que le vote désignant les futurs associés aurait lieu dans quelques semaines seulement me plongeait dans une inquiétude aussi nouvelle que désagréable.
Murph et moi devrions-nous cacher notre relation jusqu’à ce que nous soyons officiellement nommés associés ? Il n’y avait aucune politique « antirapprochement » au cabinet, et tout le monde savait pertinemment que des liaisons éphémères avaient lieu lors de la fête annuelle au Plaza, mais nous, c’était différent. Je n’avais jamais entendu parler de deux associés sortant ensemble. Peut-être qu’une fois que nous serions tous deux membres de la firme, Parsons Valentine allait devoir instituer une nouvelle règle pour régir notre relation ? Voilà qui serait bien embarrassant, si Murph et moi devions voter lors d’une assemblée des associés. Tout le monde est d’accord pour que les nouveaux associés Ingrid et Murph continuent de coucher ensemble… ? Qui est pour ? Ah, tout le monde est contre ? J’imaginais le tableau. Marty, Harold Rubinstein, Jack Hanover et tous les autres, en train de discuter des pour et des contre. Juste ciel.
Le fait de penser à Jack Hanover m’arracha un grognement. Je me dégageai du bras de Murph et laissai ma tête retomber sur mon oreiller, rembrunie au souvenir de l’après-midi de vendredi.
Murph me regarda, inquiet.
— Qu’est-ce que tu as ?
Je lui racontai tout, dans une logorrhée aussi désordonnée qu’amère. Je lui dis tout de l’horrible fin de journée que j’avais vécue, de l’apparente indifférence d’Adler vis-à-vis du contrat de SunCorp, qu’il me laissait tout faire toute seule, sans me guider ni m’offrir l’assistance dont j’aurais dû bénéficier en la personne de Justin Keating, de mon passage catastrophique dans le bureau de Jack où j’avais trouvé ces planqués de Hunter et Keating, en train de se prendre un petit apéritif avec leur bon ami Jack.
Murph me caressa les cheveux et me prit dans ses bras.
— Je suis vraiment désolé de tout ça, dit-il au bout de quelques minutes.
— Merci.
Je lui souris, touchée.
— Mais je sais que je suis sensible. Tu trouves sûrement que je suis trop sensible, d’ailleurs.
Il secoua la tête.
— Non. Pas du tout. Je comprends parfaitement. J’ai eu droit au même traitement de merde moi aussi, tu sais.
Je pivotai pour pouvoir le regarder en face.
— Comment ça ? Toi ?
— Oui, moi.
— Mais qu’est-ce qu’ils pourraient bien avoir à te reprocher ?
Murph eut un petit rire sans joie et m’effleura la joue du bout des doigts.
— Oh, laisse tomber.
— Non, je ne veux pas laisser tomber.
Je me redressai pour m’asseoir en tailleur dans le lit et me penchai vers lui telle une enfant réclamant qu’on lui lise une histoire de plus.
— S’il te plaît, Murph, je veux vraiment le savoir.
Il garda le silence quelques instants.
J’attendis.
— Tu n’es pas la seule à te sentir hors système, Yung.
— Continue.
Murph soupira. Il roula sur le dos et croisa les mains derrière sa tête, fixant le plafond.
— Bon, par exemple, l’autre jour, après le match de softball, quand on était au Paddy Maguire’s… j’avais la pêche, tu te souviens ? C’était une bonne soirée. Jusqu’à ce qu’un petit con de première année commence à me poser des questions sur ma famille. Je lui dis que j’ai une sœur, et il me demande si elle est plus jeune ou plus vieille que moi, alors je lui réponds qu’elle a treize mois de plus. Et tu sais ce qu’il me dit, ce connard ?
Je secouai la tête.
— « Ah d’accord, vous êtes des jumeaux irlandais. » En gros, le mec me réduit à un retour de couches dans une famille de pauvres gens, quoi.
Murph me regarda, guettant ma réaction.
— Ouah…
— Oui, hein ? dit-il en scrutant le plafond. Et ne me branche même pas sur toutes les blagues d’ivrognes irlandais…
Sérieusement ? C’était ça, une des pires choses qu’il ait endurées ? Certes, la remarque était stupide et insultante, mais si Murph estimait que cela pouvait être comparé à ce que des gens comme Tyler ou moi avaient subi, c’était raté.
Il se tourna de nouveau vers moi et prit ma main dans la sienne.
— Bref, tout ça pour dire que je sais combien Hunter et ce genre de types peuvent être horripilants, parfois.
Enfin, je compris. Murph essayait simplement de me réconforter. Un sentiment que je reconnus comme étant une vague de bonheur m’envahit alors. Je baissai les yeux vers nos mains et lui souris. Qu’avais-je pu faire dans ma vie pour mériter un homme comme lui ? Quelle que soit la réponse, j’étais heureuse de l’avoir fait.
Je m’approchai de lui, fermai les paupières et l’embrassai. Nos bras ne tardèrent pas à venir renforcer ce rapprochement et nous restâmes là un moment, enlacés, sans rien dire.
Puis Murph s’écarta pour me regarder avec un air espiègle et me dit :
— Tu veux que je te raconte un truc qui va vraiment te détendre ? Un truc vraiment marrant ?
Il m’intriguait.
— Bien sûr, vas-y.
Il rit, se délectant déjà de l’anecdote à venir.
— OK. Tu sais qui est le beau-père de Hunter, n’est-ce pas ?
— Vaguement.
— C’est juste le directeur financier de la Great American Bank and Trust, rien de moins. Apparemment, leur groupe a décroché un nouveau contrat, énorme, et ils cherchent des avocats pour s’en occuper.
— Mais… nous sommes déjà leurs avocats.
Murph fit non de la tête, un rictus sur les lèvres.
— Non. Plus précisément, Marty Adler est déjà leur avocat. Sauf que le beau-père de Hunter fait pression pour que son gendre devienne le nouvel avocat principal de la Great American chez nous. Il veut que Hunter fasse le montage du dossier du nouveau contrat.
— Mais, normalement, c’est la tâche d’un associé, pas d’un collaborateur.
— Exact. Et c’est précisément là que veut en venir le beau-père, tu comprends ? Il espère qu’en poussant cette nouvelle affaire de cette manière, Hunter va finir par devenir associé, et comme ça, sa petite princesse de fille sera tranquille pour le restant de ses jours.
— C’est n’importe quoi ! Hunter n’a pas la carrure pour participer à un concours de beauté. Il n’y connaît rien, en droit ! Il passe la moitié de son temps à mettre à jour ses tableaux de softball de la Lawyers League, et l’autre moitié à lécher des bottes.
Murph acquiesça.
— Tout à fait. Je le sais, tu le sais et Adler le sait. Je pense même que Hunter lui-même le sait. Mais apparemment, ce cher beau-papa ne le sait pas, lui. Alors il veut que Parsons Valentine se lance dans un tout nouveau concours de beauté, et tu sais quoi ? Ce sera Hunter qui mènera la danse !
Murph poussa un cri enthousiaste sans chercher à dissimuler sa jubilation.
— Cette fois, Adler ne pourra rien y faire. Tu imagines Hunter essayant d’impressionner une bande de cadres supérieurs chevronnés, dont aucun n’est copain avec sa femme ? Ça va être une débâcle totale !
Il riait maintenant à gorge déployée. S’il s’était agi de quelqu’un d’autre que Murph, j’aurais jugé ce rire presque dément. J’étais un peu surprise que tout cela l’amuse autant. Après tout, Hunter était son ami.
Mais je comprenais tout de même son point de vue. Mettre Hunter Russell en position de convaincre les dirigeants de la Great American Bank and Trust était une stratégie vouée à l’échec. Il allait se faire bouffer tout cru. En dépit de tout le reste, j’étais presque navrée pour lui. On l’envoyait droit dans le mur.
— Et donc, si Hunter perd ce concours de beauté – ce qui est fatal –, le cabinet perd du même coup Great American comme client. Il n’est plus question d’Adler ou d’un autre associé compétent dans cette affaire. Visiblement, la nouvelle règle, c’est : Hunter comme interlocuteur, ou rien.
— Ouah, lâchai-je, estomaquée. Adler a perdu le nord, ou quoi ?
— Eh bien, répondit Murph avec une lueur dans les yeux, je crois surtout qu’il aurait dû y penser le jour où il a embauché Hunter. L’heure du retour de boomerang a sonné.
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