Poésie
Rondel ................................................................................... 30
Un portrait de femme, au mur, s’attriste pourtant Seul, dans l’ombre, et ses yeux, ses yeux vagues d’absence Sont d’un azur voilé que l’au-delà nuance : L’azur des reflets de lune sur un étang.
Monotone, l’oubli rythme la chanson brève De l’heure. – Sur la console on voit, penché vers L’edelweiss, signet jauni d’un livre de vers, L’ange du souvenir, en marbre blanc, qui rêve…
Toujours le souvenir de chagrins pardonnés D’un marbre à peine attiédi de veines grises Et la même feuille, avec de l’automne, aux frises Parmi les ors vieillis et les roses fanés !
Février 1913.
RONDEL
Mauve procession ce soir
Au couchant brumeux des époques ;
Autour du cœur, l’air équivoque,
Comme au pied d’un ancien manoir,
Vont les courtisanes d’Espoir
Que tristement toutes j’évoque :
Mauve procession ce soir
Au couchant brumeux des époques.
Vont, un peu lasses… Leur regard
Défie et leur lèvre se moque ;
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