Poésie

André Breton · Chapitre 17 sur 48

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Poésie

Rondel ................................................................................... 30

Un portrait de femme, au mur, s’attriste pourtant Seul, dans l’ombre, et ses yeux, ses yeux vagues d’absence Sont d’un azur voilé que l’au-delà nuance : L’azur des reflets de lune sur un étang.

Monotone, l’oubli rythme la chanson brève De l’heure. – Sur la console on voit, penché vers L’edelweiss, signet jauni d’un livre de vers, L’ange du souvenir, en marbre blanc, qui rêve…

Toujours le souvenir de chagrins pardonnés D’un marbre à peine attiédi de veines grises Et la même feuille, avec de l’automne, aux frises Parmi les ors vieillis et les roses fanés !

Février 1913.

 

RONDEL

 

Mauve procession ce soir

Au couchant brumeux des époques ;

Autour du cœur, l’air équivoque,

Comme au pied d’un ancien manoir,

Vont les courtisanes d’Espoir

Que tristement toutes j’évoque :

Mauve procession ce soir

Au couchant brumeux des époques.

Vont, un peu lasses… Leur regard

Défie et leur lèvre se moque ;

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