Poésie

André Breton · Chapitre 46 sur 48

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Poésie

Il N’y A Pas à Sortir de Là ............................................... 73

IL N’Y A PAS À SORTIR DE LÀ

 

À Paul Éluard.

Liberté couleur d’homme

Quelles bouches voleront en éclats Tuiles

Sous la poussée de cette végétation monstrueuse

Le soleil chien couchant

Abandonne le perron d’un riche hôtel particulier

Lente poitrine bleue où bat le cœur du temps

Une jeune fille nue aux bras d’un danseur beau et cuirassé

comme saint Georges

Mais ceci est beaucoup plus tard

Faibles Atlantes

 

*

 

Rivière d’étoiles

Qui entraînes les signes de ponctuation de mon poème et de

ceux de mes amis

Il ne faut pas oublier que cette liberté et toi je vous ai tirées à

la courte paille

Si c’est elle que j’ai conquise Quelle autre que vous arrive en glissant le long d’une corde

de givre

Cet explorateur aux prises avec les fourmis rouges de son

propre sang

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C’est jusqu’à la fin le même mois de l’année Perspective qui permet de juger si l’on a affaire à des âmes

ou non

19.. Un lieutenant d’artillerie s’attend dans une traînée de

poudre

 

*

 

Aussi bien le premier venu

Penché sur l’ovale du désir intérieur Dénombre ces buissons d’après le ver luisant Selon que vous étendrez la main pour faire l’arbre ou avant

de faire l’amour

Comme chacun sait

Dans l’autre monde qui n’existera pas Je te vois blanc et élégant

Les cheveux des femmes ont l’odeur de la feuille d’acanthe Ô vitres superposées de la pensée Dans la terre de verre s’agitent les squelettes de verre

 

*

 

Tout le monde a entendu parler du Radeau de la Méduse Et peut à la rigueur concevoir un équivalent de ce radeau

dans le ciel

 

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