Poésie

André Breton · Chapitre 42 sur 48

Pages du PDF

Poésie

Le Volubilis et Je Sais L’hypoténuse ......................... 67

Sans bruit sur les tapis de tapioca

Les marchés se ternissent poulies

De caresses pour les vieux vents

 

LE VOLUBILIS

ET JE SAIS L’HYPOTÉNUSE

 

À Simone.

I

L’oreille en face du silence Comme une pierre de lune et de maraude J’espère passer le blé

Dans un pont tout près s’en va la jarretière qui sent le musc

des tracés

Une lisse montée à la corde et le baiser naissant plaque les

on qui reviennent

Sur l’ami un doigt

Pendant que s’apaisent les cils et les s’ils D’après l’homme

Passez bontés humaines parcs de montres et de roses Souvent dans les noirs intérêts et les usages Puisque le sommeil est une flamme parfumée et descend des

cuillers de cervelle

Avec cette muraille de sureau qui chante les heures Les formes que nous tirons du puits

 

– 67 –

II

Sans une claire courageuse et pauvre étoile au nom

miraculeux

Le bois qui tremble s’entrouvre sur le ciel peint à l’intérieur

des forêts de santé

Par cette oraison de bluet caractéristique et ces yeux à

biseaux

Qui domptent les vagues travers zigzaguant par le monde Ô les charmantes passes les beaux masques d’innocence et

de fureur

J’ai pris l’enfer par la manche de ses multiples soleils

détournés des enfants par les plumes Je me suis sauvé

Tant que les métiers morts demandaient sur ma route Où va ce manœuvre bleu

Mais sur les mers on ne s’élance pas si tard Demain caresse mon pas de son sable éclatant Et les carnassiers frivoles s’exaltent Voilez les montagnes de ce crêpe jaune étrange que vous

avez si bien su découper suivant le patron des graminées

des cimes

Je suis le perruquier des serrures sous-marines le souffle des

amantes

III

Lorsque la bouteille est là ouverte à ses chants de coqs Le ciel pelure d’oignon

Les charmes menteurs de la servante à la voix de salade

blanche

Te rappellent la boule d’agate é lastique de cette nuit

ancienne

Elle reposait sur une feuille de laurier

– 68 –

Toi la tête dans cette cage où tes baisers du matin sont des

oiseaux qui se baignent

Tu avais pris cette boule pour un des petits compas

mystérieux qui prennent à la nuit tombante des mesures

sur les étangs

Dans le magasin de tailleur de ton père Et les journaux de ce pays étranglé Te font éprouver dans les testicules une douleur bien connue Qui remonte aux jours d’avant ton enfance Tandis que la foule se disperse

Et que de petits chocs musicaux se produisent sans

interruption dans le papier

Au bord du comptoir il y a de la mousse orangée qui arrive Dans une survie ondoyante tu reconnaîtras les moqueurs

IV

Je ne crois pas que le progrès s’opère dans la direction du

sens

La confiance manque

Mais la mémoire influe un peu sur le beau temps Page de brume au béret de cendre blanche illuminé de tous

les sons du tambour d’été J’ai comme un pressentiment de l’aile Des fuites sans mon éclat personnel Qui est un peu déchiqueté

L’averse boule de neige des jardins nordiques Puis la poésie aux phares rouges sur une mer toute brune Quand le Texas des piverts monte à l’échelle minuscule Adorée Adorée

On offre à tout venant des calmants des voitures Cependant que des douze branches de l’étoile équatoriale L’une

– 69 –