Poésie
[Dire, à Voir Cette Main…] ............................................. 39
Mon cœur, navré d’avoir osé douter, je l’offrirais à la belle Indistincte en la nommant Son idéal réalisé
au touchant repentir des mains jointes… et puis, pour ne pas l’attrister, je lui raconterais le passé
sans insister…
Puissions-nous alors, sans jamais nous lasser, au jardin de la Vie trop longtemps délaissé
ne cueillir que les roses
éparses dans les ronces !
Puissions-nous, sans jamais nous lasser, trouver en nos plaisirs ce rare oubli des heures et garder pieusement notre Foi au Bonheur !
Quand nous devrions éperdus
à l’horizon d’Espoir des stériles Demains poursuivre un mirage incertain ;
quand viendra-t-Elle, l’Attendue, d’un souffle ranimer tous mes rêves éteints ?
[DIRE, À VOIR CETTE MAIN…]
Dire, à voir cette main sur l’éther bleu flottante
Et pâle, infiniment plus pâle que les cierges :
« Un lotus a fleuri quelque eau morte en l’attente
Imprécise où ton âme aspire aux cimes vierges. »
Du vœu de la plus chère offrande à la Madone
Et miracle ! à ces mots qu’Elle nous apparaisse,
Oublier qu’une voix trop peu réelle donne
À pleurer sans nul baume espéré de caresse !
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