Poésie

André Breton · Chapitre 24 sur 48

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Poésie

[Dire, à Voir Cette Main…] ............................................. 39

Mon cœur, navré d’avoir osé douter, je l’offrirais à la belle Indistincte en la nommant Son idéal réalisé

au touchant repentir des mains jointes… et puis, pour ne pas l’attrister, je lui raconterais le passé

sans insister…

Puissions-nous alors, sans jamais nous lasser, au jardin de la Vie trop longtemps délaissé

ne cueillir que les roses

éparses dans les ronces !

Puissions-nous, sans jamais nous lasser, trouver en nos plaisirs ce rare oubli des heures et garder pieusement notre Foi au Bonheur !

Quand nous devrions éperdus

à l’horizon d’Espoir des stériles Demains poursuivre un mirage incertain ;

quand viendra-t-Elle, l’Attendue, d’un souffle ranimer tous mes rêves éteints ?

 

[DIRE, À VOIR CETTE MAIN…]

 

Dire, à voir cette main sur l’éther bleu flottante

Et pâle, infiniment plus pâle que les cierges :

« Un lotus a fleuri quelque eau morte en l’attente

Imprécise où ton âme aspire aux cimes vierges. »

Du vœu de la plus chère offrande à la Madone

Et miracle ! à ces mots qu’Elle nous apparaisse,

Oublier qu’une voix trop peu réelle donne

À pleurer sans nul baume espéré de caresse !

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