Poésie

André Breton · Chapitre 27 sur 48

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Poésie

L’eau Douce… ...................................................................... 42

Pourtant c’est bien tout le poème :

Aube éphémère de reflets.

 

L’EAU DOUCE…

 

L’eau douce effleurait ta main, fée !

À poindre aux soupirs de ma lèvre

En hâte pensais-je étouffée

Qu’elle interrompît ce jeu mièvre

Sur l’étang qu’abdiquent ses moires

(Un jaloux émoi, qu’on en rie !)

À consulter sur les grimoires

Enluminés de l’eau fleurie.

Ne feins le doute qu’une rame

Épousant les brumes, ta yole

À défier l’onde qui trame

Un complot de joncs s’étiole :

Un coucher de lime vacille.

À la faveur de notre absence

Un moissonneur ailé faucille

Autour du canot de plaisance

Afin qu’aux arômes de sève

Humiliante qui s’égoutte

– Les joncs coupés meurent – ton rêve

Ainsi qu’aux transparences goûte.

Octobre 1914.

 

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