Poésie
[Le Regret des Soleils…] ................................................. 37
Peint sur cet éventail un vieux parc désolé Au lieu d’un Trianon ou d’un jardin Louis Seize.
(Éventail à Mlle Manon L.G.)
Septembre 1913.
[LE REGRET DES SOLEILS…]
Le regret des soleils promis
m’attriste, sous le ciel toujours plus gris. À ma fenêtre encore ouverte sur la Vie, je me sens prêt à défaillir
sans le secours de mon Espérance, tarie…
Oh ! je souffre tant de sentir
ma confiance faiblir et mon ardeur s’éteindre ; mes bras retomber tristement,
épuisés de n’avoir pu étreindre et mes yeux, ternis au désir de l’extase, n’être pourtant qu’indifférents « aux vieillesses des fleurs pâlissant dans un vase ; aux clignements
lourds de sommeil de la lampe qui ne vit plus qu’à peine ;
aux crispations vaines
des doigts, vers l’Idéal impossible tendus comme au réveil d’illusions lointaines ! »
Hélas ! en ce décor très vieux,
mon cœur est un foyer de rêves douloureux. Au soir, sa flamme est morte, est morte sans remède : mon cœur est un foyer de rêves douloureux où dort la cendre bleue
et tiède…
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Quand viendra-t-Elle, l’Attendue, en le charme évoqué d’un beau soir jeter au loin ces fleurs fanées
sans remords à les voir
exhaler leur tristesse en parfums surannés ?
Nous irions ensemble alors les remplacer par ces fleurs blanches qui consolent, assez heureux
tous deux
et calmes pour pouvoir
nous attacher à leurs discrets symboles…
Elle s’abandonnerait au gris nonchaloir : La lampe, se mourant, La rendrait irréelle en répandant un peu de mystère autour d’Elle et, les mêmes pourtant par ce soir de vertige, tous les objets dont l’âme hanta sans lassitude ma solitude
ajouteraient à notre amour un doux prestige. … Elle aurait vaguement dénoué sur Ses épaules nues Sa chevelure que nuance peut-être un automne attardé ou je ne sais quel adorable crépuscule…
Aux épis de soleil glanés,
aux reflets bleus de nuit contemplés
sur Ses cheveux qui l’assombrissent ou l’éclairent, Elle aurait la pâleur de Son teint assortie et Son regard sincère,
je voudrais qu’un peu de tristesse l’amortît.
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