Poésie

André Breton · Chapitre 32 sur 48

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Poésie

III ................................................................................................

Je me baignais avec un petit enfant au bord de la mer. Peu après je me trouvai sur la plage en compagnie d’un cer-tain nombre de gens, dont les uns me sont connus, les autres inconnus, quand brusquement l’un des promeneurs nous si-gnala deux oiseaux qui volaient parallèlement à une certaine distance, et qui pouvaient être des mouettes.

Quelqu’un eut aussitôt l’idée de tirer sur ces oiseaux (car nous portions tous des fusils) et l’on put croire que l’un d’eux avait été blessé.

Ils tombèrent en effet assez loin du rivage, et nous at-tendîmes quelque temps que la vague les apportât.

À mesure qu’ils approchaient, j’observai que ces ani-maux n’étaient nullement des oiseaux comme je l’avais cru tout d’abord, mais bien plutôt des sortes de vaches ou de chevaux.

L’animal qui n’était pas blessé soutenait l’autre avec beaucoup d’attendrissement. Quand ils furent à nos pieds, ce dernier expira.

La particularité la plus remarquable que présentait cet animal qui venait de mourir était la différenciation très cu-rieuse de ses yeux.

L’un de ceux-ci, en effet, était complètement terne et as-sez semblable à une coquille d’oursin, tandis que l’autre était merveilleusement coloré et brillant.

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