Poésie

André Breton · Chapitre 3 sur 48

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Poésie

L’an Suave ............................................................................. 15

Un peu triste peut-être et rebelle plutôt Que toute abandonnée au glacis volontaire.

Étourdiment parjure aux promesses de fleur Ton col s’effile, orné de rinceaux par la treille. Il semble, à voir tes mains, qu’elles brodent couleur De feuillage une soie où te fondre, pareille.

Je sens combien tu m’es lointaine et que tes yeux, L’azur, tes bijoux d’ombre et les étoiles d’aube Vont s’éteindre, captifs du ramage ennuyeux Que tôt figurera ton caprice de robe.

 

L’AN SUAVE

 

À Mme Marie Laurencin.

Un châle méchamment qui lèse ta frileuse Épaule nous condamne aux redites. Berger, Tu me deviens l’à peine accessible fileuse. (À l’ordinaire jeu ce délice étranger.)

Qu’aimablement ta main dissipe tout léger Nuage vers ce front où la mèche boucleuse N’aspire, avec les brins de paille, qu’au danger De lune !

Ai-je omis la nymphe miraculeuse

Icare aux buissons neigeux, tu sais, parmi Les douces flèches – l’an suave quel ami ! – Et, criblé de chansons par Écho, le silence

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