Poésie
Vers une Fin D’été ............................................................. 34
VERS UNE FIN D’ÉTÉ
… Pour se repentir de n’avoir pas su cueillir le bel instant où, dans l’abandon d’une attente las-sée, les yeux enfiévrés de désir et l’âme offerte au bord des lèvres mi-closes, les belles sem-blaient prêtes à défaillir, sous la lumière tamisée qui tombait des feuillages, le long des sentiers emplis déjà de crépuscule, que nous viendrons reconnaître quand la cendre des feuilles mortes, remuée au vent d’automne, y aura effacé jusqu’à la trace de leurs pas…
… Nous leur dirons : « Voici nos âmes, pénitentes. » – Il est trop tard –. Demain, toutes auront quitté L’ombre tiède des parcs où la mort de l’été S’effeuille en vains regrets sur leurs cœurs las d’attentes.
Des terrasses du Songe aux roses débordantes, Que ne leur avons-nous, comme une fleur, jeté Le tendre Aveu ? Que n’avons-nous plus tôt chanté Pour leurs cœurs assoupis de langoureux andantes !
… Leur regard désolé, ce soir presque alarmant, Paraît sonder l’azur comme si, vaguement, Elles savaient qu’au ciel sans étoile et sans lune,
Leur destin veille, obscur comme un astre ignoré… Pleurons ! Par les sentiers déjà sombres si l’Une Allait en la nuit verte à jamais s’égarer !
Août 1913.
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