Poésie

André Breton · Chapitre 5 sur 48

Pages du PDF

Poésie

Âge ........................................................................................... 17

Trêve d’héliotrope où s’irise une queue De sirène, le flot te cajole. »

Août 1914.

 

ÂGE

 

Aube, adieu ! Je sors du bois hanté ; j’affronte les routes, croix torrides. Un feuillage bénissant me perd. L’août est sans brèche comme une meule.

Retiens la vue panoramique, hume l’espace et dévide machinalement les fumées.

Je vais m’élire une enceinte précaire : on enjambera s’il faut le buis. La province aux bégonias chauffés caquète, range. Que gentiment s’ameutent les griffons au volant frisé des jupes !

Où la chercher, depuis les fontaines ? À tort je me fie à son collier de bulles…

Yeux devant les pois de senteur.

 

*

 

Chemises caillées sur la chaise. Un chapeau de soie inaugure de reflets ma poursuite. Homme… Une glace te venge et vaincu me traite en habit ôté. L’instant revient pati-ner la chair.

 

– 17 –