Poésie
Portrait Étrange ............................................................. 31
Blanc cortège spectral plutôt que
Le long des murs du Doute noir
Mauve procession ce soir.
Mars 1913.
PORTRAIT ÉTRANGE
Le grand vent calmé de la chute une à une De ses illusions, sous les rayons dardés Du vieil automne, autour de son front ridé Fit tournoyer le vol des regrets nocturnes.
Son regard bleu, qu’éteint l’ennui des jours ternes, A fui l’aube fausse et le couchant fardé Où, dans le jadis, on le vit s’attarder À saper les murs du Réel qui nous cerne.
Son âme, où parfois la pitié blanche passe, Est comme un paysage d’hiver qui glace La parole émue à sa lèvre ravie.
Tel il marche devant lui sans voir. Pourtant, Jeune, il a cru à l’amour et à la vie Et des poèmes l’ont fait rêver longtemps…
Juin 1913.
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