Tu apprendras la confiance : T1 - Red Room (French Edition)
Chapitre 10
La peur figea Cali sur place, tandis qu’une foule de questions se bousculaient dans son esprit. Comment pouvait-il se trouver là ? Pourquoi ? Raconterait-il à qui que ce soit ce qu’elle avait fait ? Avec lui ?
Non ! Elle ne pouvait pas laisser cela se produire. Prise de panique, elle sentit son cœur battre à cent à l’heure. Elle était allée dans ce club justement pour que tout reste secret. Pour ne pas avoir à affronter les critiques si quelqu’un venait à apprendre ce qu’elle avait fait. Elle n’avait pas pour habitude de coucher avec des inconnus rencontrés n’importe où. Même s’ils étaient très beaux.
La très convenable Cali Reynolds ne faisait pas cela.
— Je suis tout à fait d’accord avec toi, murmura Allie à son oreille. Je n’arrive pas à en détacher les yeux, moi non plus.
Cali fut brutalement tirée de son état d’horreur.
Elle détourna les yeux du trio qui approchait et jeta un coup d’œil à Allie. Elle observait les deux hommes, bouche bée, le regard plein de convoitise et d’adoration. Un sentiment que Cali aurait parfaitement pu partager à cet instant, si elle faisait abstraction de la terreur qui s’emparait d’elle.
— Où Edith a-t-elle trouvé ces deux apollons ? demanda Allie avec un respect mêlé d’admiration dans la voix.
Kendra, une nouvelle voisine, passa un bras autour des épaules de Cali.
— J’espère que les défis ne font pas peur à Newman, dit-elle en riant.
Cali esquissa un sourire. Newman était l’homme à qui Edith était mariée depuis quarante-sept ans. Il ne risquait pas grand-chose.
— Kendra ! s’exclama Allie avec une moue de dégoût. Ne gâche pas une telle vision avec ce genre de pensées obscènes !
Kendra haussa les épaules avant de poser la question qui était sur toutes les lèvres.
— Alors, qui sont-ils ?
Cali croisa les bras sur sa poitrine dans une attitude de défense… qui avait le bon goût de dissimuler les pointes de ses seins tendus sous sa robe. Seigneur, elle avait l’impression de vivre un cauchemar ! Hors de question de dire à ses amies qu’elle connaissait un des hommes. Et encore moins comment…
A cette seule pensée, elle sentit ses joues s’enflammer. Elle serait mortifiée si Kendra et Allie l’apprenaient. Si qui que ce soit l’apprenait, en fait.
— Salut, maman !
Au son de cette voix familière, Cali se retourna, prise de panique. Paralysée par l’angoisse, elle regarda sa fille sortir de son appartement et se diriger vers la fête. Oh ! non. Pas maintenant !
— Stephanie, répondit-elle d’une voix mal assurée, avant de s’éloigner des deux autres femmes pour empêcher sa fille de s’approcher. Que fais-tu à la maison ? Quelque chose ne va pas ?
Stephanie la serra dans ses bras.
— Non, j’avais juste besoin de quelques bouquins pour un exposé, répondit-elle avec un sourire, sa longue queue-de-cheval brune se balançant au gré du vent.
Cali poussa un soupir de soulagement et sourit à son tour. Elle était contente de voir que ses relations avec sa fille étaient de nouveau affectueuses et détendues. Ses deux enfants avaient réagi à l’annonce du divorce avec un mélange de maturité et de confusion. Logan, son fils aîné, avait caché sa colère sous le masque de l’indifférence. Mais Stephanie, qui avait tout juste dix-neuf ans, s’était transformée en boule de colère et d’hostilité. L’année écoulée avait demandé beaucoup de patience pour retrouver cette relation privilégiée qui les unissait.
* * *
Cali se força à revenir au moment présent, et écouter ce que Stephanie lui racontait sur ses cours. Elle faisait des efforts surhumains pour paraître détendue, mais en réalité son corps tout entier était pétri d’angoisse. Malgré elle, elle tendait l’oreille pour savoir à tout instant où Jake se trouvait. Elle entendit son rire aux tons graves tandis qu’Edith le présentait à un petit groupe d’invités.
Et ce qu’elle redoutait le plus arriva : Stephanie se tourna vers l’endroit d’où provenait l’éclat de rire et resta bouche bée.
— Qui est-ce ?
Cali eut envie de rentrer sous terre, mais jeta un coup d’œil dans la direction que Stephanie regardait fixement.
— Je ne sais pas, répondit-elle d’un air détaché, s’apprêtant à leur tourner le dos.
Mais à cet instant Jake leva les yeux et plongea son regard droit dans le sien. Aussitôt, une vague de chaleur et d’adrénaline la parcourut. Il l’avait reconnue, aucun doute : le sourire qu’il lui adressa, une lueur d’attirance sexuelle dans le regard, ne trompait pas.
— Oh, mon Dieu ! s’écria Stephanie en saisissant son bras. T’as vu comment il t’a regardée ?
Cali s’éclaircit la gorge, tourna le dos à Jake, et sourit à sa fille en feignant ne pas comprendre.
— Que veux-tu dire ?
— Il t’a quasiment dévorée des yeux.
— Mais non.
Stephanie lui jeta un regard incrédule.
— Tu es si naïve.
Soulagée, Cali sourit. Elle préférait que sa fille la croie ingénue plutôt qu’elle n’imagine les circonstances dans lesquelles elle avait pu rencontrer cet homme.
— Tu imagines des choses. Je suis trop vieille pour lui.
Sa fille leva les yeux au ciel.
— Maman, je ne te suggérais pas d’aller te jeter dans ses bras. Oh ! je ne veux même pas y penser, s’écria-t-elle, faisant semblant de chasser une image de son esprit d’un geste de la main. Ma mère n’a pas de vie sexuelle.
Cali baissa la tête. Si seulement sa fille savait combien elle était proche de la vérité. Au prix d’un immense effort, elle laissa échapper un petit rire forcé. Puis elle passa le bras autour des épaules de sa fille pour l’entraîner vers son appartement.
— Je crois plutôt que c’est ma fille qui n’a pas de vie sexuelle, dit-elle. Même si elle pense être assez vieille pour pouvoir donner des conseils à sa mère sur la question.
Le visage embrasé par la gêne, Stephanie chercha ses mots.
— Je ne te donnais pas… Je ne… bredouilla-t-elle tandis qu’elle se laissait entraîner à l’écart de la fête. Désolée, dit-elle en poussant un soupir. C’est juste que je n’ai pas l’habitude de penser à toi sous cet angle.
Cali sourit. Parfois, elle aussi avait du mal à imaginer que son bébé avait une vie sexuelle depuis plusieurs années. Elle jeta un bref regard alentour pour s’assurer qu’elles étaient seules.
— Puisqu’on aborde ce sujet, j’espère que tu te protèges.
Sa fille rougit davantage encore.
— Oui, maman. Nous n’avons pas besoin d’avoir de nouveau cette conversation.
— Bien.
Cali pressa le pas. Elles étaient presque arrivées jusqu’à son patio. Plus que quelques pas, et elle pourrait se réfugier chez elle. En fait, l’arrivée de Stephanie était plutôt une chance : elle lui avait procuré l’excuse parfaite pour s’éclipser sans attirer l’attention.
— Tu as besoin d’autre chose pour l’école ?
— Non, le livre était…
— Cali !
La voix de Mme Jennings résonna dans la cour. Cali sentit son estomac se nouer et continua à avancer. Mais Stephanie se retourna.
— Cali, vous n’allez pas laisser Stephanie repartir avant que je ne l’aie embrassée !
Retenant un soupir, Cali se retourna, un sourire figé sur les lèvres. Avec un éclat de rire, Stephanie alla prendre la femme dans ses bras.
— Salut, Edith. Comment allez-vous ?
— Oh ! ça va. Mais la vraie question, c’est : combien de prétendants as-tu dû éconduire ce week-end ?
— Edith ! s’écria Stephanie en levant les yeux au ciel.
La femme rit de bon cœur avant de se tourner vers Cali.
— Où vous enfuyiez-vous si vite ? Venez avec moi, j’ai quelqu’un à vous présenter.
Cali sentit ses jambes faiblir sous elle.
— Je dois aller voir…
— Vous n’en aurez que pour une minute, insista-t-elle.
Sans leur laisser le temps de protester, elle les prit par le bras et leur fit traverser la cour.
— J’ai deux très beaux hommes à vous présenter. On ne sait jamais, l’un d’eux pourrait être l’homme de votre vie, Cali.
Stephanie pâlit et Cali sentit la terreur la submerger. Mais Edith, visiblement inconsciente de la tension qui les habitait, les entraîna à sa suite.
Cali ferma brièvement les paupières. C’était comme si son pire cauchemar était en train de se réaliser. Comment allait-elle s’en sortir ? Avant qu’elle ait le temps d’y réfléchir, elle se retrouva face à l’homme qu’elle pensait ne jamais revoir — et surtout pas en présence de sa fille.
L’homme dont les beaux yeux gris brillaient d’une lueur sensuelle qui ne laissait aucun doute : il l’avait reconnue. Dirait-il quelque chose ? Allait-il tout révéler ici ? Détruire sa vie, devant sa fille et ses amis ?
Soudain, la conscience aiguë de tout ce qu’elle avait risqué pour une seule nuit de passion lui coupa le souffle. Sa réputation et le respect de tous ceux qu’elle connaissait.
Et, plus important encore, l’amour de sa fille.
Tout cela reposait à présent sur la discrétion de cet homme.
Qu’allait-il faire ?
* * *
Jake ne quitta pas Cali des yeux tandis qu’Edith approchait avec sa proie. Cali. Il n’avait pas honte d’avoir demandé qui elle était quand il avait vu qu’elle essayait de s’échapper. Et, par chance, son innocente question avait eu exactement l’effet escompté : Edith allait la lui présenter. Même si elle avait donné l’impression de s’éclipser pour accueillir sa fille, il n’était pas dupe : elle essayait de le fuir. De nouveau.
Mais, cette fois, il n’avait aucune envie de la laisser partir.
— Cali, ma chérie, gazouilla Edith. Je voudrais vous présenter Deklan Winters, qui habite dans le bâtiment H, mais il était trop timide pour venir à nos fêtes précédentes.
Jake réprima un rire en voyant l’indignation se dessiner sur le visage de Dek. Deklan, timide ? Il allait le tuer dès qu’ils n’auraient plus de spectateurs.
— Et voici son ami, Jake, poursuivit Edith, totalement inconsciente du malaise qui gagnait le petit groupe.
Elle se pencha vers Cali et lui murmura avec emphase :
— Pas son petit ami, comme Evan et Robert. Juste un ami. Ils jouent dans la même équipe que vous, ma chérie.
Les lèvres pincées, Deklan secoua la tête. Incapable cette fois de réprimer sa réaction, Jake éclata de rire. Décidément, cette vieille dame haute comme trois pommes avait réussi à les embarrasser comme s’ils étaient deux collégiens.
— Et voici la fille de Cali, Stephanie. Elle est étudiante en seconde année de fac, alors elle est trop jeune pour vous deux.
Une fois cet avertissement donné, Edith s’éclipsa.
Un silence abasourdi s’installa aussitôt, chacun essayant de déterminer comment rebondir. Jake regarda les yeux de Cali se poser à peu près partout… sauf sur lui. Elle semblait tendue, les mains jointes devant elle dans une attitude qui pouvait être considérée comme polie ou nerveuse. Les jours cramoisies, sa fille semblait soudain éprouver un intérêt monumental pour les brins d’herbe qui étaient sous ses pieds.
Jake tendit la main.
— Ravi de vous rencontrer, Cali.
Elle le regarda dans les yeux. Enfin. Le vert pâle de ses yeux était absolument magnifique à la lumière naturelle. Il la vit se détendre imperceptiblement et elle lui tendait la main. Elle avait peur de quelque chose. Mais quoi ? Il aurait voulu accorder à cette question toute l’attention qu’elle méritait mais à peine saisit-il la main de Cali dans la sienne que toute pensée rationnelle s’évapora.
Pourquoi cette femme lui faisait-elle cet effet ?
Il garda la main de Cali dans la sienne un peu plus longtemps que nécessaire, jusqu’à ce que la voix de Stephanie ne brise le sortilège.
— Ecoute, maman, je dois filer. Il faut absolument que je travaille sur cet exposé ce soir, dit-elle en prenant sa mère dans ses bras, forçant Jake à lui lâcher la main plus tôt qu’il ne l’aurait voulu.
— As-tu besoin d’autre chose ? demanda Cali.
Elle retint sa fille par le bras et se tourna vers eux.
— Si vous voulez bien m’excuser…
— Non, ça va, déclara Stephanie. Reste et amuse-toi. Ravie de vous avoir rencontrés, ajouta-t-elle avec un bref coup d’œil vers eux, avant de s’éclipser aussi vite que possible.
— J’espère que nous ne l’avons pas fait fuir, dit Jake tandis qu’ils la regardaient se précipiter dans le patio de l’appartement de Cali. Je jure qu’on ne mord pas.
Deklan laissa échapper un rire cynique, mais il n’en avait que faire, toute son attention était dirigée vers Cali. Elle tourna la tête vers lui, une expression méfiante sur le visage. Jake lui sourit poliment, soutenant son regard. Les lèvres de la jeune femme s’entrouvrirent, comme si elle cherchait une réponse appropriée.
— Voilà pour vous, messieurs.
Légèrement agacé par cette interruption, Jake accepta la bière que lui offrait une brunette élancée aux cheveux bouclés et aux yeux bruns qui les dévorait ouvertement du regard depuis que Dek et lui étaient arrivés. Edith les avait présentés, mais il avait oublié son prénom.
— Oh ! Allie, s’écria Cali, visiblement ravie de pouvoir faire diversion. As-tu été présentée à Deklan et Jake ? demanda-t-elle en faisant passer une mèche derrière son oreille d’une main légèrement tremblante.
— Peux-tu croire que Deklan était trop timide pour sortir et venir à notre rencontre, tout ce temps ? demanda Allie en passant une main appréciatrice sur ses biceps.
Dek leva les yeux au ciel et s’écarta d’elle. Allie se contenta de rire, manifestement ni vexée ni dissuadée par cette réaction.
— Alors, que faites-vous dans la vie ? demanda-t-elle.
Jake retint un soupir. La question était un sujet de conversation banal dans ce genre de circonstances, quoi qu’il fasse, elle finissait toujours par surgir. Dek haussa les sourcils et lui jeta un coup d’œil qui indiquait clairement qu’il ne répondrait pas à cette question.
Cali s’était figée et la peur avait envahi ses yeux. Elle semblait attendre sa réponse avec terreur. Bon sang, pensait-elle vraiment qu’il allait révéler ses secrets ? Ici ?
Jake but une gorgée de bière pour se donner le temps de digérer ce qu’il venait de découvrir, mais elle avait un goût amer. La colère menaça de le submerger lorsqu’il pensa au peu de confiance que Cali avait en lui, mais il se reprit à temps.
— Dek et moi sommes associés dans une entreprise privée.
— Quel genre d’entreprise ?
— Une entreprise privée, répéta-t-il d’un ton sec, indiquant que la conversation était terminée.
Allie fronça les sourcils et jeta un coup d’œil vers Cali.
— O.K., dit-elle en buvant une gorgée de vin.
Avant qu’il n’ait eu le temps de ramener la conversation sur le sujet qui l’intéressait vraiment, en apprendre plus sur Cali Reynolds, Edith arriva pour les entraîner vers un autre groupe de gens à qui elle voulait les présenter. Comme s’ils n’avaient pas déjà été assez exhibés.
— Il faut absolument que je vous présente Lacey et Paul. Après tout, c’est leur fête de fiançailles. C’est un si beau couple, si amoureux. Avez-vous déjà été amoureux, Deklan ?
Dek s’étrangla avec sa bière et Jake lui donna quelques tapes dans le dos, ce qui lui valut un nouveau regard assassin.
Tout en écoutant d’une oreille les bavardages d’Edith, Jake se positionna de sorte à pouvoir continuer à observer Cali. Elle s’était éloignée d’eux et faisait mine d’écouter la brune indiscrète, Allie. Elle hocha la tête d’un air absent, mais son regard ne cessait de dériver. De petits regards circonspects qui montraient ce qui attirait réellement son attention.
Lui.
Exactement ce qu’il souhaitait. Il ne se demanda pas pourquoi cela lui plaisait autant. Pas maintenant. Pas quand une seule nuit avec Mme Reynolds était loin d’être suffisante. Non, il ne la laisserait pas s’enfuir de nouveau.
S’excusant auprès des gens qui l’entouraient, Jake suivit Cali, qui se dirigeait vers le buffet où elle commença à ramasser les assiettes vides. Il l’effleura, d’une main innocente glissée dans son dos tandis qu’il passait derrière elle. Elle se figea brièvement avant de continuer ce qu’elle faisait.
Oh oui, il y avait une forte attirance entre eux. Mais ça, il le savait déjà. Ce contact n’était qu’un rappel discret pour Cali. Il jeta sa bouteille vide dans la poubelle, puis se tourna vers elle.
— Avez-vous besoin d’aide ?
— Non, merci, dit-elle sur un ton poli, la tête baissée. Allez vous amuser.
— Et si je ne m’amuse pas ?
Elle ferma les yeux avant de se redresser pour le regarder. Un sourire figé étirait ses lèvres.
— Alors peut-être que vous devriez partir.
Jake se pencha pour ramasser des assiettes vides, et lui dit à voix basse :
— Comme toi vendredi ?
La jeune femme tressaillit et jeta un rapide coup d’œil autour d’eux.
— Je t’en prie, ne fais pas ça, dit-elle d’une voix coupante. C’est ma vie, s’il te plaît… ajouta-t-elle, semblant chercher ses mots. Ne viens pas détruire ma vie.
Il jeta les assiettes dans la poubelle, puis se tourna vers elle, lui offrant toute son attention.
— Je n’ai aucune intention de détruire ta vie, dit-il en enfonçant ses mains dans ses poches, pour s’empêcher de la toucher et aussi pour la rassurer, une considération nouvelle pour lui. Je veux seulement te donner ce dont tu as besoin.
Elle sonda son visage.
— Je n’ai besoin de rien venant de toi.
Jake afficha un large sourire. Cali Reynolds était vraiment une piètre menteuse.
Elle regarda autour d’elle de nouveau, puis passa devant lui pour ramasser des assiettes et des verres vides. Ses mains se crispèrent lorsqu’il déposa une serviette sale sur le haut de sa pile.
— Que fais-tu ici ? Tu me suis ?
Il rit doucement.
— Non, je ne te suis pas. Deklan habite réellement ici. C’est le troisième associé du club. Le seul que tu n’avais pas rencontré. Je lui rendais visite quand la charmante Edith a insisté pour qu’on se joigne à la fête.
Il prit la moitié des déchets qu’elle tenait et l’accompagna jusqu’à la poubelle.
— Me fuyais-tu ?
— Pardon ? balbutia-t-elle. Pourquoi ferais-je cela ?
— Oui, pourquoi ? répondit-il, essayant de ravaler la frustration qui montait en lui. Je te vois le week-end prochain, n’est-ce pas, Cali ?
Elle écarquilla les yeux, et il lut le désir et une indéfinissable émotion sur son visage, mais ils furent rapidement balayés par le doute et la colère.
Il s’approcha d’elle et ajouta à voix basse :
— Regarde-moi.
Elle lui obéit immédiatement. Magnifique.
— Quand tu reviendras, demande-moi, souffla-t-il, sûr d’avoir toute son attention. Je m’assurerai que tu obtiennes exactement ce que tu veux. Comme la dernière fois, dit-il avant de se retourner et de s’éloigner d’un pas. Et, Cali, dit-il en tournant la tête pour plonger une dernière fois le regard dans ses yeux verts, je sais que tu en as envie.
Elle baissa les yeux, de désir ou de colère, il n’en était pas certain, mais il n’attendit pas de le savoir. Il traversa la cour à grands pas jusqu’à l’appartement de Deklan. Il était inutile de continuer à lui faire poliment la conversation. Il avait atteint son but, pour le pire ou le meilleur.
Cali Reynolds serait de nouveau à lui.
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