Tu apprendras la confiance : T1 - Red Room (French Edition)

Chapitre 12

 

Cali garda les yeux rivés au sol. La brillance du parquet bien ciré faisait ressortir les motifs complexes du grain du bois. C’était comme si l’art créé par la nature était exposé à ses pieds.

Elle ne put s’empêcher de sourire en prenant conscience de la stupidité de ses pensées. Bon sang, elle perdait vraiment la tête. C’était comme si la part normale d’elle-même, celle qui l’avait caractérisée pendant la majeure partie de sa vie, avait soudain disparu. Elle avait été remplacée par cette femme qui se tenait face à un dominateur dans un club BDSM, attendant d’être fessée, ou fouettée, ou livrée à tout ce que cet homme, presque un étranger, voudrait bien lui faire.

Pire, elle en mourait d’envie.

Pourtant, la vision de l’équipement exposé dans la salle l’avait d’abord effrayée. Il n’y avait pas de lit dans cette pièce. Pas même un canapé. Cette Séance allait être très différente de la fois précédente. Elle était peut-être un peu naïve, mais elle n’était pas stupide. Jake voulait prouver quelque chose, même si elle ne savait pas bien quoi.

Qu’importait, à vrai dire. Elle en avait toujours envie. Elle voulait être dirigée par Jake.

Qu’il la domine.

Cali prit une profonde inspiration, leva les bras, et fit descendre la fermeture Eclair de sa robe. Puis elle fit glisser le fin tissu le long de son corps. Elle résista à l’envie de se cacher derrière sa robe tandis qu’elle la pliait et se dirigeait vers le bureau que Jake lui avait indiqué. Uniquement vêtue d’une minuscule culotte en dentelle et de ses chaussures à talons, elle regarda dans la direction de Jake par-dessus son épaule.

— Tout ?

— Tout.

S’efforçant de maîtriser les battements effrénés de son cœur, elle ôta ses chaussures, puis sa culotte. Aussitôt, elle sentit le rouge envahir ses joues. Ridicule. Après tout, Jake avait déjà tout vu. Mais cette fois elle se sentait beaucoup plus exposée et vulnérable.

Elle laissa échapper un soupir, releva fièrement le menton, puis avança vers lui. Sans le quitter des yeux, elle se mit lentement à genoux, mit les mains dans son dos, et baissa les yeux.

Aussitôt, elle entendit la respiration de Jake s’accélérer et une onde de chaleur se propagea en elle. Elle dissimula son sourire de contentement derrière les mèches de cheveux qui retombaient sur son visage. Si Jake pensait pouvoir la déstabiliser en jouant le dominateur hardcore, alors elle pouvait en faire autant. Elle n’avait pas passé des heures à faire des recherches sur le BDSM pour rien.

Elle était peut-être soumise, mais elle avait un certain pouvoir. Le satisfaire lui donnait ce pouvoir.

Jake glissa les doigts dans ses cheveux tout en la contournant. Lorsqu’il fut derrière elle, il lui fit écarter les jambes.

— Tu es magnifique, Cali.

L’entendre prononcer son nom était comme une caresse à son oreille. Jake laissa glisser ses doigts le long de son visage et elle frissonna, sa respiration se fit plus lourde.

Elle se força à se concentrer sur ce que lui disait Jake, se laissant porter par sa voix grave et basse, derrière elle.

— Tu feras exactement ce que je te dis, ce soir. Ne dis rien à moins que je ne te pose une question. Tes orgasmes m’appartiennent. Tu ne jouiras pas, à moins que je ne te le demande.

Il referma sa main dans ses cheveux, et lui tira la tête en arrière.

Lorsque leurs regards se croisèrent, Cali retint son souffle.

— C’est compris ?

Le visage de Jake exprimait toute sa tension tandis qu’il attendait sa réponse. Mais son regard, lui, brillait d’admiration et de passion contenue. Elle n’avait pas besoin de plus pour trouver la force de lui répondre.

— Oui, monsieur, murmura-t-elle dans un souffle qui se répercuta sur les murs de la pièce silencieuse.

Les traits du visage de Jake se détendirent légèrement et il lui lâcha les cheveux. Retenant son souffle, elle laissa sa tête retomber en avant. Elle entendit le claquement des bottes de Jake s’éloignant sur le parquet. Les yeux fermés, elle profita de ce court répit pour tenter de maîtriser les battements désordonnés de son cœur. Mais Jake était de retour avant qu’elle n’ait eu le temps de mettre de l’ordre dans ses pensées.

— Lève-toi.

Elle s’exécuta avant même d’avoir pris conscience de ce qu’elle faisait. Elle aurait dû être terrifiée par ce besoin instinctif qu’elle avait de lui obéir, mais le sourire satisfait de Jake effaça tous ses doutes.

— Par ici, dit-il en la faisant pivoter en direction du banc de fessée. Tu as aimé regarder les couples qui l’utilisaient la dernière fois. Ce soir, nous verrons comment tu réagis à son utilisation.

Cali sentit sa gorge se serrer. Ses mains tremblèrent dans son dos tandis qu’elle avançait jusqu’au banc. Il était monté sur une plate-forme qui avait de toute évidence pour but de donner au dominateur un meilleur accès à la personne allongée dessus.

Cali se mordit la lèvre pour s’empêcher de laisser échapper le moindre son. Elle ne voulait pas que Jake devine à quel point elle avait le ventre noué, ni que son cœur battait à cent à l’heure. Qu’il sache à quel point elle était terrifiée et excitée à la fois.

Mais les pointes tendues de ses seins, elles, ne pouvaient échapper à son attention. Jake s’approcha d’elle, et les effleura du dos de la main. Puis il se pencha et les suça tour à tour… jusqu’à ce qu’elles soient douloureusement dures. Un frémissement la parcourut.

— Je m’en occuperai plus tard, dit Jake.

Il recula d’un pas et la fit s’agenouiller sur le mince banc capitonné.

— Penche-toi en avant et tiens-toi aux poignées qui se trouvent en dessous.

Elle ne pouvait plus reculer. Son esprit essaya de se rebeller une dernière fois, en vain. Elle s’étendit sur le mince banc capitonné. Jake ajusta sa position, jambes écartées et fesses tendues, totalement offerte. Il lui attacha les poignets et les chevilles avec des menottes, fixées au banc.

Elle était attachée. Pour lui.

Et pourtant ce n’était pas la peur mais le désir qui faisait trembler chacun de ses membres. Etait-elle complètement folle ? Elle tourna la tête sur le côté et essaya de calmer sa nervosité. Le cuir du banc, contre sa peau brûlante, dégageait une agréable fraîcheur et les menottes doublées étaient étonnamment douces, ce qui semblait contraster avec leur but même. Oui, elle était bien.

— Une dernière chose, Cali, dit Jake en s’agenouillant près d’elle.

Il lui dégagea les cheveux du visage pour qu’elle puisse le voir. Dans sa main se trouvait une paire de pinces à seins, reliées par une chaîne, semblable à celle qu’elle avait vue sur la femme attachée à la croix de Saint-André lors de sa première visite.

Elle inspira, et l’odeur du banc en cuir emplit ses poumons.

Le banc était juste assez large pour maintenir son buste, mais suffisamment étroit pour que ses seins dépassent de chaque côté. Jake tendit la main vers ceux-ci et elle ferma les yeux. Au prix d’un immense effort, elle parvint à ne pas trembler lorsqu’elle sentit ses doigts lui pincer le bout des seins. Il joua ainsi un moment, excitant ses tétons si sensibles, jusqu’à ce qu’elle laisse échapper un gémissement.

La morsure du métal sur sa peau fut instantanée. Une vive douleur irradia au bout de ses seins, lui arrachant un cri de surprise et de douleur mêlées. Instinctivement, elle fit un geste brusque de la main pour ôter l’objet de cette douleur, mais les menottes la retinrent fermement. Elle était complètement impuissante contre l’étrange pincement qui était à la fois douloureux et… attirant.

Complètement concentrée sur cette étrange sensation, elle cria quand Jake posa la main sur son autre sein. Très vite, les deux pinces furent en place, et elle gémit, le front appuyé sur le cuir rembourré du banc. Toute son attention était concentrée sur ses seins, lui faisant tout oublier : où elle était, mais aussi la gêne qu’elle avait ressentie d’être exhibée ainsi.

— Magnifique, murmura Jake à son oreille, en tirant légèrement sur la chaîne qui reliait ses tétons. Et ce n’est qu’un début.

Haletante, Cali ouvrit brusquement les yeux. Les élancements dans ses seins s’atténuaient peu à peu, mais le reste de son corps était hypersensibilisé. Elle sentit un courant d’air passer sur son sexe offert. Comme un rappel qu’elle était écartelée et mouillée. Pour Jake. Et qu’elle en voulait plus. La partie inférieure de son corps lui sembla soudain négligée, ignorée. Elle se tortilla sur le banc.

Jake rit doucement, dans un grondement sourd et sensuel, et elle sentit le claquement de sa main sur ses fesses. Le bruit de la fessée étouffa le petit cri de surprise qu’elle poussa.

— Tu vas m’attendre, Cali.

Il la frappa sur l’autre fesse, et la brûlure cuisante sur sa peau irradia jusqu’à son sexe.

— Ne bouge pas.

Cali obéit. D’un point de vue rationnel, elle savait qu’elle aurait dû résister. Prononcer son safeword et s’enfuir au plus vite. Mais l’autre part d’elle-même s’émerveillait de la douleur et de l’excitation mêlées qui avaient pris possession de son corps tout entier.

— Je vais te fesser, maintenant, dit Jake en la caressant là où il venait juste de la frapper. Je veux que tu comptes chaque coup. A haute voix.

Compter ? Bon, d’accord. Elle se passa la langue sur les lèvres.

— Oui, monsieur.

— Jake.

— Pardon ?

L’esprit troublé, elle essaya de comprendre ce qu’il avait voulu dire.

— Oui, Jake, dit-il.

Ses pensées étaient trop confuses pour saisir la différence, mais elle répéta :

— Oui, Jake.

Elle aurait pu jurer l’avoir entendu pousser un petit grognement de satisfaction, mais elle n’eut pas le temps de s’appesantir sur cette pensée car elle ne tarda pas à sentir de nouveau sa main ferme sur la chair tendre de ses fesses.

— Un, dit-elle au bout d’un moment, tandis qu’il la frappait une seconde fois.

Elle avait fermé les yeux, et souffla le chiffre suivant. Il alternait d’une fesse à l’autre à un rythme constant, qui lui permettait d’anticiper chaque coup.

Peu à peu, ses muscles se détendirent, elle relâcha un peu la pression de ses mains sur les poignées, et s’abandonna lentement à l’instant. Et à Jake.

Le décompte lui permettait de rester concentrée, tout comme la douleur cuisante. Mais, en dépit de la brûlure qu’elle ressentait chaque fois que la main de Jake claquait sur ses fesses, une chaleur inattendue gagnait son sexe, et elle se surprit à lever les fesses, pour venir plus vite à la rencontre de sa main. Elle respirait avec difficulté, chaque chiffre à prononcer lui demandait de plus en plus d’efforts.

— C’est bien, dit Jake en s’interrompant pour caresser ses fesses brûlantes.

Eperdue, elle s’abandonna totalement à ce contact pourtant si léger.

— A quel chiffre en sommes-nous ?

Non ! Elle était incapable de penser.

Elle fit un effort pour se souvenir, mais son esprit refusait de se concentrer sur autre chose que les sensations qui parcouraient son corps. Cet étrange mélange de douleur et de plaisir qui affluait partout en elle.

— Cali.

Le rappel à l’ordre sec de Jake la ramena à la réalité. Il lui avait posé une question. Elle était censée répondre.

— Seize, marmonna-t-elle, priant pour ne pas se tromper.

— Faux.

Avant même qu’elle n’ait le temps d’assimiler le ton sec de sa voix, elle sentit les doigts de Jake dans son sexe et sa bouche se refermer sur un de ses seins.

Elle eut le souffle coupé — l’intrusion était soudaine et délicieuse. Mais elle fut de courte durée. Comme si elle était simplement destinée à faire monter son excitation d’un cran. Le gémissement qui s’échappa d’entre ses lèvres lui sembla étranger, nouveau. Elle tendit ses fesses aussi loin qu’elle put, en un appel silencieux.

Mais rien ne se passa. Jake ne prononça pas le moindre mot et ne la toucha pas. Elle finit par tourner lentement la tête pour le regarder par-dessus son épaule. Le regard intense de Jake sur son corps la caressait aussi complètement que s’il l’avait parcourue de ses mains. Son corps aux abois frémit douloureusement. N’y tenant plus, elle céda et prononça les mots qui résonnaient dans son esprit.

— S’il te plaît, Jake. Caresse-moi.

— Tu m’en dois dix de plus pour avoir oublié où tu en étais, répondit-il d’un ton bref.

Cali fut secouée d’un frisson. De plaisir anticipé ou de peur ? Elle n’aurait su le dire.

— Je… Je ne sais pas si je peux, murmura-t-elle.

Aussitôt, elle sentit la main de Jake lui caresser les fesses.

— Tu peux.

Il glissa entre ses cuisses et la caressa doucement. Il l’avait à peine effleurée, et pourtant son corps tout entier fut parcouru d’une violente onde de plaisir. Elle serra les poignées du banc, tira sur ses liens, prête à jouir.

Et de nouveau Jake disparut.

Tous les muscles tendus de frustration et de désirs inassouvis, elle s’effondra sous le banc. Jamais, quels que soient ses fantasmes, elle n’aurait imaginé perdre toute capacité de penser de façon logique. A cet instant, elle n’était que sensations et elle aurait fait n’importe quoi pour parvenir à l’orgasme. N’importe quoi pour satisfaire Jake et trouver la délivrance qu’il lui faisait miroiter de façon si fugace.

— Es-tu prête, Cali ?

Non. Oui. Oh… ! Elle ferma les yeux et murmura :

— Oui, Jake.

Elle se raidit dans l’attente d’un nouveau coup. Mais une fois encore il la surprit en s’accroupissant près d’elle. Lorsqu’il ôta délicatement une mèche de son visage, elle ouvrit brusquement les yeux, entrouvrant les lèvres dans un soupir silencieux. Alors, les lèvres de Jake s’emparèrent de sa bouche, brûlantes, la faisant sienne avec autorité, contrôlant leur baiser comme il commandait le reste de son corps.

Leurs langues s’affrontèrent, et elle se tendit vers lui, autant que ses liens le lui permettaient. Elle voulait le toucher. Sentir sa peau sous ses mains et contre son corps. Il s’écarta d’elle, et elle essaya de le suivre, jusqu’à ce qu’elle perde l’équilibre, vacillant dangereusement sur le banc.

— Arrête.

D’une main glissée dans son dos, il l’immobilisa et la repositionna sur le banc pour l’empêcher de tomber. Le cuir était moite et glissant contre son corps. Elle sentait aussi l’air frais de la pièce sur sa peau brûlante et l’odeur de sexe qui planait dans l’air.

La voix de Jake résonna à son oreille :

— Encore dix de plus.

Clac. La douleur fusa en elle avant même que le son n’arrive à ses oreilles. Clac. La chaleur se diffusa dans son corps, jusqu’à son sexe avide. Clac. Elle se contorsionna sur le banc, sans réellement savoir si elle voulait se soustraire au prochain coup ou au contraire s’en rapprocher.

— Laisse-toi aller, Cali. Ne résiste pas. Laisse-toi emporter. Tu penses trop. Lâche prise. Ressens les choses.

Penser ? Elle en était incapable — c’était bien le problème.

Clac.

Son corps était assailli de sensations. De la tête aux pieds, elle n’était qu’un long frémissement. Clac.

Elle avait mal. Elle ne pouvait plus continuer. Elle se mordit la lèvre pour réprimer un gémissement. Clac. Clac. Elle lâcha un cri. Son corps décolla, son esprit se vida et elle plongea dans un état de flottement. Complètement à la dérive, elle oublia la douleur tandis qu’elle se perdait dans un vide sans fond.

Clac. Brusquement, la pression sur ses seins se relâcha, et elle se cambra sous la douleur lancinante du sang qui affluait à la pointe de ses seins. Avant qu’elle n’ait le temps de comprendre ce qui se passait, clac, un coup intense retentit directement sur la chair exposée de son sexe. Le feu — brûlant, effrayant, tentateur — repoussa ses limites, la laissant pantelante de désir.

— Je t’en prie, Jake, supplia-t-elle, sans se préoccuper de l’image qu’elle pouvait donner d’elle.

— Qui peut te donner ce que tu veux ?

— Toi, souffla-t-elle, sans l’ombre d’une hésitation. Seulement toi.

Alors, il effleura son clitoris.

— Jouis pour moi, Cali.

Et comme elle jouit ! Balayée par un orgasme d’une puissance qu’elle n’aurait jamais pu imaginer, elle lâcha prise et se laissa emporter par des vagues de plaisir qui l’ébranlèrent au plus profond d’elle-même.

Quelques secondes, quelques minutes ou quelques heures plus tard — elle n’aurait su le dire —, elle prit conscience des mains puissantes qui lui caressaient les poignets et les chevilles à mesure qu’on ôtait ses liens. Mais elle était toujours incapable de faire le moindre mouvement. Elle était à la fois exténuée et comblée. Le sourire aux lèvres. Incapable de bouger.

Des sons incohérents parvinrent jusqu’à elle. Le grincement des charnières de l’armoire, le bruit d’une chaise qu’on traînait sur le sol, le claquement des bottes sur le parquet. De façon distante, elle ressentait la douceur du cuir molletonné sous elle, des fourmillements au bout de ses seins, l’humidité entre ses cuisses. Elle était capable de comprendre qu’elle était encore allongée, écartelée sur le banc, alors qu’elle n’était plus attachée. Une partie de son esprit prit conscience que cela aurait dû l’embarrasser. Qu’elle aurait dû se lever.

Mais elle n’en avait pas envie.

Des doigts lui caressaient les cheveux. Des doigts puissants et délicats qui lui massaient maintenant doucement les tempes. Elle se força à ouvrir les yeux.

Jake.

L’homme qui avait fait vaciller tous ses repères pour la seconde fois.

Celui dont c’était le métier.

Elle sentit les larmes lui monter aux yeux avant même de comprendre ce qui lui arrivait. Puis il fut trop tard pour les arrêter. Les larmes déferlèrent sur ses joues — le témoignage silencieux de son trouble.

Jake posa sur elle un regard doux et inquiet tandis qu’il essuyait ses larmes. Un geste qui aurait dû la réconforter, et pourtant ses larmes redoublèrent. Elle respirait de façon saccadée tandis qu’il lui caressait les cheveux dans un geste d’une infinie douceur, si éloigné de l’homme qu’il était encore quelques instants plus tôt.

Qui était cet homme en réalité ? Le saurait-elle jamais ? Avait-elle envie de le savoir ?

Bien sûr, elle connaissait la réponse à cette question : oui. Oui, elle voulait tout de lui. Mais c’était une erreur. Elle voulait connaître cet homme. Pas le dominateur, mais l’homme qui était capable de la dompter un instant, et de la réconforter l’instant suivant. L’homme qui semblait connaître son corps, ses désirs, mieux qu’elle-même. L’homme qui pouvait la pousser dans ses derniers retranchements et la diriger sans l’étouffer. Oui, un tel homme valait la peine qu’on apprenne à le connaître.

Mais il ne serait jamais pour elle.

Elle devait se rendre à l’évidence : ce n’était qu’une Séance.

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