Tu apprendras la confiance : T1 - Red Room (French Edition)
Chapitre 11
Elle était folle. Bonne à enfermer. Elle l’était forcément, vu qu’elle était là de nouveau, à attendre. Que lui était-il passé par la tête pour qu’elle retourne au Red Room ?
Après deux semaines de tergiversations et plusieurs listes de pour et de contre — où les contre l’avaient pourtant largement emporté —, elle était de retour, obéissant à son corps, même si son esprit lui criait qu’elle ne devrait pas.
Elle n’avait aucune excuse.
Elle n’avait simplement pas pu s’empêcher de penser à tout ce que Jake lui avait fait ressentir. Et à ce qu’elle ressentirait de nouveau. Avec lui.
La musique résonnait dans la grande salle principale.
Les gens s’entassaient dans tous les coins, et elle n’avait trouvé un petit espace près du bar que grâce au videur qui l’y avait accompagnée, avant de lui demander d’attendre là.
— Je peux vous servir quelque chose, ma jolie ?
Cali se tourna vers le barman et lui adressa un sourire poli.
— Juste un verre d’eau, s’il vous plaît.
Commander quelque chose de plus fort, c’était prendre le risque de le boire cul sec. Elle en avait envie, mais elle voulait être en possession de la pleine maîtrise de ses sens pour la suite.
Après avoir remercié le barman, elle se tourna vers la salle, et posa une main fébrile sur sa courte robe, résistant à l’envie de tirer sur l’ourlet. Même dans sa tenue la plus sexy et décolletée, elle était bien trop habillée par rapport à la foule qui se pressait dans la pièce. Et elle se trouvait dans la salle où la nudité n’était pas autorisée…
— Tu es venue.
Elle l’avait entendu murmurer ces mots au creux de son oreille à peine une seconde avant de sentir sa chaleur dans son dos. Son bras s’enroula autour de sa taille dans un geste possessif et il l’attira contre lui. Elle sentit tous ses doutes s’évanouir et se laissa aller.
— Oui.
Jake.
Elle le sut instinctivement, sans même se retourner pour le voir. Sa voix — grave et autoritaire. Ses mains sur elle — puissantes et assurées. Son odeur — parfumée et masculine. Tout provoquait en elle une réaction intense, qu’elle n’essaya pas de dissimuler. Elle était allée trop loin à présent pour feindre la pudeur ou le désintérêt.
L’incident de la cour de son immeuble lui avait rappelé tout ce qu’elle avait à perdre. Et sa présence au Red Room aujourd’hui était tout sauf un jeu. Elle n’allait pas prétendre le contraire.
— As-tu envie de jouer avec moi, ce soir, Cali ?
Elle ondula contre lui au rythme de la musique, ses fesses se frottant contre son sexe déjà en érection.
— Oui.
Il la retourna aussitôt, et la plaqua contre lui. Le souffle court, elle regarda les doigts de Jake glisser sur elle, jusqu’à un de ses tétons, qu’il pinça. Fort. La douleur et ses réflexes la poussèrent à s’écarter de lui, mais il la maintint là où elle était de son bras puissant.
— Je mène le jeu, dit-il en plongeant son regard d’acier dans le sien. Nous sommes d’accord ?
Aussitôt, elle cessa de lui résister, tandis que la douleur se muait en douloureuse envie de beaucoup plus.
— Oui, Jake.
Une petite part d’elle s’insurgeait contre cette réponse. La part qui avait l’habitude de tout contrôler. Elle était censée vouloir plus d’indépendance, pas la soumission.
Mais en cet instant elle désirait plus que tout se soumettre une fois encore à cet homme. Maître Jake.
— Viens avec moi, dit-il en relâchant son téton. Ce soir, tu m’appartiens.
Et c’était exactement ce qu’elle désirait et redoutait tout autant.
* * *
Jake ne perdit pas son temps en préliminaires ce soir-là. Il conduisit Cali au troisième étage, dans la pièce qu’il avait réservée de façon permanente depuis deux semaines.
La porte de la salle privée s’était à peine refermée derrière eux qu’il y adossa Cali, écrasant ses lèvres sur les siennes. Bon sang, il adorait son goût. Il ne pouvait plus s’en passer. Elle s’agrippa instinctivement à ses épaules, sa langue répondant à la sienne. Alors, il enfonça les doigts dans ses cheveux bouclés, maintenant la tête de Cali immobile. Ce soir, c’était lui qui avait le pouvoir.
Cali gémit, et il la sentit devenir plus douce et docile dans ses bras. A regret, il s’écarta de ses lèvres, tant qu’il en était encore capable. Il lui prit la main et l’attira au centre de la pièce. Au faible murmure qui s’échappa des lèvres de la jeune femme, il sut qu’elle avait examiné les lieux.
Les jambes tremblantes, elle avança vers lui d’un pas hésitant.
Il se mit face à elle.
— Les règles, Cali.
Elle baissa brièvement les yeux, puis hocha lentement la tête.
— Les safewords… rappelle-les-moi.
— Rouge : stop. Jaune : attention. Vert : O.K.
— Tu les utiliseras si tu en as besoin.
— Oui, murmura-t-elle, les yeux toujours baissés.
Dans sa main, il sentit celle de Cali se contracter. Oui, elle était nerveuse, même si elle essayait de le cacher.
De son côté, il avait eu deux longues semaines d’attente pour se préparer à cette rencontre. Deux semaines qui avaient exacerbé son désir de la posséder. Et il fallait y ajouter les piques incessantes de Seth et Deklan à propos de sa décision de partir. Au point que, ce soir, un puissant mélange de frustration et de désir contrarié courait dans ses veines. Un mélange qui le mettait à la merci de Cali Reynolds.
Mais il ne laissait pas les choses se passer de cette façon.
Ce soir, elle obtiendrait ce qu’elle était venue chercher. Mais selon ses règles à lui.
A cette pensée, une bouffée de désir plus puissante que les autres l’envahit. Il la cacha aussitôt derrière le masque qu’il affichait pour garder ses distances. Il fallait qu’il garde le contrôle de la situation ce soir.
— Déshabille-toi, Cali. Et pose tes vêtements sur le bureau, dit-il en lui désignant la petite table près de la porte. Puis il recula, les bras croisés, et attendit.
Cali scruta la pièce et il vit son regard s’arrêter sur le banc de fessée sur la droite, sur la croix fixée au mur opposé, sur la balançoire suspendue au plafond. Elle observa ensuite les portes ouvertes de l’armoire, exposant une panoplie de fouets, paddles, cravaches et autres accessoires. Ses joues pâlirent, puis rougirent. Mais elle n’avait toujours pas fait le moindre geste pour obéir à son ordre.
— Je crois… souffla-t-elle.
Il avança vers elle et la saisit par la nuque, l’interrompant. Il soutint son regard affolé, où se mêlaient désir et peur.
— Fais-moi confiance. Comme tu l’as déjà fait.
Il sentit sa propre respiration se couper tandis qu’il regardait les émotions se succéder sur le visage de Cali. Il lui caressa doucement le visage, et il la sentit s’attendrir sous ses doigts.
— Oui, Jake, dit-elle enfin. J’ai confiance en toi.
Alors, il laissa échapper un soupir de soulagement, une sensation à laquelle il ne s’attendait pas.
— Bien, dit-il, reculant d’un pas. Maintenant, déshabille-toi, Cali. Et je ne veux plus te voir hésiter.
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