Tu apprendras la confiance : T1 - Red Room (French Edition)

Chapitre 28

 

 

Juste quelques jours avant Noël, la neige tombait encore. Partout, des enfants surexcités s’amusaient sous l’œil bienveillant d’adultes compréhensifs. Après tout, qui pouvait résister aux jolies décorations, aux lumières étincelantes et aux musiques de Noël qui réchauffaient le cœur quand tout était recouvert d’un beau manteau blanc ?

Cali se faufila au milieu de la circulation, et tourna pour entrer dans sa résidence, contente d’être sortie de la folie et de la circulation intense des courses de Noël. Un voyage qu’elle se serait épargné si elle n’avait eu absolument besoin de ce paquet le soir même.

Elle jeta un coup d’œil au sac noir et rouge posé si innocemment sur le siège passager et son ventre se noua. Elle n’avait eu aucune nouvelle de Jake depuis cette terrible soirée, mais ce soir elle se rendrait au club. Et elle continuerait d’y aller jusqu’à ce qu’il revienne. Et cela impliquait l’achat d’une tenue pour le club. Pour lui.

La première qu’elle achetait spécialement pour lui, pour remplacer celles qu’elle avait jetées si précipitamment la semaine précédente.

Elle traversa le dédale des ruelles — l’un des inconvénients d’être propriétaire d’un appartement situé à l’arrière d’une grande résidence. Mais cela avait aussi un avantage : elle était à l’écart et au calme, loin de la route. Elle tourna au coin de son bâtiment et freina brusquement.

Garée dans l’allée, elle vit une moto noire et bleue. Une de ces motos de course, assez voyantes. Son cœur se mit à battre à tout rompre, et elle chercha désespérément du regard le propriétaire de la moto.

Cela pouvait-il vraiment être lui ? Pouvait-elle oser l’espérer ?

Soudain, elle le vit. Jake. Assis sur les marches de son perron, les mains jointes, les yeux posés sur elle.

Elle gara sa voiture et coupa le moteur, les doigts tremblants. Il était revenu. Il était là, à l’attendre. Chez elle.

Qu’est-ce que cela signifiait ?

Cali ferma brièvement les paupières pour rassembler tout son courage, et sortit de l’espace sécurisant de sa voiture. La neige voletait autour de son visage, elle baissa les yeux vers le sol pour ne pas glisser sur le trottoir gelé, passa devant sa moto et fut bientôt face à lui. Alors, elle releva la tête et son regard plongea dans celui de Jake, d’un gris toujours aussi profond. Ils restèrent ainsi quelques instants.

— Salut, Cali.

Sa voix à elle seule la réchauffa. Un son qu’elle avait eu peur de ne plus jamais entendre. Les cheveux et la veste de Jake étaient couverts de neige. Il devait l’attendre depuis un moment.

— Salut, Jake, répondit-elle avec difficulté. Je ne m’attendais pas à te voir là.

Cela sonnait un peu creux, mais soudain elle se sentait incapable de prononcer tous ces mots qu’elle avait tant espéré pouvoir lui dire.

Il détourna les yeux, visiblement tendu.

— Je suis désolé.

— De quoi ?

Il la regarda longuement, puis se leva et, sans jamais lâcher son regard, tendit une main vers son visage, en une caresse hésitante. Les doigts de Jake étaient froids, mais contre sa peau ils lui semblèrent brûlants.

— Pour ce qui s’est passé vendredi dernier. Pour m’être enfui alors que j’aurais dû être à tes côtés, dit-il d’une voix peu assurée. Je n’ai jamais voulu te faire de mal. Je ne sais pas quoi faire, mais je ferai tout ce qui sera nécessaire pour te reconquérir.

Cali crispa la main sur la fine lanière de son sac, comme pour se raccrocher à quelque chose. Un flocon vint se poser au bord des cils de Jake, et il cligna les yeux, brisant l’éternité de l’instant. Elle sourit et osa espérer tout ce qu’elle s’était toujours interdit.

— Moi aussi, je suis désolée, dit-elle, se mordant la lèvre. Je suis désolée de t’avoir humilié comme je l’ai fait.

— Non, tu ne m’as pas…

— Si, déclara-t-elle. Ce n’était pas intentionnel, mais je comprends à présent que ce que j’ai fait sur scène, te lancer le collier à la figure, c’était une chose horrible à faire.

Les larmes lui montaient aux yeux, mais elle s’en fichait. Quand elle pensait à la douleur qu’elle lui avait causée par sa stupidité… Comment pourrait-il jamais vouloir d’elle de nouveau ?

— Je ne pensais pas clairement, reprit-elle, et je le regrette tellement.

Le regard sombre, il s’approcha d’elle et prit son visage entre ses mains.

— Si j’avais réfléchi, je ne t’aurais pas quittée. Je ne t’aurais pas laissée partir, j’aurais été là pour toi. Je regrette de m’être enfui.

Retenant ses larmes, Cali ferma les yeux et s’imprégna de ses paroles. Plus que tout, elle aurait voulu s’effondrer dans ses bras et qu’ils oublient tout ce qui les avait séparés. Il était si près d’elle… Elle se laissait peu à peu enivrer par le parfum de Jake, par sa voix, la douceur de sa peau sur sa joue. Mais ils avaient encore des sujets à aborder avant. Elle ouvrit les yeux et saisit un des poignets de Jake, se raccrochant à la force qu’il dégageait.

— Je sais que tu n’y étais pour rien. Je sais que tu n’as pas fait venir Peter au club.

Il l’attira contre lui.

— Mais j’aurais dû empêcher qu’il soit là. C’est ma négligence qui est la cause de tout ce bordel.

— Comment aurais-tu pu le savoir ? J’ai repris mon nom de jeune fille quand nous avons divorcé. C’était une coïncidence malheureuse à laquelle personne n’était préparé.

Il secoua la tête.

— Comment peux-tu être aussi compréhensive ? Et qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ?

Un éclair d’espoir passa dans le regard de Jake, mais il semblait toujours sur la défensive, comme s’il ne disait pas tout, ou comme s’il était prêt à fuir de nouveau.

Elle laissa tomber son sac et s’agrippa à ses bras. Elle devait absolument reconquérir Jake. Le convaincre de rester avec elle.

— J’ai parlé à Peter. Nous avons enfin eu une conversation sincère sur l’absence de sexe dans notre mariage et sur la raison de notre présence à tous les deux au club. Nous avions tous les deux envie d’être dominés par l’autre, mais nous n’avons jamais osé l’admettre, dit-elle dans un murmure, se rapprochant encore de lui.

Tous les sens en éveil, retenant son souffle, Cali attendit la réponse de Jake.

— Que veux-tu maintenant ? demanda-t-il d’une voix rauque et tendue.

— Toi, Jake. C’est toi que je veux.

— Pourquoi ? demanda-t-il d’une voix incrédule. Je ne peux pas changer qui je suis. Je peux renoncer au club, et à cette vie. Mais je serai toujours un dominateur. C’est ce que tu veux ? Tu veux accepter cette part de moi aussi ?

A ces mots, elle retrouva l’espoir. Et des papillons dans le ventre, et dans le cœur.

— Oui, plus que tout au monde. Je veux tout de toi. Je veux ce que tu m’apportes. Ce que tu me fais ressentir. Je veux rire avec toi. Que tu me prennes dans tes bras. Etre aimée par toi.

Il la prit dans ses bras et la serra fort contre lui.

— Je te veux. Pas comme une chose qu’on possède, mais comme mon amante, mon amie, ma moitié. Je te veux dans ma vie. Que dois-je faire pour avoir ça ?

Cali n’en revenait pas. Son beau dominateur exigeant était là, à lui demander ce qu’elle voulait. La suppliant presque de le reprendre. Alors qu’elle l’avait rejeté. Comment était-ce possible ? Il aurait sans doute pu lui ordonner de s’agenouiller et de lui obéir. Et elle l’aurait fait en une fraction de seconde. Mais, au lieu de cela, il lui donnait le pouvoir. Il lui laissait le choix.

Elle eut l’impression que son cœur était sur le point d’éclater. Tous ses espoirs allaient-ils enfin se réaliser ?

Du bout des doigts, elle caressa les lèvres de Jake. Ses lèvres lui avaient manqué. Tout ce qu’il était lui avait manqué.

— Je t’aime. Tu es là. C’est tout ce dont j’ai besoin. Je n’ai pas besoin que tu changes. Je ne le veux pas. C’est toi que je veux.

Elle sentit les lèvres de Jake sur les siennes avant même qu’elle ait le temps de reprendre son souffle. Cette sensation était incroyable. C’était comme si les lèvres de Jake prenaient possession de sa bouche, de son corps et de son âme. Elle s’ouvrit à lui et s’abandonna à son baiser avec tout le désir qu’elle avait accumulé depuis son départ. Et tout le désespoir qu’elle avait contenu quand elle avait pensé ne jamais le revoir.

Il était là. Avec elle.

Il s’écarta juste assez pour qu’ils puissent reprendre leur souffle.

— Je t’aime, Cali. J’ai cru que je t’avais perdue.

Il l’embrassa de nouveau, la serrant dans ses bras, lui caressant le dos, les cheveux, les bras, comme s’il ne pouvait cesser de la toucher.

— Allons à l’intérieur avant d’offrir un spectacle à mes voisins, dit-elle dans un bref instant de lucidité.

Il rit doucement.

— Deklan est un de tes voisins. Il risque de ne pas être extrêmement surpris de nous voir nous embrasser.

Un large sourire aux lèvres, elle chercha fébrilement ses clés dans son sac.

— Ce n’est pas le baiser qui m’inquiète. C’est ce que tu vas me faire après !

En moins d’une seconde, il lui avait pris les clés des mains et avait ouvert la porte d’entrée. Il la poussa à l’intérieur, referma la porte derrière eux d’un coup sec, et la plaqua le dos au mur, ses lèvres dangereusement proches des siennes.

— Si ce que tu veux que je te fasse a quoi que ce soit à voir avec le contenu de ce sac, alors, tu peux compter sur moi.

Son sac. Elle l’avait laissé dehors, mais apparemment Jake s’en était emparé.

Elle se mordilla la lèvre en le regardant droit dans les yeux.

— Je l’ai acheté pour toi. Mais peut-être que c’est une tenue de dominatrice.

Il rit doucement.

— Ma chérie, il n’y a pas une once de domination en toi. Mais je suis prêt à jouer le jeu, si c’est ce que tu veux.

Cette seule idée la bouleversa. Elle ne voulait absolument pas jouer les dominatrices. Mais le fait qu’il soit prêt à lui laisser endosser ce rôle… cela signifiait tant. Elle le couvrit de petits baisers, savourant la légère rugosité de ses lèvres gercées et de sa barbe de trois jours. La peau de Jake était glacée sous ses lèvres brûlantes. Glacée, mais vivante. Elle voulait tout lui donner. Lui montrer à quel point elle le désirait.

Combien elle l’aimait.

Son sac fit un bruit sourd en tombant sur le sol, juste avant que Jake lui arrache son manteau. Le besoin de le toucher était presque irrésistible. Elle saisit la veste de Jake, mais une petite flaque d’eau glacée éclaboussa son visage, ce qui la fit reculer en riant.

— Je crois que tu as besoin d’une serviette, dit-elle en passant la main dans ses cheveux noirs et épais pleins de neige fondue.

Il secoua la tête, l’éclaboussant de plus belle, et elle éclata de rire.

Elle se dirigea vers l’escalier, et se tourna vers Jake avant de monter.

— Tu viens ?

Puis elle partit en courant, sachant qu’il la suivrait.

Qu’il était avec elle.

* * *

Jake s’adossa au mur et regarda Cali disparaître en haut de l’escalier. Le rire léger de la jeune femme flottait encore dans l’air tandis qu’elle courait loin de lui. Mais elle ne le fuyait pas, il le savait. Il eut un pincement au cœur. Oui, elle était revenue dans sa vie.

Sortant de sa stupeur, Jake entreprit de se débarrasser de ses vêtements trempés. Il ôta son pull tout en montant l’escalier, impatient de la sentir contre lui. Il bandait déjà, il la désirait tant que c’en était douloureux.

Ses mains se figèrent sur les boutons de son jean lorsqu’il entra dans la chambre. Elle se tenait debout devant la porte de la salle de bains, à l’autre bout de la pièce. Les doigts sur le premier bouton de son cardigan, elle semblait hésiter. Elle n’avait jamais été aussi belle !

— Comment tu me veux ?

Il faillit se mettre à genoux en entendant sa question. Il jeta son pull par terre et traversa la pièce pour l’embrasser dans une étreinte passionnée.

— Je te veux sous moi. Sur moi. Autour de moi. Je veux te baiser jusqu’à ce qu’on tombe d’épuisement. Et ensuite… dit-il en lui caressant la joue. Je te veux auprès de moi pour toujours.

Elle resta un moment silencieuse, avant de tendre la main vers lui et de la glisser dans ses cheveux mouillés.

— Moi aussi, mon amour, murmura-t-elle.

Alors, il s’empara de ses lèvres et l’embrassa de toute son âme. Elle avait un goût de café et de menthe. Un goût de paradis, ou d’une drogue plus addictive que l’héroïne.

Et il avait failli la perdre.

Plus jamais.

Mais pour l’heure son envie d’être en elle surpassait tout le reste, et il l’entraîna vers le lit. Il commença à déboutonner son cardigan, puis renonça, le faisant simplement passer par-dessus sa tête, en même temps que son pull. Il sentit les mains chaudes de Cali sur son torse et gémit en s’abandonnant à ses caresses.

Il avait besoin de plus, de tellement plus ! Il enleva sa chemise et s’interrompit pour la regarder. Avec ses lèvres gonflées et rouges de l’avoir embrassé, ses cheveux légèrement en bataille, et son soutien-gorge balconnet en dentelle rouge, elle était la beauté et le désir incarnés. Avec un regard affamé, elle tendit les mains vers les boutons de son jean. Hypnotisée, Jake suivit des yeux le mouvement de ses doigts.

C’est à cet instant qu’il le vit et son cœur se mit à battre à tout rompre.

Il saisit aussitôt le poignet de Cali, le regard fixé sur la chaîne enroulée autour.

— Où as-tu eu ça ?

Elle sembla hésiter, et tenta de se dégager de son étreinte. Puis elle releva la tête d’un air de défi, et répondit.

— Seth me l’a donné.

— Quand ? demanda-t-il. La dernière fois que j’ai vu cette chaîne, elle était par terre, sur la scène.

— Cette semaine, quand je suis allée au club pour te chercher.

Il releva brusquement la tête et croisa le regard déterminé de Cali.

— Tu ne répondais pas au téléphone, alors je suis allée sur place pour m’excuser, mais tu étais parti. Et, au lieu de te parler, j’ai subi un interrogatoire de la part de Seth et Deklan. J’ai dû dire quelque chose qui les a convaincus, parce que Seth a mis la chaîne autour de mon poignet avant mon départ, dit-elle en baissant les yeux sur l’objet en question. Il a dit qu’elle était à moi, et que je devais la garder jusqu’à ton retour.

Jake passa doucement le pouce sur la chaîne. Les maillons en forme de symbole de l’infini étaient si beaux, si parfaits sur la peau de Cali…

— Et tu l’as fait. Pourquoi ?

Cela pouvait-il signifier qu’elle voulait encore tout cela ? Pouvait-il oser l’espérer ? Elle avait dit qu’elle voulait tout de lui, mais voulait-elle aussi le collier ?

— Après ce qui s’est passé sur scène, je pensais que tu aurais tiré un trait sur ce monde et tout ce qu’il impliquait, ajouta-t-il.

— Je veux tout cela. J’ai besoin de toi. Et j’ai accepté le fait que j’ai aussi besoin de cet aspect de toi. Je ne veux pas vivre hors de ton monde, mais à l’intérieur, avec toi. Je ne sais pas si je pourrai un jour être de nouveau à l’aise face à un public important, mais je ne te demanderai pas de quitter ce qui fait tant partie de toi. J’aime être ta soumise, et je ne remettrai plus cela en question. J’ai gardé cette chaîne en espérant qu’un jour tu reviendrais, et que tu la mettrais autour de mon cou. A sa place.

Trop stupéfait pour penser, pour répondre, Jake se contenta de réagir. C’était comme si Cali venait de libérer l’animal en cage qui sommeillait en lui. Il s’empara de sa bouche, la serrant presque brutalement dans ses bras. Elle était brûlante, ouverte et prête à l’accepter entièrement. Il banda dans son jean, contre le ventre de Cali. Et il sentit la main de celle qu’il aimait le caresser à travers le tissu.

Ça ne suffisait pas.

Il lui enleva son soutien-gorge, lécha le bout de ses seins, les mordilla jusqu’à ce qu’elle crie de plaisir. Alors, il s’agenouilla devant elle, et déposa des baisers brûlants sur son ventre, descendant lentement jusqu’à sa taille. En moins de deux secondes, il lui avait enlevé son jean. Il la prit par les hanches et posa ses lèvres contre son sexe, s’imprégnant de sa douceur, de son odeur, à travers la soie de sa culotte.

— Jake, souffla-t-elle. S’il te plaît.

Merde. Il avait tellement envie d’elle.

D’un seul geste, il se leva, la souleva dans ses bras et la jeta sur le lit. Elle laissa échapper un petit cri de surprise mais le dévora du regard tandis qu’il ôtait son jean et son caleçon, avant de la rejoindre sur le lit.

— Tu es magnifique, Cali, dit-il, en lui embrassant le ventre. Je ne cesserai jamais de te le dire.

Il lui enleva sa culotte, la dernière chose qui les séparait encore. Et elle écarta les jambes lorsqu’il s’agenouilla entre ses cuisses. Adorable.

— Tu es si réceptive pour moi. Si ouverte et confiante.

— J’ai besoin de toi, Jake.

Elle remua sur le lit, se caressa nonchalamment les seins… et se pinça fermement les tétons.

Il faillit jouir à cette vision. Il savait ce dont il avait envie. Ce dont elle avait besoin. Il lécha longuement sa délicieuse chatte, puis il la saisit par la taille et bascula sur le dos, l’entraînant avec lui jusqu’à ce qu’elle soit sur lui, les yeux éperdus de plaisir.

— Suce-moi, Cali, dit-il en passant une main dans ses cheveux soyeux. Je veux sentir ta bouche sur moi. Suce-moi jusqu’à ce que je n’en puisse plus. Et ensuite je veux que tu me baises.

Les pupilles dilatées, ses grands yeux verts devenus presque noirs, les paupières lourdes, elle posa sur lui un regard sensuel chargé de désir.

— Oui, Jake, dit-elle avant de se pencher pour prendre un des tétons de Jake dans sa bouche.

Il se cambra, elle mordit la chair tendre jusqu’à ce qu’il laisse échapper un râle sous l’effet mêlé de la douleur et du plaisir.

Alors, elle descendit plus bas, faisant glisser son corps chaud et doux contre le sien. Elle laissa sur sa peau une nuée de baisers dont la tendresse le bouleversa. Et, lorsqu’il sentit sa langue sur son sexe, il faillit perdre tout contrôle.

— Cali.

La façon dont il avait prononcé son nom était à mi-chemin entre l’ordre et la supplication. D’une main, il agrippa les cheveux de Cali, de l’autre, les draps.

Elle le lécha, comme il le lui avait demandé. Sa bouche remonta le long de son sexe et sa langue tourna autour de son extrémité.

Merde. Elle allait le tuer.

Elle gémit, et Jake sentit la vibration de son souffle se répercuter sur tout son sexe. Il baissa les yeux, émerveillé par la vision qu’elle lui offrait : sa bouche pulpeuse autour de sa queue, les yeux fermés dans une expression d’extase. Elle avait refermé une main à la base de son sexe et elle le branlait tout en le léchant. Mais son autre main était entre ses cuisses à elle, et elle se caressait. Ses hanches se mouvaient dans une sorte de danse érotique contre sa main, et il fut incapable d’en supporter davantage. Elle semblait si libérée et différente du soir où il l’avait vue pour la première fois.

— Baise-moi.

Elle leva les yeux et sa bouche laissa échapper un petit gémissement lorsqu’elle quitta son sexe, qui le fit retenir son souffle pour ne pas jouir. A tâtons, sans la quitter une seconde du regard, il trouva le préservatif qu’il avait laissé au bord du lit. Il déchira l’emballage et l’enfila aussitôt.

— Viens là, mon amour.

Il la prit par les hanches et l’attira à lui.

Elle vint lentement sur lui.

— Tu es parfaite. Tu es brûlante…

Elle se mordit la lèvre et laissa sa tête basculer en arrière tandis qu’elle le prenait en elle. Jamais la sensation n’avait été si incroyable. Elle était tellement belle. Il l’attira brusquement à lui pour l’embrasser avec passion.

Il reprit le contrôle et la prit à un rythme soutenu, allant et venant en elle avec ardeur. Ils gémirent, puis elle s’arracha à ses lèvres et se redressa, le chevauchant à un rythme éperdu.

— C’est bon… dit-elle en ondulant sur lui, agaçant l’extrémité sensible de son sexe. Tu m’as manqué, je ne veux plus te perdre.

Il glissa le doigt contre le clitoris de Cali et le caressa. Elle gémit et accéléra encore le rythme de ses mouvements.

— Tu ne me perdras plus. Plus jamais, répéta-t-il avec ferveur. Jouis pour moi, Cali.

Elle lui obéit aussitôt. Son cri résonna dans la pièce, ses ondulations se firent plus rapides encore, jusqu’à ce qu’il jouisse avec elle. Il plongea en elle une dernière fois, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus respirer, ni penser, ni voir. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien, excepté elle.

Haletante, Cali s’effondra sur lui. Il la serra contre lui et ils restèrent imbriqués l’un dans l’autre jusqu’à ce qu’ils aient retrouvé leurs esprits.

Il ne pourrait plus vivre sans elle. Jamais.

Elle l’embrassa doucement dans le cou et se laissa glisser à ses côtés sur le lit. Ils restèrent longuement l’un contre l’autre, se caressant du bout des doigts.

— Merci, Cali, murmura-t-il à son oreille.

Elle tourna la tête et se redressa légèrement pour le regarder.

— De quoi ?

— De me comprendre, de vouloir de moi. Tout entier.

Un sourire se dessina lentement sur ses lèvres gonflées.

— Merci à toi.

Il y avait tant d’amour dans sa voix, tant de confiance… il sentit son cœur se gonfler. Délicatement, il lui prit le poignet, celui qui portait la chaîne, et le leva jusqu’à ce qu’il soit à hauteur de leurs yeux, les maillons d’argent brillant dans la lumière du jour tombant.

Il effleura les maillons du bout des doigts.

— Ce n’est pas sa place.

Tout le corps de Cali se raidit et il vit qu’elle retenait son souffle, mais elle ne dit rien. Elle le regarda seulement. La prudence, et une certaine inquiétude, se dessinaient sur son visage.

Il se redressa et ouvrit le fermoir pour ôter la chaîne de son poignet. Cali se mordit la lèvre, ne quittant pas la chaîne des yeux tandis qu’il la lui enlevait et la laissait se balancer entre eux. Il sentait le cœur de Cali battre la chamade à l’endroit où leurs poitrines se touchaient. Au même rythme que le sien.

— Je t’aime, Cali. Plus que je ne l’aurais jamais cru possible.

Elle scruta son regard, comme pour y chercher une confirmation des mots qu’il venait de prononcer. Puis elle murmura à son tour :

— Je t’aime.

Il s’assit sur le lit, et l’entraîna avec lui. Quand ils furent face à face, il dégagea les cheveux de Cali. Elle avait les cheveux raides ce jour-là, pas bouclés comme lorsqu’elle se rendait au club, et les pointes effleuraient ses épaules.

Il se pencha vers elle et déposa un baiser sur son cou dénudé. Là où sa chaîne devait se trouver. Il s’écarta pour mieux la voir et passa doucement le doigt sur son cou.

— Le porteras-tu, Cali ? Là, à sa place ?

Les yeux brillants, elle plongea son regard dans le sien.

— Oui, s’il te plaît.

Alors seulement il laissa échapper le soupir de soulagement qu’il retenait depuis de longues minutes. Il n’avait pas osé espérer qu’elle dise oui. Qu’elle veuille encore porter son collier après tout ce qui s’était passé.

Le cœur battant, il l’embrassa avec passion. Tous ses doutes s’étaient envolés. Toutes ses peurs. Et il savait enfin ce qu’était l’attachement profond, la plénitude.

Il interrompit leur baiser et glissa le collier autour du cou de la femme qu’il aimait. Elle releva ses cheveux pour qu’il puisse l’attacher. Ses mains tremblaient comme celles d’un adolescent à son premier rendez-vous.

Le souffle court, Jake admira le collier au cou de Cali. Il en suivit les contours du bout des doigts et il vit ses seins se soulever au rythme de sa respiration qui s’accélérait.

— Il est parfait sur toi.

— Oui, il est fait pour moi, dit-elle en lui caressant le visage.

Ce simple geste, si anodin, l’électrisa. Que lui avait fait cette femme pour avoir un tel pouvoir sur lui ? Il la saisit par la taille et, en un instant, elle fut sous lui, leurs corps étroitement imbriqués l’un contre l’autre. Il avait encore envie d’elle…

Il ne se lasserait jamais d’elle. Sa Cali.

— Mets les mains au-dessus de ta tête.

Une lueur passa dans le regard de la jeune femme et elle lui obéit aussitôt.

— Oui, Jake, tout ce que tu voudras.

Tout ce qu’il voudrait. D’une voix plus douce, il laissa parler son cœur.

— J’ai déjà tout ce que je veux. Toi.

Elle sourit.

— Oui, je suis à toi.

* * *

Si vous avez aimé Tu apprendras la confiance,

ne manquez pas la suite de la série « Red Room »

en mai 2015 dans votre collection Sexy !

OceanofPDF.com