Tu apprendras la confiance : T1 - Red Room (French Edition)

Chapitre 13

 

— Viens, murmura Jake en enlaçant délicatement le corps léthargique de Cali, avant de l’aider à se relever du banc.

Il la serra dans ses bras et elle se blottit contre lui, comme si elle avait voulu disparaître.

Il la laissa faire.

Le bruit de ses bottes résonna sur le parquet tandis qu’il se dirigeait vers le fauteuil sans accoudoirs qu’il avait installé au milieu de la pièce. Il s’assit et ajusta Cali à califourchon sur lui, la tête au creux de son épaule. Il la tenait toujours enlacée dans ses bras, en faisant attention à ne pas mettre trop de poids sur ses fesses sensibles. Elle aurait mal pendant quelque temps, car elle n’avait pas l’habitude d’être fessée.

Il lui caressa les cheveux et se surprit à lui murmurer des mots de réconfort à l’oreille. Sa chemise était un peu humide, là où les larmes de Cali continuaient de couler. C’était normal. Il était courant qu’une soumise s’effondre après avoir vécu des émotions et un orgasme d’une telle intensité.

Mais alors pourquoi ne parvenait-il pas, de son côté, à trouver la distance qu’il avait généralement dans ces circonstances ? Chacune des réactions de Cali l’avait touché, excité, à un tel point qu’il avait été bien trop impliqué dans cette Séance. Avec elle, c’était comme si la Séance lui échappait, dépassait le simple jeu de pouvoir. L’intimité entre eux excédait de très loin la seule confiance. C’était un lien qui menaçait de faire voler en éclats toutes les barrières qu’il avait construites pour se protéger. Il aurait dû y mettre un terme immédiatement. Mais avec Cali dans ses bras il éprouvait une vague sensation de paix, qui lui était tout à fait étrangère.

Il déposa un baiser sur l’épaule de la jeune femme. Sa peau avait un léger goût de sel. Elle était tout simplement parfaite. Il glissa une main dans son dos trempé de sueur, tandis que son autre main, enchevêtrée dans les cheveux de Cali, la maintenait contre lui.

Il resserra son étreinte.

— Tout va bien, murmura-t-il au creux de son oreille. Laisse-toi aller.

Les épaules de Cali tremblaient encore. Alors, il la serra contre lui jusqu’à ce que ses sanglots se calment et que son corps s’immobilise contre le sien. Aussitôt, il sentit ses bras essayer de repousser son étreinte.

Il la serra plus fort.

— Non, dit-il simplement. Tu ne t’enfuiras pas cette fois.

Cali inspira, et il frissonna en sentant son souffle chaud dans son cou. Tout le corps de la jeune femme s’était tendu, mais elle resta dans ses bras, et il continua de caresser sa peau brûlante, passant lentement la main dans son dos, jusqu’à ce qu’elle se détende de nouveau et se laisse aller contre lui.

Ils restèrent ainsi un long moment, sans qu’il sache très bien combien de temps exactement. Les battements du cœur de Cali avaient fini par retrouver leur rythme normal. Il prit un mouchoir dans une boîte qu’il avait posée sur le sol, et le lui tendit.

Cali le prit avec un petit rire, dont il sentit la vibration au creux de son épaule.

— Merci, dit-elle d’une voix un peu éraillée par les cris qu’elle avait poussés. Tu as vraiment pensé à tout.

— C’est mon boulot.

Il retint les mots qui lui brûlaient les lèvres. Que ce qu’ils étaient en train de partager, à ce moment-là, allait bien au-delà du cadre de son travail.

Cali se redressa légèrement, essuya son visage couvert de larmes. Elle eut un petit rire étranglé.

— Je ne dois pas être belle à voir, maintenant ! s’écria-t-elle avant d’essayer d’enfouir de nouveau son visage au creux de son épaule.

Il ne la laissa pas se cacher, cette fois.

— Faux, dit-il, la maintenant à bout de bras.

Il prit le visage de Cali dans ses mains, et écarta ses mèches de cheveux jusqu’à ce qu’il puisse voir ses yeux.

— Tu es plus belle que jamais, ajouta-t-il.

Elle baissa les yeux. De toute évidence, elle ne le croyait pas. Oui, elle avait le visage barbouillé de maquillage, les yeux rouges et gonflés, mais ce n’était pas ce sur quoi il s’arrêtait. Ni ce qui l’attirait chez elle. C’était sa totale confiance, sa soumission instinctive, qui le foudroyaient sur place.

— Regarde-moi.

Elle obéit instantanément, levant les yeux vers lui. Magnifique. Il lui caressa le visage en observant le tourbillon d’émotions qui se succédaient dans son regard. Peur, désir, confusion et… confiance.

— Tu as été fantastique, déclara-t-il. Tu m’as accordé ta confiance. Et c’est ce qu’il y a de plus beau à mes yeux.

Elle renifla, et il la sentit serrer les poings contre son torse, mais elle ne baissa pas les yeux. Le croyait-elle ? Comprenait-elle à quel point elle le touchait ?

Pour la première fois, il voulait qu’une soumise — Cali en l’occurrence — le comprenne.

— Tu t’es donnée à moi. Tu m’as fait confiance pour te diriger, pour te donner ce dont tu avais besoin, même quand tu ne savais pas toi-même ce que c’était vraiment, dit-il, sans reprendre son souffle. J’ai aimé te regarder t’approprier tes fantasmes, atteindre le point où douleur et plaisir se mêlent jusqu’à ce que plus rien d’autre n’existe… Te voir t’abandonner à cette sensation en sachant que c’était moi qui t’y avais amenée. Et, à l’instant où tu as décollé, je t’ai suivie.

Bon sang, les mots ne suffisaient pas. Ils n’étaient pas à la hauteur pour exprimer ce qu’il ressentait. Frustré, il chercha comment lui faire comprendre ce qu’il éprouvait, mais la main tremblante de Cali se posa sur son visage pour l’en empêcher. Elle effleura ses lèvres du bout des doigts et scruta son regard. Elle cherchait un indice pour déterminer s’il disait vrai. Il aurait pu le jurer.

— Mais pourquoi est-ce que je te fais confiance ?

C’était une question rhétorique… une pensée qui avait franchi les lèvres de Cali comme par inadvertance. Il resta silencieux et la laissa se plonger dans ses pensées, se concentrant sur la sensation de ses doigts qui lui caressaient les lèvres, qui le troublaient et attiraient son regard sur les lèvres roses et pleines de Cali. Il ressentit soudain l’envie irrépressible de lui lécher les doigts.

Mais elle les avait déjà retirés. Cali plongea son regard dans le sien, à peine un instant, avant qu’elle ne pose les lèvres sur les siennes. Un baiser brûlant et profond. Elle glissa les doigts dans les cheveux de Jake, si fort qu’il frémit, mais il la laissa faire.

Comme il avait envie de la prendre. De la faire sienne.

Cali n’était pas juste une cliente.

Et il l’avait su dès l’instant où il l’avait entendue prononcer son nom pour la première fois. Pas quand elle l’avait appelé monsieur, mais quand elle avait murmuré « Jake ». Et elle l’avait prononcé avec déférence et passion. Sans réflexion, ni calcul. Sa sincérité avait résonné en lui, ébranlant la façade d’indifférence à laquelle il se raccrochait depuis si longtemps. Cette même façade qui le poussait à partir, à passer sans cesse à autre chose.

Cali était la seule, pendant toutes ses années de pratique du BDSM, à l’avoir appelé par son nom pendant une Séance. Pour la première fois, il y avait quelque chose de personnel.

Manifestement inconsciente des pensées qui occupaient son esprit, Cali commença à onduler des hanches contre son sexe en érection. Il se mordit la lèvre, et résista à l’envie de prendre ses fesses à pleines mains. Une petite partie de son esprit était encore capable de se rappeler que sa chair était ultrasensible. Il choisit donc de la prendre par la taille pour la guider sur lui. Mais cela ne suffisait pas.

— Touche-moi, souffla-t-il.

Aussitôt, elle défit sa ceinture, et glissa la main à l’intérieur de son pantalon avant qu’il ait le temps de l’en empêcher. Mais il n’avait aucune envie de le faire. Cali referma les doigts sur son sexe, puis elle commença à le branler. Il faillit perdre le contrôle aussitôt.

Merde, que lui arrivait-il ?

Reprenant son souffle, il se pencha vers elle et prit son téton entre ses lèvres. Il était si doux, si soyeux sous sa langue. Elle laissa échapper un cri. Sa peau était encore sensible après les pinces. Alors, il souffla légèrement dessus pour l’apaiser, avant de passer à l’autre téton.

Cali recommença à le branler, lentement, comme si elle voulait prendre le temps d’explorer son corps avec les mains. Car elle le découvrait seulement. C’était la première fois qu’il la laissait le toucher. Il sentit son pouce glisser sur le point sensible, à l’extrémité de son sexe. D’un mouvement de hanches, il poussa son sexe dans la main de Cali et lâcha un gémissement, le visage enfoui entre ses seins.

Puis il releva la tête, et mordilla le cou de la jeune femme. Elle frémit, et pencha la tête, lui offrant un meilleur accès à sa chair tendre. D’un mouvement précipité, il fit glisser son pantalon à terre. Elle le branlait toujours, plus librement à présent.

— Jake, murmura-t-elle à son oreille. J’ai envie de toi.

Il délaissa son cou, et prit sa bouche. Envie ? Il était au-delà de l’envie.

A l’aveuglette, il déchira l’emballage d’un préservatif, qu’il commença à enfiler. D’un geste, elle l’interrompit. Elle le prit entre ses mains et le fit elle-même lentement glisser sur son sexe. Même cette simple précaution devenait érotique entre les mains de Cali.

Tout son corps était sur le point de s’embraser. Il glissa une main entre les cuisses de Cali. Elle était prête. Il la caressa pourtant avec fermeté, même si elle n’en avait pas besoin. Il fit glisser son pouce sur son clitoris, et elle se cambra, venant à la rencontre de ses doigts.

— S’il te plaît, Jake, je vais jouir.

— Non, Cali, dit-il en glissant son sexe contre le sien. Pas tant que je ne t’aurai pas dit de le faire, ajouta-t-il dans un effort pour contrôler son excitation.

Il empoigna ses cheveux et la força à le regarder. Sous ses paupières mi-closes, les yeux de Cali avaient pris une teinte émeraude. Elle avait les lèvres entrouvertes, et il voyait sa poitrine se soulever et s’abaisser au rythme de sa respiration haletante.

Nom de Dieu, qu’est-ce qu’elle était belle.

— Tu es à moi, dit-il, soutenant son regard. Quand tu es ici, tu es à moi.

Elle ferma les yeux, mais il la força à les rouvrir en lui tirant les cheveux en arrière d’un geste brusque.

— Dis-moi que tu comprends.

Cali roula des hanches, cherchant à obtenir ce qu’il lui refusait. Contre sa main, il sentit à quel point elle était mouillée.

— S’il te plaît, Jake, le supplia-t-elle.

Il affermit sa prise sur ses cheveux pour se contrôler.

— Non, Cali. Pas tant que tu ne m’auras pas donné ton accord.

— A quel propos ? demanda-t-elle avec un regard d’une innocence qui le désarma.

— Si nous allons jusqu’au bout, tu seras ma soumise.

Elle se raidit.

— Tu n’obéiras qu’à moi. Aucun autre dominateur ne te touchera sans mon autorisation.

Il aperçut une lueur d’incertitude dans son regard, et il la sentit lui échapper.

Merde, non !

— Fais-moi confiance.

Il frotta le bout de sa queue contre son sexe brûlant. Il sentit le souffle de Cali s’accélérer… Il savait qu’il lui forçait un peu la main, mais il ne pouvait pas la laisser lui échapper.

— Fais-moi confiance, murmura-t-il contre ses lèvres. Tu m’appartiens.

Il se tendit, dans l’attente de sa réponse. Jamais un seul mot n’avait eu autant d’importance de toute sa vie.

Mais jamais il n’avait autant désiré quelqu’un.

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