Tu apprendras la confiance : T1 - Red Room (French Edition)

Chapitre 5

 

 

Cali sentit le léger souffle de l’air sur sa chair brûlante, mais elle y fit à peine attention. Elle parvenait tout juste à tenir debout, et à rester assez concentrée pour entendre les paroles de maître Jake.

Le contact de ses mains sur son corps était ferme et doux à la fois tandis qu’il la caressait. Elle se mordit la lèvre pour réprimer un gémissement.

— Non, dit-il d’une voix autoritaire. Ne me cache pas ce que tu ressens. Je veux tout entendre. Chaque son, chaque gémissement, chaque désir. Compris ?

Elle laissa échapper un soupir.

— Oui… monsieur.

Il passa derrière elle, sans jamais cesser de la toucher. C’était ce contact permanent qui lui rappelait où elle se trouvait. Dans cette pièce. La caresse de son pouce sur ses lèvres, les paumes de ses mains au creux de sa taille — pas une fois ses mains n’avaient quitté son corps depuis le début de la Séance. C’était comme s’il savait ce dont elle avait besoin.

Comme s’il la comprenait.

Elle qui avait tant manqué de caresses pendant des années, il lui donnait l’intimité dont elle avait tellement envie. C’était comme si l’acte sexuel en tant que tel était secondaire dans le lien qu’il était en train de créer. Elle avait envie de ce que Jake avait à lui offrir. Et en même temps elle avait peur de tout ce que cela signifiait, de tout ce qu’il incarnait. Tous ses sens étaient en effervescence, elle voulait affronter ses désirs les plus secrets mais devinait qu’elle risquait de se refermer, de fuir à tout instant.

Cet homme, Jake, était maître de sa sexualité et de ses désirs, sans en éprouver la moindre honte. Il était la décadence et la liberté incarnées dans un corps pour lequel elle aurait pu se damner.

Et il lui faisait une peur bleue.

Pas lui en tant que tel, mais ce qu’elle ressentait en sa présence.

Absolument tout chez lui, de son regard à chacun de ses mouvements, à la façon qu’il avait de la toucher… tout la rendait tremblante comme une feuille et la bouleversait. L’expérience qu’elle était en train de vivre était bien plus intense qu’elle ne s’y était attendue. C’était plus qu’elle n’avait désiré, et ils étaient encore habillés ! Si elle était honnête envers elle-même, c’était l’intensité des sentiments et du désir que cet homme suscitait en elle qui la déstabilisait le plus.

Elle sentit son souffle chaud sur son épaule et ses mains descendre le long de son dos, avant de dégrafer son soutien-gorge d’un geste habile.

— Tu as une peau magnifique.

Il fit glisser les bretelles de son soutien-gorge sur ses épaules, et le laissa tomber au sol, près du chemisier. Les pointes de ses seins étaient déjà dressées tant elle le désirait… c’en était presque insoutenable.

— Avant la fin de la nuit, j’aurai touché chaque centimètre de ta peau, ajouta-t-il.

Un son entre la plainte et le gémissement s’échappa d’entre les lèvres de Cali. Jamais de toute sa vie elle ne s’était sentie si excitée, si bouleversée, aussi désirée par un homme.

Par aucun homme.

Elle sentit ses mains descendre le long de son dos, et ses doigts se glisser sous la ceinture de sa jupe. Elle les sentit aller et venir sur sa peau, comme l’annonce silencieuse de ce qui allait suivre.

— Enlève ta jupe, Cali.

Son souffle se bloqua dans sa poitrine, mais elle s’exécuta sans hésiter cette fois. D’un geste gracieux, elle défit l’agrafe dans le dos, ouvrit la fermeture Eclair, et fit glisser le tissu sur ses hanches, jusqu’à ce que la jupe tombe à ses pieds.

— Ta culotte aussi.

De longs frissons lui parcoururent le dos, mais cette fois encore elle obéit. Elle était incapable de lui refuser quoi que ce soit. Il avait pris le contrôle de son corps, et n’était pas loin de posséder aussi son esprit.

Le tissu en dentelle glissa sur sa peau et tomba sur le sol. Totalement exposée, elle laissa échapper un soupir tremblant. Elle ne portait plus que ses chaussures à talons, en dehors desquelles elle était totalement à nu, physiquement et émotionnellement.

Et il la caressait encore.

Il la maintenait là. Avec lui.

Dans l’instant.

Elle sentit ses doigts sur ses hanches, le long de ses cuisses, et remonter sur ses fesses. Un mouvement permanent qui gardait son esprit en éveil, concentré sur lui et ses caresses qui enflammaient ses sens.

— Tu es magnifique, murmura-t-il avant de lui prendre la main et de la guider vers le lit.

Le lit immense trônait au milieu de la pièce.

Elle avait été à la fois surprise et rassurée lorsqu’ils étaient entrés de voir le lit et l’absence d’équipement de domination. Maître Jake avait deviné ce qu’elle désirait.

Il la fit se retourner pour lui faire face, et elle sentit la douceur du coton des draps du lit contre ses mollets. Jake lui releva le menton du doigt pour qu’elle le regarde dans les yeux.

— Que ressens-tu ?

Comment répondre à cette question ? Elle agita ses mains pour se donner une contenance tandis que son esprit cherchait désespérément une réponse.

— Je me sens… effrayée… exposée.

Il y avait plus, bien sûr, bien plus. Mais oserait-elle le lui dire ?

— Quoi d’autre ? Je veux tout entendre.

Comment faisait-il pour lire en elle si facilement ? La gorge serrée, elle continua.

— Brûlante, excitée… comme si j’allais mourir si tu ne me touches pas très vite.

A peine les mots eurent-ils franchi ses lèvres qu’elle sentit les battements de son cœur s’accélérer.

Un sourire triomphant se dessina sur les lèvres de Jake. Oh ! comme elle avait envie de le supplier de lui donner ce qu’elle attendait si impatiemment !

— Où, exactement, devrais-je te toucher ?

Qu’il aille au diable !

— Ne peux-tu le deviner par toi-même ? répliqua-t-elle, d’une voix irritée.

Elle ne voulait pas le diriger, elle le lui avait pourtant dit ! Pourquoi agissait-il ainsi ? Son désir se mua en déception. Elle s’écarta de lui, prête à partir, mais le claquement de la voix de Jake l’en empêcha.

— Non.

Il lui prit fermement les épaules, posant sur elle un regard chargé d’intensité.

— Tant que tu n’auras pas utilisé ton safeword, je ne te laisserai pas t’enfuir.

— Alors arrête de parler, et agis, s’exclama-t-elle, oubliant toute précaution, uniquement guidée par la frustration qui montait en elle.

— C’est vraiment ce que tu veux ? Tu veux être fessée et prise les yeux bandés ? demanda-t-il d’un air de défi en faisant claquer la main sur ses fesses nues. Ou tu veux cela ? dit-il d’une voix sensuelle, avant de s’écarter d’elle pour effleurer la pointe sensible de ses seins.

Malgré elle, elle laissa échapper un gémissement.

— Et ça, dit-il, juste avant de poser ses lèvres avides sur les siennes, pour l’embrasser avec autorité.

Il insinua sa langue entre les lèvres de Cali, l’entraînant dans un duel désespéré. Il avait un goût de chocolat et de paradis. Il avait pris le contrôle de ses lèvres, et elle était incapable de lui résister.

Submergée par le désir, elle sentit son esprit se brouiller, sa tête tourner. Elle tendit la main vers lui et se raccrocha aux bras nus de Jake dans une vaine tentative de ne pas perdre pied. Il lui effleura le téton du bout de l’ongle, mélange de caresse et de douleur, et elle se cambra avec avidité. Elle voulait plus, tellement plus. Jake s’écarta d’elle brusquement, le souffle court, à l’unisson du sien, il prit son visage entre ses mains.

— Dis-moi que je me trompe, dit-il, une lueur de défi dans le regard.

Que voulait-elle ? Une relation sexuelle distante avec n’importe quel homme capable de la diriger, ou ce que Jake lui offrait, cette relation unique, brûlante, et dont elle comprenait confusément qu’elle pouvait la briser ? Comme si elle avait le choix… C’était tout ou rien. Et elle voulait tout.

Elle fit remonter sa main, lentement, le long du bras de Jake, et enroula ses doigts dans ses cheveux bruns. Ils étaient doux, épais, exactement comme elle les avait imaginés. Elle attira son visage vers elle, jusqu’à ce que ses lèvres ne soient qu’à un souffle d’elle.

— Je veux ça, dit-elle en se perdant dans un baiser rempli de tout ce qui lui avait manqué depuis des années.

C’était cette intimité, ce désir mutuel qu’elle désirait par-dessus tout.

Il avait raison. Une fois encore.

Il interrompit leur baiser, mais la retint serrée contre lui, captive de son regard.

— Alors arrête de te battre contre moi, Cali.

Sa voix grave lui effleura la peau comme une nouvelle caresse.

— Oui, monsieur.

Là encore, c’était la seule réponse possible.

Il recula, et fit glisser les mains le long des bras de Cali, qu’il serra.

— Assieds-toi.

Elle acquiesça et s’assit lentement au bord du lit, la sensation de brûlure qu’elle ressentit sur ses fesses, là où il l’avait frappée, lui rappelant le choix qu’elle venait de faire.

Il posa sur elle son regard perçant, puis il s’agenouilla à ses pieds et lui ôta ses chaussures à talons. Ses mains étaient douces et caressantes. Chaque geste tendre l’attirait davantage dans la toile qu’il tissait autour d’elle.

Il fit remonter ses paumes à l’intérieur des cuisses de Cali en les écartant. Il regarda fixement son sexe et un sourire se dessina sur ses lèvres.

— Tu t’es épilée, dit-il, plantant son regard dans le sien avec défiance, effleurant du bout du doigt la peau lisse. Pour moi ?

Elle sentit son visage s’enflammer, mais il lui avait demandé la vérité.

— Pour ce soir, oui.

— Parfait.

Il se leva et s’approcha de la table de nuit dont il sortit un foulard de soie noire. Il se tourna vers elle et lui montra le bout de tissu.

— Ce soir, tout est une question de confiance. Auras-tu assez confiance en moi pour me laisser te mettre ce bandeau sur les yeux ?

Un bandeau ? Cali savait qu’elle ne devait pas accepter. Elle venait à peine de rencontrer cet homme. Mais ce qu’elle devait faire n’avait plus d’importance. Elle avait renoncé à ce genre de pensées en franchissant la porte du Red Room. Car en réalité elle n’aurait même pas dû se trouver là.

— Oui.

— Bien, murmura-t-il.

Il se pencha vers elle pour lui pincer le bout des seins. Instantanément, un gémissement s’échappa de ses lèvres.

— Tourne-toi.

Bouleversée par l’intensité de la sensation, elle glissa sur le lit et lui tourna le dos. Aussitôt, le foulard de soie se posa sur ses yeux, la plongeant dans l’obscurité. Elle frissonna. Jamais elle ne s’était sentie aussi vulnérable qu’en cet instant, totalement plongée dans le noir.

— Etre privée de la vue va aiguiser tous tes sens, lui murmura Jake au creux de l’oreille. Cela te permettra de rester concentrée sur ce qui est réellement important. Pas sur ce que je fais, mais sur ce que tu ressens.

Il referma les mains sur ses seins. Enfin. Elle se tendit vers lui, et s’abandonna à la sensation. Il lui malaxa les seins avant d’en caresser les pointes, ce qui lui arracha un autre gémissement.

Elle avait envie de cela. Elle en avait tellement besoin.

Il abandonna ses seins, et elle laissa échapper un petit cri plaintif.

— Chuut… dit-il doucement en la faisant s’allonger sur le lit.

Les draps étaient frais et doux contre son dos, contrastant avec la chaleur du corps de Jake qu’elle sentait contre elle.

Il lui saisit les poignets et les entraîna au-dessus de sa tête.

Avec des gestes délicats, il enroula ses doigts autour du métal froid d’un des barreaux du montant du lit.

— Crois-tu que je doive t’attacher, ou tu penses pouvoir tenir ?

Il lui donnait le choix. Les dominateurs faisaient-ils cela ?

Perturbée, Cali chercha ses mots un instant.

— Je… Je tiendrai.

— Ne lâche pas tant que je ne te dirai pas que tu peux le faire.

Elle resserra les doigts autour du métal.

— O.K.

Elle sentit les lèvres de Jake effleurer la chair tendre de l’intérieur de son bras, puis descendre jusqu’à son sein. Elle tressaillit, se cambrant vers lui, mais il avait déjà disparu. Puis elle sentit ses mains sur son ventre, descendant lentement, jusqu’à ses chevilles.

— Je vais t’attacher les jambes.

Il lui embrassa l’intérieur de la cheville, avant de l’attirer vers le montant du lit et de la glisser dans une boucle en tissu.

— Cela te permettra de rester ouverte pour moi.

Il lui attacha rapidement l’autre cheville, et la laissa ainsi les jambes largement écartées.

Elle testa ses liens. Elle pouvait bouger les jambes, les replier, mais pas les resserrer.

Elle ne s’était jamais sentie ainsi exhibée de toute sa vie. Mais, en dépit de sa position et de son évidente soumission, elle ne se sentait pas faible.

Non, elle s’était sentie plus vulnérable entièrement habillée avec son ex-mari, lorsqu’elle essayait de comprendre pourquoi il n’avait pas envie d’elle. Que lui manquait-il qui le rendait si réticent à faire l’amour avec elle — sa femme ?

— Tu es magnifique, dit Jake, d’une voix grave et caressante qui la ramena à l’instant présent. Tu es tellement belle, répéta-t-il tandis que ses mains remontaient le long des jambes de Cali. Ouverte. Dans l’attente.

Il lui mordilla l’intérieur des cuisses. Ses cheveux lui effleuraient la peau si sensible de l’intérieur des cuisses, elle se tendit vers lui.

— Tu es très réceptive… souffla-t-il tout près de son sexe humide.

A ces mots, une nouvelle vague de chaleur l’envahit, qui la laissa pantelante. Elle voulait qu’il l’embrasse. Là. Elle se contorsionna sous l’effet de la frustration lorsqu’il remonta le long de son corps, ses lèvres couvrant ses hanches et son ventre de baisers, jusqu’à ce qu’elles parviennent au creux de ses seins.

Elle se débattit au milieu des draps, ses ongles s’enfonçant dans la paume de ses mains tandis qu’elle s’agrippait désespérément aux barreaux du lit.

— S’il te plaît, Jake, le supplia-t-elle.

— S’il te plaît, quoi ?

Elle sentit son souffle chaud sur ses tétons dressés. Elle inspira profondément et une délicate odeur de shampooing parvint jusqu’à elle. Il sentait la pluie et l’homme, et son odeur se mêlait à la chaleur de la pièce et au désir qui émanait de son propre corps.

— Lèche-moi, articula-t-elle avec difficulté. Embrasse-moi, touche-moi.

Elle laissa sa tête retomber sur l’oreiller lorsqu’elle sentit la bouche de Jake se refermer sur son téton. Oh ! oui… Enfin. Sa bouche chaude la lécha et la suça, avant que ses dents ne se referment doucement sur sa chair sensible. La douleur vive se mêla au plaisir et elle se cambra pour mieux s’offrir à lui. Elle sentit ses jambes trembler, jusqu’à ce qu’il apaise la douleur avec sa langue.

Il recommença avec l’autre téton. Seule sa bouche était en contact avec son corps, mais elle avait la sensation qu’il était partout à la fois. Elle sentait sa chaleur au-dessus d’elle, près d’elle, et elle voulait sentir son corps tout entier.

Les bruits de sa bouche sur son téton étaient de plus en plus intimes et érotiques, intensifiés par l’obscurité dans laquelle la plongeait le bandeau. Chaque caresse, chaque son étaient comme amplifiés.

— Encore… le supplia-t-elle d’une voix rauque. S’il te plaît…

Elle n’éprouvait aucune honte à le supplier. Elle savait qu’il allait lui donner ce dont elle avait tellement envie. Il était si libérateur de demander ce qu’on désirait en étant sûre de l’obtenir. Parce que Jake allait le lui donner.

Elle lui faisait confiance pour cela.

En réponse à sa demande, elle sentit bientôt un doigt de Jake lui effleurer le sexe, une lente caresse de bas en haut. Elle se tendit vers lui, en quête de plus. Le contact de sa peau contre la sienne était si doux et cette sensation si nouvelle pour elle. Jamais elle n’avait eu le cran de s’épiler là. Mais, maintenant, ce contact direct était incroyable.

— Oui… encore, s’il te plaît.

Il rit doucement, et elle sentit son rire vibrer sur son sein tandis que sa bouche descendait le long de son corps.

— Tu veux ça ? dit-il en jouant de nouveau avec ses doigts. Ou préfères-tu ça ?

Le bout de sa langue emprunta le même chemin que ses doigts, tandis qu’elle se contorsionnait sous ses caresses.

— Oh ! oui, ça ! dit-elle d’une voix étranglée.

Elle gémit et frémit en réaction à la chaleur soudaine qui envahissait son corps tout entier. Cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas ressenti cela.

Et soudain Jake disparut.

Elle sentit le matelas bouger lorsqu’il se releva du lit. Elle mourait d’envie qu’il revienne. Cette soudaine absence la déstabilisait.

— Où… Où es-tu parti ?

Elle tendit l’oreille, tournant la tête pour essayer de percevoir un son. Le moindre son. Envahie par une multitude de doutes, elle relâcha son étreinte sur le barreau en fer.

Quelque chose de très léger lui effleura les seins, et descendit jusqu’à son nombril. Dans un brusque sursaut, elle replaça ses mains sur le montant du lit. Il était toujours là.

— Fais-moi confiance, Cali, dit-il d’une voix profonde et tendre, aussi intime que l’obscurité dans laquelle elle était plongée.

Elle sentit de nouveau l’objet sur elle. L’odeur du cuir monta jusqu’à elle, entêtante, et l’image d’un martinet se dessina dans son esprit tandis que les bandelettes couraient sur les pointes de ses seins, puis le long de ses jambes, avant de disparaître. Non ! Dieu merci, elle les sentit bientôt lui effleurer la plante des pieds, et l’intérieur des genoux. Oh ! les bandelettes tentatrices étaient partout, sauf là où elle voulait qu’elles soient.

Soudain, un claquement sec s’abattit sur son ventre. Elle sursauta, surprise par la douleur cinglante, mais plus encore par la chaleur qui irradiait jusqu’à son sexe. Elle relâcha son emprise sur les barreaux, mais Jake referma aussitôt une main sur la sienne.

— Ne lâche pas.

Instinctivement, elle obéit.

Son corps tout entier était tendu par l’attente. Que ferait-il maintenant ? Elle avait le souffle court et tous les muscles tendus. Elle entendit un petit déclic, puis le bruit feutré du froissement d’un tissu et d’un zip. Etait-il en train de se déshabiller ?

— Jake ? dit-elle d’une voix hésitante, brisant le silence.

Elle sentit quelque chose de doux contre son sexe qui lui coupa le souffle et faillit la faire basculer vers l’orgasme.

— Pas encore, Cali, murmura-t-il au creux de son oreille. Pas tant que je ne te l’aurai pas dit.

Vraiment ? Elle laissa échapper un gémissement… un son de protestation, de désir et de détresse mêlés. Puis, il l’embrassa, et elle sentit ses lèvres brûlantes contre les siennes. Ce baiser passionné la surprit.

Elle se tendit vers lui, relâchant la pression de ses mains sur les barreaux. Aussitôt, il interrompit le baiser, refermant ses mains sur les siennes.

— Je t’ai dit de ne pas lâcher, dit-il, guidant ses doigts autour du barreau. Tiens bon, ou je vais devoir t’attacher. Je peux te faire confiance ?

Encore et toujours la confiance.

— Je tiendrai bon, dit-elle avant d’ajouter à voix basse : désolée, monsieur.

Elle l’était réellement. Elle ne voulait pas perdre sa confiance. Cela devint soudain aussi important que ce qu’ils étaient en train de faire ensemble.

Il avait de nouveau arrêté de la toucher, la laissant une fois encore dans un état d’attente douloureux. Elle avait toujours la sensation de son baiser sur les lèvres et chaque autre partie de son corps était avide de ses caresses. Elle sentit le matelas bouger. Elle était tellement à l’écoute qu’elle aurait pu jurer sentir sa chaleur, là, accroupi entre ses jambes.

Son souffle lent et profond emplissait la pièce, comme s’il avait du mal à la contrôler. Elle se mordit la lèvre pour essayer de conserver son calme. Pour pouvoir l’attendre, comme il le lui avait demandé. L’attente augmentait son désir.

Quelques longues secondes plus tard, elle fut récompensée. Il referma la bouche sur son sexe. Une attaque soudaine qui tendit tous les muscles de son corps. Elle entendit le son résonner dans la pièce avant même d’avoir conscience de l’avoir laissé échapper. Un cri de plaisir, spontané, qu’elle aurait été incapable de retenir même si elle avait essayé.

Mais elle ne voulait pas le faire.

Elle voulait que Jake entende tout. Comme il le lui avait ordonné.

Cette fois, il ne s’éloigna pas. Sa langue caressa inlassablement sa chair lisse, puis effleura son clitoris. Elle tressaillit lorsqu’il inséra un doigt en elle. Cette double torture faillit la faire flancher.

— S’il te plaît, Jake, supplia-t-elle. Je vais jouir.

— Pas encore, ordonna-t-il avec une pointe de reproche dans la voix. Attends que je te le demande.

Il glissa un autre doigt en elle. Elle gémit, avançant le bassin vers sa main, contre sa bouche. Elle avait envie qu’il continue, mais elle avait peur de l’excitation qui montait en elle. La langue de Jake se fit de plus en plus pressante, sans toutefois remplir ses promesses. Il la maintenait au bord de l’orgasme.

Soudain, il referma les lèvres sur son clitoris, qu’il aspira presque brutalement. Une plainte incohérente s’éleva de sa gorge pour protester contre ce mélange de plaisir et de douleur qu’il lui infligeait. Elle était brûlante et en sueur, et avait perdu toute notion du réel.

Rien n’existait plus que la bouche de Jake, ses doigts, ses mains sur elle.

Lui.

Elle sentit ses dents sur son clitoris déjà trop sensible et réussit à grand-peine à maintenir l’équilibre précaire. Il fit glisser ses doigts hors de son sexe, lui laissant une horrible impression de vide. Et, pendant un instant, il arrêta totalement de la toucher.

— Non ! s’écria-t-elle, se cambrant vers lui.

Une autre seconde s’écoula, pendant laquelle elle tenta de contrôler sa respiration haletante.

Et enfin elle entendit les mots :

— Viens, maintenant, Cali.

Ils s’entrechoquèrent dans son esprit tandis qu’il enfonçait les doigts en elle, les lèvres sur son clitoris. Et elle décolla, obéissant à son ordre sans la moindre hésitation, submergée par une succession de vagues de sensation pure.

Son esprit l’abandonna au même instant que son corps. Elle sentit ses muscles se contracter, le souffle court, avide de plus de plaisir encore, jusqu’à ce qu’elle ne puisse supporter l’explosion de sensations qui affluait en elle. Lentement, elle redescendit sur terre. Lorsqu’il s’écarta d’elle, elle fut à la fois soulagée et perdue de le sentir s’éloigner.

Elle avait toujours les doigts crispés au montant du lit. Elle inspira bruyamment pour reprendre son souffle. Le bruit sec et caractéristique du papier d’aluminium qu’on déchire fut comme une décharge électrique qui ramena son corps à la vie et mit son esprit en alerte. Elle tourna la tête en direction du bruit, les lèvres entrouvertes comme pour implorer Jake de lui dire ce que cela signifiait.

— Oui, Cali, confirma Jake. Je vais te baiser.

Aussitôt, son corps réagit à ses mots.

— Oui, souffla-t-elle. S’il te plaît, baise-moi, Jake.

Qui était cette femme qui suppliait qu’on lui fasse l’amour ? Elle n’en était pas sûre, mais à cet instant elle aimait cette femme.

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