Un automne à Seattle
Chapitre 5
5
Finalement, Devlin n’est pas l’abruti fini qu’il paraissait être.
Alors, pourquoi cette pénible impression que la situation avec lui ne
fait qu’empirer ?
* * *
Ambiance, ambiance.
Jane ignorait ce que ressentait Devlin, mais, pour elle, le silence chargé dans lequel chacun retira la barquette de son sac en papier kraft était franchement inconfortable. Elle cassa l’extrémité de bois qui reliait ses baguettes entre elles, et coula un regard vers Devlin en soulevant le couvercle. Elle ne savait vraiment pas quoi dire. Quant à lui, soit il souffrait du même problème, soit il ne jugeait pas utile de combler le vide, car plusieurs minutes tendues s’écoulèrent sans qu’aucun d’eux prononce un mot.
Elle avala quelques bouchées pour se donner une bonne raison de ne pas parler. Mais ce silence de plomb devenait trop oppressant.
— Il est génial, ce plat, non ?
Brillante observation, Kaplinski. Elle se serait volontiers flanqué une gifle. Dans la catégorie remarque insipide, elle venait de battre un record historique.
A sa grande surprise, Devlin lui adressa un large sourire.
— J’adore ce truc. Je pourrais en manger trois fois par jour, quatre jours d’affilée.
Il changea de position sur sa chaise. C’était un concentré d’énergie, cet homme. Il était vraiment tout en muscles, avec ses épaules puissantes tirant sur les coutures du T-shirt noir qu’il portait sous une chemise en flanelle déboutonnée, à carreaux noirs et verts. Sous les manches relevées, les tendons de ses avant-bras se contractaient et se relâchaient à chacun de ses mouvements. Il se cala sur son siège et continua de manger avec appétit. Puis il planta ses baguettes dans sa barquette encore à moitié pleine et s’essuya les lèvres avec sa serviette en papier, pour la fixer d’un regard étonnamment intense.
— Ça doit être génial de bosser dans un musée. Je suis assez accro, moi aussi.
Elle pouffa.
— C’est ça, oui.
Sitôt les mots prononcés, elle regretta sa réaction railleuse. Bien joué, Jane. N’oublie pas que tu es censée respecter une trêve. Mais elle avait des excuses. Face à ce regard hardi, à ce corps de grand fauve vibrant d’une extraordinaire énergie animale, n’importe qui admettrait que l’aspect « amateur de musée » ne sautait pas directement aux yeux.
Surtout si le n’importe qui en question appartenait à la moitié féminine de la population…
— Non, non, je ne plaisante pas. C’est une marotte que j’ai depuis quelques années, déjà. Tout a commencé lorsque j’ai visité le musée des navires vikings à Oslo.
Disposant sa barquette d’un côté et le sel et le poivre de l’autre, il s’appuya sur ses avant-bras, ses longs doigts ouverts en éventail sur la table, le regard perdu dans de mystérieux lointains.
— Vous êtes déjà allée en Norvège ? Vous avez vu les drakkars comme ceux de Gokstad et d’Oseberg ?
Elle secoua la tête, fascinée par l’enthousiasme dans sa voix, par l’exaltation dans ses yeux sombres.
— Leurs coques en chêne sont construites à clins. Des archéologues ont retrouvé ces bateaux sous des tumulus aux abords de quelques vieilles
fermes norvégiennes, au XVIII e et au XIX e siècle. Les deux bateaux
remontent au IX e siècle, vous imaginez ça ? L’un est de 830 et des poussières, l’autre de 890. Ça m’a soufflé — carrément soufflé. Si j’avais pu, je serais monté à bord de ces merveilles pour les examiner de très près. Car ces structures de bois ont beau être vieilles de plus de mille ans, Jane, il y a un sacré métier là-dessous. Et les coques n’ont pas bougé.
Il se renversa contre son dossier et un sourire d’autodérision effleura ses traits.
— Après cette première expérience norvégienne, j’étais mordu. Au début, je ne mettais les pieds que dans les musées consacrés à la mer et à la navigation. Puis, petit à petit, j’ai diversifié et élargi mes centres d’intérêt. Mais j’avoue que les musées où on voit des tableaux, des tableaux et encore des tableaux, sont ceux qui me passionnent le moins.
Les épaules superbes dont elle avait le plus grand mal à détacher les yeux se soulevèrent, puis retombèrent.
— Par contre, quand je tombe sur un objet fonctionnel réalisé par un artisan de génie, je passe des heures à l’examiner sur toutes les coutures. Pour ces vieux drakkars, par exemple, les constructeurs ont dû commencer par créer leurs outils de leurs mains ! Et le résultat final, c’est un bateau qui tiendrait encore la mer aujourd’hui. C’est ahurissant, non ?
— Complètement.
— Oui, voilà. Pour moi, ce sont les artisans qui sont les véritables artistes dont le génie traverse les siècles.
Ramenant sa barquette de pâtes sautées devant lui, il y plongea ses baguettes et reprit une bouchée en lui adressant un sourire contrit.
— Désolé. Je ne pensais pas me mettre à monologuer ! Parlez-moi de vous, à présent. Je parie que les musées consacrés aux peintres et aux sculpteurs sont votre tasse de thé à vous.
— Je suis amateur de peinture, oui. Surtout les préraphaélites, que j’adore. Mais si je suis sensible aux arts plastiques, mon véritable amour va aux arts appliqués.
Devant son regard interrogateur, elle sourit.
— Tout ce qui est conçu par des designers. Comme les objets que j’inventorie à Wolcott, par exemple. Mes intérêts ne sont pas si éloignés des vôtres, au fond. Je craque pour le savoir-faire des créateurs de mode, ou des bijoutiers. Même fabriqués en série, les objets fonctionnels d’antan étaient parfois d’une extraordinaire beauté.
Il fixa sa bouche avec une soudaine intensité, oubliant de porter ses baguettes à ses lèvres. Jane sentit sa voix fléchir et se demanda si un morceau de pak choi s’était logé entre ses dents. Elle se secoua mentalement.
A part fuir aux toilettes pour vérifier, elle ne pouvait pas tenter grand-chose pour remédier à la situation. Prenant une inspiration paisible, elle poursuivit stoïquement :
— C’est comme ça que je me suis retrouvée au Met, donc.
A son grand soulagement, il détacha les yeux de sa bouche et recommença à manger.
— C’est exactement le type de musée que j’aime, poursuivit-elle, vaguement rassérénée. Nous organisons des expositions consacrées à la peinture, bien sûr. Mais la plupart de nos collections permanentes relèvent de la catégorie « histoire et culture », qui vise à refléter un aspect de l’expérience humaine. De nos onze expositions permanentes, deux seulement sont consacrées aux arts plastiques. Et si je réussis à faire ce que j’ai à faire et à inventorier le legs d’Agnes, j’ajouterai deux collections au musée qui seront, elles aussi, du côté du non-pictural.
— Je ne suis jamais allé au Metropolitan. Mais quand j’entends votre description, je vois le Smithsonian, le musée d’art américain de Washington.
— Oui, voilà. C’est beaucoup plus notre orientation qu’un endroit comme le Louvre, par exemple. Cela dit, je serais capable de tuer père et mère pour pouvoir passer une semaine à Paris et le visiter de fond en comble !
Au lieu de répondre, Devlin se leva alors avec une telle brusquerie que sa chaise crissa sur le lino.
— Je vais prendre un verre d’eau. Vous voulez que je vous ramène un Perrier ?
Stoppée net dans son élan, Jane sentit son sourire se figer. Elle leva les yeux vers lui et cligna des paupières, déconcertée par son changement abrupt d’attitude.
— Euh… oui. Volontiers, merci.
Sourcils froncés, elle le suivit du regard alors qu’il se faufilait entre les tables dans le restaurant bondé. Ma conversation t’ennuie-t-elle à ce point, beau gosse ? Bon, d’accord, ce ne serait pas un drame d’envergure nationale, même si l’idée de raser quelqu’un n’était jamais très agréable. Mais Devlin, à son grand étonnement, était loin du frimeur musculeux qu’elle avait d’abord vu en lui. Une surprise, d’accord, mais pas forcément une bonne. Car si elle avait accepté de dîner avec lui, c’était, autant l’admettre, dans l’idée que la lourdeur de sa conversation l’aiderait à vaincre son absurde attirance. Une attirance qui avait une nette tendance à monter en flèche.
Alors qu’elle n’avait vraiment pas besoin de ça, en ce moment. Si encore elle avait eu un cœur d’artichaut, d’habitude ! Mais ce n’était pas du tout son cas. Elle ne comprenait pas pourquoi ce Dev avait un pareil effet sur elle. Toujours est-il que, même si le phénomène était rarissime, aucun doute ne subsistait sur sa nature. Elle se sentait plus ou moins comme une torche vivante.
Mais si elle ne pouvait faire abstraction de cette encombrante éclosion de libido, il restait possible de la contourner.
De la surmonter.
De la traverser.
Bref, de faire le nécessaire pour refermer rapidement cette parenthèse. C’était juste que…
Juste qu’elle ne s’était pas attendue à trouver Devlin passionnant. Juste qu’elle n’avait pas imaginé une seconde qu’ils auraient des centres d’intérêt communs. Le découvrir si différent de l’image qu’elle s’était formée ne lui facilitait pas la tâche.
Jane tressaillit. Hé, mais si, justement ! Raison de plus pour te rendre aussi effacée, aussi inintéressante que possible à ses yeux. Ce ne serait pas la première fois qu’elle utiliserait à son avantage sa capacité à se fondre dans les murs. Il y avait des années qu’elle pratiquait l’art de passer inaperçue. Enfant, elle avait régulièrement eu l’impression d’être invisible. Et plus tard, elle avait toujours fait pâle figure à côté d’Ava et de Poppy. Ce qui lui avait permis d’apprendre très jeune à se servir de son insignifiance physique — en particulier dans ses rapports avec le sexe opposé.
Peut-être ne s’était-elle pas contentée de s’en servir, mais avait-elle cultivé activement l’insignifiance en question ? Bon, enfin, peu importait… Car, à l’exception de sa brève relation amoureuse avec Eric Lestat au cours de sa première année de fac, son côté caméléon lui avait toujours été d’une grande utilité. Même avec Eric, d’ailleurs, si elle avait été aussi avisée qu’elle pensait l’être à l’époque, elle aurait dû s’appliquer à rester invisible. Mais elle avait été subjuguée par ses longues mains pâles de poète, éblouie par son haut front d’intellectuel.
Dans sa famille, le constat avait été tôt établi qu’elle n’avait pas hérité du caractère passionné de ses parents — ce en quoi elle remerciait les hasards de la génétique. En tant que spectatrice forcée de leurs déploiements passionnels quotidiens, elle avait compris très jeune que certaines émotions étaient tordues, dangereuses, et qu’elle avait tout intérêt à les refouler activement. Sa relation avec Eric avait présenté l’avantage d’être hautement cérébrale et très accessoirement sexuelle. Si bien que, pendant quelques semaines, elle avait cru que le bonheur frappait à sa porte.
Jusqu’au moment où Eric avait soudain changé la donne.
Mais c’était une vieille histoire, sans aucun rapport avec ce qui se passait aujourd’hui. Sauf peut-être pour lui rappeler qu’elle aurait tort de se soucier de ce que Devlin pensait d’elle.
Jane se baissa pour prendre son sac à main. Elle n’avait que trop traîné ici. Il était grand temps qu’elle rentre chez elle.
Mais avant qu’elle ait eu le temps de refermer sa barquette pour rapporter le reste de son dîner à la maison, Devlin revint à leur table et lui tendit son eau gazeuse.
— Et qu’est-ce qui vous a fait choisir le métier de conservateur, au fait ?
Pourquoi lui posait-il la question maintenant, alors que le sujet l’avait fait fuir, cinq minutes plus tôt ? Jane le regarda poser son verre, accrocher le pied de sa chaise de la pointe de sa chaussure et la ramener contre la table avant de s’asseoir et d’attendre sa réponse, les yeux éclairés par ce qui ressemblait à s’y méprendre à une curiosité authentique.
Elle scruta ses traits, cherchant à jauger sa sincérité, tout en se demandant, dans un accès de lucidité, pourquoi, si elle était née privée du gène du désir, Devlin réussissait à la mettre dans cet état.
Tendu.
Exalté.
Ardent.
Laissant cette épineuse question de côté, elle répondit lentement :
— A douze ans, j’ai rencontré Agnes. Une femme très différente de tous les adultes que j’avais pu connaître jusque-là.
Le coin des lèvres de Devlin se releva en un demi-sourire.
— Comme ces gentilles vieilles fées dans les films pour enfants ? Elle vous appelait « mon petit criquet » et vous inondait de sages sentences et de discours stimulants ?
Elle sentit un sourire se dessiner sur ses propres traits au souvenir de la femme qu’elle en était venue à aimer plus que sa propre famille.
— Non, ce n’était pas le style d’Agnes. Son influence s’exerçait beaucoup plus subtilement. Elle a su être présente pour chacun des événements qui ont compté dans nos vies. Et elle avait une foi évidente en chacune de nous. De nous trois, Poppy était la seule à avoir l’habitude que des adultes s’intéressent à elle. C’est marrant, nous n’en avons jamais parlé vraiment, Ava, Poppy et moi, mais en y repensant, je crois qu’elle nous apportait à chacune quelque chose de différent. Quelque chose qui tenait compte de notre besoin le plus essentiel, le plus profond.
Calant le menton dans sa paume, Dev planta son regard dans le sien.
— Et pour vous, ce « quelque chose », c’était quoi ?
— Le fait qu’elle m’écoutait vraiment quand j’avais besoin d’exprimer quelque chose. Qu’elle me regardait et qu’elle me voyait. Elle m’offrait un refuge par rapport à ma vie de famille. Je pouvais respirer, quand j’étais avec elle.
Sous le regard pensif de Dev, Jane se figea. En avait-elle trop dit ? N’avait-elle pas révélé quelque chose de précieux et de secret qu’elle aurait dû garder pour elle ? N’étant pas de nature expansive, elle ne mentionnait que rarement le refuge qu’Agnes avait représenté pour elle. Elle parlait beaucoup avec Ava et Poppy, bien sûr. Mais de là à entrer dans ce genre de confidences avec un homme qu’elle connaissait à peine et qu’elle n’était même pas certaine d’apprécier…
Elle se hâta de revenir sur un terrain moins intime.
— Agnes m’a appris à voir la beauté de ses trésors. Et le fait qu’elle me laissait manipuler tous ces objets extraordinaires était vraiment un immense cadeau pour moi. Elle m’encourageait à passer des heures et des heures en compagnie de ses œuvres d’art en m’ouvrant les yeux sur leur splendeur.
Dev, comme par hasard, réagit précisément à ce qu’elle aurait préféré qu’il n’entende pas.
— Croyez-moi, le besoin de s’échapper de chez soi, je connais.
— Vous ? Ah bon, pourquoi ?
Elle se prépara au pire.
— Vous avez déjà rencontré plusieurs membres de ma famille, Jane. Multipliez cela par vingt, car le peu que vous avez vu jusqu’à présent n’est que la partie immédiatement visible de l’iceberg. Les Kavanagh sont aussi innombrables que les grains de sable du désert. Enfant, tout le monde — des caissiers aux instituteurs en passant par le policier du coin — savait qui j’étais. Ils connaissaient les frères et sœurs qui m’avaient précédé et ceux qui venaient après moi. Ils connaissaient mes parents, mes oncles et tantes et cousins. On ne pouvait jamais rien entreprendre dans ce fichu quartier car on était grillé d’avance. Chaque fois que quelqu’un vous voyait faire, il savait à qui s’adresser pour envoyer un signalement.
Echouant à comprendre, elle le fixait en silence.
— Et c’était vraiment si oppressant que ça ?
Pour elle, il y avait quelque chose de précieux et de confortable dans cette notion de grande famille, avec tous ces proches qui s’intéressaient à vous, et accordaient du prix à ce que vous faisiez de vos journées.
— Oui, je suffoquais. Un peu comme ce que vous avez dû ressentir de votre côté.
— Comment ça ?
— En tant qu’enfant unique. Avec l’attention de vos deux parents rivée sur vous. Ça aussi, c’est tuant. Même si c’est une forme d’étouffement différente de celle que j’ai connue.
Elle réussit — de justesse — à ne pas lui rire au nez. A part les moments où ses parents avaient été en quête d’auditoire pour leurs affrontements tragi-comiques, l’attention parentale n’avait jamais été prodiguée en abondance, chez les Kaplinski. La passion houleuse entre Mike et Dorrie monopolisait tout le champ affectif familial. Ils se déchiraient comme des bêtes féroces et se réconciliaient avec une ardeur tout aussi sauvage. Elle-même n’avait jamais eu la moindre place, au milieu de ces débordements permanents. Devlin avait cru suffoquer sous un trop-plein d’attention familiale ? Elle-même avait été si seule, par moments, qu’elle se serait roulée en boule par terre pour crier son désarroi.
Si elle n’avait pas eu la chance de croiser le chemin d’Ava et de Poppy, elle se serait enfoncée tête la première dans le puits sans fond d’un auto-apitoiement chronique. Mais chaque fois qu’elle s’était sentie en danger de sombrer, ses amies l’avaient sauvée de la folie parentale, du sentiment perpétuel d’être la cinquième roue du carrosse. Jane considérait ses deux amies comme sa véritable famille. Une merveilleuse famille bis à laquelle Agnes était venue s’adjoindre par la suite.
— Alors ? Je me trompe ou j’ai raison ? demanda Devlin, impatient, interrompant le cours de ses pensées.
Elle fixa son regard sur lui. L’or rouge de ses cheveux luisait d’un éclat intense sous les plafonniers et il la considérait avec amusement, les yeux plissés dans l’attente de sa réponse.
— J’ai raison, non ? Vos parents ont dû s’apercevoir très vite que vous aviez du potentiel, et ils vous ont poussée à bloc pour vous voir satisfaire les hautes attentes qu’ils faisaient peser sur vous.
Il aurait difficilement pu être plus à côté de la plaque. Mais elle se garderait bien de le détromper. Comment admettre que l’on n’avait pas été aimée, devant un homme qui avait eu une armée de familiers autour de lui, s’intéressant à ses moindres faits et gestes ?
Elle lui offrit un petit sourire.
— Waouh, c’est troublant… Vous êtes un grand observateur de la nature humaine, Devlin. Mais ai-je vraiment besoin de vous le dire ? On a dû vous le seriner assez souvent.
Regardant sa montre à son poignet, elle fit mine de tressaillir.
— Vous avez vu l’heure ? Désolée, je dois filer.
Il faut que je sorte d’ici, que je sorte d’ici, que je sorte… Elle fourra le reste de son repas dans le sac en papier kraft et enfila son manteau. Puis se força à soutenir une dernière fois son regard.
— Ça a été… euh… sympa, ce petit repas. A refaire.
Même pas en rêve, monsieur Kavanagh.
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