Vegane pour lait nul
Jacques Derrida (1930)
ainsi qu’à faire tout notre possible pour éviter de nuire aux
autres espèces.
Jacques Derrida (1930)
Philosophe français, né le 15 juillet 1930 à El Biar,
mort le 8 octobre 2004 à Paris.
Dans sa dernière œuvre L’Animal que donc je suis :
Personne ne peut plus nier sérieusement et longtemps que les
hommes font tout ce qu’ils peuvent pour dissimuler ou pour se
dissimuler cette cruauté, pour organiser à l’échelle mondiale
l’oubli ou la méconnaissance de cette violence que certains
pourraient comparer aux pires génocides (il y a aussi des
génocides d’animaux : le nombre des espèces en voie de
disparition du fait de l’homme est à couper le souffle). De la
figure du génocide il ne faudrait ni abuser ni s’acquitter trop
vite. Car elle se complique ici : l’anéantissement des espèces,
certes, serait à l’œuvre, mais il passerait par l’organisation et
l’exploitation d’une survie artificielle, infernale, virtuellement
interminable, dans des conditions que des hommes du passé
auraient jugées monstrueuses, hors de toutes les normes
supposées de la vie propre aux animaux ainsi exterminés dans
leur survivance ou dans leur surpeuplement même. Comme si,
par exemple, au lieu de jeter un peuple dans des fours
crématoires et dans des chambres à gaz, des médecins ou des
généticiens (par exemple, nazis) avaient décidé d’organiser par
insémination artificielle la surproduction et la surgénération de
Juifs, de Tziganes et d’homosexuels qui, toujours plus
nombreux et plus nourris, auraient été destinés, en un nombre
toujours croissant, au même enfer, celui de l’expérimentation
génétique imposée, de l’extermination par le gaz ou par le feu.
Milan Kundera (1929)