Vegane pour lait nul

Boris TZAPRENKO · Chapitre 105 sur 147

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Vegane pour lait nul

Jacques Derrida (1930)

ainsi qu’à faire tout notre possible pour éviter de nuire aux

autres espèces.

 

Jacques Derrida (1930)

Philosophe français, né le 15 juillet 1930 à El Biar,

mort le 8 octobre 2004 à Paris.

Dans sa dernière œuvre L’Animal que donc je suis :

Personne ne peut plus nier sérieusement et longtemps que les

hommes font tout ce qu’ils peuvent pour dissimuler ou pour se

dissimuler cette cruauté, pour organiser à l’échelle mondiale

l’oubli ou la méconnaissance de cette violence que certains

pourraient comparer aux pires génocides (il y a aussi des

génocides d’animaux : le nombre des espèces en voie de

disparition du fait de l’homme est à couper le souffle). De la

figure du génocide il ne faudrait ni abuser ni s’acquitter trop

vite. Car elle se complique ici : l’anéantissement des espèces,

certes, serait à l’œuvre, mais il passerait par l’organisation et

l’exploitation d’une survie artificielle, infernale, virtuellement

interminable, dans des conditions que des hommes du passé

auraient jugées monstrueuses, hors de toutes les normes

supposées de la vie propre aux animaux ainsi exterminés dans

leur survivance ou dans leur surpeuplement même. Comme si,

par exemple, au lieu de jeter un peuple dans des fours

crématoires et dans des chambres à gaz, des médecins ou des

généticiens (par exemple, nazis) avaient décidé d’organiser par

insémination artificielle la surproduction et la surgénération de

Juifs, de Tziganes et d’homosexuels qui, toujours plus

nombreux et plus nourris, auraient été destinés, en un nombre

toujours croissant, au même enfer, celui de l’expérimentation

génétique imposée, de l’extermination par le gaz ou par le feu.

 

Milan Kundera (1929)