Vegane pour lait nul
Louise Michel (1830)
Pourquoi les bêtes sont-elles toutes de ma famille, comme les
hommes, autant que les hommes ?
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Alors, est-ce qu’on ne pourrait pas, de nation à nation,
commencer par tomber d’accord sur l’amour qu’on doit aux
bêtes ? De cet amour universel des bêtes, par-dessus les
frontières, peut-être en arriverait-on à l’universel amour des
hommes. […] Et cela, simplement, au nom de la souffrance,
pour tuer la souffrance, l’abominable souffrance dont vit la
nature et que l’humanité devrait s’efforcer de réduire le plus
possible, d’une lutte continue, la seule lutte à laquelle il serait
sage de s’entêter.
Louise Michel (1830)
Née le 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte,
morte le 9 janvier 1905 à Marseille.
Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin
qu’il me souvienne l’horreur des tortures infligées aux bêtes.
J’aurais voulu que l’animal se vengeât, que le chien mordît
celui qui l’assommait de coups, que le cheval saignant sous le
fouet renversât son bourreau ; mais toujours la bête muette
subit son sort avec la résignation des races domptées. Quelle
pitié que la bête !
Depuis la grenouille que les paysans coupent en deux, laissant
se traîner au soleil la moitié supérieure, les yeux horriblement
sortis, les bras tremblants, cherchant à s’enfouir sous la terre,
jusqu’à l’oie dont on cloue les pattes, jusqu’au cheval qu’on
fait épuiser par les sangsues ou fouiller par les cornes des
taureaux, la bête subit, lamentable, le supplice infligé par
l’homme.