Vegane pour lait nul

Boris TZAPRENKO · Chapitre 14 sur 147

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Vegane pour lait nul

Pourquoi Être Végane ?

 

 

Je suis moi-même végane depuis fort peu de temps, moins d’un an au moment où je suis en train d’écrire cela. Je le suis depuis le 27 novembre 2015 exactement.

Me sens-je supérieur parce que je suis végane ?

À cette question, parfois posée avec une pointe de défi ou d’agacement, je réponds que non. C’est justement, à l’inverse, parce que je ne me sens pas supérieur (aux autres créatures de mon monde) que je suis devenu végane, et ceci grâce à un auteur qui, selon moi, m’a ouvert les yeux.

Je suis même très loin de revendiquer la paternité de mon propre véganisme. Je me sens très humblement l’élève des grands initiateurs de la libération animale, tels que Peter Singer. Je prends cet exemple, parmi d’autres, parce que le titre de son ouvrage fondateur est justement La Libération animale. Et aussi parce que c’est celui que je me suis empressé de lire tout de suite après avoir terminé le premier livre qui m’a montré cette voie. Puisque c’est par pur hasard que j’ai lu ce dernier, je ne peux même pas m’attribuer le mérite d’avoir enfin réalisé que j’étais spéciste et qu’il fallait que je devienne végane. Rien ne vient de moi, donc. Rien.

Qu’est-ce que je pense de ceux qui ne sont pas véganes ?

Comment pourrais-je en penser du mal ? Je ne le suis que depuis si peu de temps, comme je viens de le dire ! Vu que je fréquente les mêmes personnes qu’avant, il m’est donné tous les jours d’avoir des échanges très cordiaux avec des carnistes qui sont des gens très bien, très gentils et d’une absolue authenticité. Je suis certain, au fond de moi, de n’avoir jamais été consciemment cruel à l’époque où je profitais de l’exploitation animale. Ainsi j’avais été éduqué. Ainsi j’étais.

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Nous allons voir quatre raisons d’être végane.

• COMPASSION ENVERS LES NON-HUMAINS.

• COMPASSION ENVERS LES HUMAINS.

• BIENFAITS POUR LA SANTÉ.

• BIENFAITS POUR LA PLANÈTE.

 

De ces quatre raisons, seule la compassion envers les non-humains a motivé mon véganisme.

Je regarde les trois autres raisons comme des cerises sur le gâteau qui sont, ma foi, fort bienvenues, mais je veux souligner et mettre en gras que ma motivation est uniquement : la compassion envers les non-humains.

 

Pourquoi me voyez-vous insister sur ce point ?

Au moment où j’écris cette phrase, je m’intéresse au véganisme depuis moins d’un an, comme je l’ai dit plus haut. J’ai pourtant pu constater que la compassion envers les animaux est souvent taxée de sensiblerie ; elle appelle les sourires condescendants, parfois bienveillants, parfois moins. J’ai même rencontré quelques personnes qui, très sensibles au sort des animaux, se sentent obligées de justifier leur végétalisme sous couvert des autres raisons. Gardant le silence sur leur « sensiblerie », elles évoquent la faim dans le monde, leur santé ou l’écologie.

Comment le sais-je ? Ben… Je le sais parce qu’elles me l’ont dit. Elles m’ont confié qu’elles étaient mal à l’aise, qu’elles avaient du mal à supporter les regards entendus et les railleries des gens « normaux ».

Je suis de ceux qui pensent sans ambiguïté que notre manière d’agir envers les autres espèces doit rester la préoccupation éthique principale, voire unique, du véganisme ; elle doit rester boulonnée à la place centrale qui lui revient légitimement.

Les nouveaux véganes, heureusement de plus en plus nombreux, ne doivent pas avoir honte de leur « sensiblerie ». Ils peuvent, bien au contraire, être fiers de participer à cette marche, que rien n’a jamais définitivement arrêté, qu’on appelle l’Évolution.

La libération animale sera un progrès éthique considérable, bien plus grand que ne l’a été l’abolition (officielle) de l’esclavage. Un progrès dont l’humanité pourra être encore beaucoup plus fière. Pourquoi ça ? en vois-je s’étonner. Non pas parce que les animaux non-humains comptent plus que les humains, bien sûr ! Ce n’est pas du tout pour cette raison.

C’est parce que, pour la première fois, les victimes de l’oppression et de l’exploitation ne pourront pas participer à la lutte ; elles ne pourront même pas demander leur libération. Il faudra que les libérateurs le fassent pour elles, qu’ils se passent de leur aide et qu’ils ne comptent même pas sur la reconnaissance explicite des opprimés quand ils seront libérés par leurs efforts. Les affranchisseurs n’auront comme seule récompense que le bien-être en leur for intérieur de savoir qu’ils ont fait ce qui était juste. Or, des gens qui se contentent de cette récompense sont des gens grands. Très grands ! C’est pour cette raison-là que cette étape sur la voie du progrès moral sera considérable.

Ce n’est que grâce à l’influence de ceux qui en ont pris conscience avant moi que je l’ai réalisé à mon tour. La clairvoyance avant-gardiste de leur esprit force mon admiration et je les remercie de m’avoir éclairé.

 

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