Vegane pour lait nul
Dur dur d’être un « pur » !
C’est sûr ! Mais… on s’en fou ! Pas vrai ?
Vous trouverez sur votre chemin des personnes autoproclamées gardiennes d’une certaine conformité du véganisme. Elles pensent être une sorte de phare dans la direction duquel il faut regarder pour naviguer dans la bonne direction, celle de l’orthodoxie du mouvement. Prêtes à vous faire des remontrances, plus ou moins fermement, elles emploient beaucoup de leur temps à coller sur leur propre front une étiquette « Végane AOP » et à sermonner ceux qu’elles ne trouvent pas assez vertueux. Ne vous en préoccupez pas. Laissez-les s’occuper de leur petit tribunal ; éventuellement, apprenez ce que vous pouvez apprendre d’elles et dites-leur qu’elles ont raison pour qu’elles vous lâchent la jambe.
Vous avez acheté des bonbons et vous réalisez, ou on vous a fait remarquer, qu’ils contiennent de la gélatine de porc. Ce n’est pas grave. Vous ne l’avez pas fait exprès. Pas de quoi chier une pendule ! Même pas une petite montre ! Vous n’avez pas le temps ou la patience de regarder méticuleusement si chaque produit que vous achetez est testé sur les animaux ? Cela ne fait pas de vous un grand criminel. Vous les éliminerez petit à petit. Il y a des traces d’œufs dans vos gnocchis (des traces, pas des œufs, des traces) : là non plus, même pas une petite montre ! Ce qui compte c’est que les producteurs constatent qu’ils vendent de moins en moins de gnocchis aux œufs et de plus en plus de gnocchis sans œufs. Du coup, ils en produiront moins. Les « traces éventuelles », ce n’est pas grave, sinon, vous ne pourrez plus rien manger.
Si vous supprimez de votre consommation les produits issus de l’exploitation animale : chair (viande et poisson), produits laitiers (sont ♪ nos amis pour la vie, … !), miel, peau de bêtes (cuir, fourrures), laine, duvet, angora… Alors vous êtes incontestablement végane, quoi qu’en disent les gardiens de l’orthodoxie. Vous êtes végane, car, par rapport au moment où vous ne l’étiez pas, vous avez éliminé au minimum 95 % de votre consommation issue de la souffrance. Je dis bien 95 % minimum, mais il y a de fortes probabilités pour que ce pourcentage soit plus grand encore, peut-être 97 % ou 99 %. Un peu de gélatine de porc dans un paquet de bonbons acheté par inattention ne va pas réduire à néant le mérite de votre conviction ; personne de raisonnable ne vous clouera au pilori.
Il faut bien se dire que si la consommation de souffrance de tous descendait dans de telles proportions, l’exploitation animale ne serait plus rentable et que, par conséquent, elle prendrait fin. Il est certain qu’on ne va pas continuer l’élevage et l’abattage seulement pour quelques paquets de bonbons, ces derniers reviendraient si cher à la fabrication que personne ne pourrait en acheter.
Être végane n’est pas une religion, c’est un but. Celui de faire cesser le fonctionnement de nos usines de souffrance. Diminuer votre consommation de leur production de 95 % suffira à les fermer définitivement. Si c’est ce que vous faites, vous avez tout juste ! Qu’importe ce qu’en disent les véganes AOP.
Sur les forums divers et variés, sur les réseaux sociaux et çà et là dans quelques textes, on peut rencontrer toutes sortes de gens très intelligents qui intellectualisent à peu près tout. Le jour où ils s’intéresseront à la manière d’uriner, nous n’oserons plus pisser de peur de le faire stupidement. À l’écoute de certains, on peut être amené à croire qu’être antispéciste ou abolitionniste nécessite de longues méditations philosophiques. Il ne faut pas se laisser impressionner. Laissons-les réfléchir tranquillement dans leur coin. Je n’irais pas jusqu’à dire que ces gens-là sont des boulets, car… hein ? Ah, je viens de le dire ! Oui, c’est vrai, mais je n’avais pas fini. Je disais donc que je n’irais pas jusqu’à dire que ce sont des boulets, car il se dégage de temps à autre quelques idées de leurs méditations transcendantales, mais le problème qu’ils causent est que beaucoup de nouveaux et nouvelles véganes n’osent plus argumenter de peur de dire des conneries et de sentir des sourcils froncés se pointer vers eux.
Du haut de mon estrade d’apprenti végane, je dis aux nouveaux véganes qui se laisseraient impressionner :
Si vous admettez que tous les êtres ont droit à une égale considération des intérêts propres à leur espèce, autrement dit, si vous pensez que les aspirations de tous les animaux doivent être considérées, sans aucune discrimination liée à leur espèce, alors vous êtes antispéciste. Et, si vous êtes décidé à ne participer à aucune forme d’exploitation animale, alors vous êtes abolitionniste.