Vegane pour lait nul

Boris TZAPRENKO · Chapitre 117 sur 147

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Vegane pour lait nul

Julien Offray de La Mettrie (1709)

plus la supériorité intellectuelle, mais la capacité de souffrir,

qui est commune aux deux.

[…]

L’homme est assujetti envers eux à quelque espèce de devoirs.

Il semble, en effet, que, si je suis obligé de ne faire aucun mal à

mon semblable, c’est moins parce qu’il est un être raisonnable

que parce qu’il est un être sensible : qualité qui, étant commune

à la bête et à l’homme, doit au moins donner à l’une le droit de

n’être point maltraitée inutilement par l’autre.

 

Julien Offray de La Mettrie (1709)

Philosophe matérialiste, empiriste et médecin français,

né le 12 décembre 1709 à Saint-Malo,

mort le 11 novembre 1751 à Potsdam.

L’homme n’est pas pétri d’un limon plus précieux ; la Nature

n’a employé qu’une seule et même pâte, dont elle a seulement

varié les levains.

 

Voltaire (1694)

Né le 21 novembre 1694 à Paris,

mort le 30 mai 1778 à Paris.

Voltaire était végétarien. Son végétarisme n’était pas motivé par un souci de santé, mais exclusivement par l’éthique, la compassion envers les non-humains. Pour lui, le végétarisme est une :

…admirable loi par laquelle il est défendu de manger les

animaux nos semblables86 …

Un esprit végane avant l’heure ! Autres citations de lui :

Les enfants qui pleurent la mort du premier poulet qu’ils

voient égorger, en rient au second.

Enfin il n’est que trop certain que ce carnage dégoûtant, étalé

sans cesse dans nos boucheries et dans nos cuisines, ne nous

paraît pas un mal ; au contraire, nous regardons cette horreur,

souvent pestilentielle, comme une bénédiction du Seigneur, et

nous avons encore des prières dans lesquelles on le remercie de

ces meurtres. Qu’y a-t-il de plus repoussant que de se nourrir

continuellement de chair de cadavre ?

[…]

Cependant je ne vois aucun moraliste parmi nous, aucun de

nos loquaces prédicateurs, aucun même de nos tartufes, qui ait

fait la moindre réflexion sur cette habitude affreuse, devenue

chez nous nature. Il faut remonter jusqu’au pieux Porphyre, et

aux compatissants pythagoriens, pour trouver quelqu’un qui

nous fasse honte de notre sanglante gloutonnerie ; ou bien il

faut voyager chez les brames : car, pour nos moines que le

caprice de leurs fondateurs a fait renoncer à la chair, ils sont

meurtriers de soles et de turbots, s’ils ne le sont pas de perdrix

et de cailles ; et ni parmi les moines, ni dans le concile de

Trente, ni dans nos assemblées du clergé, ni dans nos

académies, on ne s’est encore avisé de donner le nom de mal à

cette boucherie universelle. On n’y a pas plus songé dans les

conciles que dans les cabarets.

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À l’adresse des partisans de Descartes et de sa théorie de « l’animal-machine » qui pratiquent l’expérimentation animale :

Des barbares saisissent ce chien, qui l’emporte si

prodigieusement sur l’homme en amitié ; ils le clouent sur une

table, et ils le dissèquent vivant pour te montrer les veines

mésaraïques.

Tu découvres dans lui tous les mêmes organes de sentiment

qui sont dans toi. Réponds-moi, machiniste, la nature a-t-elle

arrangé tous les ressorts du sentiment dans cet animal afin qu’il