White Trash (Litt Generale) (French Edition)

John King · Chapitre 21 sur 28

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White Trash (Litt Generale) (French Edition)

Le pépiement des moineaux...

Le pépiement des moineaux attire Ruby vers la salle télé, l’écran envoie des images silencieuses, le volume baissé, elle éteint carrément et se dirige vers la fenêtre, elle regarde le petit square, un carré d’herbe bordé de béton. Deux oiseaux sont perchés sur le dos du banc sur lequel elle a mis un bol d’eau, un troisième boit. Des yeux immenses dans de tout petits corps, les yeux plus gros que le ventre, les pattes dansantes et les voix chantantes, ils savent qu’ici il n’y a pas de danger, pas de chats qui rôdent au milieu de l’hôpital. Elle n’a pas eu une minute à elle mais elle a pensé à mettre de l’eau dehors, elle fait toujours ça quand il fait chaud, et en hiver elle achète des noix à l’animalerie, elle aide les oiseaux à passer les mois froids quand la nourriture manque.

Il y a des jours comme ça. Aujourd’hui c’en est un, mais elle s’en fiche, ça ne l’a pas dérangée quand un médecin-chef l’a engueulée pour rien, il y en a qui donnent des ordres aux infirmières comme s’ils étaient les seuls à avoir de l’importance. Sally n’a que les mots sexisme et snobisme à la bouche, mais Ruby ne se laisse pas affecter par tout ça, elle ne va pas tarder à rentrer et elle a la dalle, elle a fait les magasins pendant sa pause déjeuner, elle pensait à Charlie en se promenant dans le centre commercial, elle cherchait un nouveau haut, en se disant qu’elle aimerait bien gagner plus d’argent, en se demandant si elle devrait pas prendre un boulot à mi-temps dans un pub, mais ils veulent toujours vous faire bosser vendredi et samedi et ça voudrait dire qu’elle louperait les meilleurs soirées de la semaine, c’est quoi l’intérêt, elle repense plutôt à Charlie Parish, c’est comme un rêve qui s’est réalisé, rencontrer la voix qui passe à la radio. Les moineaux continuent à regarder autour d’eux, alertes, prudents, et c’est tout à fait ça, leur façon de vivre, la survie du plus fort, Ruby est contente que ça marche pas comme ça chez les humains.

« Qui c’est qui s’est fait bien troncher hier soir ? » crie Dawn, qui s’est approchée à pas de loup pour pincer les fesses de Ruby.

Ruby rougit et les moineaux s’envolent. Dawn l’a pas lâchée de la journée, elle sait qu’elle est vite gênée. Ruby fait non de la tête, se marre et quitte la pièce, Dawn la suit dans le hall, elle adore tout exagérer, jurer, faire la grosse sale, mais qui aime bien charrie bien comme on dit.

« Je vois ça à ta démarche, je vois ça dans tes yeux. Je parie qu’il a une grosse bite. »

Ruby prend la direction de l’unité, croise Maureen, Dawn se tait, en tout cas jusqu’à ce qu’elles l’aient dépassée.

« Je l’ai vu dans la rue avec toi ce matin. Il est bien. Fais-le tourner quand t’auras fini. Ça me ferait du bien de me taper un étalon pour une fois au lieu de ces bites qui viennent trop vite. »

Boxer est devant eux et Ruby regarde Dawn, qui se tait. Il devient tout rouge à la moindre occasion et Dawn aime bien le faire marcher, mais elle embarque pas Ruby là-dedans. Elle fait ça pour rigoler, elle sait quand il faut la boucler.

« Salut mon grand, » dit-elle, en touchant le bras de Boxer.

Son visage devient rouge comme une betterave.

« J’espère que tu as été sage. Tu cours pas après les filles, hein ? »

Boxer vire au violet, Ruby est soulagée de pouvoir le sauver, elle le tire vers la droite pendant que Dawn continue sa route.

« Elle est drôle », fait Boxer, pensif.

Ruby entend presque les rouages qui tournent dans le cerveau de Boxer, il a l’air très concentré, et d’un coup Ruby a de la peine pour lui, elle sait que Dawn ne taquinerait pas Boxer s’il n’était pas différent, elle garderait ses distances si c’était juste un des brancardiers, un infirmier ou un médecin, en tout cas au travail, quand elle est sobre, et Ruby a vu Dawn qui en tenait une bonne plus d’une fois. Le pauvre Boxer il faudrait qu’il se trouve quelqu’un qui l’aime pour sa bonté, son côté enfantin, mais au lieu de ça il se réveille seul, avec la radio pour toute compagnie, peut-être la télé, il zappe, regarde les présentateurs du matin qui font des grands sourires bien faux. S’il trouve quelqu’un il vivra heureux et aura beaucoup d’enfants comme dans les contes, et Ruby arrête de se faire des films, elle sait que tout va bien pour lui, que c’est elle qui croit aux contes de fées, elle qui regarde des comédies musicales pendant des heures. Ça la dérange pas de vivre seule, comme dit la chanson « you can’t hurry love », mais ça serait bien quand même de trouver quelqu’un à aimer. On est mieux à deux que tout seul.

« Elle fait toujours comme ça, elle fait toujours sa sexy girl, elle me pince les fesses. Mais c’est pas mon type. Je peux pas lui dire parce qu’elle serait fâchée avec moi, ou elle serait triste, elle penserait qu’elle est moche, mais elle est pas moche, c’est juste qu’elle me plaît pas. Tu vois ce que je veux dire ? Je me demande pourquoi je lui plais comme ça. Tu crois que c’est à cause de Noël ?

— Non, c’est juste pour être sympa, elle est comme ça. Tu la connais.

— Mais j’aime pas ça, les gens pourraient croire que c’est ma petite amie. Je l’aime bien mais elle est grossière. Tout ces trucs sexy là… »

Ruby pense à la fête de Noël. Le pauvre Boxer il a pas compris ce qui lui arrivait, il croyait qu’il buvait du jus de fruit, mais en fait c’était le punch de Maureen qu’elle avait préparé exprès, un coup de massue, goût orange et ananas. Dawn a abusé de se taper Boxer, mais en même temps elle a toujours vu les choses différemment. Ça a pas eu l’air de gêner Boxer et c’est surtout ça qui compte. C’est Dawn qu’elle comprend pas forcément. Quand Dawn lui a dit il y a un mois qu’elle bossait chez Aphrodite Massage ça l’a surprise, mais pas choquée. Ruby lui a demandé comment elle pouvait se vendre comme ça, parce que Aphrodite c’est les massages les plus aphrodisiaques en ville.

Ruby s’est fait engueuler, Dawn disait que si on pense à combien une infirmière est payée et le genre de boulot qu’elle doit faire, c’est quoi la différence entre chercher la merde dans le cul d’un vieux ou gagner une journée de salaire en branlant un petit jeune. Dans les deux cas elle aide les gens, et si les infirmières étaient mieux valorisées elle serait pas obligée de prendre un job d’appoint. Elle arrête quand elle veut, contrairement à certaines filles qui on des bouches à nourrir ou des seringues à remplir, des filles qui sont en galère. Dawn a pas lâché l’affaire et Ruby s’est dit qu’elle aurait jamais dû l’ouvrir. En fait elle avait fait sa militante comme Sally, et la prostitution c’est le plus vieux métier du monde et pour beaucoup de femmes c’est le seul moyen de gagner sa vie, et de toute façon Aphrodite c’est pas si mal, c’est un lieu discret, pas de soulards, pas de S&M ou de trucs pervers, on se marre bien, il y a des filles bien pêchues qui bossent là-bas, et de toute façon elle fait un jour par-ci un jour par-là, c’est tout, c’est un petit bonus pour compléter son salaire, c’est pas comme si elle allait quitter son boulot comme le font beaucoup d’infirmières, qui finissent par en avoir marre qu’on leur mette le nez dans le caca (des autres) à longueur de journée, qu’on les traite comme des moins que rien et en même temps qu’on s’attende à ce qu’elles fassent jamais grève parce que leur boulot est tellement important. Sally a raison, tout le monde veut un service de santé mais personne veut régler l’addition, on s’attend à ce que des gens comme elles fassent le boulot pour le fun.

« À plus », dit Boxer.

Ruby continue à marcher, elle doit aller chercher des draps, elle pense à Charlie qui rêve d’acheter sa Cadillac, et c’est toujours pareil, ce qui l’en empêche c’est qu’il lui manque les sous. Ça arrivera jamais, mais c’est bien de rêver.

Elle aperçoit M. Jeffreys qui arrive dans sa direction. Il a l’air fatigué. Il travaille dur, les autres infirmières disent qu’il travaille toute la nuit, Ruby se dit que c’est vraiment un homme gentil, tout le monde est d’accord, elle se souvient à quel point il a montré de l’empathie l’autre jour, et elle a le mouchoir sur elle, elle attendait juste l’occasion de le lui rendre. Il est perdu dans ses pensées et ne la remarque pas.

« M. Jeffreys », dit-elle.

Il sursaute, surpris, il la regarde, il fait la mise au point, elle attend qu’il soit prêt et qu’il la reconnaisse, il s’est fait couper les cheveux, ça fait élégant mais très classique, la blouse blanche sur un costume de qualité, c’est un homme chic, qui aurait pu faire tous les métiers du monde. Elle sort le mouchoir et le lui tend.

« Mademoiselle James. Je suis désolé. J’étais ailleurs. Je suis confus.

— C’est votre mouchoir, lavé et repassé.

— Un mouchoir ? Le mien ?

— Vous me l’avez prêté l’autre jour.

— Bien sûr. Ça m’avait échappé. Vous n’auriez pas dû vous donner tant de peine. Il n’y avait aucune urgence.

— Merci de me l’avoir donné. J’étais bête de pleurer comme ça.

— Merci. Mais ce ne sont pas les mouchoirs qui me manquent. Toujours prêt, c’est ma devise. »

Il sort un mouchoir pour lui montrer et quelque chose tombe par terre dans un bruit métallique. Ruby se penche et ramasse une montre gousset.

« C’est une belle montre, dit-elle. Vous avez eu de la chance que le verre ne se soit pas cassé. »

Il lui sourit, l’air très gêné, comme s’il était sur le point de s’évanouir. C’est la chaleur, il y a de la sueur qui perle sur son front et sur ses joues.

« Merci, dit-il après un temps. Je suis si maladroit. Mon père me l’a offerte. Je suis si maladroit.

— C’est drôle, dit-elle en la lui rendant pour qu’il la glisse dans la poche avec les deux mouchoirs. M. Dawes avait une montre exactement comme celle-là, il me l’a montrée une fois, je dois bloquer sur lui, mais c’est vrai ce que vous avez dit, que le temps ça aide, même quelques jours. »

Il la regarde bizarrement, comme s’il la voyait pour la première fois, et il lui fait de la peine M. Jeffreys, on dirait qu’il se sent seul, ça doit pas être bien drôle de travailler la nuit et de faire un boulot qui est tellement important, alors que chaque service cherche à ce qu’on lui attribue le meilleur budget possible.

« Ça doit être la coutume, dit-elle. Une montre en or quand on prend sa retraite. Bon, ben il faut que j’y aille, merci encore d’avoir été si gentil. »

Ruby regarde sa montre à elle, dans pas longtemps elle va pouvoir rentrer, et Ron lui reste planté dans le crâne pendant un bout de temps, un bon souvenir, quelqu’un qui valait la peine d’être rencontré, et elle prend les draps et finit son service, elle dit au revoir à Boxer qui parle à l’une des femmes de ménage, Christine, les cheveux noirs-noirs-noirs et soyeux, des yeux d’un brun profond, et des bracelets fluo aux poignets, des boucles roses, vertes et oranges, et Boxer qui sourit à Ruby, qui rougit parce qu’il s’est trahi, il se balance doucement d’un pied à l’autre, et elle a vraiment faim, elle se demande ce qu’elle pourra bien manger, pas envie de cuisiner, et très vite elle passe l’accueil et voit Ted assis avec ses CD et ses livres, des romans à l’eau de rose aux pages jaunies qu’il vend, installé dans une unité vide, le papier corné comme si les pages étaient tombées dans un bain, d’épais volumes volubiles, Ted est installé entre la première et la deuxième porte de l’entrée, en face d’une pièce où les brancardiers entreposent les chaises roulantes, et elle lui sourit, il a été mis à la porte à cinquante-cinq ans, il a touché son chômage pendant un an et puis il a commencé à travailler pour une œuvre caritative parce que sinon il devenait fou, Ruby connaît sa femme, elle travaille, et lui il s’étire, baille, puis concentre à nouveau son attention sur ses boîtes en carton et ses tables pliantes, elle dégage une bonne atmosphère cette pièce, ça sent le renfermé parce qu’il y a des vieux livres, mais c’est vivant comme un vide-grenier, comme s’il y avait un trésor là-dedans qui attend d’être découvert, et peut-être que c’est pour ça qu’il y a toujours plein de monde, à croire que la moitié des gens qui viennent pour les visites s’arrêtent jeter un œil, mais ils font ça sérieusement, consciencieusement, ils font bien attention de regarder chaque livre, chaque CD, se disent que ça serait vraiment pas de pot de s’interrompre et louper une merveille. Si Ruby le sait, c’est qu’elle fait pareil ; ça fait une semaine ou deux qu’elle est pas allé voir mais elle ira demain, elle a faim, pas le temps de s’arrêter.

Elle sort, elle passe la queue de taxis, elle passe un bus qui attend derrière une ambulance qui fait descendre un homme, à la jambe gauche plâtrée. Elle aperçoit quelques mots que ses amis ont dû écrire, SOIGNE-TOI BIEN, ROY ÉTÉ LÀ, STEVE ET BEV, et sous le pied là où il peut pas le voir, J’AIME LES PETITS GARÇONS , et elle se retient de rire, elle devine que ça doit être son meilleur ami qui a écrit ça, et elle descend la rampe, passe deux types assis sur la rambarde, qui parlent de chimio et de cancer du foie et de vie et de mort, on dirait des frères, le même motif au fond de leurs yeux, et ils parlent à voix basse et ils ont l’air si sérieux que ça doit être leur mère ou leur père ou peut-être un oncle ou une tante dont ils sont proches, et elle traverse le parking en direction du chemin qui mène chez elle, naze mais légère et pleine d’entrain, elle essaie de se souvenir s’il y a à manger dans le frigo, elle sait qu’il n’y a rien, elle pense au fils de Papa et aux kebabs, mais elle veut pas profiter, elle sait qu’elle mangera encore à l’œil si elle y va, elle pourrait s’arrêter acheter du pain, elle a une boîte de baked beans chez elle, ou alors elle pourrait marcher un peu plus loin et aller au supermarché, non elle a la flemme, sinon la solution de facilité c’est la baraque à frites c’est la meilleure option, elle salive déjà quand elle croise Vinny.

« Bonne soirée, Rube, » dit-il en riant.

Il l’appelle toujours Rube au lieu de Ruby, plein de gens font ça, mais lui il trouve ça drôle, il arrive tout simplement pas à finir le mot, et elle rit aussi parce que c’est pareil pour plein de noms, et c’est avec Ian qu’elle ticke vraiment, on a du mal à faire plus court comme prénom et pourtant c’est souvent raccourcit en « E », du coup Ruby elle fait le contraire et elle l’appelle toujours Vincent, la tête qu’il fait Vinnie, un gentil gars qui doit rester planté toute la journée dans le parking à diriger la circulation. Peu importe le temps, il est coincé sur trottoir à se faire pourrir par des conducteurs qui ont d’autres chats à fouetter, qui se plaignent du manque de place, comme si c’était de sa faute, mais il prend pas la mouche, ça te blinde d’être dehors tout le temps, lui son souci c’est le vent et la pluie, l’odeur des pots d’échappement, il aime être dehors, il fait sa vie.

« T’as écouté la cassette que je t’ai donnée ? demande-t-il.

— Elle est bien, je suis en train de t’en faire une aussi », dit-elle sans s’arrêter.

Elle l’aime bien, Vinnie, mais si elle s’arrête elle en a pour dix minutes, et elle repense à la fois où elle était aux urgences et qu’il est arrivé avec un œil au beurre noir, quelqu’un lui avait filé un coup de poing, c’était pas juste, c’était pas bien, mais elle sourit en se souvenant de son regard de bête blessée, et son meilleur pote Jerry, qui est vigile, est parti à la recherche du type, et puis en été c’est Vinnie qui prend sa revanche, il est dehors au grand air alors que tous les autres sont coincés à l’intérieur, il fait le lézard au soleil, il fait bronzette, et elle pense à la cassette qu’elle va lui faire, à écouter sur son Walkman, et c’est pas mal comme taf, gardien de parking, y a pire comme occupation.

« N’oublie pas », dit-il, en dodelinant de la tête.

Des tourbillons autour de sa tête, Ruby ça lui fait penser aux motifs des ondes radio, le genre de chose qu’on voit sur des pubs et des posters, des diagrammes qui montrent comment le son se déplace dans l’air en vagues, de grandes vagues sur un lac, mais un lac où le liquide serait du gaz, le voyage d’une voix jusqu’au récepteur, décryptée pour qu’on entende ce que disent les présentateurs, la musique qu’ils veulent qu’on entende, les expériences partagées, et il faut absolument qu’elle finisse cette cassette pour Vinnie, il est marrant, toujours souriant, et avec sa barbe de trois jours il n’a jamais l’air à sa place en uniforme.

Elle ne le voit jamais quand elle sort, elle sait qu’il vit avec une fille. Elle tourne encore une fois, remarque une bouteille coincée sous un pneu de voiture, se penche pour le ramasser, se demande si ce sont des gamins qui font des conneries ou si la bouteille a juste roulé et s’est coincée. Dès que la voiture va démarrer la bouteille va se casser en mille morceaux et peut-être crever le pneu, alors Ruby prend la bouteille poisseuse, la boisson est finie mais le sucre reste, une guêpe poursuit la bouteille quelques instants et puis sent quelque chose de plus appétissant et disparaît, Ruby pense au trajet pour aller voir sa maman, il y a toujours une boîte de conserve ou une canette qui roule dans le bus, une boisson gazeuse, des emballages de bonbons qui dansent dans le vent en hiver, elle adore ça, elle aime tout, tout le monde, elle est en vraiment en kif là, elle voit toutes ces bouteilles qu’on fait fondre et qu’on réutilise, des milliards de canettes écrasées et transformées en gros blocs luisants argentés, c’est presque comme si elle était amoureuse.

« Bonjour. »

La voix la prend au dépourvu et elle sursaute.

Elle était sur le point de prendre le raccourci par la barrière, elle se retourne.

« Vous êtes pressée ? »

Pas de quoi s’inquiéter ça n’est que M. Jeffreys. Il est devant une BMW argentée, pas qu’elle s’y connaisse en voitures mais elle voit les initiales, et il est très élégant dans son costume, sa blouse blanche est sûrement pendue dans son bureau, à l’hôpital, c’est un homme intéressant, exotique, un homme d’un autre monde en gros, hésitant dans sa façon de parler comme s’il était d’une timidité maladive. Il ne l’attire pas, pas du tout, c’est net, c’est juste qu’il a l’air d’être vraiment quelqu’un de bien, et Ruby se détend et lui rend son sourire.

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