Apparences trompeuses

Nathalie Michau · Chapitre 17 sur 66

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Apparences trompeuses

Chapitre 17

 

Dimanche 12 avril 2009…

Le lendemain matin, le réveil d’Elisabeth fut des plus douloureux. Elle avait une gueule de bois mémorable. Elle prit du paracétamol et du bicarbonate. Elle avait la sensation lancinante de vivre un cauchemar et ce mal-là ne se guérissait pas facilement. Elle prit en plus des tranquillisants pour oublier. Mais, quoi qu’elle fasse, elle avait la conscience aiguë de la mort de son mari et son amant. Cette pensée ne la quittait pas, c’était comme cela et cela ne changerait pas. Elle devait maintenant vivre avec cette réalité. Elle trouva tout naturellement un exutoire à sa peine. Tout était la faute de Catherine. Dimitri et Thomas étaient morts à cause d’elle. Elle laissa cette croyance s’infiltrer dans son esprit. Elle ne chercha pas à rationaliser, à dédramatiser et prendre du recul. Abrutie par le choc et les médicaments, elle se laissa porter par ce qui devenait une certitude : Catherine était responsable du décès des deux hommes qu’elle avait aimés. Cela se transforma peu à peu en : « Catherine a tué mon mari et mon amant ». Elle hallucinait de plus en plus. Elle se mit à délirer : Catherine était une punaise, le diable, il fallait l’exterminer.

Dans un état cotonneux, elle réussit à se changer. Elle se servit un café bien fort et reprit une nouvelle fois des anxiolytiques. Elle se dirigea vers un petit bureau en laque noir. La veuve sortit d’un tiroir un petit pistolet en nacre blanc hérité de son père. Ce dernier, Dieu ait son âme, avait vanté plusieurs fois la précision de l’arme malgré son âge avancé. Elle mit des balles dans le chargeur. Elle se sentit, d’un seul coup, très sereine. Elle savait clairement ce qu’elle devait faire maintenant : rendre un service à l’humanité en tuant Catherine…

 

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