Apparences trompeuses

Nathalie Michau · Chapitre 57 sur 66

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Apparences trompeuses

Chapitre 57

 

 

Lundi 25 mai 2009…

Edmond resta en observation, à l’hôpital d’Annecy, jusqu’au lundi matin, date à laquelle on le laissa sortir. La soirée d’anniversaire d’Anna fut reportée, deux jours plus tard, au mercredi 27 mai. Personne ne s’en offusqua et cela laissa un peu de temps au majordome pour tout orchestrer.

Chacun des invités reçut un appel d’Anna qui leur expliqua qu’elle souhaitait fêter son anniversaire à Chavoire afin de rendre un hommage à son grand-père et surtout leur faire des révélations sur ce qui s’était réellement passé le soir de la mort de son aïeul. Elle refusa de donner à quiconque plus d’information.

Catherine eut un choc lorsqu’Anna lui annonça qu’elle avait des éléments qui prouvaient que son mari avait été tué. La soirée prenait une tout autre tournure et l’angoissait terriblement. Elle alla se confier à son fils.

– Elle semble savoir ce qui s’est passé le soir de la mort de Dimitri. Elle veut en parler.

– Elle a eu accès au journal intime, elle a appris beaucoup de choses sur la famille, c’est sûr, mais de là à connaître la vérité sur la mort de son grand-père, il y a un pas à franchir et je ne vois pas comment elle peut le faire. Thomas aurait pu parler mais il est mort.

– Il s’est peut-être confié avant de mourir ?

– Non, j’ai parlé avec lui la nuit avant sa mort et il ne m’a assuré qu’il n’en était rien.

– Tu l’as vu avant qu’il ne se fasse tuer ?

– Oui.

– …

Catherine commença à avoir de sérieux doutes sur le rôle exact de son fils dans la disparition de Thomas. Elle réalisa soudainement que beaucoup de personnes étaient décédées en peu de temps. Lorsque Martha était morte, elle s’était interrogée de la même manière. Elle avait eu un doute là aussi, un très sérieux doute, qu’elle avait enfoui au plus profond de son esprit. Elle était consciente que son fils était psychologiquement fragile mais n’avait jamais imaginé qu’il puisse devenir un tueur en série… Elle repoussa avec violence les pensées horribles qui lui venaient à l’esprit. Son fils ne pouvait pas être comme cela. Elle ne poussa pas l’interrogatoire plus en avant, ne voulant pas comprendre pourquoi il avait rencontré Thomas la nuit de sa mort et s’il avait une idée sur le meurtrier de ce dernier. Elle changea de sujet.

– Qu’est-ce qu’elle va pouvoir dire ?

– Je ne sais pas exactement. Avec l’aide de son journaliste, elle a interrogé la plupart des membres de la famille et je ne sais pas quelles déductions elle en a tiré. Mais sois tranquille, elle ne parlera pas de toi. Personne ne parlera de toi.

Catherine s’effondra. D’une voix tremblante, elle murmura :

– Tu comprends, je ne veux pas aller en prison.

– Tu n’iras pas en prison et personne ne t’embêtera. Il n’y a que moi qui sais et ton rôle a été mineur. Tu n’as tué personne, tu n’es qu’une complice.

– Oui, mais je savais. J’ai même trouvé l’idée de Thomas excellente lorsque tu m’en as parlé. Le problème c’est qu’on l’a mise à exécution trop tard et que mon cher mari avait eu le temps de changer son testament. Je ne l’imaginais pas aussi réactif. Je suis donc ta complice. C’était quand même moi qui ai dérobé l’ordonnance, t’ai donné ses boîtes de médicaments, indiqué comment il faisait pour les prendre et quand il les prenait. C’est aussi moi qui ai tenu à organiser la soirée d’anniversaire. Et, c’est enfin moi qui t’ai fait signe quand ce fut le moment adéquat pour procéder aux échanges de comprimés…

– Arrête maman. Si tu ne dis rien, personne ne parlera. Thomas n’a jamais su ce que tu avais fait. Même dans le cas improbable où il aurait parlé, il n’a rien pu raconter sur toi et moi, c’est promis, j’emporterai ce secret dans ma tombe…

– Ne dis pas cela, cela porte malheur…

Elle revint au sujet qui l’intéressait à court terme.

– Que peut-on faire pour que cette soirée d’anniversaire n’ait pas lieu ?

– Il faut qu’Anna ait un empêchement.

Catherine regarda un long moment son fils.

– Je ne veux pas qu’elle meure Guy. Je suis claire, n’est-ce pas ?

– Oui, tu l’es. Elle ne mourra pas. Appelle Geoffroy. Je dois lui parler.

Elle couina.

– Geoffroy ? Pourquoi Geoffroy ? En quoi est-il impliqué dans cette affaire ?

– Ne t’inquiète pas, il ne dira rien. Il sait garder des secrets lui aussi. C’est quelqu’un de très serviable.

Effrayée, elle le contempla sans un mot avant de descendre au rez-de-chaussée. Elle se pressa, elle venait d’entendre Edmond rentrer des courses.

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