Comme de l'amour dans l'air: La Famille Sullivan, New York, tome 5 (French Edition)
Chapitre Dix
Alec avait appris à se défendre très jeune, quand la presse du monde entier avait commencé à médiatiser les problèmes de sa famille. Les journalistes qui n’avaient pas pu tirer quoi que ce soit de son père frappé par le chagrin s’étaient tournés vers les enfants. Mais Alec avait protégé ses frères et sœurs férocement, s’assurant que personne ne pourrait jamais les acculer et découvrir à quel point les choses se passaient mal dans le foyer des Sullivan de New York. Il s’était assuré de ne pas le dire à Tante May et Oncle Ethan non plus, pour que personne ne puisse le séparer de ses frères et sœurs « pour leur bien ».
D’après ce qu’il avait vu dans l’avion ce jour-là, Cordelia aurait été une protectrice tout aussi féroce. Alec aurait facilement pu gérer la situation avec Mona. Mais il avait aimé voir Cordelia lui tenir tête et lui dire de se retirer.
Le fait était qu’il aimait voir Cordelia agir pour tout et n’importe quoi.
Honnêtement, la seule chose qu’il regrettait, c’était que Mona ait menacé Cordelia. Car si quelqu’un touchait à un de ses cheveux…
— Qu’est-ce que tu envoies aux femmes avec qui tu romps ?
Ils étaient debout devant le jet personnel de Gordon à présent, un Gulfstream G650, et Cordelia clarifia sa question.
— Si tu offres un bracelet de Tiffany quand tu annules un rendez-vous, qu’est-ce que tu offres quand tu romps ?
— Ce qu’elles veulent.
Elle fronça les sourcils.
— Comment est-ce que tu sais ce que c’est ?
— Parce qu’à ce moment-là, elles ont déjà choisi.
Il savait que cela semblait dépourvu de sentiments, mais tout cela faisait partie de l’accord que les deux parties acceptaient dès le début.
— Les femmes qui sortent avec moi ne cherchent rien de plus que du bon temps et quelque chose de nouveau à mettre dans leur boîte à bijoux.
— Ça ne peut pas être vrai. Je parie que tu as laissé une traînée de cœurs brisés qui va d’ici jusqu’au bout de la piste.
— Non.
— Est-ce que tu t’es regardé dans le miroir dernièrement ?
La bouche d’Alec s’étira en un sourire présomptueux.
— Tu veux dire que mon apparence te plaît ?
Elle ne nourrit pas davantage son ego.
— Tout ce que je veux dire, c’est qu’en plus de tes bons gènes, tu es un type vraiment sympa.
Elle leva une main pour l’empêcher de la corriger.
— J’ai le droit d’avoir ma propre opinion après avoir passé du temps avec toi la semaine dernière. C’est pourquoi je ne suis pas convaincue que les relations que tu as avec les femmes sont des transactions aussi dépourvues de sentiments que tu le penses.
Elle l’épingla d’un regard sérieux.
— Du moins, pas toutes.
— Certaines femmes peuvent commettre l’erreur de penser que je peux leur donner plus que du bon temps, mais je n’oublie jamais que je ne le peux pas.
— Rappelle-moi.
Ses mots étaient doux, mais déterminés.
— Pourquoi pas ?
La réponse d’Alec vint avant qu’il ne puisse l’empêcher de sortir, comme d’habitude avec elle.
— Ma mère semblait toujours sur le point de s’envoler, de disparaître dans le ciel, et mon père souhaitait si désespérément la maintenir sur la terre ferme et la garder avec lui, qu’il l’a peinte de manière obsessionnelle. Au final, ils se sont détruits l’un l’autre.
Il détestait parler de ses parents, pourtant d’une manière ou d’une autre, pourtant avec Cordelia il n’arrivait pas à s’empêcher de révéler ces informations. Presque comme s’il avait attendu tout ce temps quelqu’un en qui avoir confiance pour pouvoir enfin vider son sac.
— Vivre avec eux, continuer à vivre nos vies en parallèle, survivre à ce qu’ils ont fait, ça a fait de moi ce que je suis.
Elle inclina la tête, l’air pensif.
— Je comprends que les parents ont beaucoup de pouvoir sur leurs enfants, mais je suis presque sûre que personne ne pourrait pousser Alec Sullivan à faire ce qu’il ne veut pas.
Comment avait-elle fait ça ? Comment avait-elle amené la conversation à un point où il ne pouvait pas discuter, même s’il ne voulait pas qu’elle ait raison ? Une chose était certaine : ils ne parleraient plus de ses parents.
Désignant l’avion, il déclara :
— C’était le premier achat de Gordon pour l’entreprise. En mode croisière de longue distance, il peut couvrir sept milles marins. À toute vitesse, il peut voler à Mack 0,925. Il savait que la taille et la vitesse du moteur, ainsi que l’intérieur luxueux, donneraient l’eau à la bouche aux PDG. Il avait raison. Quand nous sommes devenus assez importants, il a acheté cet avion pour lui-même.
Il attendit qu’elle insiste un peu plus sur son passé, qu’elle pose des questions sur la célébrité de son père comme tout le monde le faisait toujours, et il se prépara à esquiver ses questions sans y répondre. Mais elle demanda simplement :
— Comment se fait-il que Gordon sache autant de choses sur les avions ?
— Entre et je te le dirai.
Une semaine auparavant, elle n’aurait pas mis sa main dans la sienne aussi volontiers pour monter les marches avec lui. Une semaine avant, elle ne lui aurait pas fait confiance, elle n’aurait pas levé les poings pour le défendre. Une semaine auparavant, Gordon avait été là et Alec pleurerait toujours la perte de son ami.
Pourtant, une semaine auparavant, la vie d’Alec n’avait pas été aussi colorée… ni aussi remplie de la joie simple d’être avec quelqu’un qu’il appréciait. Qu’il appréciait beaucoup, en réalité.
— Cet avion irradie de puissance, de force.
Elle s’assit dans l’un des larges sièges en cuir.
— Et pourtant, il est confortable. Il ne me faut qu’un bon livre et une couverture dans laquelle me rouler en boule et je serai installée.
C’était une des seules femmes qui croyait vraiment pouvoir être heureuse sans rien de plus. Elle n’avait pas besoin de cadeaux de chez Tiffany. Elle n’avait pas besoin de conduire les voitures les plus chics ou manger dans les nouveaux restaurants. Même la facette cynique d’Alec ne pouvait pas nier qui Cordelia était vraiment.
— Il y a autre chose.
Il l’emmena à l’arrière, en direction de la salle de bains luxueuse.
— Il y a une douche dans l’avion ?
De toute évidence, elle était stupéfaite.
— J’ai l’impression d’être dans un de ces spas que j’ai vus à la télé.
— Attends de voir la chambre.
Il ignora délibérément la petite voix dans le fond de son esprit qui disait que l’y emmener n’était peut-être pas l’idée la plus intelligente.
— Si tu trouves que les sièges à l’avant étaient confortables, tu ne sortiras jamais du lit.
Elle s’émerveilla face à la chambre, qui avait une télévision incrustée dans le mur en face du lit et une œuvre d’art originale sur le mur à côté de celui-ci.
— Comment fais-tu pour qu’une chambre d’avion soit aussi confortable qu’un foyer ?
— C’est Gordon qui a tout fait. Il avait le talent pour ça.
Tout comme elle le faisait dans son cottage.
— Tu dois t’allonger sur le lit pour vraiment te rendre compte.
— Je parie que tu dis ça à toutes les filles, le taquina-t-elle.
— Je préfère laisser les bijoux faire la conversation, plaisanta-t-il en retour.
Puis, il sauta sur le lit, s’allongea avec un bras derrière sa tête et tapota l’espace vide à côté de lui.
— Ne sois pas timide. Il y a de la place pour deux.
— Il y a de la place pour toute une équipe de football américain, commenta-t-elle en riant.
Puis, elle plongea à côté de lui et émit un son de plaisir si intense que chaque jauge de désir en lui passa au rouge.
— Ce lit est le paradis.
Elle s’étendit comme si elle faisait un ange dans la neige.
— Tes clients doivent vouloir dire au pilote de continuer à faire des tours pour ne pas avoir à partir.
Il avait envie de plaisanter de nouveau, mais il ne pouvait pas. Pas quand il pouvait à peine s’empêcher de se placer sur elle et de lui montrer l’autre côté du paradis. La seule chose qu’il pouvait faire pour se retenir, c’était parler de Gordon.
— Il était pauvre avant que je ne le rencontre. Vraiment pauvre.
Elle cessa immédiatement de jouer sur le lit et elle s’allongea de côté pour croiser son regard.
— Je sais que je ne devrais pas me sentir mieux en sachant cela. Mais ça aide de savoir qu’il n’était pas déjà millionnaire quand il m’a fait adopter.
— Je ne vais pas faire semblant de savoir ce qu’il pensait quand tu es née, mais je suppose qu’il y a une bonne chance pour qu’il n’ait pas voulu que tu aies le même genre d’enfance que lui.
— Elle a été vraiment dure ?
Ses mots étaient à peine plus forts qu’un murmure.
— Il ne m’a jamais tout décrit.
Cependant Alec ne lui mentirait pas à propos de ce qu’il savait.
— Il m’en a suffisamment dit pour que je comprenne qu’il y avait de la violence. Et qu’il avait faim. Assez pour qu’il ne veuille plus jamais ressentir ces choses-là de nouveau.
Alec voulait la toucher pour s’assurer qu’elle allait bien après avoir entendu tout cela, or son contrôle de lui avait déjà été trop fragilisé par le fait de partager le lit.
— À ma connaissance, il n’avait pas plus de famille. Juste des parents avec lesquels il ne voulait pas de liens.
— Il devait adorer ta grande famille.
— Oui. Même s’il avait toujours l’air mélancolique quand il était avec ma sœur et mes cousines.
Alec n’avait pas compris pourquoi à l’époque, mais à présent, il savait que Gordon avait pensé à la fille qu’il n’avait pas osé élever.
— Je sais que ça pourrait avoir l’air fou, se lança Cordelia après quelques moments, mais le simple fait d’être dans son avion me donne l’impression de le connaître un peu maintenant. Plus que lorsque j’entendais tout le monde parler de lui à la cérémonie.
Elle regarda Alec dans les yeux, ne dissimulant pas ce qu’elle ressentait. Il était toujours stupéfait de voir qu’elle ne le faisait jamais. Qu’elle ne faisait jamais semblant. Qu’elle ne mentait jamais sur ses sentiments, même quand elle avait peur. Surtout pas quand elle avait peur.
— Maintenant, je sais qu’il aimait le luxe, poursuivit-elle, mais qu’il ne voulait pas être enfermé dans une cage dorée. Il aimait la force et le pouvoir, toutefois il n’avait pas besoin de traiter les gens de haut. C’était un homme efficace, qui se concentrait sur ce qui comptait, plutôt que de perdre son temps avec ce qui n’avait pas d’importance. Je crois…
Elle déglutit difficilement.
— Je crois qu’il aurait pu me plaire, Alec.
Sa respiration suivante la secoua, suffisamment fort pour que le lit vibre sous eux.
— J’aurais aimé le rencontrer.
Alec passa ses bras autour d’elle, se fichant désormais des dangers de partager un lit. Il lui caressa les cheveux, puis le dos, souhaitant désespérément l’apaiser. Il n’avait pas menti quand il avait dit à Cordelia qu’il ne se comportait ainsi avec personne d’autre. Et il ne pouvait pas agir différemment avec elle.
— Si je pouvais remonter dans le temps et faire en sorte que ce soit possible, répliqua-t-il, si je pouvais te donner autre chose que la certitude qu’il voulait que tes parents te donnent tout ce qu’il ne pouvait pas t’offrir, en particulier le bonheur, je le ferais.
Elle leva la tête de son torse et il vit que ses yeux étaient humides.
— Tu le ferais vraiment, pas vrai ?
Il lui aurait répondu avec des mots s’il avait pu le faire. Mais il ne put que lui donner un baiser. Le genre de baiser qu’il n’avait jamais donné à qui que ce soit d’autre. Un baiser rempli de désir. D’émotions. D’envie. Et un besoin puissant de soigner ses blessures.
La bouche de Cordelia rencontra la sienne avec tout autant de passion, d’émotion, d’envie. Ses lèvres étaient douces, mais féroces pendant qu’ils s’embrassaient. Elle se sentit tellement délicate dans ses bras, mais en même temps, elle était la femme la plus inébranlable qu’il ait jamais connue. Il la plaça sous son corps et elle se cambra à son contact, cédant si volontiers. À la perfection.
Personne ne lui avait jamais convenu de cette façon. Aucune autre femme n’avait jamais eu un goût aussi doux. Il leva la tête pour le lui dire, pour admettre qu’il était dépassé par la situation, cependant elle emmêla ses mains dans ses cheveux et attira à nouveau sa bouche contre la sienne avant qu’il ne puisse prononcer un mot.
— S’il te plaît, murmura-t-elle contre ses lèvres. S’il te plaît, n’arrête pas. J’en ai besoin. J’ai besoin de toi.
Il devrait arrêter sous peu. Peu importe à quel point il avait envie d’elle. Mais pas encore. Pas avant de lui donner ce dont elle avait besoin. Du plaisir pour remplacer la douleur, au moins quelques minutes. Il jura de ne rien prendre pour lui-même.
— Je sais ce qu’il te faut.
Il saisit le bord du t-shirt qu’elle portait en guise de robe, s’arrêtant pour caresser la peau douce de ses cuisses nues.
— Alec.
Son nom était à peine plus fort qu’un halètement irrégulier.
Elle n’était pas la seule à avoir le souffle coupé. Alec aussi. Uniquement à cause de ce que des adolescents auraient fait en se pelotant : toucher sa cuisse tout en l’embrassant n’était pas vraiment un pas de plus après le premier baiser.
Il avait envie de déchirer le t-shirt comme il avait déchiré sa robe la veille, il avait envie de briser tout ce qui se mettait entre lui et la peau nue de Cordelia, mais quelque part dans le fond de son esprit, il savait qu’elle aurait besoin de ces vêtements pour sortir de là devant ses employés et ses clients.
Cependant, il était presque impossible de garder le tissu intact tandis qu’il passait sa main de plus en plus haut sur sa cuisse. Elle trembla contre lui, le tenant plus près d’elle, l’embrassant plus fort à chaque centimètre. Il monta un peu plus. Plus près du paradis à chaque douce caresse de sa main sur la peau nue de Cordelia.
Chaque once de sa concentration était tournée vers son contrôle de lui. Mais quand il passa sur le dernier centimètre de peau, quand elle se cambra contre lui, quand ses doigts glissèrent sous le fin coton de sa culotte et qu’il la trouva chaude et humide, et tellement douce, le contrôle lui échappa.
Elle était devenue si précieuse si vite qu’il était déterminé à la protéger… Même s’il ne pouvait pas s’empêcher de l’emmener au moins sur une partie de son chemin sombre et désespéré. Il n’oublierait jamais ce moment, il n’oublierait jamais le plaisir, le cadeau de Cordelia s’ouvrant pour lui. Lui donnant quelque chose qu’il ne méritait pas, mais qu’il ne pourrait jamais regretter de prendre.
Elle enfouit son visage dans le creux de son cou, sa respiration irrégulière, haletant tandis qu’elle se frottait contre sa main, prenant ce qui aurait pu être de simples caresses de plaisir et les transformant en coups de pur bonheur tandis que le monde d’Alec se réduisait à cela.
À Cordelia.
À son odeur, celle d’un jardin même dans un avion.
À ses sons, ceux d’un plaisir libéré et éhonté tandis qu’elle montait de plus en plus haut dans ses bras.
À la sensation de son corps contre le sien, doux, fort et tellement sexy qu’elle lui donnait le tournis.
À son incroyable beauté, la rougeur de ses joues, le désir sauvage dans ses yeux tandis que chacun de ses muscles se raidissait, puis s’effondrait dans un bel orgasme.
Il dut l’embrasser à nouveau. Il avait besoin d’être là avec elle de toutes les manières dont il pouvait se le permettre. De longs moments plus tard, elle s’immobilisa avec un soupir qui ressemblait à du soulagement. Le même soulagement qu’il avait voulu lui apporter. Et pourtant, tandis qu’elle goûtait à l’extase dans ses bras, s’accrochant à lui pour surmonter le pic de plaisir, il sut qu’il avait rompu son vœu de donner à Cordelia sans rien prendre pour lui-même.
La vérité, c’était que le plaisir de Cordelia avait été autant pour lui que pour elle.
Le corps d’Alec palpita sous l’effet d’un plaisir inassouvi tandis qu’il caressait délicatement ses cheveux pendant qu’elle s’efforçait de reprendre sa respiration.
— Ça va mieux ?
Elle bougea légèrement dans ses bras pour pouvoir lever les yeux vers lui. Il aurait dû s’écarter d’elle et il s’obligerait à le faire sous peu, mais il ne parvint pas à s’empêcher de voler d’abord quelques secondes de plus pour sentir son corps doux et chaud sous le sien.
— Beaucoup mieux, confirma-t-elle.
Et il put voir au moins un moment que ses yeux avaient perdu cet éclat de douleur.
— Mais pourquoi est-ce que tu arrêtes ?
— Tu sais pourquoi.
Elle resta silencieuse un moment.
— Et si… Et si je te disais que ça n’a pas besoin de durer toute l’éternité ?
Bon sang, il voulait ce qu’elle lui proposait. Le désir le déchirait, littéralement. Mais ce n’était pas un monstre, en particulier quand il s’agissait de Cordelia.
— Je ne te croirais pas.
— Je ne me croirais pas non plus.
Et pourtant, ses grands yeux étaient encore remplis de plaisir, mais aussi d’impatience face à toute l’extase qui les attendait, si seulement ils pouvaient accepter de passer au niveau supérieur ensemble.
— Mais j’ai quand même envie de toi, Alec.
Son honnêteté continuait d’étourdir Alec. Et lui plaisait tout autant.
— J’ai envie de toi plus que de quiconque. Même maintenant, après m’être sentie si bien grâce à toi, j’ai encore envie de toi.
Il grogna, l’attira près de lui et la tint dans ses bras.
— Gordon nous a mis dans une sacrée situation, hein ?
— Oh, oui.
Elle le serra plus fort contre elle.
— Mais j’en suis ravie. Tu es l’ami dont j’ignorais avoir besoin, et maintenant, je n’imagine pas la vie sans toi.
En dépit des flammes qui faisaient rage en lui, des flammes qui ne pourraient jamais aller plus loin, il lui dit la vérité.
— Pareil pour moi.
Dans la situation la plus improbable, il avait trouvé une amie. Une belle amie honnête et il ne se le pardonnerait jamais s’il lui faisait du mal. Même s’il ignorait comment il allait rester loin d’elle, il s’obligea à dire :
— Demain sera le début d’une nouvelle semaine. Tout reviendra à la normale lundi.
Il le fallait. Il s’en assurerait. Il se reprendrait et il ferait le travail de deux hommes à S&W Aviation pendant la journée. Et le soir, il ne se permettrait pas de fantasmer sur le fait de défaire chaque couture des vêtements de Cordelia et de lui faire l’amour. Encore et encore et encore.
Il la sentit prendre une profonde inspiration, sut qu’elle se préparait pour ce nouveau départ et s’obligea à la laisser partir, alors même que les visions de tout le plaisir qu’ils pourraient avoir s’il s’accrochait à elle continuaient de le frapper les unes après les autres.
Elle tira le t-shirt sur ses cuisses en se redressant.
— Merci pour la visite. Et d’être là pour moi. De nouveau.
Ses joues étaient rouges lorsqu’elle le prononça, mais il était ravi qu’elle n’eût pas l’air gênée ou pleine de regrets face à ce qu’ils avaient fait.
— Tu as raison, tout doit revenir à la normale demain. Et ce sera le cas.
Elle leva le menton, redressa les épaules, comme si elle se préparait à faire en sorte que le plan ne fasse pas fausse route.
— Je devrais sûrement rentrer chez moi maintenant pour vérifier que tout va bien au magasin avant qu’ils ne ferment pour la journée.
— Bien sûr.
Il avait à peine repris le contrôle de son corps quand il se leva.
— Je vais te déposer.
Puis, il s’efforcerait de se souvenir que Cordelia était son amie et rien de plus… même si les sons, l’odeur et la sensation de son plaisir continuaient de résonner en lui.
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