Comme de l'amour dans l'air: La Famille Sullivan, New York, tome 5 (French Edition)
Chapitre Vingt-Quatre
— Tu trembles, dit Alec après avoir fermé la porte derrière eux.
Ils se tenaient debout au centre de la pièce.
Elle se demanda comment quelqu’un pouvait devenir aussi nécessaire que le fait de respirer. Aussi précieux que le soleil qui se levait. Aussi magique que la première floraison du printemps. Ses genoux semblaient déjà faibles, juste parce qu’elle était aussi proche de lui.
— C’est parce que j’ai tellement envie de toi.
— Moi, encore plus.
Il la taquina d’abord avec des mots sexy, puis en repoussant ses cheveux de ses épaules et en posant sa bouche sur le creux de son cou. Un baiser léger comme une plume qui fit faiblir encore plus ses genoux.
Elle dut s’accrocher à ses larges épaules tandis qu’il passait lentement ses lèvres sur son cou jusqu’à trouver le lobe de son oreille. Il la mordit délicatement et tout le corps de Cordelia fondit dans ses bras.
— Alec…
— J’adore la manière dont tu prononces mon nom, murmura-t-il dans ses cheveux. Répète-le.
La manière dont il déposait des baisers sur sa clavicule la fit s’extasier.
— Alec.
— C’est comme ça que je m’en souviendrai.
Il leva la tête pour qu’ils soient de nouveau face à face.
— Doux.
Un désir sombre illumina son regard.
— Et désespéré.
Bon sang, elle avait bien désespérément envie de lui lorsqu’elle posa ses mains de chaque côté de sa mâchoire avant d’attirer sa bouche vers la sienne. Il lui avait promis une nuit d’ébats amoureux inoubliables, mais elle ne pouvait pas attendre une seconde de plus avant de lui appartenir. Et de savoir qu’il était à elle, une dernière fois.
— S’il te plaît, soupira-t-elle en tirant sur son t-shirt et sur son jean pour essayer de les lui retirer. J’ai besoin de toi.
Heureusement, ses mots semblèrent déclencher quelque chose en lui, passant de la lenteur à la rapidité. Il lui retira sa robe et la fit descendre le long de son corps lorsqu’il rétorqua :
— J’ai besoin de toi aussi.
Ensuite, elle retira son soutien-gorge et sa culotte, jusqu’à être complètement nue pour lui.
— Tu me coupes le souffle, Cordelia.
Puis, il lui coupa le souffle aussi en saisissant ses seins pour pouvoir les lécher en même temps. Il aurait été si simple de se perdre dans cette sensation de bonheur. Mais même cela n’était pas suffisant pour satisfaire son envie de lui. Déchirant ses vêtements comme il avait déchiré les siens, elle retira son t-shirt et son jean jusqu’à ce qu’il soit glorieusement nu. Son pouvoir à peine maîtrisé était évident dans chaque muscle et tendon marqué.
Il la souleva pour qu’elle enroule ses jambes autour de sa taille.
— Accroche-toi à moi. Ne me lâche pas.
Avant qu’elle ne puisse lui dire qu’elle ne voulait jamais le laisser partir, il la pénétra d’un grand coup de son corps contre le sien et elle cria sous l’effet du plaisir. Il resserra sa prise sur ses hanches. Les muscles de ses bras se gonflèrent lorsqu’il la baissait et la soulevait à un rythme sensuel à couper le souffle et avec une passion débridée. Puis, ils tombèrent sur le lit, ils roulèrent dans un enchevêtrement de membres et de désir jusqu’à ce qu’elle soit à califourchon sur lui.
— Lâche prise pour moi, Cordelia. Ne te retiens pas.
Elle n’aurait pas pu se retenir, même si elle l’avait voulu. Car rien n’avait jamais été aussi bon. Ou aussi doux-amer quand il écrasa sa bouche sur la sienne au moment même où l’orgasme se libéra en elle. Chaque partie d’elle prit feu tandis qu’elle était secouée par les explosions qu’Alec déclenchait avec ses mains, sa bouche, son corps fort tout autour d’elle.
Puis, il cria son nom, l’air émerveillé. Et, pour un moment, il sembla en paix.
* * *
Alec était allongé dans la baignoire à pied en griffe dans le coin, près de la fenêtre, et Cordelia était blottie contre son torse. Il prenait un grand plaisir à passer ses mains sur les bulles qui couvraient sa peau douce.
— C’est tellement agréable, murmura-t-elle. Être décontractés un moment.
— La fête d’anniversaire doit te prendre tout ton temps libre.
— Ça a été amusant de travailler dessus, lui apprit-elle. C’est trouver quoi faire avec tout l’argent de Gordon qui me fait tourner la tête.
— Les conseillers que je t’ai recommandés ne t’ont pas aidée ?
— Si. Mais en réalité, je réfléchis à autre chose depuis un moment. Étant donné que je ne pensais pas avoir l’argent sous peu, j’avais abandonné l’idée.
— Gordon ne t’a pas légué son argent pour que tu fasses don de tout.
Alec enlaça ses doigts avec les siens et les regarda flotter ensemble sur l’eau.
— Je te promets qu’il serait ravi de savoir qu’il a pu t’aider à aller de l’avant avec ton entreprise.
Il blottit son nez contre le côté du cou de Cordelia.
— Alors, quelle est ton idée ?
— Tu sais que je pensais faire croître le centre de jardinage en organisant plus de fêtes et d’événements dans la grange, pas vrai ? Eh bien, en Angleterre, les centres de jardinage ont souvent des restaurants sur place.
Il entendait l’enthousiasme dans sa voix.
— J’ai lu beaucoup de choses à ce sujet, en particulier sur un centre à l’extérieur de Londres qui s’appelle Petersham Nursery. Ça a l’air incroyable.
— Je suis allé y déjeuner deux fois.
Face à son regard incrédule, il expliqua :
— J’ai un cousin qui vit près de la pépinière, à Richmond.
— Il y a vraiment des Sullivan partout, pas vrai ? l’interrogea-t-elle en riant.
— Tu ne peux pas jeter une pierre sans toucher l’un d’entre nous, plaisanta-t-il. Petersham est un endroit génial. Tes clients adoreraient quelque chose comme ça dans ton centre de jardinage. Je parie que les gens viendraient même de la ville pour le voir.
Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait profondément enthousiaste. C’était la même sensation qu’il avait ressentie quand Gordon et lui avaient fondé S&W Aviation de zéro.
— Tu pourrais facilement installer une sorte de serre où les gens pourraient s’asseoir. Une serre avec un toit rétractable pour que tu puisses l’ouvrir lors des jours ensoleillés. Et tu pourrais construire une cuisine à l’arrière. Et proposer des menus en fonction de ce que tu produis pour que ça épate les papilles gustatives des gens et qu’ils se ruent vers ta caisse après le déjeuner pour acheter des graines et des pousses. Tu dois le faire, Cordelia.
— C’est ce que je n’arrête pas de me dire, répondit-elle. Cependant, j’ai un gros problème.
— Je suis sûr que ce n’est rien que nous ne puissions pas régler ensemble. Quel est le problème ?
— Je ne connais qu’un cuisinier que je veuille engager. Mais je ne suis pas sûre qu’il soit intéressé par mon petit centre de jardinage.
— Si ce n’est pas le cas, c’est un imbécile. Donne-moi son nom et je le convaincrai de le faire.
Elle bougea légèrement dans la baignoire pour pouvoir le regarder dans les yeux.
— Il s’appelle Alec Sullivan.
Pendant un long moment, le cerveau d’Alec ne parvint pas à intégrer les mots.
— Je ne suis pas cuisinier.
— Nous savons tous les deux que c’est faux.
Elle laissa l’eau la ramener contre lui. Elle prit ses mains dans les siennes, enroula les bras d’Alec autour de sa propre poitrine et bâilla.
— Tu es un oreiller de bain parfait aussi.
D’autres personnes qui voulaient obtenir quelque chose de lui auraient insisté. Mais Cordelia savait que planter une graine était suffisant pour le faire réfléchir, planifier et rêver d’avoir un restaurant au milieu de son jardin.
Elle posa sa joue sur son épaule et ferma les yeux. Le clair de lune filtra dans la pièce, illuminant le beau visage de Cordelia. Il voulait en mémoriser chaque trait : la courbe épaisse de ses cils au-dessus de ses pommettes, ses lèvres pulpeuses et roses, la courbe de son oreille.
Elle bâilla à nouveau, les yeux encore fermés, lorsqu’elle admit :
— Je n’ai pas bien dormi cette semaine.
— Moi non plus.
Car son lit avait semblé trop grand. Trop vide. Et chaque fois qu’il y était monté et qu’il avait fermé les yeux, des pensées et des visions de Cordelia s’étaient immiscées en lui avant qu’il ne puisse les en empêcher.
Il avait eu l’intention de lui faire l’amour toute la nuit, pour ne pas gâcher une seule minute du temps qu’il leur restait ensemble pour dormir. Mais les cernes sombres sous les yeux de Cordelia et le fait qu’elle ne parvenait clairement pas à garder les paupières ouvertes poussèrent Alec à changer d’avis. Quand l’eau commença à se refroidir, il la sortit de la baignoire en la soulevant dans ses bras, il l’enroula dans une serviette blanche et épaisse, puis il la porta jusqu’au lit, non loin de là.
Faire l’amour avec Cordelia était renversant, mais étonnamment, pouvoir la serrer dans ses bras toute la nuit pendant qu’elle dormait contre lui était encore plus agréable.
Il la posa sur les draps frais qui sentaient la lavande et même si elle avait encore les yeux fermés, elle tendit les bras vers lui, prononçant son nom d’une voix endormie. Il se sécha rapidement, puis monta sur le lit, l’attira contre lui et se délecta de la sensation de son corps fort et plantureux contre le sien.
Des mots qu’il aurait aimé pouvoir lui dire et des promesses qu’il donnerait n’importe quoi pour lui faire s’amassèrent sur le bout de sa langue.
Mais l’amour et le mariage n’avaient signifié qu’une chose pour Alec : la souffrance. Et il ne supportait pas l’idée de faire souffrir Cordelia comme ses parents s’étaient fait souffrir l’un l’autre. Elle bougea dans ses bras comme si elle ne parvenait pas à se rapprocher suffisamment de lui. Lorsqu’il la serra davantage contre lui, elle émit un son joyeux dans son sommeil. Un son qui provoqua une émotion si forte en lui que sa poitrine se serra.
Heureusement, ils n’avaient pas à se dire adieu le lendemain matin. Ils pourraient finir par travailler ensemble à l’avenir, après tout, pourquoi pas dans le centre de jardinage de Cordelia plutôt que dans l’entreprise d’aviation d’Alec. Et il avait l’intention d’être son ami pour toujours.
Cela devrait suffire.
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