Comme de l'amour dans l'air: La Famille Sullivan, New York, tome 5 (French Edition)

Chapitre Seize

 

 

Cordelia était surchargée d’émotions. De nouveau.

Elle avait été bouleversée si souvent au cours de la semaine précédente, pourtant voler avec Alec avait touché quelque chose en elle dont elle ignorait l’existence. Elle avait toujours été heureuse dans sa petite ville, dans son petit jardin, avec sa petite famille. Mais s’élever dans le ciel bleu et lumineux, voler au-dessus des lacs, des rivières, des villes, des parcs et des gens dans un avion historique lui fit soudain réaliser qu’il y avait quelque chose de plus. Quelque chose de plus à explorer, à vivre, et pour lequel prendre des risques.

Elle avait envie d’Alec avec une férocité qui brisa son désir de la veille en mille morceaux.

— J’ai besoin de toi, murmura-t-elle contre sa bouche. J’ai besoin que tu me prennes. Et j’ai besoin de te prendre aussi.

Elle l’embrassa à nouveau, raffermissant sa prise sur lui avec ses bras et ses jambes. Elle ne pouvait pas se rassasier de lui.

— Maintenant.

Il commença à bouger, marchant avec elle vers ce qu’elle espérait être un endroit privé où ils pourraient être ensemble à nouveau. Elle avait besoin de célébrer avec lui. De se réjouir de la manière dont il venait de lui ouvrir les yeux à tant de merveilles qu’elle explosait presque.

Mais au lieu de l’emmener dans le petit aéroport, il ouvrit la portière d’une limousine et la glissa sur la plage arrière.

— Merci d’être venu nous chercher, déclara Alec à l’homme assis derrière le volant. Nous allons à la plage de Watch Hill.

Même si le comté de Westchester n’était qu’à deux heures en voiture de Fire Island, Cordelia n’y était jamais allée avec sa famille. Comme si elle avait gardé ce moment pour Alec. Elle essaya de se montrer enthousiaste pour leur voyage, cependant ce n’était pas facile quand elle avait tellement espéré qu’il leur trouverait un endroit tranquille où ils pourraient se dévorer l’un l’autre.

Ses pensées s’interrompirent quand une séparation sombre commença à monter derrière le conducteur. Alec appuya sur un bouton sur le plafond où était écrit « HAUT-PARLEUR ».

— Mon amie et moi devons parler de certaines choses, annonça-t-il au chauffeur, alors si nous arrivons avant que notre conversation soit terminée, inutile de venir nous ouvrir la portière. Nous vous préviendrons quand nous serons prêts à sortir du véhicule.

Alec retira son doigt du bouton et se tourna vers elle.

— Il ne peut plus nous voir. Et à moins que j’appuie de nouveau sur le bouton, il ne peut pas nous entendre non plus.

Les battements du cœur de Cordelia accélérèrent tandis qu’il avançait vers elle, la poussant contre le siège pour qu’elle soit allongée dessus avant de se placer sur elle.

— Il ne va pas…

Ses mots l’abandonnèrent temporairement quand Alec commença à déboutonner la robe qu’elle avait portée pour la conférence de presse. Bon sang, elle n’avait jamais eu autant envie de quelque chose. Elle n’avait jamais eu autant envie de quelqu’un. Mais elle n’avait jamais fait l’amour ailleurs que dans un lit non plus, mis à part leurs fantastiques galipettes dans la douche et dans la cuisine la veille.

— Il ne va pas savoir ce qu’on fait ?

Même si les yeux d’Alec se tournèrent vers son visage, ses doigts continuèrent de déboutonner sa robe.

— Si.

Il écarta le tissu soyeux pour découvrir entièrement son soutien-gorge.

— Qu’est-ce que ça te fait ressentir ?

Il se pencha en avant et déposa un baiser sur la chair qui gonflait au-dessus du coton.

— Est-ce que ça te dérange ?

Puis, il embrassa son autre sein.

— Ou est-ce que ça t’excite ?

Avant de rencontrer Alec, elle aurait été certaine de sa réponse. Elle aurait été trop gênée. Elle aurait craint de faire trop de bruit ou que le chauffeur lui adresse un regard entendu quand elle sortirait du véhicule. Pourtant avec Alec, elle pouvait enfin admettre la vérité.

— Ça m’excite.

Les mots murmurés avaient à peine franchi ses lèvres quand il écrasa sa bouche sur la sienne de nouveau avant de presque déchirer sa robe.

Elle avait cru avoir eu désespérément envie de lui juste après le vol, quand elle avait sauté dans ses bras. Toutefois ce désir n’avait rien à voir avec la voracité qu’elle ressentait à ce moment-là. Comme si la seule raison pour laquelle elle pouvait respirer, la seule raison pour laquelle son cœur pouvait encore battre, c’étaient les bras d’Alec autour d’elle.

La tête lui tournait à cause de ses baisers quand il l’allongea sur le siège, complètement exposée à sa bouche, ses mains et son regard torride.

— Cordelia.

Elle adorait la manière dont il répétait son nom entre deux baisers, entre deux caresses fébriles de ses mains sur ses courbes.

— Mienne.

Elle se cambra pour offrir sa poitrine à la bouche d’Alec. Les mains de celui-ci étaient entre ses cuisses, le plaisir l’emmenait déjà si haut qu’elle vacillait sur le bord de l’orgasme. Et quand il caressa sa peau excitée, puis qu’il enfonça ses doigts profondément en elle, l’orgasme la frappa si fort qu’elle oublia qu’ils étaient dans une limousine avec un chauffeur à quelques dizaines de centimètres d’eux. La bouche d’Alec recouvrit la sienne et avala ses gémissements de plaisir.

Elle ne s’était jamais sentie aussi dévergondée. Aussi coquine. Avant de revenir sur Terre et de réaliser qu’Alec l’embrassait entre les seins, sur son ventre, avant de la déplacer pour qu’il puisse écarter délicatement ses cuisses et poser sa bouche entre elles.

Dès qu’il avait fait monter le séparateur de la vitre, elle avait su qu’ils allaient faire l’amour dans la limousine. Mais tandis que sa langue glissait sur elle, tandis qu’elle agrippait les épaules d’Alec et que ses hanches ruaient contre la bouche de celui-ci, tandis qu’elle le suppliait de lui en donner toujours plus, elle ne put s’empêcher de se demander qui était la femme sur la plage arrière. Cette femme qui était motivée non seulement par le désir, mais aussi par le frisson de nouvelles expériences, les unes après les autres. Avec le seul homme en qui elle imaginait avoir confiance pour lui montrer ce tout nouveau monde.

Puis, toutes les pensées disparurent tandis qu’un autre orgasme la submergeait. Encore plus fort et plus beau que le précédent, c’était une jouissance qu’elle n’avait jamais connue auparavant. L’extase continua encore et encore tandis qu’il vénérait le corps de Cordelia avec sa bouche, ses mains… tandis qu’il s’assurait que chaque seconde qu’elle passait dans ses bras était plus merveilleuse que la précédente.

* * *

Alec arracha ses propres vêtements, sachant qu’il agissait comme un fou, mais il était incapable de s’arrêter et réticent à le faire.

Il n’avait jamais ressenti cela auparavant. On aurait dit qu’il n’était que la moitié d’un tout et que le seul moyen d’être entier était d’être avec Cordelia. Comme s’il pouvait à peine résister avant le moment où ils seraient enfin ensemble, aussi proches que possible.

Il ne pouvait pas se rassasier de sa peau douce, des sons délicieux qu’elle émettait quand il trouvait l’endroit exact avec ses mains et sa bouche, la manière dont elle rougissait et dont elle se réchauffait de la tête aux pieds quand elle se détendait sous ses mains et sa bouche. La satisfaction le submergea en voyant à quel point elle avait envie de lui, mais même si elle criait son nom et que le plaisir la faisait fondre à son contact, cela n’était pas suffisant. Cela n’était pas du tout suffisant.

Le cœur d’Alec battait rapidement, ses mains tremblaient sous l’effet de son envie désespérée de toucher, de posséder, de réclamer, tandis qu’il se débarrassait du reste de ses vêtements. Il mit un préservatif et s’agenouilla sur la moquette de la limousine. Il enroula les jambes de Cordelia autour de sa taille, puis passa ses mains sur ses hanches et la pénétra profondément. Si profondément qu’ils eurent tous les deux le souffle coupé.

Pourtant, alors même qu’il prenait plus de plaisir que jamais, quelque chose lui dit que même cela pourrait bien ne pas être suffisant. Pour le rassasier. Pour le satisfaire. Pour faire en sorte qu’il n’ait pas toujours plus envie de Cordelia.

Forte et souple, elle se donnait tout autant à lui. Ses membres forts s’agrippaient à lui tandis que leurs langues dansaient, leurs bouches aussi chaudes, humides et avides que le reste.

Tandis que leurs peaux glissaient l’une contre l’autre et que le plaisir montait le long de la colonne vertébrale d’Alec, sa respiration accéléra et devint irrégulière. Leurs ébats amoureux étaient sauvages, bruts. Et non seulement Cordelia suivait le rythme, mais elle lui en demandait aussi davantage. Elle le suppliait de lui donner un bel orgasme une fois de plus.

Ils jouirent ensemble, tellement perdus l’un dans l’autre que lorsque la limousine tourna au coin d’une rue, ils tombèrent du siège. Allongés sur le sol, leurs bras et leurs jambes emmêlés, Alec sentit ses poumons brûler comme s’il venait de faire un tour de piste. Après un moment, il réalisa que le véhicule s’était arrêté et que le moteur semblait éteint.

Se tournant légèrement pour que le poids de Cordelia soit sur lui, il lui caressa les cheveux.

— Nous sommes arrivés.

Elle rit, ses seins nus rebondissant contre le torse d’Alec lorsqu’elle répliqua :

— Oh oui.

Elle leva le visage pour lui sourire.

— C’était mieux qu’incroyable.

Elle éclata d’un joyeux petit rire.

— Encore mieux que le vol.

Il savait qu’ils devraient se lever et remettre leurs vêtements. Il n’avait jamais été du genre à traîner au lit avec une femme après des ébats amoureux qui avaient été satisfaisants pour tout le monde. Il avait toujours détesté être lié à ses partenaires temporaires plus que nécessaire.

Sauf qu’avec Cordelia, c’était tout le contraire : l’idée de s’écarter d’elle l’irritait.

Finalement, ce fut la raison pour laquelle il s’éloigna d’elle. Pour eux deux : ils devaient maintenir leur relation amusante et amicale.

Et rien de plus.

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