Comme de l'amour dans l'air: La Famille Sullivan, New York, tome 5 (French Edition)

Chapitre Vingt-Six

 

 

Alec cuisina et servit le plat principal avec une concentration totale. De nombreux membres de la famille passèrent la tête dans la cuisine à un moment ou un autre pendant le dîner, mais il n’accepta l’aide de personne, pas même celle de Cordelia. Cinq minutes avec elle et elle lui ferait avouer que son père était venu le supplier de se réconcilier, et qu’Alec avait piétiné ses souhaits.

Depuis une heure, les mots qu’elle lui avait dits dans son appartement deux semaines auparavant s’étaient rejoués dans sa tête. Je n’ai jamais eu l’occasion de connaître Gordon, mais ton père est encore là. Tu ne veux pas au moins essayer d’arranger les choses tant que tu le peux ?

Et en réalité, Alec n’était pas vraiment fier de lui tandis qu’il fouettait une autre portion de sauce au poivron et aux noix de cajou. Quand le dîner serait terminé, qu’ils auraient servi le gâteau et que le groupe aurait commencé à jouer, il pourrait peut-être faire une folie, comme s’obliger à trouver son père et ouvrir le dialogue. Pas complètement, mais suffisamment pour que William sache qu’il était enfin prêt à essayer d’écouter.

Soudain, un cri résonna dans la salle du dîner. Un cri qui poussa Alec à laisser tomber sa spatule et à se ruer dans la grange.

Son père n’était plus à sa place d’honneur. Au lieu de cela, il était allongé par terre et Suzanne lui arrachait sa chemise et sa cravate. Elle avait déjà commencé à lui faire un massage cardiaque quand Alec tomba à genoux à côté d’eux.

— Papa.

Alec saisit la main de son père tout en se détestant lui-même. Où avait-il eu la tête ? Comment aurait-il pu ignorer les signes dans la cuisine, le teint gris de William, la couche de sueur sur sa peau ?

— Est-ce que tu m’entends ?

— Il est inconscient.

Harry était à genoux de l’autre côté de leur père avec Drake.

— Il fait un arrêt cardiaque. Nous avons appelé les urgences.

Sous peu, des sirènes retentirent à l’extérieur de la grange et des secouristes entrèrent en courant pour attacher William à un brancard à roulette et lui mettre une intraveineuse. Il reprit ses esprits juste assez longtemps pour avaler une aspirine et pour voir Alec debout à ses côtés. Puis, les secouristes l’emmenèrent dans l’ambulance.

— Je dois aller à l’hôpital avec lui, insista Alec. Il doit savoir que je suis avec lui à tout moment.

Personne ne discuta et Alec entra à l’arrière de l’ambulance alors que Harry, Suzanne et Drake disaient qu’ils les suivraient en voiture.

Il était assis à côté du brancard et il prit la main de son père. Alec remarqua à quel point leurs mains étaient similaires, avec des paumes larges et de longs doigts. Mais il y avait des taches sombres et des rides sur la peau de son père. Dans l’esprit d’Alec, son père était encore le même homme que trente ans auparavant, quand la tragédie avait frappé leur famille. Sauf que quelque part en chemin, William Sullivan avait vieilli.

Alec n’avait pas pu arrêter le temps, mais il avait été déterminé à maintenir à distance le pardon et la compréhension comme si le temps s’était effectivement arrêté. Pendant trois décennies, il avait laissé la colère et la culpabilité s’envenimer. En lui-même et entre eux deux.

Dans quel but ? se demanda-t-il soudain. Pour qu’il puisse perdre son père avant qu’ils aient eu l’occasion de se connaître ?

Non. Son père ne pouvait pas mourir. Il ne pouvait pas disparaître comme Gordon. Comme sa mère.

Pas quand il y avait encore tant de choses à régler entre eux.

Pas quand Alec s’était si mal comporté envers lui pendant si longtemps.

Pas quand il n’avait jamais donné une seconde chance à son père pour qu’il agisse comme tel.

Pas quand il ne s’était jamais donné l’occasion d’être un fils.

Le choc. La peur. La frustration. Une multitude d’émotions tourbillonnèrent en lui. Mais à sa grande surprise, une émotion s’éleva au-dessus de toutes les autres.

L’espoir.

Alec n’avait jamais autant espéré quoi que ce soit. Il n’avait jamais souhaité, il n’avait jamais prié, il n’avait jamais négocié avec autant de détermination. Pour que son père s’en sorte. Mieux. Plus fort.

Alec donnerait n’importe quoi, il renoncerait à chaque centime, pour que son père s’en sorte.

Il pensait avoir appris longtemps auparavant qu’espérer était inutile. Cependant il ne pouvait plus y croire. Il refusait d’y croire. Les espoirs et les prières étaient tout ce qu’il avait à présent, et bon sang, il allait leur donner tout ce qu’il avait.

— Ça va aller.

La voix d’Alec était brute, crue.

— Il le faut. Je ne te laisserai pas, Papa.

Sa voix se brisa quand il dit « Papa ».

L’ambulance s’arrêta devant le service des urgences et le personnel de l’hôpital ouvrit brusquement les portes. L’un de ses frères et sœurs avait déjà appelé pour donner les informations de William et la médecin avait l’intention de l’emmener immédiatement dans le laboratoire de cathétérisme pour l’opérer afin de faire gonfler un ballon qui dégagerait l’obstruction de son cœur.

Ils durent séparer de force la main d’Alec de celle de son père. Il ignorait combien de temps il était resté debout sur place après leur départ, la peur s’agrippant à sa poitrine si fort qu’il pouvait à peine respirer.

Il sentit une main sur son bras.

— Alec.

La douce voix de Cordelia était la seule chose pouvant l’apaiser un peu.

— Les secouristes ont amené ton père ici en un temps record et il est entre de bonnes mains. La chirurgienne s’est occupée d’un collègue de mes parents qui n’arrête pas de chanter ses louanges.

— Il a essayé de me parler dans la cuisine, admit Alec.

Il avait besoin qu’elle sache tout ce qu’il s’était passé. Il devait avouer ce qu’il avait fait à voix haute.

— Mais je ne voulais pas l’écouter. Je ne l’ai même pas laissé me remercier pour ce soir. J’aurais dû arrêter de servir cette fichue salade et le laisser parler. Tu avais raison, j’aurais dû lui donner une chance. Mais je ne l’ai pas fait.

Alec n’avait jamais été aussi maussade.

— S’il meurt, ce sera ma faute.

* * *

— Alec, non.

Cordelia lui prit la main et l’emmena dans un petit jardin de méditation à côté de la salle d’attente. Il y avait de grandes fenêtres le long du mur extérieur, les médecins pouvaient donc facilement trouver Alec s’ils avaient besoin de lui. Tout comme ses frères et sœurs, qui arriveraient d’une seconde à l’autre. Mais avant qu’ils n’arrivent, ils devaient parler en privé.

— Ton père est un homme très fort, lui assura-t-elle d’une voix ferme. Il va s’en sortir. Et quand il s’en sera sorti, la dernière chose qu’il voudra entendre, c’est que tu culpabilises pour ce qu’il s’est passé. Je sais que tu es sous le choc maintenant, et que tu as peur. Mais je ne vais pas te laisser assumer cette responsabilité. Aucun de nous ne te laissera faire.

La fermeté de ses mots le poussa à la regarder.

— Il ne le sait pas, Cordelia.

Le cœur de celle-ci se brisa en entendant le chagrin dans sa voix.

— Il ne sait pas que je l’aime.

— Il le sait.

— Comment pourrait-il le savoir ? Quand il nous a dit que Maman était morte, j’ai lui crié « Je te déteste » sans cesse. C’est la dernière chose qu’il a sue de moi. Que je le détestais. Car je n’ai rien laissé changer depuis que j’avais cinq ans.

— Je te promets qu’il ne peut pas penser que tu le détestes. Il a dû comprendre pourquoi tu l’as dit, car tu venais de perdre ta mère de la pire des manières possibles. Et il n’a pas pu t’en vouloir. Aucun père ne t’en aurait voulu.

— J’ai passé les trente dernières années à m’assurer qu’il ne l’oublie pas.

— Non, répéta-t-elle avec encore plus d’assurance. Tu as passé les trente dernières années à faire de ton mieux, tout comme lui. Je n’ai passé que deux heures avec ton père à Summer Lake, mais il ne m’a pas fallu plus de quelques secondes pour savoir qu’il t’aimait. Et qu’il n’a jamais perdu l’espoir que vous puissiez vous réconcilier.

Les larmes qui coulèrent des yeux d’Alec pendant qu’elle parlait lui indiquèrent que c’était exactement ce qu’il voulait.

Elle enroula ses bras autour de lui et le serra contre elle. Sous peu, elle savait que sa famille aurait besoin qu’il soit avec eux dans la salle d’attente, leur grand frère qui les unissait toujours. Contre vents et marées. Dans les bons et les mauvais moments. Ils pouvaient compter sur Alec pour les réunir.

— Reste, lui demanda-t-il.

Elle le serrait si fort que sa demande résonna de la poitrine d’Alec à la sienne.

— S’il te plaît.

— Je ne vais pas te laisser, lui promit-elle. Je ferai tout ce dont tu auras besoin. Tu peux compter sur moi, quoi qu’il arrive.

* * *

Alec et Cordelia restèrent assis avec Harry, Suzanne, Roman, Drake et Rosa dans la salle d’attente. Après avoir discuté des détails de l’opération, ils patientaient tous en silence. Attendant des nouvelles. Attendant que la médecin sorte et leur dise que tout irait bien.

Tante Mary était encore à la grange, canalisant et réconfortant plus de cent membres de la famille Sullivan et amis de celle-ci qui s’inquiétaient pour William. Si quelqu’un était de taille à le faire, c’était Mary.

Tout comme Cordelia était de taille à s’assurer que ses frères et sœurs et lui avaient tout ce dont ils avaient besoin tandis qu’ils montaient la garde dans la salle d’attente. Elle était allée chercher du café, du soda et de l’eau pour tout le monde au cours des dernières heures. Mais quand elle alla remplir la tasse de café de Harry, Alec lui prit la main et l’assit sur son siège. Il voulait qu’elle reste avec lui. Sa main dans la sienne. Sa douce voix l’apaisant.

— Nous n’avons besoin de rien.

Mis à part elle. Il avait besoin d’elle. Car elle était sa ligne de vie, son roc, la seule personne qui pouvait l’atteindre ce soir-là.

Elle enroula ses bras autour des siens, puis elle posa sa tête sur son épaule. Et pendant un bref moment, un petit rayon de lumière brilla dans l’obscurité. Juste parce qu’il savait qu’il n’avait pas à subir tout cela seul.

Ses frères, sa sœur et ses cousins étaient là pour lui aussi. Mais Cordelia n’était pas à ses côtés parce qu’ils étaient liés par le sang ou par l’histoire de leur famille. Elle avait choisi d’être avec lui, d’être son amie, d’être à ses côtés même quand les choses allaient mal.

Il avait presque avoué qu’il l’aimait à Tanglewood, pendant que James Taylor chantait encore « Fire and Rain ». Mais il avait été tellement ébahi par ce qu’il ressentait qu’il s’était obligé à trouver un million de raisons rationnelles pour lesquelles l’amour ne pouvait pas avoir de sens dans sa vie. Qu’il était destiné à lui faire du mal comme son père en avait fait à sa mère. Qu’il ne pouvait pas supporter l’idée de lui faire espérer une éternité ensemble qui n’aurait pas lieu. Étant donné qu’il était incapable de changer son passé sombre, il pensait qu’un avenir maussade était aussi écrit dans la roche.

Soudain, à ce moment-là, il réalisa qu’il gâchait les choses avec Cordelia comme il l’avait fait avec son père.

Que faudrait-il pour qu’il accepte ses véritables sentiments pour elle ? Un accident horrible ? Une autre salle d’attente d’hôpital ? Ou serait-ce le jour où elle renoncerait enfin à lui et où elle trouverait un homme qui n’avait pas peur de l’aimer comme elle le méritait ?

Gordon avait donné le cadeau ultime à Alec en faisant entrer Cordelia dans sa vie. Il pouvait enfin voir que peu importe son passé, seul un imbécile complet ne saisirait pas un avenir avec elle à deux mains. Et ne lâcherait pas prise même quand ses souvenirs sombres et les cauchemars de son enfance essayaient de lui arracher Cordelia.

— Cordelia.

Il se fichait qu’ils soient assis dans la salle d’attente, entourés par sa famille. En réalité, il était ravi que Harry, Suz et Drake soient là. Il était content qu’ils puissent tous entendre ce qu’il avait à dire.

— Il faut que je te dise quelque chose. Ici. Maintenant.

Elle leva la tête de l’épaule d’Alec et se tourna pour être face à lui.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

— Je…

— La famille de William Sullivan ?

La médecin qui avait opéré son père entra dans la salle d’attente et ils bondirent tous sur leurs pieds.

— Oui, répondit Harry. Nous sommes la famille de William Sullivan.

La médecin leur sourit.

— Je suis très heureuse de vous informer que l’intervention s’est bien passée. Votre père va devoir prendre soin de lui un moment et arrêter de manger des hamburgers, annonça-t-elle en souriant, mais je sais reconnaître un battant quand j’en vois un. Et ce n’est pas étonnant, avec ses enfants qui attendent tous qu’il soit au sommet de sa forme de nouveau. Je suis sûre que vous avez des questions et je serai ravie d’y répondre. J’aimerais installer William dans la salle de réveil d’abord, puis je reviendrai pour discuter.

— Quand pourrons-nous le voir ? demanda Alec.

— Laissons-lui quelques heures pour se remettre de l’anesthésie et nous verrons s’il peut recevoir une courte visite.

Les gens avaient tendance à dire que l’argent pouvait acheter le bonheur, mais Alec aurait été ravi de donner chaque centime en sa possession pour pouvoir s’asseoir au bord du lit de son père et veiller sur lui jusqu’à ce qu’il se réveille.

— Je lui ai promis que je serais à ses côtés quand il se réveillerait, l’implora Alec.

La médecin devait comprendre à quel point cela était important.

— Je dois être avec lui dans la salle de réveil, pas dans quelques heures, mais maintenant.

Elle semblait sur le point de refuser, toutefois au dernier moment, elle hocha la tête.

— Juste vous. Et seulement si vous restez silencieux et que vous ne nous gênez pas.

Il était très rare que des gens donnent des ordres à Alec Sullivan, car il était toujours l’homme le plus puissant de la pièce. Mais il était plus que ravi d’obéir à la médecin.

Le baiser qu’il donna à Cordelia avant de sortir de la salle d’attente était le baiser de l’espoir renouvelé. Et, même s’il n’avait pas encore eu la chance de prononcer le mot, c’était le baiser de l’amour.

* * *

Cordelia posa ses doigts sur ses lèvres, qui fourmillaient après le baiser surprise d’Alec. Tout le monde faisait de son mieux pour ne pas la mettre mal à l’aise en la fixant du regard, toutefois elle savait qu’ils étaient tous plus qu’un peu surpris par le comportement d’Alec.

— Je suis tellement ravie que votre père aille bien.

Cordelia serra Suzanne dans ses bras, puis Harry et Drake. Quand tout le monde se rassit, ils étaient beaucoup plus détendus grâce aux bonnes nouvelles que leur avait données la médecin.

— Papa sera ravi de voir Alec dans la pièce avec lui quand il se réveillera, supposa Harry. Il saura ce que ça signifie, que c’est le rameau d’olivier qu’il attendait.

— Avec un peu de chance, c’est mieux que ça, déclara Drake. Avec un peu de chance, Alec ne va pas seulement enfin l’écouter, mais lui parler aussi.

— Pour la première fois, Alec avait l’air de vouloir parler.

Suzanne regarda Cordelia.

— Et pas seulement de Papa.

Cordelia était encore rouge après le baiser qu’Alec lui avait donné et parce qu’elle avait eu hâte d’entendre ce qu’il avait été sur le point de dire quand la médecin était entrée. Il avait eu l’air tellement sérieux. Tellement déterminé. Et pourtant, en même temps, il avait semblé complètement vulnérable, comme s’il avait enfin retiré son armure.

Les frères et sœurs d’Alec savaient que Cordelia et Alec étaient amis. Mais elle était presque sûre qu’aucun d’eux n’avait deviné qu’ils avaient aussi couché ensemble. Pas avant qu’il ne l’embrasse devant eux.

— Je tiens à Alec, avoua-t-elle doucement. Je tiens beaucoup à lui.

Il aurait peut-être été plus simple de garder le silence, mais ils l’avaient accueillie dans leur cercle familial et elle voulait être aussi honnête envers eux qu’elle ne l’avait été envers leur frère.

— Je sais que vous ne serez pas surpris d’entendre qu’il est devenu mon meilleur ami. Il est toujours là pour moi et je veux être là pour lui aussi.

Elle s’obligea à regarder les frères et sœurs d’Alec dans les yeux.

— Mais si vous espérez qu’il ait changé d’avis à propos de…

Bon sang, elle pataugeait vraiment en eaux profondes, pas vrai ?

— À propos des relations et du fait de tomber amoureux, je ne pense pas que ce soit le cas.

Son estomac et sa gorge étaient serrés.

— Je sais que d’autres femmes ont essayé de changer Alec, mais je ne pourrais jamais lui faire ça. Il n’a jamais essayé de me changer, il a simplement accepté qui je suis et ce en quoi je crois. Et je ressens la même chose pour lui. Quels que soient les changements qu’il veut faire, que ce soit avec son père ou son travail ou même sa coupe de cheveux, je serai là pour le soutenir comme je peux. Mais ces changements seront toujours sa décision, pas la mienne.

Suzanne prit la main de Cordelia, une femme amoureuse en réconfortant une autre.

— Dès que je t’ai vue pour la première fois, j’ai su que tu étais spéciale. Et de toute évidence, mon frère pense la même chose, peu importe ce qu’il a dit ou pas à propos de ses sentiments.

Elle serra la main de Cordelia.

— Peu importe ce qu’il se passe à partir de maintenant, qu’Alec et toi restiez amis ou qu’il se sorte enfin la tête de tu-sais-où pour voir à quel point vous allez bien ensemble, pour moi, tu es déjà l’une des nôtres. Tu fais partie de notre famille, Cordelia.

— Tout comme Gordon.

Les mots de Cordelia étaient remplis d’une joie accablante à l’idée d’appartenir à un groupe aussi merveilleux qui serait toujours là pour elle, quoi qu’il arrive.

— Personne ne comprenait Alec mieux que Gordon, lui révéla Harry. Pas même nous trois.

Il sourit et ajouta :

— Mais toi, Cordelia, tu sembles comprendre Alec mieux que personne.

C’est parce que je l’aime, pensa-t-elle. Et même si elle ne prononça pas les mots à voix haute, quelque chose lui dit qu’elle n’en avait pas besoin.

Car la famille d’Alec le savait déjà.

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