Comme de l'amour dans l'air: La Famille Sullivan, New York, tome 5 (French Edition)

Chapitre Quatorze

 

 

Le monde de Cordelia ne serait plus jamais le même.

Pas après ce qu’Alec venait de lui montrer : un plaisir si intense que le mot décrivait à peine ce qu’elle avait ressenti.

Elle avait cru savoir ce qui l’attendait ce soir-là. Après tout, ils s’étaient déjà embrassés et il lui avait donné ce bel orgasme dans l’avion.

Mais elle ne s’était pas du tout préparée à cela.

Elle avait l’impression de pouvoir flotter sur un nuage d’extase. Elle était sûre qu’elle aurait pu le faire sans le corps d’Alec dur et lourd sur le sien et sans les baisers qu’il déposait sur sa peau en remontant le long de son corps, ses mains toujours dans les siennes.

— C’était bien ?

Sa question résonna contre la partie inférieure de son sein, où il blottit son visage, sa barbe du soir égratignant légèrement sa peau exactement comme il fallait.

— Tellement bien.

Voyant qu’il ne répondait pas, elle réalisa qu’elle n’avait fait qu’articuler les mots silencieusement. S’efforçant de remplir ses poumons d’assez d’air pour parler à voix haute, elle essaya à nouveau.

— Tellement bien.

Le visage d’Alec était devant le sien à ce moment-là, et quand il lui sourit – un sourire incroyablement malicieux – elle eut le souffle coupé à nouveau.

— Je pourrais faire ça toute la nuit.

Il posa sa bouche sur celle de Cordelia, lui donnant un doux baiser, avant de demander :

— Et toi ?

Elle en avait envie. Quelle femme n’en aurait pas envie ? Mais ce soir-là, elle était encore plus avide.

— J’ai besoin de toi.

Ses mains n’étaient pas libres et elle ne pouvait pas lui retirer ses vêtements. Mais elle pouvait lui dire :

— J’ai besoin de toi entièrement.

Il baissa les yeux vers elle, des yeux sombres et intenses.

— Tu es sûre ?

Une semaine auparavant, elle avait pensé qu’ils auraient aussi peu de contacts que possible et elle avait supposé que les avocats prendraient le relais après leur première rencontre. La dernière chose qu’elle aurait imaginée, c’était que ce genre de chose arrive : être avec lui dans son lit, le supplier de retirer ses vêtements et de lui faire l’amour.

— Je n’ai jamais été aussi sûre de quoi que ce soit, lui assura-t-elle.

Mais il ne s’agissait pas seulement d’elle, de ses besoins et de ses désirs. Alec devait être sûr aussi.

— Et toi ?

Il ne répondit pas immédiatement. Et même si elle chancelait sur une limite haletante, elle en était ravie. Car s’ils réfléchissaient tous les deux à ce qu’il se passait, il était moins probable qu’ils regrettent leurs actes.

Non pas qu’elle pense regretter quoi que ce soit. Regretter d’avoir fait l’amour avec Alec serait semblable à regretter la floraison parfumée d’un buisson de lavande, ou le fait qu’un colibri boive le nectar d’un chèvrefeuille.

— Je suis sûr d’avoir envie de toi, répondit-il enfin, sa voix grave remplie de ce même désir. Je suis sûr que tout chez toi et dans ton jardin me fait sourire, même les draps de ton lit.

Mais il ne souriait pas lorsqu’il poursuivit.

— Et je suis sûr que je ne me le pardonnerais jamais si je te faisais du mal.

— Tu ne me feras pas de mal. Je te le promets. Je ne vais pas m’écrouler ou pleurer ou même te traquer sur Internet quand tout ça sera fini.

Finalement, elle obtint un petit sourire de sa part.

— Est-ce que tu as un ordinateur, d’ailleurs ?

— Oui, mais j’essaie de ne pas l’utiliser si je peux faire sans. Je préfère être dans la nature.

L’étincelle malicieuse revint dans les yeux d’Alec.

— En parlant de nature, je ne peux pas me sortir de la tête cette image de toi en train de faire du jardinage, au naturel.

Elle rit.

— En réalité, une fois, il y avait une guêpe avec moi dans la douche. J’ai couru à l’extérieur pour y échapper et la porte s’est refermée et s’est verrouillée derrière moi.

Il lâcha une de ses mains pour passer la sienne de son sein à sa hanche.

— Est-ce que quelqu’un t’a vue ?

— Certainement pas ! J’ai pris une bâche et je l’ai enroulée autour de moi avant d’entrer par une fenêtre.

— Tu peux entrer dans ton cottage par les fenêtres ?

Il regarda sa chambre d’un air consterné.

Utilisant toute la force qui lui venait du jardinage, elle les retourna avant qu’il ne puisse bondir du lit pour commencer à installer des verrous sur toutes les entrées possibles de son cottage. Et il était tellement bon d’être à califourchon sur lui.

Néanmoins ce serait tellement meilleur une fois qu’il serait nu.

Elle recula pour pouvoir baisser la braguette de son jean, puis elle retira celui-ci avec son caleçon. Quand elle eut terminé, elle dut s’arrêter pour le regarder avec émerveillement.

— Tu sais ce que j’ai pensé la première fois que je t’ai vu ?

Elle n’attendit pas qu’il réponde.

— Même dans toute cette folie, je ne pouvais que penser qu’il devrait être illégal d’être aussi séduisant que toi.

Elle se pencha en avant et déposa un baiser sur sa poitrine, mais elle ne pouvait pas supporter de s’arrêter là. Elle voulait passer sa bouche et ses mains sur chaque centimètre incroyable de lui. Elle n’avait pas de mots pour décrire Alec Sullivan dans son lit, allongé sous son corps, ses grandes mains provoquant des explosions sensuelles partout où il les posait.

— J’avais aussi envie de toi, Cordelia. Je te voulais comme ça, à califourchon sur moi, tes seins dans mes mains et ton goût sur ma langue.

L’excitation l’inonda lorsqu’elle entendit ses mots délicieusement coquins.

— Je voulais sentir ta chaleur glisser sur moi.

Elle balança ses hanches contre les siennes, gémissant en sentant à quel point il était bon d’être enfin peau contre peau avec lui, à tous les endroits les plus merveilleux.

— Je voulais embrasser ta bouche si douce… Embrasser chaque délicieux centimètre de toi.

— Regarde-nous, déclara-t-elle en souriant. Nous avons tous les deux ce que nous voulons.

— Presque.

Il serra ses hanches contre les siennes à nouveau, provoquant un feu d’artifice à l’intérieur du corps de Cordelia.

— Je me suis promis de ne pas profiter de toi…

— Tu ne profites pas de moi !

Elle était tellement frustrée par le fait qu’il ne cesse pas de parler de cela qu’elle cria presque.

— Quand vas-tu te mettre ça dans la tête ? Je veux coucher avec toi et ça ira quand nous aurons fini !

— Je t’expliquais juste pourquoi je n’ai pas de préservatifs sur moi.

— Oh.

Elle se sentit un peu gênée par son explosion.

— J’ai une boîte dans la table de chevet.

Elle se pencha sur lui pour atteindre le tiroir, mais quand elle sentit la langue d’Alec lécher le bout d’un de ses seins, elle perdit complètement le fil de ce qu’elle faisait. Elle ne pouvait rien faire quand des vagues de plaisir aussi intenses la traversaient.

Elle n’avait jamais voulu quoi que ce soit autant que de faire l’amour sans barrière entre eux. Cependant même si elle avait confiance en Alec, elle n’était pas stupide. Et rien ne transformerait plus vite du plaisir entre amis en une « relation » permanente et forcée qu’une grossesse non planifiée.

Avec cette pensée en tête, elle parvint enfin à avancer suffisamment pour prendre la boîte de préservatifs dans le tiroir de sa table de chevet.

— Dieu merci, soupira Alec quand elle ouvrit la boîte neuve. Je voulais tuer le type qui avait pu utiliser les autres préservatifs. Mais je suis le seul.

Il semblait absolument ravi.

— Tu es du genre possessif, non ?

— Oui.

Il l’attira contre lui pour l’embrasser.

— Tu es à moi, Cordelia. Entièrement à moi.

La satisfaction n’aurait pas dû submerger Cordelia à ces mots. Non seulement parce qu’elle était une femme libérée et moderne qui pouvait avoir autant d’hommes qu’elle le désirait, mais aussi parce qu’ils étaient juste amis. Pourtant, elle ne pouvait pas nier qu’une partie d’elle aimait savoir qu’il voulait qu’elle soit sienne, et uniquement sienne. Tant que cet arrangement leur conviendrait à tous les deux, en tout cas.

En réalité, il n’était pas le seul à être possessif à ce moment-là. Silencieusement reconnaissante qu’il ait rompu leur baiser assez longtemps pour enfiler la protection, elle mit ses mains dans les siennes, leva les hanches et dit :

— Et tu es à moi.

Puis elle le prit profondément, d’un coup long et doux.

Tellement de plaisir.

Trop de plaisir. Ce fut tout ce à quoi elle put penser lorsqu’elle ferma les yeux pour pouvoir se concentrer uniquement sur le plaisir qu’il lui faisait ressentir tandis qu’il la pénétrait.

Plus tôt, elle avait pensé qu’il l’avait emmenée au septième ciel. Elle ne pouvait tout simplement pas imaginer qu’il puisse y avoir quelque chose de plus. Mais Alec continuait de la surprendre. Plus que jamais à ce moment-là, quand elle ouvrit les yeux et qu’elle vit l’homme le plus beau du monde la regarder comme s’il pensait exactement la même chose : qu’elle l’avait surpris aussi.

Elle avait besoin d’être encore plus près de lui et elle se pencha en avant pour l’embrasser. Mais il captura ses lèvres des siennes avant qu’elle ne puisse l’atteindre. Et la manière dont il la dévora lui en dit plus que les mots n’auraient pu le faire.

Ça. Ce soir. Ensemble. Elle n’oublierait jamais qu’elle avait été aussi proche d’Alec. Elle ne regretterait jamais de savoir à quel point faire l’amour pouvait être doux, délicieux et puissant quand elle le faisait avec la bonne personne. Une personne qui l’appréciait comme elle était. Une personne qui la faisait rire, mais qui la faisait sortir de sa zone de confort quand elle en avait le plus besoin.

Un instant plus tard, elle était allongée sur le dos et il se plaça au-dessus d’elle, les mains de Cordelia dans les siennes de chaque côté de sa tête.

— Jouis pour moi, Cordelia. J’ai besoin de le voir. J’ai besoin de le sentir.

Puis, il la pénétra si fort, si profondément, avec tant de perfection qu’elle ne put qu’obéir. Toutes les parties d’elle volèrent en éclats, ses lèvres prononcèrent son nom tandis qu’elle s’effondrait dans ses bras.

Elle ne s’était jamais sentie aussi sauvage, elle n’avait jamais été aussi libre qu’avec ses jambes enroulées autour de lui, sa bouche sur la sienne.

— Alec.

Elle prononça son nom entre deux baisers, encore et encore.

— Alec. S’il te plaît.

Elle désirait aussi désespérément l’orgasme d’Alec que le sien, le moment où il se donnerait entièrement à elle.

— J’ai besoin de toi.

Car ce n’était pas encore suffisant. Pas encore.

— S’il te plaît.

En un instant, il fut à genoux, soulevant les hanches de Cordelia du lit de ses grandes mains pour l’attirer plus près de lui. Et tandis qu’il la pénétrait encore et encore et encore, tous les vestiges de sa retenue disparurent.

Elle se sentait possédée.

Elle se sentait conquise.

Elle se sentait terriblement bien.

En particulier quand, au moment même où il cria son nom, elle fut submergée par un autre orgasme. Comme s’ils avaient pratiqué cette danse pendant des années, ils bougèrent en rythme ensemble jusqu’à ce qu’ils soient trop fatigués pour faire autre chose que se tenir l’un l’autre et essayer de reprendre leur respiration.

Un moment plus tard, elle leva la tête du creux du cou d’Alec.

— Le sexe entre amis est fantastique.

Pendant un moment, il se contenta de l’observer comme s’il ne savait pas où il était. Comme s’il ne pouvait pas croire qu’il venait de faire tout cela. Elle retint sa respiration, qui était coincée et irrégulière dans sa poitrine. Jusqu’à ce que, Dieu merci, les yeux d’Alec s’éclaircissent et que son rire résonne, provenant du fond de sa poitrine pour vibrer dans celle de Cordelia.

— Et si nous découvrions si le sexe entre amis est aussi bon dans la douche ?

Elle rit aussi quand il la souleva et qu’il l’emmena dans la salle de bains. Elle rit et sentit tout son corps s’embraser, de la tête aux pieds. Elle avait déjà terriblement envie d’en obtenir plus.

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