Comme de l'amour dans l'air: La Famille Sullivan, New York, tome 5 (French Edition)
Chapitre Vingt-Huit
Alec Sullivan avait changé.
Cordelia le sut dès qu’il sortit de la chambre d’hôpital de son père. La décision qu’il avait prise, quelle qu’elle soit, était si importante et considérable qu’elle avait presque l’impression qu’elle avait causé un bouleversement sismique des plaques tectoniques.
Elle sourit en y pensant tandis qu’elle terminait de couper une tomate parfaitement mûre. Elle avait ramené Alec à son cottage et l’avait convaincu de s’asseoir dans son jardin avec un verre de vin pendant qu’elle préparait quelque chose à manger. C’était le matin, mais la chaleur s’élevait déjà du sol et les fleurs parfumaient l’air. Après tant d’heures passées à l’hôpital, il avait besoin d’écouter les sons des canards qui échangeaient dans la mare et de profiter de la brise qui agitait les feuilles d’érable à côté du cottage.
Elle savait qu’ils devaient parler de beaucoup de choses, toutefois elle voulait attendre qu’ils aient les idées claires. Sa mère lui avait enseigné que les aliments frais aidaient toujours et elle sourit en voyant Alec dans son jardin lorsqu’elle sortit avec une lanterne et une assiette de tomates avec un filet d’huile d’olive.
Il prit un morceau avec sa fourchette et grogna de plaisir en l’avalant. Le son était assez semblable à celui qu’il faisait au lit pour que la peau de Cordelia se réchauffe.
— Je te jure, tu dois saupoudrer une potion magique sur tes plantes, Cordelia. Aucune tomate n’a jamais été aussi délicieuse. Tiens.
Il lui tendit la fourchette et quand leurs regards se croisèrent alors qu’elle mordait la chair de la tomate, elle aurait souhaité qu’il s’agisse plutôt de sa peau.
— C’est bon.
— C’est plus que bon.
Puis il posa l’assiette et lui prit la main.
— Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans toi. Merci d’être là. D’être avec moi.
— Tu n’as pas à me remercier.
Cependant, sa reconnaissance la réchauffa entièrement.
— Je suis juste ravie que William aille bien.
— Quand il s’est réveillé, nous avons parlé.
Elle adora voir le sourire sur le visage d’Alec quand il lui révéla :
— Nous avons parlé du fait de nous pardonner l’un l’autre. De lâcher prise sur le passé et de tout reprendre à zéro ensemble. Et nous avons aussi parlé de toi.
— De moi ?
Elle était stupéfaite.
— Pourquoi ?
— Tu lui plais. Beaucoup.
Alec afficha un grand sourire.
— En réalité, quand tu étais chez lui à Summer Lake, il a été tenté de ressortir ses peintures pour la première fois en trente ans, car il voulait te peindre.
— Moi ? répéta-t-elle, incapable de dire autre chose, même si on aurait dit un disque rayé.
— Il a dit qu’il voulait peindre l’expression de ton visage.
— Quelle expression ?
— Celle de l’amour.
Elle sentit sa peau rougir ; elle sut qu’elle écarquillait les yeux et que cela la trahissait. Pourtant elle ne pouvait pas s’en empêcher, elle ne pouvait pas faire comme s’ils n’étaient qu’amis. Pas ce matin-là, pas après tout ce qu’il s’était passé. Mais avant qu’elle ne dise quoi que ce soit, Alec poursuivit :
— Ce matin-là, quand les journalistes étaient devant ton cottage, j’ai proposé que nous fassions croire au monde que nous étions ensemble pour empêcher les chasseurs de fortune de s’approcher de toi et tu as dit que tu ne voulais pas que je mente à propos de mes sentiments pour toi. Mais la seule personne à qui je mentais, c’était moi, Cordelia. Car j’étais déjà amoureux de toi.
Il posa ses mains sur son visage et il la tint avec tendresse et délicatesse.
— Je suis tombé amoureux de toi dès que j’ai posé les yeux sur toi pour la première fois, devant mes bureaux. Tu étais si belle et courageuse.
Il posa son front sur le sien.
— Tu es la femme la plus formidable, aimante, douce et sexy que je connaisse. Et je t’aime. De tout mon cœur.
Elle était tellement stupéfaite, tellement émue, tellement bouleversée, qu’elle ne put que poser ses lèvres sur celles d’Alec pour lui donner un baiser rempli d’une émotion pure et brute. Finalement, elle retrouva sa voix.
— Je t’aime aussi. Je suis tombée amoureuse de toi quand tu t’es comporté avec tant de gentillesse, puis un peu plus quand tu t’es occupé de moi comme personne d’autre n’aurait pu le faire. Et quand tu me touches, quand tu m’embrasses, quand tu me fais l’amour…
Elle dut l’embrasser de nouveau.
— Je n’aurais jamais pensé qu’un tel plaisir était possible. Ni que ce plaisir pouvait être meilleur chaque fois.
— Je ne sais pas si j’aurais un jour l’impression de mériter ton amour, avoua-t-il d’une voix rauque. Mais je vais m’efforcer de le gagner, chaque seconde de chaque jour que nous passerons ensemble.
— Tu n’as pas à gagner quoi que ce soit, Alec. Je t’aime pour tout ce que tu es : le bon et le mauvais. Brut et tendre. Et plus que tout, parce que tu es le genre d’homme qui ferait n’importe quoi pour sa famille, pour ses amis, ou même pour une inconnue qui est venue à son bureau parce qu’elle possédait la moitié de son entreprise.
Elle rit légèrement.
— Gordon devait savoir que tu étais ma moitié. C’est pour ça qu’il m’a envoyée te voir.
— Il m’a presque parlé de toi, je m’en rends compte maintenant.
Elle resta silencieuse sous le coup de la stupéfaction.
— Nous étions ivres un soir, quand un contrat avait mal fini, et il a dit qu’il ne regrettait pas d’avoir perdu le client. Il a dit que perdre quelques dollars n’était rien comparé à son plus grand regret. Comparé aux occasions qu’il avait gâchées. Comparé aux rêves et aux espoirs qu’il avait perdus pour toujours. À ce moment-là, il m’a demandé quels étaient mes rêves et si les avions étaient vraiment ce que je voulais faire, s’il y avait quelque chose que j’évitais. S’il y avait quelque chose qui m’effrayait. Je croyais qu’il essayait de me parler de mon père, alors je l’ai ignoré. Je n’ai pas pris au sérieux ce qu’il disait sur les rêves et le bonheur, même si c’était exactement ce que j’avais évité pendant si longtemps. Mais je ne veux plus fuir. Quand je suis avec toi, je sais que ce n’est pas nécessaire.
Puis, une seconde plus tard, il mit un genou à terre au milieu du jardin de Cordelia.
— Je t’aime, Cordelia. Je veux partager tous tes espoirs, tes rêves et ton bonheur, et je veux partager les miens avec toi. Avec la famille que nous allons fonder ensemble.
Il cueillit un cosmos rose du parterre situé à côté d’eux et le lui tendit.
— Épouse-moi et je te promets que je ferai de toi la femme la plus heureuse du monde.
Elle tomba à genoux dans la terre et elle se jeta dans ses bras.
— Je le suis déjà.
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