De si jolies boîtes

Mélanie Guyard · Chapitre 9 sur 28

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De si jolies boîtes

Chapitre 9

 

Il fallut attendre que Simon ait fini. Ils lui firent coucou, accusèrent réception de son regard assassin et partirent déguster des dorayakis et du thé vert en attendant la fermeture du festival. Juliette avait du mal à revenir de sa surprise.

– Mais pourquoi il ne nous a rien dit ?

Maxime haussa les épaules.

– Il faudra lui demander. Le fait que ses parents lui aient payé de coûteuses études d’art et un atelier dans la banlieue parisienne n’a peut-être pas aidé à leur avouer qu’il avait tout plaqué pour être doubleur de mangas japonais ?

– Comment il en est arrivé là ?

– Aucune idée. Moi, je l’ai découvert parce que je suis fan de Terry for good, le manga précédent du même auteur que Today Only. Simon était déjà doubleur français de l’animé quand il s’est mis à faire une chaîne Youtube avec la bénédiction de la maison d’édition de la série, et… enfin, voilà. Ton frère est beau gosse, il est cosplayeur, les héros de Terry et Today sont hyper populaires, il bénéficie de leur aura par rebond. Et puis, il streame ses costumes en création, depuis le dessin jusqu’à la dernière couture. Il a un succès fou et des partenariats partout. Je ne te raconte pas ma tête lorsque j’ai découvert que c’était ton frère.

– Ben mais tu avais son nom, non ?

– Pas du tout ! Il streame sous le nom de Kensuke Chan, c’est aussi le nom de sa chaîne, et il a toujours une perruque et du maquillage. Dans la rue, je ne l’aurais pas forcément reconnu, mais chez toi, quand j’ai posé la question…

Maxime se prit à rire.

– Je l’ai mis super mal à l’aise et il m’a fait jurer de ne rien vous dire.

– Il va t’en vouloir.

– Je me ferai pardonner, affirma Max avec un air gourmand qui ne devait rien au dorayaki.

Après le thé, ils flânèrent dans les allées, à la recherche de goodies et de saké. Ils traînèrent d’un stand à l’autre, Max acheta des mangas et des animés jusqu’à ne plus pouvoir les porter, et ils firent même des photos avec ce qui semblait être des gens déguisés en personnages connus.

– On appelle ça des cosplayeurs. Ne m’oblige pas à refaire ton éducation.

– Pitié, non.

– Tu aimerais ça. Il y a même un manga qui parle d’œnologie.

– Quoi, c’est vrai ?

Maxime traîna Juliette sur le stand idoine, lui paya les cinq premiers volumes, affirma avoir la collection complète d’une autre série vouée à la pâtisserie et s’enflamma pour de bon.

– Il n’y a pas une seule passion qui n’ait pas ses mangas. En réalité, ils n’écrivent que sur la passion, sous toutes ses formes. C’est fascinant.

– Je te dirai ça quand je les aurai lus.

– Je te prêterai la série où ton frère joue, si tu veux.

Juliette frissonna.

– Je ne suis pas hyper convaincue que ce soit une bonne idée.

Finalement, la soirée tomba gentiment sur le festival et une voix agréable et apaisante annonça que le Salon allait fermer ses portes. Maxime et Juliette gagnèrent de nouveau le stand de Simon, où ils le trouvèrent en grande discussion avec un quarantenaire en tee-shirt de geek. Simon les aperçut du coin de l’œil, salua vivement son interlocuteur et les rejoignit. Il était toujours en costume et avait l’air passablement mécontent.

– Je t’avais dit de la fermer, balança-t-il à Max dès qu’il fut à portée de voix.

– Elle m’a menacé, se plaignit Maxime avec beaucoup de trémolos en se cachant derrière Juliette.

Simon se tourna vers sa sœur et avant qu’il n’ouvre la bouche, Juliette le coupa net d’un soupir excédé.

– On aurait fini par le savoir, argua-t-elle avec bon sens. Et je ne vais pas baver aux parents, si c’est ce qui te fait peur. Mais c’est surtout pour te prévenir qu’on est là. Clémence sait aussi que tu ne peins pas.

Simon eut un geste d’agacement et sembla sur le point de leur hurler dessus, puis il se reprit et secoua la tête.

– Vous faites chier. J’ai besoin d’une bière. On passe à mon hôtel, que je me change.

Il se tourna ensuite vers le stand, où toute une équipe de petits bras se chargeait de couvrir les mangas.

– Didier, dînez sans moi ! Ma sœur et son pote sont passés, je mangerai en ville.

Le geek eut l’air interloqué.

– Ils ne veulent pas manger avec nous ?

– C’est moi qui ne veux pas, répliqua Simon. Je ne les aime pas, je vais pas en plus vous les imposer. On se voit demain !

Sur le stand, tout le monde rit. Juliette eut une moue offusquée.

– C’était pour plaisanter, affirma Simon qui n’avait pas l’air de plaisanter du tout. Venez.

Ils sortirent sous l’inévitable pluie et la nuit précoce de janvier. Juliette reprit la Twingo pour emmener Simon à son hôtel près de la mer, et ils patientèrent dans le hall le temps qu’il se change et les rejoigne, radicalement différent de ce qu’il paraissait quelques minutes auparavant.

– Le maquillage te rajeunissait, nota Juliette.

– C’est pas pour ça que les femmes en mettent ? demanda Simon à plat. Je croyais. Venez, on y va. J’ai la dalle.

Il les guida jusqu’à un restaurant proche où il demanda une table éloignée de la porte et où ils s’installèrent dans un silence hostile. Simon avait toujours l’air fâché, Juliette dubitative, et Maxime, hilare.

– Bon, dit finalement Simon quand la bière fut sur la table de même que la planche de charcuteries et fromages. Qu’est-ce que vous foutez là ?

Max se tourna vers Juliette, laquelle chercha la bonne entrée en matière et échoua lamentablement à la trouver.

– Clémence a quitté Greg. Elle a lâché son job, plaqué son appart et s’est installée chez toi pour peindre. Elle veut préparer le concours des Beaux-Arts.

Simon la regarda comme si elle était folle, puis leva la tête et observa attentivement le plafond.

– Qu’est-ce que tu fous ?

– Je cherche la caméra.

Maxime pouffa, incapable de se contrôler.

– C’est pas une blague. Je la soupçonne même de dormir dans ton lit.

Simon haussa les épaules.

– C’est pas très grave, je n’y suis jamais. J’espère juste que ça ne la dérange pas de dormir avec Syphilis. Qu’est-ce qui lui a pris, bon sang ? Elle a vraiment quitté son mec ?

La tension qui flottait entre eux jusque-là fondit enfin et Juliette soupira de soulagement avant d’acquiescer.

– Je crois bien que oui. Et puis c’est Clémence, elle est super sérieuse. Dans son sac, il y avait des vêtements de rechange, mais aussi plein de bouquins d’histoire de l’art, la perspective, des trucs comme ça. Je crois qu’elle va vraiment essayer de le faire.

– Bon courage à elle ! Les Beaux-Arts, ce n’est pas une partie de plaisir.

– Elle dit qu’elle veut juste tenter sa chance. Que le reste elle s’en fout mais que ça prouvera…

Juliette haussa les épaules avant de saisir son verre.

– En fait, j’ai aucune idée de ce qu’elle essaie de prouver.

Simon et Max la regardèrent prendre une longue gorgée, puis échangèrent un regard et burent à leur tour.

– Elle veut sans doute démontrer à maman que l’artiste, c’est elle, déclara Simon.

– Maman n’est pas près de revoir son jugement, ironisa Juliette.

– Et Clem ne doit rien à personne. Nous, on le sait bien qu’elle est la meilleure.

L’amertume dans ses paroles frappa sa sœur qui avait cru jusque-là qu’elle était la seule de la famille à nourrir ce type de sentiments.

– Tu n’es pas mauvais, défendit-elle, tu as réussi ton concours d’entrée, toi aussi.

– Je suis un tâcheron sans imagination, déclara Simon sur le ton de l’évidence. Je suis un excellent exécutant, maintenant que mon petit secret est révélé, tu pourras aller jeter un coup d’œil à mes costumes si le cœur t’en dit ; mais je ne crée pas, moi. J’imite. Je ne suis pas Clémence.

– Clémence n’est pas une artiste non plus, défendit Juliette, fâchée de voir son frère se rabaisser autant.

– Non.

Simon eut un sourire désabusé.

– Mais si elle essaie, on sait tous les deux qu’elle va le devenir.

Un silence songeur s’installa entre eux. Juliette aurait eu du mal à remettre en question cette affirmation.

– Je ne suis pas d’accord, déclara soudain Maxime abruptement.

Juliette et Simon relevèrent la tête, interloqués. Max fixait Simon avec insistance et paraissait étrangement fâché.

– Tu es un acteur, et un bon.

– Je ne suis que doubleur, démentit Simon.

Max balaya la remarque.

– Tu es un tellement bon acteur que je regarde Today Only en français au lieu de la VOSTFR, juste parce que ton interprétation de Shiro est meilleure que celle du Japonais.

Simon siffla entre ses dents.

– C’est un sacré compliment.

– C’est la vérité.

Ils s’entre-regardèrent un moment, puis Simon sourit et leva son verre.

– Merci, dit-il simplement.

Max hocha la tête comme s’il venait d’accomplir quelque acte d’importance.

– Et que je ne t’y reprenne plus, dit-il d’une voix menaçante qui les fit rire.

À partir de ce moment-là, l’ambiance se détendit pour de bon. On parla de tout, de Juliette et du restaurant, de Clémence et d’Odile et aussi de Simon et de ses études d’art.

– Je n’ai pas passé la première année, avoua-t-il en finissant sa deuxième bière. Je m’ennuyais ferme, et il n’y avait que des connards. Et puis, je séchais les cours, donc j’ai planté l’examen, et je me suis dit qu’il fallait que je me finance pour que papa et maman ne l’apprennent pas. J’ai commencé à bosser sur des doublages grâce à un ami d’ami qui trouvait que ma voix collait et qui savait que j’avais une bonne culture japonaise. Du coup, j’ai doublé une première série, puis une seconde… j’aimais bien. J’ai fait un peu de cosplay, le site a posté des photos de moi pour vendre le coffret, j’ai commencé la chaîne Youtube… et voilà.

Juliette secoua la tête.

– Tu racontes ça comme si c’était d’une banalité affligeante.

– C’est pas loin d’être ce que je pense, répliqua Simon avec un sourire en coin. Cela dit, ça m’étonnerait que cette carrière prestigieuse plaise à papa ou à maman.

Juliette ouvrit la bouche, jeta un regard à Max qui écarta les mains mais se permit un regard d’avertissement, et se jeta à l’eau quand même.

– Et c’est la seule chose que tu leur… nous… caches ?

Simon plissa les yeux, tourna la tête vers Max qui lui fit un sourire candide, et soupira.

– Je me disais bien que je t’avais déjà croisé quelque part. Vu ta question à Noël, je croyais que c’était à la Japan Expo.

– Pas exactement.

– Du coup, rafraîchis-moi la mémoire ?

– Dans le Marais. Pour l’anniversaire de Nathan, au restaurant.

Simon hocha la tête, accusant réception des souvenirs partagés, puis se tourna vers sa sœur.

– Et donc, je suis gay. Autre chose ? Hum, non, je crois que j’ai fait le tour.

Il finit sa bière en une seule longue gorgée. Juliette ne savait plus où se mettre. Heureusement, on pouvait compter sur son frère pour réchauffer l’ambiance.

– Et toi, tes amours, tes préférences sexuelles ?

Pendant qu’elle piquait un fard, Max décida qu’il était de bon ton de répondre à sa place.

– Elle est raide dingue de son patron, un connard égocentrique et raté, ce qui me fait dire qu’elle a un bon fond de masochisme. Bien évidemment, il fait semblant de ne rien voir pour jouir de façon figurative et abominablement frustrante de la situation.

– Encore ? déclara Simon, atterré. Il faudrait arrêter de tomber amoureuse de blancs-becs belle gueule de surface.

Juliette fut outrée.

– D’abord, tu ne sais rien de mes amours, et ensuite…

– Oh, je t’en prie, Juliette. Je n’ai que deux ans de plus que toi, bien sûr que je connais tes amours, on était dans le même collège. Et ils avaient tous cette gueule-là, tes crushs : le beau gosse imbu de sa personne, incapable d’aimer quelqu’un d’autre que lui-même et le plus souvent aussi fiable qu’une planche pourrie. Tu tombes pour les cool kids de pacotille, pour peu qu’ils se vendent bien.

Juliette fut sur le point de protester une nouvelle fois, mais Maxime abondant dans le sens de son frère, elle préféra jurer entre ses dents et recommander une bière.

– Ces mecs ne sont jamais que dans le paraître ; tout l’inverse de toi. Je me suis toujours demandé comment tu pouvais tomber pour leur camelote.

– C’est sûr que mon apparence à moi, ce n’est pas ça, déclara sa sœur, acerbe. C’est gentil de me le rappeler.

Simon ouvrit de grands yeux.

– Tu te rends bien compte que ce n’était pas du tout ce qu’il était en train de dire ? demanda Max, luttant farouchement contre une nouvelle hilarité.

– Juliette a du mal avec les compliments, commenta Simon.

Avant que sa sœur n’ait le temps de protester, il poursuivit.

– Ce que j’essayais de dire, donc, ce n’est pas que tu étais négligée, comme tu as eu l’air de le croire, mais plutôt que tu étais une fille tout sauf superficielle, qui allait passionnément au fond des choses, et qui ne se laissait pas avoir par les apparences… sauf avec tes mecs, donc. C’est ça que je ne comprends pas.

Il haussa les épaules.

– Par exemple, tu ne t’es jamais fait avoir par maman, pas comme Clémence. Les simagrées de maman, son talent permanent, ce mythe de sa réussite, sa beauté, son exquis humour et ses reparties parfaites, tu ne les as jamais gobés.

– Si.

Juliette eut l’air encore plus honteuse. Simon sembla étonné.

– Pourtant, t’avais pas l’air. Tu ne respirais pas l’admiration sans bornes que maman espérait. Peut-être que c’est même pour ça qu’elle est si dure avec toi.

– Ce n’est pas que je ne la croyais pas. C’est que je me jugeais à l’aune de ses réussites. Ou à l’aune de celles de Clémence, ce qui revenait au même. Ça faisait de moi une ratée, si j’étais honnête. Pour admirer quelqu’un et le lui signifier, faut déjà un peu se sentir digne de son regard. Ce n’était pas mon cas.

Simon s’était crispé. Il la regarda pensivement pendant de longues minutes, prit Max à témoin sans dire un mot et quand il desserra les dents, ce fut pour mordre.

– Putain, mais tu es bien consciente que personne dans cette famille ne te juge à moitié aussi méchamment que tu le penses ? Tu es bien consciente que personne, absolument personne dans la famille ne pense ça de toi ?

– Maman…

– … croit que tu la méprises. Elle se sent jugée par toi.

– N’importe quoi !

– Bien sûr que si. Tu l’as déjà vue agresser qui que ce soit qui ne l’avait pas d’abord mise en danger ?

Juliette chercha sans trouver.

– Elle m’agresse parce que je ne suis pas assez bien.

– Non. Elle t’agresse parce que tu es agacée par son numéro de charme, et qu’elle ne supporte pas de ne pas t’avoir dans sa poche comme les autres. Elle ne te maîtrise pas. C’est ça qui la rend aussi combative.

– Je ne suis pas certaine.

– Moi, si.

Juliette leva un regard plein de doute sur son frère, mais il avait l’air convaincu de ce qu’il avançait. Elle hocha la tête pour lui faire plaisir, et Maxime déclara qu’il fallait rentrer, ce qui était tout à fait exact. Ils se saluèrent avant que Simon ne retourne à l’hôtel et décidèrent ensemble qu’ils essaieraient de gérer Clémence lorsqu’il reviendrait. Alors que Juliette allait partir, Simon la rappela.

– Tu sais ce que j’ai dit au sujet de maman, c’est la vérité. Je comprends que tu ne puisses pas le voir, cela dit. Moi aussi il y a des trucs qui m’agacent chez elle et que je ne comprends pas mais que tu serais peut-être capable de m’expliquer. Tu devrais essayer, pour voir, de juste entrer dans son jeu. À mon avis, elle te recevrait plus chaleureusement.

– Je ne suis pas certaine de pouvoir y arriver.

Simon pouffa.

– Ouais. C’est aussi ce que je pense, et c’est ce que je disais. T’es entière, tu ne sais pas jouer les choses à moitié.

Il se désigna, faisant la révérence.

– C’est moi le comédien de cette famille. Tout dans les apparences, rien derrière.

Sa sœur se détourna, souriant malgré elle devant autant de cinéma.

– Hey ! la rappela Simon alors qu’elle s’éloignait.

– Quoi, encore ?

– J’arrive dimanche à neuf heures à la gare Montparnasse… tu passes me chercher s’il te plaît ? Ma valise pèse un âne mort.

– Je ne suis pas un taxi !

– Je croyais qu’on devait gérer Clem ?

Juliette poussa un soupir retentissant et accepta d’un geste. Simon remercia et s’éloigna d’un pas bondissant avant de se raviser une troisième fois.

– T’auras qu’à venir aussi, Maxime ! beugla-t-il sur le parking de l’hôtel, faisant se retourner les rares promeneurs. Plus on est de fous, plus on rit !

– D’accord ! beugla Maxime sur le même ton, résolument mort de rire.

– Vous me fatiguez, décida Juliette en retournant à la Twingo.

Ils rentrèrent sous un ciel chargé mais enfin vidé de son eau, sur une autoroute où les voitures fuyaient plutôt dans l’autre sens, à la recherche d’un week-end plaisant promis par les plages bretonnes.

– On pourrait croire qu’ils iraient plutôt au ski, à cette saison.

– C’est plus de route et plus de frais, grommela Max qui tentait de s’endormir sur le siège passager.

Juliette hésita.

– Dis-moi.

– Hum ?

– C’est vrai, tu penses ? Ce qu’il a dit, sur moi et mes amours ?

– Que tu ne choisis que des tocards ? Oh oui. Je crois que c’est cent pour cent vrai.

Juliette sentit ses yeux brûler sous ses paupières.

– Mais pourquoi est-ce que je fais ça ?

– Tu veux la vérité ?

Max ouvrit un œil et soupira.

– Mon analyse à deux sous, c’est que tu essaies juste de coller à la merveilleuse image que tu penses que ta mère a de toi. Juste pour lui faire plaisir, et lui donner raison au moins une fois.

Juliette se mit à pleurer silencieusement.

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