De si jolies boîtes
Chapitre 13
Le service fut épuisant, et pas seulement parce que Ludovic les avait laissés en plan. La tension avait gagné tout le restaurant, des serveurs à la clientèle inconsciente. Juliette aurait aimé se réfugier à la cave, mais elle était seule aux commandes et c’était par conséquent hors de question. Elle avait fait de son mieux pour assumer et était ressortie de l’épreuve lessivée. À la fin, elle essaya d’improviser deux mots sur la débâcle pour rassurer les troupes mais ne parvint qu’à étaler sa fatigue et sa culpabilité, et les employés avaient fini le rangement avant de repartir chez eux en colère ou déprimés.
– Il est tout bonnement insupportable, nota Max en piquant une bouteille de cognac pour se servir un verre et un autre à Juliette qui faisait les comptes du bar.
– Il est inquiet. Il y a de quoi. On a de plus en plus de mal à recruter des chefs, et je ne suis pas certaine qu’Olivier veuille rester après le coup qu’il vient de lui faire.
– Ça t’étonne ?
Max eut un rire sans joie.
– C’était couru d’avance. Au moins, aujourd’hui tu as réagi. Il faudra tenir bon quand il va revenir.
Juliette sentit la moutarde lui monter au nez.
– Qu’est-ce que tu attends de moi exactement ? Que je le prenne entre quatre yeux pour lui dire qu’il a fait de la merde mais que c’est terminé ? Qu’il peut aller se mettre les doigts de pied en éventail pendant que je répare ses conneries ? Il va certainement me répondre oh, mais oui, bien évidemment, Juliette, pourquoi ne t’ai-je pas laissée aux manettes dès le début, tu sais bien mieux que moi ce qu’il faut faire ! Comment tu crois qu’il peut le prendre ? Comment il va justifier son salaire ? Et même s’il disait ça, ça n’arrangerait rien parce que ce n’est pas vrai, en plus. Rien ne dit que je serais capable de gérer ce restaurant mieux que lui.
– Je suis intimement persuadé du contraire.
Juliette s’esclaffa.
– Tu m’accordes plus de crédit que je n’en mérite, non ?
Maxime fit semblant de ne pas avoir entendu avant de feindre un sursaut au bout de quelques secondes.
– Ah, pardon, c’était une vraie question ? Je pensais que tu faisais de la rhétorique. Si je te pense capable de gérer mieux que lui ? C’est évident.
– Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
– Tu veux dire, hormis le fait que faire pire semble impossible ?
– C’est toi qui es impossible.
– Et c’est aussi pour ça qu’on m’aime.
Juliette lui balança une légère tape sur l’épaule et soupira en reprenant ses comptes. Max jouait avec son cognac.
– Tu as des nouvelles de ta sœur ?
Juliette secoua la tête.
– Non, aucune, pour l’instant. Pour la première fois, la personne de ma famille dont j’ai le plus de nouvelles, c’est ma mère. Elle tient absolument à ce que je l’aide pour organiser le mariage annulé.
– Au pire, elle pourra toujours réépouser ton père.
– S’il est d’accord.
– Stockholm a écrit un excellent bouquin là-dessus.
Juliette lui jeta une serviette en papier que Max évita sans mal. Puis, comme elle reprenait ses comptes et qu’il ne faisait pas mine de s’en aller, elle releva les yeux sur lui.
– Quoi encore ?
– Des nouvelles de ton frère ?
Juliette ne put cacher son sourire.
– Tu sais, si tu veux des nouvelles de Simon, tu peux aussi lui en demander !
– Et prendre le risque qu’il pense que je suis amoureux ? Plutôt mourir !
Max adopta un air de conspirateur.
– Je vais plutôt rester en silence dans son entourage et le dévorer des yeux sans jamais rien lui dire en espérant qu’à un moment, entre deux parties de jambes en l’air avec d’autres, il se rende compte que j’existe.
Il termina son verre d’un trait, ravi de son effet.
– Toute ressemblance avec une personne ou une situation réelles ou ayant existé serait parfaitement fortuite.
– Je te hais.
– Même pas vrai. Tu sais ce qui est pire que de ne pas dire ce que tu ressens par simple crainte de prendre un vent ? Ne pas dire ce que tu ressens quand la personne en question prend le mur. Parce que si elle prend le mur sous tes yeux son orgueil ne te le pardonnera jamais. Pour peu que la personne soit orgueilleuse, bien sûr. Mais c’est une projection, je ne parle évidemment pas de quelqu’un en particulier.
– Bien sûr, commenta Juliette en achevant ses comptes. De toute façon, après le coup d’aujourd’hui, ma crise, la sienne, et nos finances, j’aurais tendance à dire que j’ai cramé mes dernières chances.
– À quel point on est dans le rouge ?
– Entre saignant et à point.
– Tu me crois quand je te disais qu’il fallait t’en mêler avant, maintenant ? Et tu me croiras, si je te dis qu’en tant qu’associée, il est de ta responsabilité de lui mettre le nez dedans ?
Juliette releva les yeux sur Max, mais il ne plaisantait pas du tout.
– Il y a huit employés à plein temps, et je ne parle pas pour moi, je sais que je retrouverai du travail en claquant les doigts. Mais les autres ? Les apprentis ? Il faut que tu fasses quelque chose, Juju, parce que sinon, te connaissant comme je te connais, tu ne te le pardonneras pas.
– Il n’y a pas grand-chose que je puisse faire, grommela Juliette en relisant son calcul. À part réussir à le convaincre de se mettre tout seul sur la touche, je ne vois pas.
– Essayer serait pas mal.
Juliette rassembla ses livres de comptes en soupirant avant de jeter à Max un regard entendu.
– Je vais dans le bureau. Si je dois tenter quoi que ce soit, il faut au moins que j’aie des munitions à tirer.
– Bon courage, annonça Maxime sans compatir un seul instant. Je nettoie le bar et je me sauve, j’ai un rencard.
Il ignora à dessein le regard de Juliette qui s’éloigna en secouant la tête et en pestant contre les amis indignes.
Pénétrer dans le bureau sans que Ludovic s’y trouve lui parut étrange. Elle resta un moment le dos à la porte avec ses papiers, incertaine, à regarder autour d’elle l’empreinte de son absence. Ce bureau était le sien, et non le leur. Aucun doute là-dessus.
Le meuble qui donnait son nom à la pièce avait sans doute été chiné sur une brocante quelconque. Le bois brut avait gardé la marque de trop nombreuses tasses de café. Il y avait un trieur posé en coin, dans lequel on avait entassé enveloppes et courriers en vrac, les laissant se répandre honteusement sur le côté, froissés, coincés, et selon toute probabilité, entassés sans la moindre velléité d’organisation. Les classeurs noirs qui contenaient les chiffres et les statuts du restaurant, les contrats et les bilans, étaient rangés sur une étagère proche, bien sagement étiquetés. Au moins, Juliette saurait par quoi commencer.
Elle gagna le siège du patron et se demanda pour quelle obscure raison elle se sentait de trop. Elle était censée être la cogérante. Ludovic n’avait-il pas raison, quelque part ? Avait-elle fui ses responsabilités ? Est-ce que c’était vraiment lui qui désirait régner seul ? Parmi les reproches qu’il lui avait faits, c’était le seul qui la mettait mal à l’aise. Avant qu’il ne mentionne ses fuites à la cave, elle était certaine que Ludo ne voulait rien déléguer. Elle n’en était plus aussi sûre à présent. Est-ce qu’au fond ce n’était pas, même un tout petit peu, sa faute ?
Avoue que ça t’arrangerait bien. Ça te donnerait une raison de t’excuser platement demain et de faire comme si rien ne s’était passé.
Même maintenant, alors qu’elle avait annoncé qu’elle allait réagir et que Maxime, de l’autre côté de la porte, ne la laisserait pas ressortir sans poser des questions, elle répugnait à empiéter sur les plates-bandes de Ludovic.
– Ce sont mes plates-bandes aussi, murmura-t-elle. Je mets les pieds dedans si je veux.
Mais elle ne bougeait pas, et les classeurs attendaient le long du mur, accusateurs. Elle n’osait même pas les regarder. Instinctivement, elle quémanda un miracle, mais il ne prit pas la forme qu’elle attendait et elle sursauta comme une enfant prise en faute quand on frappa à la porte.
– Je suis désolé de te déranger, dit Maxime en passant la tête par l’entrebâillement de la porte, mais il y a quelqu’un qui te demande, et je crois qu’il faudrait que tu viennes…
Juliette aurait pu croire comme la fois précédente qu’il s’agissait d’un démarcheur quelconque ou d’un jeune à la recherche d’un stage, mais quelque chose dans l’attitude de Maxime la persuada instantanément du contraire. Elle s’était mise au travail, il aurait éconduit n’importe quel candidat pour la laisser gérer, et voilà qu’il venait la chercher. Elle osa même s’en amuser.
– En fait, tu ne veux pas que je prenne les choses en main, avoue.
– Je pense surtout qu’il faut gérer les urgences quand elles se présentent, et je refuse de gérer celle-là seul.
Juliette se leva un peu plus inquiète, craignant la présence de la police, la répression des fraudes, ou pire, Ludovic, mais c’était à la fois moins grave et plus inquiétant. Dans l’entrée, avec sa tenue négligée et ses yeux rouges, se tenait Grégoire. Juliette se figea, puis se passa une main épuisée sur les yeux.
– Il a frappé à la porte, il avait l’air si malheureux… je l’ai fait entrer, souffla Max en lui tapotant le dos.
Quand Juliette releva la tête, Greg parut encore plus désespéré en voyant la mine qu’elle arborait.
– Juliette, je sais que ce n’est pas bien de ma part de venir sur ton lieu de travail, mais je t’en supplie, il faut que je te parle, j’en suis malade, je dors plus et…
Juliette enfouit son visage dans ses mains de nouveau.
– Pourquoi, mais pourquoi est-ce qu’il faut que je règle les problèmes de la Terre entière ? Les miens, les tiens, ceux de Clémence, ceux de Maxime et ceux du restau ?
– Hey, je n’ai pas de problèmes ! se plaignit Max en retournant derrière le bar.
– Tu essaies de te taper mon frère !
– Ce n’est pas un problème, ça. Il avait l’air consentant la dernière fois que je l’ai vu.
Juliette lui fit signe de se taire et se tourna de nouveau vers son ex-futur beau-frère.
– Je suis désolé, geignit Grégoire en reniflant.
Juliette fit un signe pour montrer qu’on n’était plus à ça près et se tourna vers Max, qui boudait derrière le bar en essuyant les verres rageusement.
– Est-ce que tu veux bien nous faire deux cafés, s’il te plaît ?
– Je peux même mettre du cognac dedans, si tu me le demandes. Il n’est pas encore rangé et on en a tous besoin.
– Deux cafés ce sera super. C’est le milieu de l’après-midi et j’ai encore toute la paperasse à contrôler, il paraît.
Grégoire renifla son approbation. Après des mois passés à jouer le gendre idéal, il était à présent le cliché parfait de l’amoureux éconduit. Juliette était fatiguée par avance de la discussion, mais elle lui fit signe de s’asseoir malgré tout, parce qu’elle avait souhaité une diversion et que contre toute attente, on avait décidé de l’exaucer.
– Bon, je t’écoute, dit-elle une fois qu’il eut trempé les lèvres dans le café et soupiré à sa surface, la lèvre tremblotante.
– Je ne dors plus, dit-il en enfonçant toutes les portes ouvertes de la création, je n’arrive pas à penser à autre chose qu’à elle, je n’arrive même plus à travailler. J’ai été obligé de prendre un congé, Juliette. Un congé ! Et je n’arrive même pas à rester chez moi, parce que tout m’y rappelle qu’elle est partie.
Deux grosses larmes roulèrent sur ses joues gonflées pour venir humecter son menton fraîchement rasé. Juliette aurait aimé compatir, mais elle avait du mal.
– Bienvenue dans le monde des gens qui ont pris un râteau, commenta Max en lui servant un verre d’eau et en apportant des mouchoirs. Ça arrive. Tu t’en remettras.
– Mais je n’ai pas pris de râteau ! protesta Grégoire. On était fiancés ! Et puis… et puis… elle est partie !
C’en fut trop pour lui et il fondit en larmes, plongeant la tête entre ses bras croisés pour y déverser la somme de son désespoir. Max et Juliette échangèrent un regard. Elle se sentait épuisée mais lui souriait, contenant difficilement une hilarité évidente. Juliette lui fit les gros yeux et exigea un second café. Max se mit au garde-à-vous et s’exécuta en gloussant.
– Clémence a besoin de temps pour faire ce qu’elle a en tête, déclara Juliette, à plat. Elle a besoin de temps, et de soutien. Elle ne voulait pas t’imposer son changement de vie, alors elle est partie, c’est sa décision et tu n’y peux rien. Autant accepter l’idée, et attendre de voir si elle revient.
– Elle ne répond pas à mes messages, chouina Grégoire d’une voix désespérée, la tête toujours enfouie entre ses bras. Moi, je voulais qu’on en discute, je voulais lui expliquer…
– Clémence ne veut pas qu’on lui explique, elle veut tenter sa chance. Si tu essaies de la dissuader de réaliser son rêve, faut pas t’étonner qu’elle te dégage de sa route.
Ce fut au tour de Max de lui faire les gros yeux, mais Juliette décida de l’ignorer. Grégoire émergea de ses bras, yeux explosés et sourcils froncés.
– Je n’essaie pas de la dissuader ! gémit-il. Je voulais juste qu’on en parle ! Mais elle est partie, elle ne me répond plus, et moi, je vais être incapable de vivre sans elle ! Je ne peux même pas réfléchir sans elle !
– Et qui lavera tes chaussettes ? laissa échapper Max négligemment.
Juliette remercia tous les dieux de la création que Greg ne l’ait pas entendu.
– Moi, je veux bien qu’elle passe son concours si ça lui fait plaisir, mais je ne veux pas qu’elle nous foute en l’air pour ça ! Ce n’est pas juste ! Je n’ai rien fait ! Rien n’a changé, à part elle !
– Un conseil, dit Max, si tu veux lui causer pour lui reprocher d’avoir changé, renonce immédiatement à la récupérer.
– Mais…
– Max a raison, dit Juliette. Tu sais pourquoi elle s’est barrée, Clémence ? Parce qu’elle n’a pas le temps pour ces simagrées. Je ne sais pas si tu t’en rends compte, mais elle est en train d’essayer de préparer le plus dur de tous les concours d’art parisiens. Elle a autre chose à foutre que de te tenir la main parce que tu déprimes, de te rassurer ou de justifier ses décisions. Si elle t’a plaqué, c’est qu’elle avait ses raisons. Soit tu les acceptes, et je pense que tu peux au moins les comprendre en faisant un effort, soit tu les refuses et cries à l’injustice et dans ce cas, à mon humble avis, ce n’est pas la peine d’aller te traîner à ses pieds parce que je ne suis pas bien certaine qu’elle ait envie de t’écouter. Moi c’est limite, déjà.
Juliette s’était échauffée malgré elle. Elle se rendait bien compte qu’elle était en train de se passer les nerfs de sa dispute avec Ludo sur le malheureux Grégoire, mais c’était trop pour une seule journée. Maxime hallucinait.
– Holà, doucement, Juliette, tu es vache, là.
– Je suis juste lucide.
– Ouais, un peu d’empathie ne ferait pas de mal. Hôpital, charité…
Juliette fusilla Maxime du regard. Ce dernier soutint son accusation muette tandis que ses lèvres formaient un « J’ai raison » silencieux au-dessus du comptoir. Grégoire, lui, semblait complètement ailleurs.
– Quoi qu’il en soit, conclut Juliette, ce n’est pas en pleurant comme ça que tu la récupéreras, et je ne peux rien faire pour toi.
– Oui, dit-il, tu as raison.
Son air sérieux et pénétré fit douter Juliette du fait qu’il l’ait entendue, ce qu’il confirma en poursuivant.
– Elle est en train de tout risquer pour accomplir quelque chose de grand, et je me plains. Je ramène tout à moi.
Il eut un rire sec, puis une grimace de dégoût.
– Je suis un égoïste. Je vais arrêter de lui dire de revenir.
– Bonne idée.
– À la place, je vais l’aider à accomplir son rêve.
– Hein ?
Grégoire s’emballa. Un éclat de folie subite filtra entre les paupières gonflées de ses yeux rouges et il ferma le poing, victime à la fois d’un enthousiasme démonstratif et d’un nouvel accès de cliché aigu.
– Je vais aller lui dire qu’elle peut compter sur moi. Je ne voulais pas annuler le mariage, parce que ta mère disait qu’elle allait revenir, mais je vais lui prouver que j’ai compris. Je vais l’annuler, et payer à sa place, et je vais lui rendre sa liberté !
– Elle l’a déjà reprise, rappela Juliette à froid.
– Je vais lui dire que je suis avec elle, et quand elle aura réussi, alors je serai là !
– Avec des roses, proposa Maxime, se servant à lui-même un cognac. Rouges, de préférence.
– Non, s’emballa Grégoire, avec des hortensias ! Elle aime les hortensias !
– Ce n’est pas bientôt fini, oui ?
– Et quand elle aura réussi, je lui redemanderai de m’épouser !
Grégoire saisit les mains de Juliette et plongea son regard dans le sien, entièrement accaparé par sa dévotion.
– Je n’étais qu’un crétin, mais j’ai compris. Tu crois qu’elle m’aimera encore, qu’elle peut encore m’aimer ? Moi je l’aime, c’est certain ! Je n’ai jamais aimé personne comme j’aime aujourd’hui ! Jamais plus je n’aimerai autant, dis-moi que j’ai encore une chance, Juliette !
Ce fut sur les derniers trémolos de cette superbe déclaration que Ludovic entra dans le restaurant par les cuisines. Maxime s’étrangla dans son cognac, Juliette perdit tout contact avec sa capacité de réflexion et le silence s’invita dans la salle.
– Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? gueula Ludovic, exsangue.
Par miracle, Juliette trouva au fond d’elle l’énergie de répondre. Il fallait bien s’y résoudre ; aucun des deux garçons ne l’aurait fait à sa place.
– C’est privé, Ludo. C’est une affaire de famille, affirma-t-elle comme si elle ne se rendait pas compte que Greg, les mains dans les siennes, avait parfaitement l’air d’être en train de lui déclarer sa flamme.
Ludovic gonfla les joues comme une grenouille mécontente.
– Les affaires de famille ne se règlent pas au boulot, Juliette ! aboya-t-il. Je revenais faire les comptes parce que je me doutais bien que personne ne les ferait à ma place, et je te trouve en train de faire… ça ? Franchement, ce n’est pas la peine de me faire la morale sur la façon dont je gère les Bouchées Doubles si c’est pour traîner au bar avec ton mec de la nuit ! Ah, c’est facile de donner des leçons, mais faire le taf c’est moins évident !
Outrée, Juliette se leva pour répliquer quand tout à coup, la silhouette de Greg se matérialisa entre elle et Ludovic.
– Tu ne lui parles pas comme ça, déclara Grégoire comme la première racaille venue. Tu lui présentes tes excuses immédiatement.
– De quoi tu te mêles ? T’es dans mon restaurant ici, je ne te connais pas, et c’est un établissement privé. Tu dégages, ou j’appelle les flics.
– Vas-y, baudruche ! En attendant, tu ne parles pas comme ça à Juliette, c’est clair ? Quand on est un roquet de bas étage, on évite de bomber le torse comme tu le fais, sinon on est ridicule ! Alors un bon conseil, tu…
Grégoire ne put achever. Le poing de Ludovic venait d’atterrir sur son nez.
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