Fondation

Asimov · Chapitre 34 sur 44

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Fondation

Chapitre IV

Korell constituait un de ces phénomènes fréquents en histoire : une république dont le chef a tous les attributs d’un monarque absolu sauf le nom. Elle vivait donc sous un régime despotique que ne parvenaient même pas à tempérer les deux influences généralement modératrices des monarchies légitimes : l’« honneur » royal et l’étiquette de la cour.

Du point de vue matériel, Korell n’était pas un Etat prospère. Le temps de l’Empire Galactique était révolu sans qu’il en restât autre chose que des monuments silencieux et des palais en ruine. Le temps de la Fondation n’était pas encore advenu : et le Commodore Asper Argo était bien résolu à empêcher sa venue en continuant de réglementer strictement les activités des Marchands et d’interdire aux missionnaires l’accès de son territoire.

L’astroport lui-même était délabré et décrépit et l’équipage du Far Star nota le fait sans plaisir. Jaim Twer, dans sa cabine, poursuivait mélancoliquement une réussite.

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« Il y a de quoi travailler ici », fit Hober Mallow d’un air songeur, en regardant le paysage qu’on apercevait par le hublot. Jusqu’ici ils n’avaient pas grand-chose à dire de Korell. Le voyage s’était déroulé sans incident. L’escadrille d’appareils korelliens qui s’était portée au-devant du Far Star pour l’intercepter ne comprenait que des engins démodés, vestiges d’une grandeur passée. Ils avaient craintivement maintenu leurs distances et continuaient à observer une attitude de méfiance respectueuse ; cela faisait une semaine maintenant que les demandes d’audience de Mallow demeuraient sans réponse.

« Oui, il y aurait de quoi travailler, répéta Mallow. C’est ce qu’on appelle un secteur vierge. »

Jaim Twer leva les yeux et repoussa ses cartes d’un geste impatient. « Que comptez-vous faire, Mallow ? L’équipage gronde, les officiers sont inquiets et moi-même je commence à me demander...

— A vous demander quoi ?

— Ce qui va se passer. Quels sont vos projets ?

— Attendre. »

Le vieux Marchand ne put se contenir davantage. « Vous êtes aveugle, Mallow. Le terrain est gardé et des appareils patrouillent

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sans cesse au-dessus de nos têtes. Et s’il leur prenait l’idée de nous bombarder ?

— Ils ont eu toute une semaine pour le faire.

— Ils attendent peut-être des renforts. »

Mallow s’assit lourdement. « Bien sûr, j’y ai pensé. Oh ! la situation n’est pas simple, je m’en rends compte. D’abord, nous arrivons ici sans encombre. Peut-être que cela ne veut rien dire puisque, l’an dernier, trois astronefs seulement sur plus de trois cents ont eu des difficultés. C’est un pourcentage bien faible. Mais, d’un autre côté, ils n’ont peut-être que peu d’appareils équipés d’armes atomiques et ils n’osent pas les exposer inutilement tant qu’ils ne sont pas plus nombreux.

« Cela pourrait aussi vouloir dire qu’ils ne possèdent pas d’équipement atomique du tout. Ou bien qu’ils en ont et qu’ils le cachent pour que nous n’en sachions rien. C’est une chose en effet de jouer les pirates avec des appareils marchands faiblement armés et c’en est une autre que de se mesurer avec un envoyé officiel de la Fondation alors que sa seule présence peut être un signe que la Fondation commence à avoir des doutes. Ajoutez à cela...

— Attendez, attendez, Mallow, fit Twer avec un geste de protestation. Vous êtes en train de m’inonder de paroles. Où voulez-vous en venir ? Allons au fait.

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— Il faut bien que je vous expose la situation avec quelque détail, sinon vous ne comprendriez pas, Twer. Nous attendons tous, eux et moi. Ils ne savent pas ce que je viens faire ici, et je ne sais pas quels sont leurs plans. Mais je suis dans une situation d’infériorité parce que je suis seul contre toute une planète... qui possède peut-être l’énergie atomique. Je ne peux pas me permettre d’être celui qui faiblit le premier. Bien sûr, c’est dangereux : ils peuvent très bien décider tout d’un coup que la plaisanterie a assez duré et se mettre à nous bombarder. Mais cela nous le savions en partant. Quelle autre solution avons-nous ?

— Je ne... Allons, qu’est-ce que c’est que ça maintenant ? » Mallow, répondant à la discrète sonnerie du vibraphone, tourna le bouton du récepteur, et le visage du sergent de quart apparut sur l’écran.

« Je vous écoute, sergent.

— Excusez-moi, commandant. Les hommes viennent de faire entrer un missionnaire de la Fondation.

— Un quoi ! fit Mallow, pâlissant.

— Un missionnaire, commandant. Il est plutôt mal en point...

— Je crains qu’il ne soit pas le seul d’ici quelque temps, sergent. Que chacun prenne place à son poste de combat. »

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Le carré de l’équipage était presque vide. Cinq minutes après l’ordre lancé par Mallow, même les hommes qui n’étaient pas de quart étaient en position près de leurs pièces. La rapidité en effet était la qualité la plus appréciée dans ces régions perdues de la Périphérie, et nulle part cette qualité n’était mieux répandue que parmi les équipages des appareils marchands.

Mallow entra dans la salle et examina longuement le missionnaire. Puis son regard se posa sur le lieutenant Tinter qui se dandinait d’un pied sur l’autre d’un air gêné, et sur le sergent de quart Demen, qui attendait, impassible.

Se tournant enfin vers Twer, il dit : « Twer, convoquez l’équipage ici, à l’exception des coordinateurs et du trajectoriste. Que ces hommes restent à leur poste jusqu’à nouvel avis. »

Quelques minutes s’écoulèrent, durant lesquelles Mallow ouvrit les portes des toilettes, regarda derrière le bar, tira les lourds rideaux devant les hublots. Il sortit quelques instants mais revint bientôt en fredonnant.

L’équipage fit son entrée, Twer fermait la marche.

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« Tout d’abord, fit Mallow sans élever la voix, qui a introduit cet homme ici sans me consulter ? »

Le sergent de quart s’avança. Tous les regards aussitôt se portèrent sur lui. « Ce n’est pas l’un plutôt que l’autre, commandant, dit-il. C’a été une sorte d’accord tacite. Vous comprenez, c’était un compatriote. Au milieu de tous ces étrangers...

— Je comprends vos sentiments, sergent, et je les partage, fit Mallow sèchement. Ces hommes étaient sous vos ordres ?

— Oui, commandant.

— Ils sont tous aux arrêts pour la semaine. Vous-même êtes relevé de vos fonctions pour la même période. Compris ? »

Le visage du sergent demeura impassible, mais ses épaules parurent s’affaisser imperceptiblement.

« Oui, commandant, fit-il.

— Vous pouvez disposer. Que chacun regagne son poste. » La porte se referma derrière eux et le murmure des conversations reprit.

« Pourquoi cette punition, Mallow ? demanda Twer. Vous savez bien que les Korelliens tuent les missionnaires qui tombent entre leurs mains.

— Toute mesure prise sans que j’en aie donné l’ordre est condamnable, quels que

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soient les motifs qui militent en sa faveur. Personne ne devait pénétrer à bord ni en descendre sans mon autorisation.

— Sept jours d’inaction, murmura le lieutenant Tinter d’un ton maussade. Vous ne pouvez pas compter maintenir la discipline de cette façon.

— Figurez-vous que si, déclara Mallow, glacial. Il n’y a aucun mérite à maintenir la discipline dans des circonstances idéales. J’entends la maintenir même si nous nous trouvons en danger de mort, sinon c’est inutile. Où est ce missionnaire ? Qu’on me l’amène. »

Le Marchand s’assit, tandis qu’on faisait s’avancer vers lui un personnage drapé dans une robe rouge.

« Comment vous appelez-vous, mon révérend ?

— Pardon ? » L’homme se tourna vers Mallow, avec une raideur d’automate. Il avait le regard vide et un bleu sur la tempe.

« Votre nom, vénéré ? »

Le missionnaire s’anima soudain. Il écarta les bras dans un geste théâtral : « Mon fils... mes enfants. Que l’Esprit Galactique continue de vous accorder sa protection. »

Twer s’approcha et dit d’une voix rauque : « Cet homme est malade, envoyez-le

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se faire examiner par le médecin du bord. Il est blessé. »

Mallow le repoussa d’un geste. « Ne me gênez pas, Twer, ou je vous fais expulser. Votre nom, vénéré ? »

Le missionnaire joignit les mains d’un air suppliant. « Vous qui êtes des esprits éclairés, sauvez-moi des païens. Sauvez-moi de ces brutes qui me poursuivent et qui veulent rendre l’Esprit Galactique responsable de leurs crimes. Je suis Jord Parma, d’Anacréon. J’ai été élevé sur la Fondation, sur la Fondation elle-même, mes enfants. Je suis un prêtre de l’Esprit initié à tous les mystères, et je suis venu ici appelé par ma vocation. J’ai souffert aux mains des ignorants, continua-t-il d’une voix haletante. Vous qui êtes des enfants de l’Esprit, au nom de la Galaxie, protégez-moi de leurs entreprises. »

Une voix retentit soudain venant du haut-parleur d’alarme :

« Ennemis en vue ! Demandons instructions ! »

Mallow poussa un juron. Manœuvrant le levier de réponse, il cria : « Restez à vos postes ! C’est tout ! » et il coupa le contact.

Se dirigeant alors vers les lourdes tentures qui masquaient le hublot, il les écarta et regarda dehors.

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Une foule de plusieurs milliers de Korelliens cernait l’astroport et, à la lueur aveuglante des torches au magnésium, on pouvait voir les premiers rangs s’approcher de l’appareil.

« Tinter ! fit Mallow. Branchez le mégaphone extérieur et tâchez de savoir ce qu’ils veulent. Demandez-leur s’ils ont parmi eux un représentant de l’ordre. Ne faites ni promesses ni menaces, sinon je vous abats ! »

Tinter tourna les talons et sortit.

Mallow sentit une main se poser sur son épaule ; c’était celle de Twer ; d’une secousse, il l’écarta, mais l’autre insista. « Mallow, fit-il d’une voix sifflante, vous devez protéger cet homme. Agir autrement serait contraire à tous les principes d’honneur et de patriotisme. Il est de la Fondation, après tout, et c’est un prêtre par-dessus le marché. Ces sauvages... vous les entendez ?

— Je vous entends, vous, Twer, fit Mallow d’une voix cinglante. Je ne suis pas ici pour sauver des missionnaires. J’agirai comme bon me semblera et, par Seldon et par la Galaxie, si vous essayez de m’arrêter, je vous assomme sur place. Ne vous mettez pas sur mon chemin, ou vous êtes un homme mort.

« Et vous ! continua-t-il en se tournant vers le missionnaire. Vous, révérend Parma ! Vous ne saviez donc pas que, par convention, aucun

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missionnaire de la Fondation ne peut pénétrer en territoire korellien ? »

Le missionnaire tremblait. « Je ne puis aller que là où m’appelle l’Esprit, mon fils. Si les mécréants refusent de se laisser éclairer, n’est-ce pas un signe encore plus marqué du besoin qu’ils en ont ?

— La question n’est pas là, mon révérend. Vous êtes ici en violation des lois de Korell et de la Fondation. Je ne puis légalement vous protéger. »

Le missionnaire leva les mains. On entendait maintenant la clameur rauque du mégaphone extérieur, et les haut-parleurs transmettaient les vociférations de la foule déchaînée. A ce bruit, une expression de terreur se peignit sur le visage du prêtre.

« Vous les entendez ? Pourquoi me parlez-vous de loi, de loi humaine ? Il existe des lois d’un ordre plus élevé. N’est-ce pas l’Esprit Galactique qui a dit : ’’Tu ne laisseras pas léser ton semblable sans intervenir.’’ Et n’a-t-il pas dit aussi : ’’Comme tu traiteras les humbles et les faibles, ainsi seras-tu traité.’’

« Vous n’avez donc pas de canons ? N’avez-vous pas derrière vous la Fondation ? Et au-dessus de vous n’y a-t-il pas l’Esprit qui gouverne l’univers ? » Il s’arrêta pour reprendre haleine.

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Le mégaphone se tut et le lieutenant Tinter revint, l’air embarrassé.

« Parlez ! fit Mallow sèchement.

— Commandant, ils exigent qu’on leur livre Jord Parma.

— Et sinon ?

— Ils profèrent des menaces, commandant, mais il est difficile de savoir où ils veulent en venir : ils sont si nombreux, ils ont l’air déchaînés. Il y a quelqu’un qui prétend qu’il est gouverneur du district et qu’il dirige les forces de police de la région, mais de toute évidence il n’est plus maître de la situation.

— Maître ou non, dit Mallow, il représente la loi et l’ordre. Dites-leur que si ce gouverneur, ou ce chef de la police, je ne sais, s’approche seul de notre appareil, le révérend Jord Parma lui sera livré. »

En achevant sa phrase, il avait dégainé son revolver atomique. « J’ignore, continua-t-il, ce que c’est que l’insubordination. Je n’en ai jamais vu d’exemple. Mais s’il y a quelqu’un ici qui croit avoir des leçons à me donner, je me réserve de lui administrer un antidote de ma composition. »

Le canon du revolver balaya lentement la salle et se braqua sur Twer. Au prix d’un immense effort, le vieux Marchand se maîtrisa et ses mains s’abaissèrent le long de son corps.

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Tinter sortit et, cinq minutes plus tard, une silhouette minuscule se détacha de la foule ; elle approcha à pas lents et craintifs. A deux reprises, le délégué s’arrêta, et à deux reprises, il reprit sa marche, poussé par le monstre aux mille têtes qui le pressait.

« Allons », fit Mallow sans lâcher son arme toujours dégainée. « Grum et Upshur, emmenez-le. »

Le missionnaire se mit à hurler. Il brandit les mains vers le ciel, et les manches flottantes de sa robe s’écartèrent, révélant des bras maigres et sillonnés de veines. Une lueur un instant brilla au-dessus de sa tête puis s’éteignit.

Tandis que les soldats l’entraînaient, le révérend Parma emplissait la salle de ses lamentations : « Maudit soit le traître qui abandonne son semblable au malheur et à la mort. Que les oreilles qui demeurent sourdes aux plaintes du malheureux soient frappées de surdité. Que les yeux qui restent aveugles devant l’innocence soient à jamais plongés dans la nuit. Que soit vouée à d’éternelles ténèbres l’âme qui se laisse gagner par les maléfices de l’ombre... »

Twer porta nerveusement les mains à ses oreilles pour ne plus entendre.

Mallow fit sauter son arme dans sa main, puis la rengaina. « Que chacun regagne son

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poste, dit-il sans se démonter. Maintenez la garde six heures après que la foule sera dispersée. Renforcez pour quarante-huit heures les effectifs des hommes de quart. Je vous donnerai de nouvelles instructions plus tard. Twer, venez avec moi. »

Ils étaient seuls dans la cabine de Mallow. Celui-ci désigna un fauteuil et Twer s’assit. Son corps massif semblait s’être ratatiné.

Mallow le toisa d’un regard ironique. « Twer, dit-il, je suis déçu. Vos trois ans de vie politique semblent vous avoir fait perdre vos habitudes de Marchand. Ne l’oubliez pas, je suis peut-être un démocrate quand nous sommes à la Fondation, mais seule la tyrannie la plus rigoureuse me permet de mener mon astronef comme je l’entends. Jamais encore je n’avais eu à dégainer mon arme devant mes hommes, et je n’aurais pas eu à le faire si vous n’étiez pas inopportunément intervenu.

« Vous n’avez ici aucune position officielle : vous êtes mon invité et je ferai tout pour vous être agréable... dans le privé. Mais dorénavant, en présence des officiers et de l’équipage, je veux être Commandant et non pas Mallow. Et quand je donne un ordre, vous obéirez avec l’ardeur d’une jeune recrue, sinon, je vous fais jeter aux fers. C’est compris ? »

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Twer avait la gorge serrée. Il réussit enfin à articuler : « Toutes mes excuses !

— Je les accepte ! Une poignée de main ? »

Twer sentit sa main disparaître dans la grande paume de Mallow. « Mes motifs étaient défendables, dit-il. Il est difficile d’envoyer un homme se faire lyncher. Ce n’est sûrement pas ce gouverneur ou ce commissaire aux jambes en coton qui le sauvera. C’est un meurtre.

— Je n’y peux rien. Franchement, les choses commençaient à mal tourner. Vous n’avez pas remarqué ?

— Remarqué quoi ?

— Cet astroport est situé dans une zone bien peu animée. Or, brusquement un missionnaire s’évade. D’où ? Il arrive ici. Aussitôt, une foule s’amasse. Venant d’où ? La ville la plus proche est à plus de cent cinquante kilomètres. Et pourtant, il ne leur a pas fallu plus d’une demi-heure pour être tous là. Comment ont-ils fait ?

— Comment ? répéta Twer comme un écho.

— Et si ce missionnaire n’avait été relâché que pour servir d’appât ? Notre ami, le révérend Parma, s’exprimait de façon fort confuse. Il ne semblait pas en pleine possession de ses facultés.

— Les mauvais traitements... murmura Twer.

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— C’est possible ! Supposez un instant que, saisis d’une fringale de chevalerie, nous nous soyons fait les vaillants défenseurs de cet homme. Il était ici en violation des lois de Korell et de la Fondation. Si je lui avais donné asile, j’aurais commis un acte d’hostilité envers Korell, et la Fondation n’aurait pas eu le droit de nous défendre.

— Ce... cela me paraît un peu tiré par les cheveux. » Le visiophone se mit en action avant que Mallow ait pu répliquer : « Commandant, nous venons de recevoir un message important.

— Transmettez immédiatement ! »

Le cylindre brillant arriva presque aussitôt par le conduit pneumatique. Mallow l’ouvrit et en tira la feuille argentée qu’il contenait. Il l’examina rapidement et annonça : « Téléporté en direct de la capitale. C’est le papier à lettres personnel du Commodore. »

Il lut le message et éclata de rire : « Vous disiez, n’est-ce pas, que mon raisonnement était un peu tiré par les cheveux ? »

Il lança la feuille à Twer, commentant : « Une demi-heure après que nous avons livré le missionnaire, nous recevons enfin une invitation fort courtoise nous priant de nous rendre devant le Commodore... Après sept jours d’attente, je

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crois, moi, que nous avons victorieusement franchi l’épreuve. »

 

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