Fondation

Asimov · Chapitre 42 sur 44

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Fondation

Chapitre XII

La salle du Conseil était pleine à craquer en ce quatrième jour du procès de Hober Mallow, Maître Marchand. Le seul conseiller absent maudissait dans son lit la fracture qui l’immobilisait. Les galeries même étaient encombrées de gens que l’influence, la richesse ou une persévérance diabolique avaient réussi à faire pénétrer dans la salle. Le reste de la foule était devant le palais, massée en petits groupes autour des visiphones en 3D.

Ankor Jael, avec l’aide du service d’ordre, se fraya un chemin jusqu’à sa place, et de là jusqu’auprès du siège qu’occupait Hober Mallow.

« Ah ! bravo, fit celui-ci, vous avez pu passer. Vous avez la bobine ?

— Tenez, dit Jael. Voilà ce que vous m’aviez demandé.

— Bon. Comment prennent-ils la chose dehors ?

— Ils sont déchaînés, fit Jael. Vous n’auriez jamais dû tolérer que les débats fussent publics.

— Mais si, j’y tenais.

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— On parle de lynchage. Et les hommes de Publis Manlio...

— J’allais vous interroger à ce sujet, Jael. Il monte les collèges religieux contre moi, je présume.

— S’il les monte ? Mais c’est la plus belle machination qu’on puisse rêver. En qualité de secrétaire aux Affaires Etrangères, c’est lui qui joue le rôle de procureur dans les cas relevant de la juridiction interstellaire. En tant que Grand Prêtre et que primat de l’Eglise, il excite les hordes de fanatiques...

— Bah, n’y pensons plus. Vous souvenez-vous de la phrase de Hardin que vous me citiez le mois dernier ? Eh bien, nous allons leur montrer qu’un fusil atomique peut être braqué dans n’importe quelle direction. »

Le Maire faisait son entrée, et les conseillers se levèrent.

« C’est mon tour aujourd’hui, murmura Mallow. Asseyez-vous, ça va être drôle. »

On procéda aux formalités préliminaires, et quinze minutes plus tard, Hober Mallow s’avançait au milieu des regards hostiles, jusqu’au pied du pupitre où trônait le Maire. Un pinceau lumineux le suivait et sur les écrans des visiphones publics aussi bien que sur ceux des appareils privés qu’on trouvait dans presque chaque foyer, la haute silhouette de l’accusé se découpa, solitaire.

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Il commença d’un ton parfaitement détaché : « Pour gagner du temps, je reconnais l’exactitude de tous les chefs d’accusation relevés contre moi. L’histoire du prêtre et de l’émeute telle que l’a évoquée le procureur est tout à fait exacte. »

Un murmure parcourut l’assistance. L’accusé attendit que le silence se fût rétabli.

« Toutefois, le tableau qu’il a brossé n’est pas complet. Je demande l’autorisation de le compléter à ma façon. Mon récit pourra du premier abord vous paraître sans rapport avec ce qui nous occupe ; je vous prie de m’en excuser d’avance.

« Je commencerai au même point que l’a fait l’accusation : à savoir par mes entretiens avec Jorane Sutt et Jaim Twer. Ce qui s’est passé lors de ces entretiens, vous le savez. On vous a rapporté les paroles qui furent échangées et je n’ai rien à ajouter à cela, sinon quelques réflexions.

« Ces conversations me laissèrent un sentiment de méfiance, et vous conviendrez que ce sentiment était justifié. Comment, voilà deux personnages que je ne connais que superficiellement et qui me font des propositions insensées. Le premier, le secrétaire du Maire, me demande de jouer le rôle d’agent secret du gouvernement et de remplir une mission extrêmement

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confidentielle, dont on vous a déjà expliqué la nature et l’importance. Le second, chef d’un parti politique, me demande de me présenter aux élections.

« Je cherchai, bien sûr, leurs vrais motifs. Celui de Sutt semblait assez évident. Il n’avait pas confiance en moi. Peut-être croyait-il que je vendais à l’ennemi des secrets atomiques et que je préparais une révolte. Peut-être voulait-il ou pensait-il précipiter les événements. Dans ce cas, il lui fallait pour m’accompagner dans ma mission un homme à lui qui m’espionnerait. Cette pensée toutefois ne me vint que plus tard, quand Jaim Twer apparut.

« Qu’on y réfléchisse en effet : Twer se présente comme un Marchand qui a renoncé au commerce pour la politique, et pourtant je ne sais rien de sa carrière commerciale, bien que je connaisse fort bien la question. Qui plus est, bien que Twer se vante d’avoir reçu une éducation laïque, il n’a jamais entendu parler d’une crise Seldon. »

Hober Mallow marqua un temps pour bien insister sur ce point ; pour la première fois, un long silence accueillit ses déclarations : l’auditoire retenait son souffle. Seuls les habitants de Terminus pouvaient profiter de la retransmission complète de l’audience. Les gens des planètes extérieures n’entendraient que des versions censurées conformes aux

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exigences de la religion. On ne leur dirait rien des crises Seldon. Mais ils en apprendraient quand même de belles.

Mallow poursuivit :

« Comment un homme ayant reçu une éducation laïque pourrait-il ignorer ce qu’est une crise Seldon ? Il n’existe sur la Fondation qu’un système d’éducation où l’on évite toute allusion à la planification de l’histoire par Seldon et où on traite ce personnage comme une figure à demi mythique de sorcier...

« J’ai compris alors que Jaim Twer n’avait jamais été Marchand. J’ai su qu’il avait été dans les ordres et qu’il était peut-être même un prêtre ; en tout cas, durant les trois années qu’il se prétendit à la tête d’un parti politique des Marchands, il n’avait été que l’homme de paille de Jorane Sutt.

« Je décidai alors de frapper dans le noir. J’ignorais quelles étaient les intentions de Sutt à mon égard, mais puisqu’il semblait disposé à me laisser un peu la bride sur le cou, j’allais jouer son jeu. Twer, à mon avis, devait m’accompagner dans mon voyage pour me surveiller. S’il ne venait pas, je savais que Sutt trouverait d’autres moyens de m’épier, moyens dont peut-être je ne m’apercevrais pas tout de suite. Mieux valait connaître l’ennemi. J’invitai donc Twer à m’accompagner. Il accepta.

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« Ceci, messieurs les conseillers, explique deux choses. D’abord, cela prouve que Twer n’est pas un de mes amis témoignant à son corps défendant contre moi, pour obéir à sa conscience, comme l’accusation voudrait le faire croire. C’est un espion, qui s’acquitte de la besogne pour laquelle il est payé. Second point, cela justifie certaine décision que j’ai prise lors de l’apparition de ce prêtre que je suis accusé d’avoir tué, décision dont on n’a point encore parlé, puisque personne n’en a eu connaissance. »

Mallow s’éclaircit la gorge et continua :

« Il m’est pénible de rappeler quels furent mes sentiments quand la nouvelle me parvint que nous avions un missionnaire réfugié à bord. Mon impression dominante était celle d’une terrible certitude. Il s’agissait, pensai-je, d’une initiative de Sutt, mais dont la portée m’échappait. J’étais tout à fait désorienté.

« Je ne pouvais faire qu’une chose. Je me débarrassai de Twer pour cinq minutes en l’envoyant rassembler l’équipage. Profitant de son absence, j’installai un visio-enregistreur afin que ce qui allait se produire demeurât fixé pour pouvoir être étudié plus tard tout à loisir. Ceci, dans l’espoir que ce qui me déconcertait alors se révélerait peut-être parfaitement clair avec le recul du temps.

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« J’ai depuis fait passer quelque cinquante fois cette bobine. Je l’ai apportée aujourd’hui et je me propose de répéter l’opération pour la cinquante et unième fois devant vous. »

Le Maire frappa quelques coups de marteau pour demander le silence. Dans cinq millions de foyers de Terminus, des spectateurs passionnés se rapprochèrent de leurs appareils, tandis que, sur l’estrade, Jorane Sutt faisait un signe de tête au Grand Prêtre, qui semblait fort nerveux.

On débarrassa le centre de la salle, on baissa les lumières. Ankor Jael procéda aux derniers réglages et, après un léger déclic, une scène se joua sous les yeux du public, en couleurs et en relief, ayant en bref tous les attributs de la vie sauf la vie elle-même.

On vit d’abord le missionnaire, affolé et bredouillant, planté entre le lieutenant et le sergent, Mallow attendant en silence, tandis que l’équipage se massait dans la salle, Twer fermant la marche.

La conversation qui s’était tenue ce jour-là se répéta, mot pour mot. Le sergent fut réprimandé par Mallow, le missionnaire interrogé. Puis on vit la foule s’approcher, on l’entendit gronder, le révérend Jord Parma lança ses déchirantes supplications. Mallow dégaina son arme et le missionnaire fut entraîné par les soldats, levant les bras en une

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ultime malédiction, une brève lueur apparut puis s’éteignit aussitôt au-dessus de sa tête.

La scène s’acheva sur la vision des officiers figés d’horreur, tandis que Twer portait les mains à ses oreilles et que Mallow rengainait tranquillement son arme.

On ralluma. Le vide qu’on avait ménagé au centre de la salle apparut vide de nouveau. Mallow, le vrai Mallow en chair et en os, reprit le cours de son récit.

« Cet incident est donc exactement tel que vous l’a présenté l’accusation... en apparence du moins. Je vais bientôt revenir sur ce point. Les réactions de Jaim Twer montrent bien, soit dit en passant, qu’il a reçu une éducation religieuse.

« Ce même jour je lui fis observer certains détails incongrus. Je lui demandai d’où avait pu venir ce missionnaire, et comment une pareille foule avait pu se rassembler, alors que nous étions à plus de cent cinquante kilomètres de l’agglomération la plus proche. L’accusation ne s’est pas arrêtée sur ces problèmes.

« Ni sur le fait, par exemple, que Jord Parma portait un costume bien voyant. Un missionnaire qui brave au mépris de sa vie les lois de Korell et de la Fondation, ne se promène pas dans une tenue aussi criarde. Sur le moment, je crus que Parma était à son

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insu le complice du Commodore qui l’utilisait comme appât, afin de nous amener à commettre un délit qui lui permettrait de nous anéantir, nous et notre astronef, en demeurant dans le cadre de la légalité.

« L’accusation a prévu que je chercherais à me justifier ainsi. Elle s’attendait à m’entendre déclarer que la sécurité de mon astronef et de mon équipage, que ma mission même étaient en jeu et que je ne pouvais tout sacrifier pour sauver un homme qui, de toute façon, avec ou sans nous, aurait péri. Elle m’objecte ’’l’honneur’’ de la Fondation et de la nécessité de garder notre ’’dignité’’ afin de maintenir notre ascendant.

« Cependant, on remarquera que l’accusation ne semble pas attacher beaucoup d’importance à Jord Parma en tant qu’individu. On ne vous a donné sur son compte aucun détail ; on ne vous a parlé ni de sa date de naissance, ni de son éducation, ni de sa carrière. Cela est dû aux mêmes raisons qui expliquent les anomalies de l’enregistrement visiphonique auxquelles j’arrive maintenant.

« L’accusation n’a pas beaucoup parlé de Jord Parma parce qu’elle ne pouvait rien dire à son sujet. La scène que vous venez de voir au visiphone sonne faux parce que Jord Parma

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joue son rôle. Jord Parma n’a jamais existé. Tout ce procès n’est qu’une vaste farce. »

Une fois encore il dut attendre que l’agitation se fût calmée. Il reprit alors :

« Je vais vous montrer l’agrandissement d’une image de l’enregistrement qui se suffit à elle-même. Lumière, Jael, je vous prie. »

On baissa de nouveau les lumières et l’ont vit réapparaitre les silhouettes pétrifiées des officiers du Far Star. Mallow tenait son revolver atomique à la main. A sa gauche, le révérend Jord Parma avait la bouche ouverte, et les manches de sa robe retombaient sur ses bras levés vers le ciel.

Une lueur brillait au poignet du missionnaire, celle-là même qui tout à l’heure avait jeté un éclat fugitif.

« Regardez ce point brillant, cria Mallow. Agrandissez encore, Jael ! »

L’image grossit démesurément, et bientôt la silhouette du missionnaire emplit seule l’espace, puis on ne vit plus que son bras, puis seulement sa main, qui se détachait, immense et décharnée.

Le point lumineux était devenu un assemblage de lettres aux contours fluorescents : P. S. K.

 » Vous voyez là, messieurs, expliqua Mallow, un tatouage invisible à la lumière ordinaire, mais qu’on distingue fort bien à la

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lumière ultraviolette – dont j’avais baigné la salle en branchant mon enregistreur visiphonique. C’est peut-être une méthode un peu naïve d’identification, mais elle donne d’excellents résultats sur Korell, où l’on ne trouve pas de projecteurs à U. V. à tous les coins de rue. Même à bord, c’est par hasard que j’ai fait cette découverte.

« Peut-être certains d’entre vous ont-ils déjà deviné ce que signifiaient ces initiales P S K. Jord Parma connaissait le jargon des prêtres et il jouait son rôle en comédien accompli. Où il l’avait appris et comment, je ne saurais vous le dire, mais PSK signifie Police Secrète Korellienne. »

Mallow poursuivit, en criant, pour dominer le tumulte :

« J’ai d’autres preuves à l’appui de ce que j’avance, sous la forme de documents que j’ai rapportés de Korell et que je tiens à la disposition de la Cour.

« Que reste-t-il alors de l’accusation ? On a déjà dit et répété que j’aurais dû combattre pour le missionnaire, au mépris de la loi, et quitte à sacrifier la réussite de ma mission, mon astronef, tout mon équipage et moi-même pour l’honneur de la Fondation ?

Mais ledit missionnaire était un imposteur !

« Aurais-je dû intervenir alors pour un agent secret korellien qui utilisait la garde-

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robe et l’éloquence empruntées sans doute à quelque exilé anacréonien ? Jorane Sutt et Publis Manlio auraient-ils voulu me voir tomber dans ce piège stupide ?... »

Sa voix se noya dans les clameurs de la foule. Des hommes le hissèrent sur leurs épaules et le portèrent jusque sur l’estrade. Par les fenêtres, il apercevait des torrents humains qui se mouvaient sur la place.

Il chercha des yeux Ankor Jael, mais il ne put distinguer un seul visage dans cette masse grouillante. Peu à peu, il finit par percevoir un cri scandé que reprenait la foule, avec une vigueur inlassable : « Vive Mallow... vive Mallow... »

Ankor Jael fixait le visage défait de Mallow. Ç’avaient été deux jours de folie, deux jours où ni l’un ni l’autre n’avaient fermé l’œil.

« Vous avez fait une remarquable exhibition, Mallow. Ne gâchez pas tout maintenant en voulant sauter trop haut. Vous ne pouvez songer à briguer sérieusement le poste de Maire. L’enthousiasme populaire est une force puissante, mais éphémère.

— En effet ! dit Mallow, aussi devons-nous l’entretenir ; le meilleur moyen d’y parvenir me semble être de continuer l’exhibition.

— Qu’allez-vous faire maintenant ?

— Vous allez arrêter Publis Manlio et Jorane Sutt...

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— Comment ?

— Vous avez bien entendu. Que le Maire les fasse arrêter ! Peu m’importent les menaces que vous emploierez. Je tiens la foule... pour aujourd’hui, en tout cas. Il n’osera pas l’affronter.

— Mais sous quel prétexte les arrêter, mon cher ?

— Sous le meilleur. Ils ont incité le clergé des planètes extérieures à prendre parti dans les querelles de la Fondation. C’est interdit depuis Seldon. Accusez-les d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Et je me fiche pas mal qu’ils soient condamnés ou non. Je ne veux simplement plus les avoir sur mon chemin jusqu’à ce que je sois Maire.

— Les élections sont dans six mois.

— Nous n’aurons pas trop de temps. » Mallow se leva d’un bond et saisit Jael par le bras. « Ecoutez, je m’emparerais du gouvernement par la force, s’il le fallait... comme l’a fait Salvor Hardin cent ans avant moi. Nous sommes toujours sous la menace d’une crise Seldon, et quand elle se produira, il faudra que je sois Maire et aussi Grand Prêtre.

— D’où viendra-t-elle, cette crise ? demanda Jael. De Korell ? »

Mallow acquiesça. « Naturellement. Ils nous déclareront la guerre un de ces jours,

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mais je parie bien que cela demandera encore un an ou deux.

— Avec des astronefs atomiques ?

— Qu’est-ce que vous croyez ? Ces trois appareils marchands que nous avons perdus dans leurs parages n’ont pas été abattus avec des pistolets à air comprimé. Jael, c’est l’Empire qui leur fournit des appareils. Ne prenez pas cet air ahuri. J’ai dit : l’Empire ! Il existe toujours, vous savez. Il a peut-être disparu de la Périphérie, mais dans le centre de la Galaxie, il est toujours vigoureux. Et au premier faux pas que nous ferons, il nous brise les reins. C’est pourquoi je dois être Maire et Grand Prêtre. Je suis le seul homme qui sache combattre la crise.

— Comment cela ? demanda Jael. Qu’allez-vous faire ?

— Rien. »

Jael eut un pâle sourire. « Vraiment !

— Quand je serai maître de cette Fondation, répliqua Mallow, d’un ton catégorique, je ne ferai rien. Absolument rien, et c’est cela l’arme secrète qui résoudra cette crise. »

 

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