Fondation

Asimov · Chapitre 41 sur 44

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Fondation

Chapitre XI

La maison du techniste était une petite construction de deux étages, aux abords de l’énorme cube sans fenêtre qui dominait la ville. Pour passer d’un bâtiment à l’autre, Mallow emprunta un passage souterrain et se retrouva dans l’atmosphère chargée d’ozone de la centrale atomique.

Durant un quart d’heure, il suivit son guide sans rien dire. Ses yeux enregistraient tout, mais ses doigts ne touchaient rien. Le techniste demanda enfin d’une voix mal assurée :

« Vous en avez assez vu, je pense ?

— Oui, dit Mallow, largement. »

Ils regagnèrent les bureaux et Mallow dit d’un ton songeur :

« Et c’est vous qui contrôlez tous ces générateurs ?

— Tous », répondit le techniste, avec un rien de suffisance dans la voix.

« Et vous les entretenez en ordre de marche ?

— Parfaitement !

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— Et en cas de panne ? »

Le techniste secoua la tête avec indignation. « Il n’y a jamais de panne. Jamais. Ils ont été construits pour durer une éternité.

— C’est long, l’éternité. Supposez...

— Il est antiscientifique de supposer des faits absurdes.

— Très bien. Supposez que je détruise un élément vital. Je ne pense pas que ces machines soient à l’abri des effets des forces atomiques. Si je grillais un relais indispensable ou si je cassais une lampe D à quartz ?

— Eh bien, dans ce cas, cria le techniste, furieux, vous seriez tué.

— Oui, je sais. » Mallow criait aussi. « Mais le générateur ? Sauriez-vous le réparer ?

— Mon cher monsieur, s’exclama le techniste, vous en avez eu pour votre argent. Maintenant, décampez ! Je ne vous dois plus rien ! »

Mallow s’inclina avec un respect exagéré et sortit.

Deux jours plus tard, il regagnait la base où le Far Star l’attendait pour le ramener sur la planète Terminus.

Et deux jours plus tard, l’écran protecteur du techniste s’éteignit, et ni les prières ni les malédictions ne le rallumèrent.

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Pour la première fois depuis six mois, Mallow se détendait. Il était allongé sur le dos, complètement nu, dans le solarium de sa nouvelle villa. Ses grands bras bruns et musclés étaient repliés sous sa tête, révélant des biceps noueux.

L’homme qui était auprès de Mallow lui plaça un cigare entre les dents et le lui alluma. Sur quoi il déclara :

« Vous devez être surmené. Vous avez sûrement besoin d’un long repos.

— Peut-être, Jael, mais j’aimerais mieux me reposer dans un fauteuil de conseiller. Parce qu’il me faut ce siège et que vous allez m’aider à l’avoir.

— Qu’est-ce que je viens faire dans cette histoire ? demanda Ankor Jael.

— Votre rôle est clair. D’abord, vous êtes un vieux renard de politicien. Secundo, vous avez été évincé du cabinet par Jorane Sutt, lequel préférerait perdre un œil plutôt que de me voir siéger au Conseil. Vous croyez que je n’ai guère de chances, n’est-ce pas ?

— Guère, en effet, reconnut l’ex-ministre de l’Education. Vous êtes un Smyrnien.

— Ce n’est pas un obstacle légal. J’ai reçu une éducation laïque.

— Allons, allons, depuis quand le préjugé suit-il d’autres lois que la sienne ? Mais

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parlez-moi un peu de votre homme... de ce Jaim Twer. Que dit-il, lui ?

— Il proposait de faire campagne pour moi il y a un an, répondit Mallow. Mais il n’y serait pas parvenu, de toute façon. Il manque de profondeur. Il est vigoureux et il a la langue bien pendue, mais tout cela ne sert pas à grand-chose. Il faut que je tente un véritable coup d’Etat. C’est pour cela que j’ai besoin de vous.

— Jorane Sutt est le plus fin politicien de la planète, et il marchera contre vous. Je ne me crois pas de taille à lutter avec lui. Et ne vous imaginez pas qu’il reculera devant les manœuvres les plus déloyales.

— J’ai de l’argent.

— Ça sert. Mais il en faut beaucoup pour effacer les préjugés... vous qui n’êtes qu’un sale Smyrnien.

— Je n’en manquerai pas.

— Bien. Je vais vous aider. Mais n’allez pas me dire après cela que je vous ai encouragé... Tiens, vous avez une visite. »

Mallow fit la grimace. « Jorane Sutt, en personne. Il est en avance, et je n’en suis pas surpris. Voilà un mois que je l’évite. Ecoutez, Jael, passez dans l’autre pièce et branchez l’écouteur. Je tiens à ce que vous ne perdiez rien de cette conversation. »

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Il fit passer le conseiller dans la pièce voisine, puis enfila un peignoir de soie. La lumière solaire synthétique reprit un éclat normal.

Le secrétaire du Maire entra d’un pas rapide, et le majordome referma la porte derrière lui.

Mallow noua sa ceinture et dit : « Asseyez-vous donc, Sutt. »

Sutt s’installa dans un fauteuil confortable, mais il resta assis sur le bord de son siège. « Si vous voulez bien commencer par exposer vos conditions, lança-t-il, nous allons parler affaires tout de suite.

— Que voulez-vous dire ?

— Vous avez envie qu’on vous flatte ? Tenez, par exemple, qu’avez-vous fait sur Korell ? Votre rapport était très incomplet.

— Je vous l’ai remis il y a des mois. Vous en avez paru satisfait alors.

— Oui, fit Sutt, mais depuis cette époque, vous avez eu des activités fort révélatrices. Nous sommes très au courant de ce que vous faites, Mallow. Nous savons exactement combien d’usines vous installez ; avec quelle hâte vous poursuivez les travaux ; et combien cela vous coûte. Et je ne parle pas de ce palais, ajouta-t-il en promenant autour de lui un regard significatif, qui a dû vous coûter bien plus que mon traitement annuel.

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— Et alors ? Qu’est-ce que cela prouve, sinon que vous employez des espions qui font bien leur travail ?

— Cela prouve que vous avez de l’argent que vous n’aviez pas il y a un an. Et cela peut vouloir dire bien des choses... par exemple qu’il s’est produit sur Korell des événements que nous ignorons. D’où vient votre argent ?

— Mon cher Sutt, vous ne vous attendez tout de même pas à ce que je vous le dise ?

— Non.

— C’est bien ce que je pensais. Je vais donc vous le dire. Il vient tout droit des coffres du Commodore de Korell. »

Sutt tiqua.

Mallow sourit et continua : « Malheureusement pour vous, tout cela est très légal. Je suis Maître Marchand et les sommes que j’ai reçues étaient représentées par du fer usiné et de la chromite en échange d’un certain nombre de menus objets que j’ai fournis au Commodore. Cinquante pour cent des bénéfices m’appartiennent, au terme des accords conclus avec la Fondation. L’autre moitié va à la fin de chaque année dans les caisses du gouvernement, quand tous les bons citoyens paient leurs impôts sur le revenu.

— Votre rapport ne parlait pas d’un traité commercial.

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— Il ne parlait pas non plus de ce que j’avais pris à mon petit déjeuner ce jour-là, ni du nom de ma maîtresse d’alors, ni d’aucun autre détail aussi dénué d’intérêt. On m’a envoyé – souvenez-vous de vos propres paroles – pour garder l’œil ouvert. J’ai suivi ces instructions. Vous vouliez savoir ce qu’il était advenu des appareils commerciaux de la Fondation tombés entre les mains des Korelliens. Je n’en ai jamais trouvé trace. Vous vouliez savoir si Korell possédait l’énergie atomique. Mon rapport mentionne que des revolvers atomiques se trouvent en la possession des gardes du corps du Commodore. Je n’en ai pas vu d’autres. Et les armes en question ne sont que des reliques de l’Empire, peut-être des pièces de musée hors d’état de marche.

« J’ai donc suivi vos consignes, mais pour le reste, j’étais et je suis encore libre de mes mouvements. Selon les lois de la Fondation, un Maître Marchand peut ouvrir de nouveaux marchés s’il en a la possibilité et percevoir sur ces opérations une part équivalant à la moitié des bénéfices. Quelles objections avez-vous à faire ? Je n’en vois pas pour ma part. »

Sutt baissa les yeux et, maitrisant sa colère, dit : « La coutume veut que les Marchands fassent profiter la religion de leurs voyages.

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— J’obéis à la loi et non pas à la coutume.

— Les coutumes sont parfois placées plus haut que les lois.

— Eh bien, citez-moi en justice, alors ! »

Sutt le foudroya du regard. « Vous êtes un Smyrnien, c’est vrai ! La naturalisation et l’éducation au fond, n’y changent rien. Ecoutez-moi pourtant et tâchez de comprendre.

« Il ne s’agit plus seulement d’argent et de marchés. La science du grand Hari Seldon nous prouve que l’avenir du futur Empire de la Galaxie dépend de nous, nous ne pouvons nous détourner de cette route qui conduit à l’Empire. La religion que nous professons est le plus puissant instrument dont nous disposions à cette fin. Grâce à elle, nous avons placé sous notre contrôle les Quatre Royaumes, au moment même où ils nous auraient volontiers écrasés. C’est le moyen le plus formidable qu’on connaisse pour contrôler les hommes et les mondes.

« La principale raison du succès dont ont bénéficié les Marchands était que la religion se répandait rapidement en même temps que les techniques et l’économie nouvelles, qui en découlaient, demeuraient sous notre entier contrôle.

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Il se tut pour reprendre haleine et Mallow intervint d’une voix douce : » Je connais cette thèse. Je la comprends fort bien.

— Vraiment ? Je n’en attendais pas tant. Vous comprenez alors que votre tentative purement commerciale ; que votre production massive de pacotille qui n’affectera jamais qu’en surface l’économie d’une planète ; que la soumission de la politique interstellaire au dieu des bénéfices ; que la séparation de l’énergie atomique et du contrôle religieux... que tout cela ne peut qu’amener l’absolu reniement de la politique qui a si bien fait ses preuves durant un siècle.

— Et il n’est que temps, dit Mallow, sans se démonter, car c’est une politique dépassée, dangereuse et impossible. Malgré tout le succès qu’elle a connu dans les Quatre Royaumes, votre religion n’a guère été acceptée ailleurs. A l’époque où nous avons mis la main sur les royaumes, il s’est trouvé assez d’exilés pour aller raconter partout comment Salvor Hardin s’est servi du clergé et de la superstition du peuple pour renverser des monarchies séculaires. Et pour ceux qui n’auraient pas compris, l’exemple d’Askone, il y a vingt ans, a été assez clair. Il n’y a pas aujourd’hui un chef d’Etat de la Périphérie qui n’aimerait mieux se trancher la gorge plutôt

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que de laisser un prêtre de la Fondation pénétrer sur son territoire.

« Je n’entends pas forcer Korell ni aucun autre monde à accepter quelque chose dont ils ne veulent pas. Non, Sutt. Si la possession de l’énergie atomique les rend dangereux, une sincère amitié fondée sur de bonnes relations commerciales vaut mille fois mieux qu’une suzeraineté incertaine fondée sur la domination exécrée d’une puissance spirituelle étrangère qui, le jour où elle manifeste le plus léger symptôme de faiblesse, ne peut que s’écrouler irrémédiablement, sans rien laisser d’autre après elle qu’une crainte et qu’une haine inextinguibles.

— Remarquable exposé, fit Sutt, railleur. Et maintenant, pour en revenir à notre point de départ, quelles sont vos conditions ? Que demandez-vous pour échanger vos idées contre les miennes ?

— Vous croyez que mes convictions sont à vendre ?

— Pourquoi non ! répliqua l’autre. N’est-ce pas votre métier de vendre et d’acheter ?

— Seulement si j’y gagne, dit Mallow. M’offririez-vous plus que je ne gagne pour l’instant ?

— Vous pourriez garder trois quarts de vos bénéfices au lieu de la moitié.

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— Vous plaisantez ! fit Mallow. Les échanges commerciaux tomberaient à dix pour cent de ce qu’ils sont actuellement avec vos méthodes. Il me faut mieux que cela.

— Vous pourriez avoir un siège au Conseil.

— Je l’aurai de toute façon, avec ou malgré vous. »

Sutt serra les poings. « Vous pourriez aussi vous épargner une peine de prison. Vingt ans, si je parviens à mes fins. Calculez un peu ce que cela représente de bénéfices !

— Aucun, à moins que vous ne soyez en mesure de mettre cette menace à exécution.

— Il me suffira d’intenter contre vous un procès pour meurtre.

— Le meurtre de qui ? » demanda Mallow, méprisant.

Sutt parlait d’un ton rauque maintenant, sans toutefois élever la voix : « Le meurtre d’un prêtre anacréonien, au service de la Fondation.

— Tiens, tiens. Et quelles preuves avez-vous ? » 

Le secrétaire du Maire se pencha en avant. « Je ne bluffe pas, Mallow. Les travaux préparatoires sont achevés. Je n’ai qu’un document à signer pour que s’ouvre le procès de Hober Mallow, Maître Marchand. Vous avez abandonné un sujet de la Fondation aux mains d’une foule étrangère, Mallow, et vous

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avez cinq secondes pour échapper au châtiment que vous méritez. Pour ma part, je préférerais que vous continuiez à bluffer. J’aime mieux un ennemi abattu qu’un ami peu sûr.

— Vous êtes exaucé, dit Mallow.

— Parfait ! dit le secrétaire avec un sourire mauvais. C’est le Maire qui a voulu faire encore cette tentative de conciliation, pas moi. Vous conviendrez que je n’ai pas trop cherché à vous convaincre. »

La porte s’ouvrit devant lui et il sortit.

Mallow leva les yeux en voyant entrer Ankor Jael.

« Vous l’avez entendu ? demanda-t-il.

— Je ne l’ai jamais vu aussi en colère depuis que je le connais, cette crapule ! répondit Jael.

— Alors, votre avis ?

— Eh bien, je vais vous le donner. Il parle depuis toujours de dominer l’étranger par des moyens spirituels, mais je suis persuadé que ses préoccupations profondes sont rien moins que spirituelles. Je n’ai pas besoin de vous rappeler que j’ai été expulsé du cabinet pour avoir tenu les mêmes propos que je vous tiens maintenant.

— C’est exact. Et quelles sont, selon vous, les véritables préoccupations de Sutt ?

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— Comme il est loin d’être stupide, il ne peut ignorer la banqueroute de notre politique religieuse qui n’a guère réussi de conquêtes nouvelles depuis soixante-dix ans. Donc, de toute évidence, il l’utilise à des fins qui lui sont personnelles.

« Or, tout dogme, qui s’appuie essentiellement sur la foi et la sentimentalité, est une arme dangereuse car il est à peu près impossible d’assurer qu’elle ne se retournera pas contre ceux qui en font usage. Voilà cent ans maintenant que nous prônons un rituel et une mythologie de plus en plus vénérables, traditionnels et immuables. A certains égards, cette religion n’est plus tout à fait sous notre contrôle.

— Comment cela ? demanda Mallow. Je vous suis mal.

— Bon. Supposez qu’un homme, un homme ambitieux, veuille se servir de la force de la religion contre nous, plutôt que pour nous soutenir.

— Vous parlez de Sutt...

— Parfaitement. Enfin, mon cher, s’il parvenait à mobiliser au nom de l’orthodoxie les divers collèges religieux des planètes-satellites contre la Fondation, pouvez-vous me dire quelles chances nous aurions de lui résister ? En se mettant à la tête des dévots, il pourrait déclarer la guerre à l’hérésie,

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incarnée par exemple en vous, et se proclamer roi. Après tout, n’est-ce pas Hardin qui disait : ’’Un fusil atomique est une arme excellente, mais on peut le braquer dans la direction que l’on veut.’’ »

Mallow se frappa la cuisse. « D’accord, Jael, alors faites-moi entrer au Conseil et je le combattrai. »

Jael demeura un instant songeur. « Vous n’y arriverez peut-être pas. Qu’est-ce que c’est que cette histoire de prêtre lynché ? C’est inventé de toutes pièces, n’est-ce pas ?

— C’est tout à fait exact », dit Mallow d’un ton calme.

Jael émit un long sifflement. « Et il a des preuves ?

— Il devrait. » Mallow hésita, puis ajouta : « Jaim Twer a toujours été à sa dévotion, mais ni l’un ni l’autre ne savait que j’étais au courant. Or, Jaim Twer a assisté à la scène. »

Jael hocha la tête. « Hu, hu. Mauvais.

— Pourquoi ? D’après les lois mêmes de la Fondation, ce prêtre se trouvait sur la planète illégalement. Je suis sûr que le gouvernement korellien s’est servi de lui comme d’un appât, avec ou sans son consentement. Le bon sens ne me laissait pas le choix, et la solution que j’ai adoptée était strictement légale. Si Sutt me cite en justice, il ne fera que se couvrir de

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ridicule. » Jael ne parut pas sensible à ce raisonnement. « Non, Mallow, vous n’y êtes pas. Je vous ai dit qu’il ne reculait devant rien. Il ne compte pas vous condamner ; il sait qu’il n’en a pas la possibilité. Mais il va ruiner votre réputation. Vous avez entendu ce qu’il vous a dit : les coutumes sont parfois plus importantes que les lois. Vous sortirez du procès acquitté, mais si les gens croient que vous avez abandonné un prêtre aux mains des émeutiers, c’en est fini de votre popularité.

« Ils admettront que vous avez choisi la solution légale, et même raisonnable. Mais il n’empêche qu’à leurs yeux vous resterez un lâche, une brute au cœur de pierre, un monstre. Et jamais vous ne serez élu conseiller. Peut-être même perdrez-vous votre position de Maître Marchand en vous faisant retirer votre citoyenneté. Vous n’êtes que naturalisé, vous savez. Que croyez-vous que Sutt demande de plus ?

— Ah ! vous croyez cela ? fit Mallow.

— Mon garçon, dit Jael, je vous appuierai, mais je ne peux rien faire pour vous aider. Vous êtes dans le pétrin... dans un joli pétrin. »

 

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