La Voie du chamane - Un manuel de pouvoir & de guérison

Les grands rêves

Si la victime est dans le coma, il faut d’abord récupérer son esprit vital ou

son âme afin qu’elle ne meure pas (c’est une technique avancée que nous ne

développerons pas ici). La vieille expression « mourir de peur » est peut-

être une survivance des anciennes connaissances chamaniques européennes

dans ce domaine.

Lorsqu’on perd un esprit gardien, cela ne veut pas dire que son pouvoir

est perdu immédiatement. Comme le disent les Jívaro, « son pouvoir est

comme un parfum » ; il subsiste, se dissipant lentement sur une période de

plusieurs semaines. Au début de cette période, il faudrait demander

l’assistance d’un partenaire pour restituer un autre animal de pouvoir. Si

cela est réalisé tout de suite, l’animal de remplacement peut verrouiller le

pouvoir subsistant de l’animal précédent. Ainsi, une personne utilisant cette

technique peut-elle progressivement, au cours des années, acquérir une

partie du pouvoir protecteur de plusieurs esprits gardiens. Cependant, le

pouvoir accumulé ne restera verrouillé qu’aussi longtemps qu’une personne

a au moins un animal de pouvoir en sa possession.

 

Les grands rêves

 

D’un point de vue chamanique, les rêves sont de deux types : ordinaires

et non ordinaires, ou « grands » rêves. Les chamanes ne se préoccupent

normalement que des grands rêves. Un grand rêve est celui qui se répète

plusieurs fois de façon similaire lors de nuits différentes, ou alors, n’a lieu

qu’une fois, mais est tellement vivant qu’il donne l’impression d’être

éveillé – c’est un rêve inhabituellement puissant. Les grands rêves sont

généralement des communications de votre esprit gardien – par exemple

votre animal de pouvoir. Parfois, l’esprit gardien, lui-même, apparaît dans

le rêve.

Les grands rêves doivent être considérés comme des messages littéraux,

et non être analysés en quête de symbolisme caché.

Par exemple, si vous faites un grand rêve au cours duquel vous êtes

blessé dans un accident d’automobile, il s’agit d’un avertissement de votre

esprit gardien qu’un tel accident va se produire. Il vous est peut-être

possible de l’éviter, mais quoi qu’il en soit, vous pouvez le rejouer symboliquement tout seul, ou avec un ami, d’une manière atténuée, et ainsi

éviter qu’il se produise réellement.

En d’autres termes, le rêve n’est pas symbolique, mais votre manière de

le rejouer l’est. Vous pouvez facilement faire cela chez vous,

particulièrement si vous avez un partenaire chamane qui vous aide à rejouer

le rêve afin que personne ne soit blessé. Recréez simplement le rêve de

façon simple et inoffensive et surmontez-le. Il s’agit d’une technique

autrefois connue de certaines tribus du nord-est et de l’ouest de l’Amérique

du Nord.125

À propos des accidents d’automobile, voici un récit que j’ai reçu d’une

personne après qu’elle eut appris à reconnaître les « grands rêves » en

participant à mes séminaires :

 

Peu de temps après avoir participé au séminaire, je fis un rêve extrêmement fort dépeignant un accident d’automobile dans lequel je me trouvais. En examinant les images et toutes mes émotions au sein du rêve, je vis que je n’étais pas gravement blessée, mais surtout secouée par l’expérience. Un détail marquant du rêve de cet accident était que j’étais frappée deux fois par du métal.

Je savais que je devais rejouer ce rêve afin d’éviter la réalité de l’accident sur ce plan de conscience. Cependant, aimant expérimenter, je choisis consciemment de ne rien faire en rapport avec ce rêve.

Environ un mois plus tard, alors que je conduisais ma voiture avec mon fils à mes côtés – consciente des sentiments chaleureux, positifs et d’amour que nous éprouvions l’un pour l’autre – une voiture se matérialisa en face de nous un instant avant l’accident. Alors que j’attendais que la voiture cesse son virage à 180°, j’eus conscience d’être clouée contre mon fils dans la voiture par le mouvement de rotation, tout en étant à l’extérieur et légèrement au-dessus de la voiture en train d’observer le « rêve » tout entier se dérouler à nouveau. Durant tout cet épisode, j’eus conscience d’une sensation de paix profonde, et je sus que mon esprit gardien était là avec moi et me protégeait du danger.

Lorsque, dans un claquement, la voiture s’arrêta définitivement, je fus capable de faire tout ce qu’il y avait à faire en gardant la tête froide : voir si mon fils ou moi étions blessés, être sûre que l’ambulance avait été appelée, rassurer les témoins surpris et leur dire que tout était O.K., demander à un homme de confiance de surveiller mon fils qui semblait en léger état de choc. Je fis cela tout en contrôlant mon propre rythme cardiaque – en état de choc – et plaçai mon genou entaillé sur le dos du siège en attendant d’être sortie de la voiture et que quelqu’un s’en occupe à l’hôpital.

L’accident physique différait de l’accident rêvé sur un seul point : il ne s’agissait pas de la même rue. Par ailleurs, mon rêve ne m’avait pas montré d’autres personnes que moi-même. Au départ, je croyais que l’autre voiture nous avait heurtés.

En fait, je découvris ultérieurement que c’était ma voiture qui l’avait emboutie alors qu’elle était devant nous. Mon tonneau fut arrêté par le choc contre l’arrière de l’autre voiture. Comme dans le rêve, je me heurtai à du métal et terminai l’accident en étant frappée une fois encore par du métal.