La Voie du chamane - Un manuel de pouvoir & de guérison

Chant pour le voyage

toutes les façons possibles.

En définitive, dans le chamanisme, il n’y a pas de distinction entre aider

les autres et s’aider soi-même. En aidant les autres chamaniquement, on

devient plus puissant, plus soi-même et plus joyeux. Le chamanisme va

bien au-delà d’une transcendance égoïste de la réalité ordinaire. Il s’agit

d’une transcendance en vue d’un objectif plus vaste : aider l’humanité.

Dans le chamanisme, l’illumination est la capacité à éclairer ce que les

autres perçoivent comme de l’obscurité, et, en conséquence, à voir et à

voyager pour le bien d’une humanité qui s’est mise dans une situation

dangereuse, parce qu’elle risque de perdre sa connexion spirituelle avec

tous ses parents, les plantes et les animaux de cette bonne vieille planète

Terre.

Je vous laisse à présent avec un poème de Josie Tamarin, qui fait partie

de ce petit nombre croissant de jeunes qui explorent la voie du chamane.174

Ce poème nous rappelle que dans la pratique de ces méthodes, nous

trouvons la voie que personne d’autre ne peut trouver pour nous. Comme un

esprit le révélait à un chamane samoyède de Sibérie : « En chamanisant, tu

trouveras toi-même ta voie »175.

 

Chant pour le voyage

 

L’aigle s’élève dans la turquoise et l’indigo

happant l’or de l’extrémité blanche de ses plumes

au rythme du vent et des silences

chantant et piquant avec courants et tempêtes

seul, le grand voyant, le danseur du ciel.

le feu du soleil plonge vers l’en bas serpentin

et l’aigle descend sur une lumière ambrée rose et mauve

vers son aire pour le long rêve de la nuit.

 

Tête recourbée sous les ailes

aigle enveloppé de sommeil

reflet d’une parenté originelle

avec ces êtres écailleux et enroulés

qui avalent le soleil dans leur gueule labyrinthique

quand le monde perdu attend dans les ténèbres et le rêve ;

et au pays des rêves, dieux et déesses

rythment la pulsation de la prière

en dansant auprès de petits feux

en tambourinant vers une plus grande lumière

en créant le chant des pleurs de l’absence

en attisant les braises rougeoyantes du cœur

en glorifiant la couleur :

vert de la croissance, or du maïs

bruns, doux et riches du cerf et de la Terre

prismes multicolores de brume et de soleil

et turbulentes anémones de printemps

mandarine et sienne des citronniers brûlés d’automne

après la chaleur bleue de l’été

et le calme blanc au centre

du silence de l’hiver.

 

Et comme l’espoir commence à vaciller

dans le noir tunnel sans fin de la nuit

l’aigle rêve du mouvement

et, endormi, éveille les esprits prédateurs ailés d’ombre

qui plongent pour nous tous

dans les éléments étrangers

mers insondables de cobalt et de noir

plongent à travers la surface

le long des croissants aqueux du reflet de la lune

voyage souterrain de spirales liquides

et nous avons besoin, maintenant, de la vue perçante de l’aigle : visions fugitives de turbulences en bas

des formes sombres s’amoncelant et se tordant

dans la force volcanique le soleil est capturé

par des serpents jaloux et frénétiques en un combat

encerclant la lumière :

le bec et les serres se courbent

les ailes s’arrachent à la marée du vortex

s’accordant à lui mais ne se rendant pas

à ce pouvoir

et elles claquent.

 

Durant un moment infini les cœurs cessent de battre dans leur sommeil

les tambours se taisent

alors que les plumes, les anneaux, les serres et les crochets

d’argent

s’étreignent dans la mort de nos rêves ;

et, là, à ce moment précis, le soleil est délivré

et commence à flotter lumineux

vers cette membrane ténue où la mer et le ciel se rencontrent

laissant loin en bas une image de furie glacée

et, enfin, jaillissant

avec le son fragile du silence et de la couleur

l’aube est portée par les ailes de la lumière.

 

La vie remue

la lumière nous remue tous

et un aigle s’élève vers le soleil

sur les soupirs de notre éveil.

 

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