L'envol du papillon

Clara Nové · Chapitre 10 sur 30

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L'envol du papillon

Chapitre 9

 

Blanche

Perdue dans mes prières, je sursaute en entendant un bruit suspect juste à côté de moi, au moment où… mince, où est-ce que j’en étais, déjà ?

Pas vraiment le temps de m’y appesantir : Baptiste vient de surgir devant moi, m’arrachant presque un cri de stupeur.

— Qu’est-ce que tu fais là, Blanche-Neige ?

Je ne sais pas ce qui m’effraie le plus : sa façon d’apparaître sans crier gare, ou le sourire-banane qu’il arbore en me regardant, campé sur ses deux jambes solides, la tête penchée sur le côté. Pour un jeune homme renfrogné en permanence, qui passe son temps à tirer la tronche et à agresser tout le monde, même quand la personne essaie juste d’être gentille, c’est presque… flippant. Limite psychopathe.

Je me redresse, indécise, un peu perdue face à son attitude inhabituelle, et me raidis d’instinct. Serait-ce un piège avant que la foudre ne s’abatte sur moi ? Sa mauvaise humeur ? Son obsessionnel besoin d’attaquer ?

Mon poing se resserre sur mon chapelet en buis, que je camoufle du mieux possible. Pas que j’en aie honte, loin de là. Mais je n’ai pas le courage d’aborder des explications qu’il ne comprendra pas, ou dont il va se servir pour se moquer de moi, comme à chaque fois qu’il m’adresse la parole.

— Je me promène.

Devant le sourcil circonspect qu’il hausse, je me doute qu’il ne va pas se contenter de cela. Et le pas en avant qu’il exécute me fait reculer d’un demi-mètre. Et ça le fait rire, cet idiot !

— Tu essaies de me faire croire que tu te balades innocemment dans un jardin de dix mètres carrés, en faisant des allers-retours sur la longueur ? Et ça, depuis dix bonnes minutes ?

Merde. Il m’observe, ou quoi ?

— Comment tu le sais ?

Ma réplique, au ton acerbe, lui arrache un sourire, et je me prépare au pire.

— Je t’ai vue depuis la terrasse.

Je ne sais pas si je dois en être flattée. Parce qu’il me fait plus peur qu’autre chose. Il m’ignore la plupart du temps, pourquoi d’un coup me prêter attention ?

— Pourquoi ?

Il ne répond pas, et son silence m’embête encore plus. Je me fais l’impression d’être une biche dans le collimateur d’un loup. Soudain, plus vif que l’éclair, il saisit ma main, attrape mes doigts pour les déplier et me force à présenter ma paume. Oh, il ne me fait pas mal, mais je grimace quand je me rends compte que mon chapelet est désormais bien visible.

— C’est quoi ? m’interroge-t-il.

C’est vraiment de la surprise, j’en suis certaine. Impossible qu’il ait simulé cet air ahuri en découvrant l’objet que je cachais.

— Un chapelet ? Sérieux ? Mais tu fais quoi, exactement ? insiste-t-il.

Un long soupir gêné sort de mes lèvres, alors que je replace ma main le long de ma hanche, et que je détourne le regard vers la maison. Qu’est-ce que j’espère ? De l’aide ? Mamie est aux fourneaux, assistée de Bertille, et mes frères à la pêche à pied. Eh zut ! Je n’aurai aucun soutien, de personne !

Vaincue, je me redresse, carre les épaules et, d’une voix un peu pincée, avoue ce qu’il ne comprendra pas.

— Je récite mon chapelet.

Bingo : ses yeux se plissent, sa tête se penche, et ses mains atterrissent dans ses poches de jean. Je le savais : c’est une des choses que les gens arrivent mal à saisir, même quand on le leur explique, et je soupire d’avance de devoir réitérer, encore et encore, les mêmes justifications.

— C’est-à-dire ?

— C’est… Ce sont des prières que tout catholique se doit de faire tous les jours. Il y a cinq mystères, composés d’un Notre Père et de dix Je vous salue Marie, et ensuite c’est…

— Wow, wow, wow ! me coupe-t-il en levant une main devant moi. Tu veux dire que tous les jours, tu dois faire… cinquante… trucs, là ? Mais c’est vachement long !

— On peut les faire en plusieurs fois, réponds-je sur un ton plus bas. Ça prend cinq minutes, par-ci, par-là. Il suffit d’étaler.

— C’est ce que tu fais, là ?

— Non, là, j’étais partie pour le faire en une fois, le temps que Mamie termine de préparer le repas. Mais je… c’est pas grave, je finirai cet après-midi.

Pour entériner ma décision, je fourre mon chapelet dans la poche de ma jupe à carreaux, et fais mine de rejoindre la cuisine.

— J’peux te laisser, hein, m’arrête-t-il. J’vais voir si ta grand-mère a besoin d’aide. Termine. Désolé de t’avoir interrompue.

Je ne sais pas ce qui me sidère le plus : qu’il ne se soit pas fichu de moi, comme à son habitude, ou qu’il ait évoqué le mot « aide » à son propos.

Un truc ne tourne pas rond aujourd’hui chez Baptiste. Espérons que ce ne soit pas un leurre pour être encore plus ignoble un peu plus tard.

 

— Quel est le programme de cet après-midi ? lance Baptiste en reposant un saladier plein de pommes de terre.

Les conversations cessent et toutes les têtes se tournent dans sa direction. Bon, quelque part, ça me rassure que les autres soient aussi étonnés que moi du changement d’humeur de l’invité de la maison. Mamie plisse les yeux, Augustin m’interroge du regard, Lothaire tente de terminer de mâcher sa bouchée, l’air hébété, et Bertille hausse les deux sourcils en même temps. Quant à Baptiste ? Il fait comme si de rien n’était et continue de sourire.

— Eh bien… répond Grand-Maman d’une voix un peu hésitante. Il y a une brocante sur le port, cet après-midi, je crois. Peut-être seriez-vous intéressés ?

— C’est une bonne idée, confirme Augustin en opinant du chef. Tu veux venir avec nous ?

— Oh, non, ajoute Mamie en balayant l’air de la main. J’ai mal à la hanche, aujourd’hui. Et puis j’ai déjà mille fois trop de vieilleries dans cette maison. Allez-y, vous !

Lothaire acquiesce, tandis que Bertille se colle à moi pour me susurrer quelque chose à l’oreille.

— C’est quoi une brocante ?

Je souris, amusée de tant de candeur chez ma sœur.

— C’est une manifestation dans laquelle les gens vendent ce qui ne leur sert plus, dans la rue.

— Ah ? Et pourquoi c’est censé être amusant ?

— On peut parfois y trouver des petites merveilles pour pas grand-chose. C’est tout l’intérêt de la chose, Bertille : dénicher l’objet rare pour quelques pièces.

— Oooh.

Sa mine réjouie m’arrache un sourire, que je réprime lorsque Baptiste reprend la main.

— Génial. On débarrasse et on y va ?

J’ai presque envie de grimacer devant son changement radical d’attitude, mais je remballe ma méchanceté : qui suis-je, après tout, pour ne pas accepter qu’il veuille s’amender ? Mortifiée d’avoir eu des pensées malsaines, je me lève et entreprends de rassembler assiettes, couteaux et fourchettes devant moi. Mais à peine ai-je réussi à faire une pile à peu près équilibrée qu’elle m’est arrachée des mains par le beau brun, qui la dépose directement dans l’évier.

— J’vais faire la vaisselle, annonce-t-il en enfonçant le clou. Comme ça, on pourra partir plus vite.

Encore une fois, tous les regards convergent vers Baptiste, qui, les mains plongées dans l’eau, se met à récurer les assiettes à l’aide de la grande éponge. Mamie hausse les épaules, mais personne ne pipe mot, laissant le bénéfice du doute à notre invité estival.

Je saisis un chiffon et me mets à essuyer les couverts et la faïence qu’il dépose sur le bord de l’évier, avant de la passer à Lothaire, qui s’empresse de la ranger à la bonne place. Le rythme est maîtrisé et, très vite, nous prenons le pli.

Tout à coup, mes doigts effleurent ceux du brun, qui cesse tout mouvement et relève les yeux vers moi. Nos regards s’arriment, s’ancrent et je n’ose plus bouger, d’autant qu’il n’a pas retiré sa main de la mienne. Et quand il le fait enfin, c’est avec un sourire canaille qui me chamboule totalement.

Euh… il s’est passé quoi, là ?

Mais il m’ignore à nouveau et je continue à essuyer la vaisselle, jusqu’à ce que le dernier verre ait rejoint son étagère.

— Je vais chercher mon porte-monnaie.

Sans attendre, je me précipite vers le premier étage, ravie d’échapper à l’ambiance bizarre de la cuisine. Je récupère mon portefeuille dans le premier tiroir de la commode, non sans en avoir vérifié le montant dont je dispose : vingt malheureux euros, généreusement octroyés par mes parents, en prévision de l’été.

N’ayant jamais travaillé et habitant les trois quarts de l’année en pension, je n’ai pas vraiment l’occasion d’acheter quoi que ce soit. Et l’argent est minutieusement géré, à la maison : papa travaille seul et nous sommes encore quatre enfants à nourrir. Quant à l’école privée, elle revient à une véritable fortune pour la famille. Mais c’est un sacrifice auquel les parents tiennent par-dessus tout : peu importe le prix, il est hors de question pour eux que nous fréquentions l’école publique, qui risquerait de nous contaminer.

Excitée comme une puce par l’événement, je ne perds pas de temps et me dépêche de redescendre. Mais soudain, un détail me stoppe net : là, sur ma table de nuit, mon portable clignote.

C’est un vieil engin, complètement obsolète, que mon père a récupéré je ne sais où. Mais il fonctionne. Et pour l’utilisation que j’en fais, pouvoir envoyer et recevoir des appels, il est bien suffisant. Du moins, dans la tête de mes parents. Parce que, moi, j’avoue que je ne dirais pas non à une technologie un peu plus avancée : on me paie juste un forfait minimal, alors autant oublier tout ce que les autres trouvent normal : les SMS illimités, les appels sans restriction. Internet, je n’y pense même pas, vu que ce n’est pas un smartphone.

Curieuse, je relève le clapet, pianote le code et écarquille les yeux en me rendant compte que j’ai un appel en absence, et surtout un message. Mon cœur s’accélère, mes doigts commencent à trembler et je me mets à lire les quelques phrases que j’attendais de tous mes vœux, depuis des semaines : c’est Martin.

Depuis quelque temps, les parents ne parlent plus de mon frère aîné. Pire, son prénom est devenu tabou. Les seules fois où j’ai tenté de prendre de ses nouvelles, innocemment, j’ai eu une fin de non-recevoir assez brutale, qui m’a décidée à ne plus réitérer l’expérience. Et mon envie de comprendre ce qui s’est passé ne cesse de croître.

Il s’est déroulé quelque chose de grave, j’en suis certaine. Je commence à croire que cette histoire d’homosexualité n’est pas si abracadabrantesque que ça. Et si c’est le cas, je ne m’étonne pas de la réaction des parents. La religion ne cautionne pas ce genre de pratique. Pire, elle la réprime.

Je souffle et essaie de me concentrer sur les mots.

Coucou Blanche

J’avais très envie d’entendre ta voix. Mais je crois que ce sera pour une prochaine fois, hélas. J’essaierai de te rappeler. J’espère que les vacances se déroulent bien. Passe le bonjour aux autres.

Martin

Bref, concis, mais terriblement neutre, le SMS de mon frère me frustre plus qu’autre chose. Je brûle d’envie de le rappeler, mais je ne peux pas : Martin vit au Luxembourg et, avec mon forfait réduit au minimum, impossible de passer un appel vers l’étranger.

Déçue, et un brin énervée, je m’assieds sur mon lit et me mets à fixer l’appareil. Ça ne changera rien, je le sais bien, mais l’envie sourde d’entendre la voix de mon frère me taraude. J’aime Martin. Mon aîné est celui auquel je ressemble le plus, je crois : calmes et posés, nous avons un caractère affirmé qui, sous des aspects lisses, sait s’imposer. Et il me manque, mon Dieu qu’il me manque !

— Blanche ! Nous t’attendons !

La voix de Lothaire, encore haut perchée malgré ses quatorze ans, me fait sortir de ma léthargie : je ne peux rien faire d’autre qu’attendre son prochain coup de fil, de toute façon, et il y a peu de chances que mon aîné réitère l’essai aujourd’hui. Dans le doute, je fourre le portable dans la poche de ma jupe, quitte la chambre et rejoins le rez-de-chaussée en dévalant l’escalier branlant.

Tout le monde est déjà dans la cour avant et je m’excuse platement de mon retard. Le regard de Baptiste se pose sur moi et je me demande soudain si ma frustration est si visible que ça. Aussi je détourne la tête, empoigne la menotte fragile de Bertille et l’entraîne dans la ruelle. Derrière moi, le bruit du portail qui se referme en couinant et les pas lourds des godillots de mes frères. Les baskets à la mode de Baptiste n’émettent aucun son, et je décide d’ignorer sa présence dans mon dos, de toute façon.

La marche de plusieurs minutes est la bienvenue : j’ai besoin d’évacuer le stress et le sentiment d’impuissance qui a pris forme dans mon esprit et dans mon cœur. Martin m’est inaccessible pour l’instant, et si je ne me concentre pas sur autre chose, je vais vriller complètement.

— C’est là ? demande Bertille en pointant le premier stand du doigt.

Je le lui rabaisse, par instinct, mais confirme avec un sourire. Situé sur le port de pêche, le marché aux puces est bien plus grand que ce que j’avais imaginé. Des dizaines de mètres de stands, longilignes, s’étalent, coincés entre la mer d’un côté et les immenses hangars qui servent à l’activité locale de l’autre : le rangement des bateaux, leurs réparations, mais aussi le stockage des poissons au retour de la pêche.

— Oh, ça, c’est joli ! s’exclame Bertille en s’agenouillant devant un stand.

Pas le temps de dire quoi que ce soit qu’elle a déjà saisi des figurines en plastique rose, avec d’étranges cheveux filasse de toutes les couleurs. Mes yeux croisent ceux d’Augustin, qui grimace et me fait signe d’arranger la situation. Je roule des yeux, un peu excédée d’être chargée de réduire l’enthousiasme de la petite fille à peau de chagrin.

— Je ne crois pas que les parents apprécieraient ce genre de jouet, Bertille…

Je sais que ça va bien se passer : de par son éducation, Bertille ne fera aucun esclandre, ne tentera même aucune négociation. Mais quelque part, l’éclair de tristesse qui traverse ses yeux pâles à cet instant me coupe le cœur en deux. Et dans un élan fraternel, je m’entends demander :

— C’est combien, les figurines ?

Augustin roule des yeux, Lothaire ouvre les siens en grand. Sans doute espère-t-il, du coup, pouvoir lui aussi obtenir un petit quelque chose. Je ne l’en blâme pas : si j’achète à Bertille un objet, je vais devoir rééquilibrer du côté du benjamin.

— Les parents vont hurler, murmure Augustin en me fixant donner mon unique billet.

— J’en prends la responsabilité, réponds-je. Je suis l’aînée, après tout.

Mon cadet lève les bras, l’air de dire qu’il s’en lave les mains, mais je m’en désintéresse pour tendre les babioles en plastique à Bertille. Et rien que de voir son doux sourire et ses yeux brillants de bonheur, la peine d’avoir dépensé une partie de mes vingt euros me semble bien moins lourde. Pour elle, je ferais n’importe quoi.

Je range la monnaie dans ma poche, attrape la main de Bertille et l’entraîne vers le prochain stand, en priant pour qu’ils ne soient pas tous remplis de jouets multicolores tous plus tentants les uns que les autres. Fort heureusement, ce n’est pas le cas et j’admire pendant des dizaines de mètres des antiquités charmantes. La faïence me fait de l’œil et les vieux bijoux attisent ma curiosité.

— Tiens, c’est sympa, ça, murmure Augustin en me désignant une icône dorée.

Posée sur une couverture, pas très grande, elle semble néanmoins ancienne. Et le travail magnifique d’enluminure me pousse à m’accroupir pour la prendre en main.

— Elle est grecque, je crois.

— Orthodoxe ? demande Augustin.

— J’en ai bien l’impression. C’est… Saint Michel, il me semble.

Mon jeune frère opine du chef, alors que j’admire chaque détail de l’œuvre.

— Elle est à combien ? m’enquiers-je, curieuse.

Les vingt euros voulus me font grimacer : elle les vaut, largement, mais je n’ai plus la somme, hélas. Déçue, je la repose doucement, mais suis arrêtée en plein geste par une main sur mon épaule.

— Garde-la. Je la paie.

La voix de Baptiste me fait relever la tête avec stupeur et je n’ai pas le temps de refuser qu’il a déjà payé.

— Je ne peux pas accepter ! m’écrié-je. Je ne peux pas te rembourser !

— Tu n’as pas à le faire ! C’est un cadeau.

Bouche bée, je ne sais plus que répondre. Mes iris accrochent les siens. Et bien que les rayons du soleil m’aveuglent à moitié, je me sens toute bizarre devant lui. Lui et ses cheveux bruns auxquels le soleil donne soudainement des lueurs auburn, lui et ses jolis yeux bruns qui deviennent noisette à la lumière reflétée par les eaux de l’Atlantique. Mince, qu’est-ce qui m’arrive, là ?

Mes joues s’échauffent sous son regard brûlant et insistant, et je détourne les yeux pour ne pas virer coquelicot. Je crois que c’est trop tard, à la réflexion. Vu le sourire narquois et insolent qu’il me lance, il a compris que j’étais gênée, et pas parce qu’il vient de payer à ma place. Non, parce que je suis transparente comme de l’eau de roche et que je l’ai trouvé charmant. Beau même.

Je secoue la tête, incapable de soutenir plus longtemps son regard appuyé. Et je me morigène de ne savoir garder un peu mieux mes émotions pour moi.

Baptiste est beau. Sublime même. Et si j’avais réussi jusqu’ici à occulter cette évidence, me voici bien obligée d’admettre que je ne suis pas insensible à ses charmes. Il n’y a rien de plus humain, mais j’ai l’habitude de réprimer mes sentiments et mes envies. Je cadenasse le tout, en jette la clé imaginaire et me détourne de l’objet de mon attention.

Mon éducation stricte m’a appris à gérer ce genre de convoitises ou d’émotions. C’est un leitmotiv de tout chrétien : ne pas se laisser guider par ses ardeurs, ne se fier qu’à sa volonté.

Alors j’avance et fends la foule en murmurant un « merci » poli, pour m’éloigner du sujet de ma tentation.

Dans ma main, l’icône me brûle presque la peau, mais je n’y prête pas attention. Il faudra simplement que je trouve un moyen de le rembourser.

 

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